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PREMIÈRE CATÉGORIE

Indurations mammaires hypertrophiques.

Premier fait. Les caractères généraux de Yinduratioti mammaire hypertrophique^ ou première période des corps fibreux, sont parfaitement indiqués dans la description que j'ai donnée (1) d'une mamelle extirpée sur une jeune fille de vingt-quatre ans, par un chirurgien très distingué, comme sfjuirrheuse ou cancéreuse. J'ai dit que ce prétendu cancer m'avait paru n'être autre chose que le tissu mammaire hypertrophié , que la tumeur était divisée en lobules distincts les uns des autres, dont la coupe présentait des granulations entrecoupées de lamelles fibreuses très épaisses ; que j'avais reconnu, au milieu de la tumeur, un grand nombre de canaux galactophores dont j'exprimais un liquide jaunâtre semblable à du colosirum. Il y avait, sauf la dureté , identité parfaite entre ce tissu et celui de la glande mammaire elle-même, et en voyant des tumeurs de ce genre, on comprend comment sir Astley Cooper a pu les désigner sous le nom de tumeurs mammaires chroniques, et M. Velpeau sous celui de tumeurs adénoïdes.

C'est à cette période d'induration hypertrophi(jue que la tumeur mammaire n'étant pas aussi bien isolée des grains glanduleux qui l'avoisinent (ju'elle le sera par la suite, on a pu croire qu'elle était pédiculée.

C'est également à cette période que le microscope démontre un développement considérable de l'élément glanduleux, en sorte qu'il semblerait que l'élénjent fibreux ne joue dans ces tumeurs qu'un rôle très secondaire; mais l'observation démontre que plus tard l'élément glanduleux sera lui-même envahi par la mrtamorphose fibreuse.

(i) XXVI* livr,, pi. 1, p. 4 Ju lexte.

Dans un cas de ce genre, que j'ai prié M. Robin de soumettre au microscope , les culs-de-sac glanduleux étaient extrêmement développés et à parois très minces ; la couche d'épithélium qui les revêt était très épaisse. Le tube central était plein de liquide incolore, granuleux, très visqueux. Le tissu cellulaire interposé était peu serré parsemé d'éléments fibro-plastiques, et n'entrait que comme partie très accessoire dans le développement delà tumeur. Deuxième fait. Le 22 février 1850, il m'a été présenté une tumeur extraite delà mamelle d'une jeune fille de seize ans et demi, réglée depuis l'âge de douze ans. C'est un corps oblong , ellipsoïde, de 2 à 3 centimètres dans son grand diamètre il était lâchement uni aux granulations saines de la glande mammaire, lesquelles avaient été extirpées avec lui. L'apparition de cette tumeur datait de deux ou trois ans (par conséquent de l'âge de quatorze ans). Elle avait alors le volume d'un pois; elle causait des élancements.

Ce corps, qu'on croyait tout à fait sous -cutané, était enveloppé de grains glanduleux sains. Il était dur, légèrement bosselé à sa surface. Son tissu était homogène, gris rougeâtre, granuleux II était fragile , et s'écrasait sous le doigt. Il était bien évident que dans ce cas l'élément glanduleux prédominait sur l'élément fibreux qui était à peine développé.

J'ai considéré ce corps comme une hypertrophie mammaire, ou induration hypertrophique, et M. Lel)ert(|ui l'a examiné au microscope , y a trouvé tous les éléments de la glande mammaire, les conduits galactophores et les grains glanduleux. Pour moi, c'est la première période des corps fibreux. Je suis persuadé que la résolution de cette induration aurait pu avoir lieu.

Troisième fait. Voici l'examen d'un fragment de tumeur mammaire extirpée par M. Velpeau. J'ai étudié cette tumeur avec M. Gaillet, mon interne, très habitué aux études microscopiques :

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A Toeil lui, la tumeur est dure, (]ranuleuse; on voit dans son épaisseur une poche ou kyste à parois blanches reinphe de végétations qui naissaient d'un point de la poche comme par une colonne, laquelle se divisait en un grand nombre de végétations (géode kysteuse).

Au microscope j'ai vu des culs-de-sac glanduleux se présenter sous Taspect de lignes étroites, curvilignes, se réunissant à angle. Ces culs-de-sac renfermaient des granulations qui paraissent n'être autre chose que des épithéliurn.

Quatrième fait. Le 6 avril 18/i7, j'ai examiné avec M. Lebert une tumeur mammaire qui venait d'être extirpée. Cette tumeur était bosselée, lobuleuse, très dure : les lobules étaient bien évidemment constitués par des grains glanduleux hypertrophiés et indurés. Au microscope nous virnes que la tumeur était constituée par des culsde-sac glanduleux séparés les uns des autres par des faisceaux de tissu fibreux.

Cinquième fait. M. Verneuil vient de présenter à la Société anatomique (février 1855) deux tumeurs mammaires extirpées par M. Lenoir, qui appartiennent bien évidemment à cette catégorie.

Ces tumeurs sont bosselées, murales, à bosselures inégales; leur consistance est moins considérable que celle des corps fibreux bien constitués; elle n'est pas d'ailleurs uniforme; leur extraction a présenté cela de remarquable qu'elles él^ixeui pédi culées (1).

L'examen microscopique a démontré à M. Verneuil que

(i) Ce qui vont dire que les choses se sont j)assëes clans l'extraction, comme si elles avaient été' peclicule'es , c'est-à-dire que la tumeur s'est échappée à travers l'incision de la peau tenant encore à la glande mammaire par (juelques (jrains glanduleux très sains qui adhéraient à sa surface. Plus lard, l'isolement de la tumeur aurait cert;iinement été plus complet.

ces tumeurs n'étaient autre chose qu'une liypertrophie glandulaire.

Dans une de ces tumeurs , il a trouvé la cavité du culde-sac glandulaire remplie d'une très grande quantité d'épithélium et les parois des acini très minces ; dans Tautre tumeur, au contiaire, les parois des acini^ excessivement épaisses, étant constituées par du tissu fibreux et des corps fibroïdes.

Donc les acini eux-mêmes se convertissent en tissu fibreux.

Une autre question a été agitée au sein de la Société, celle de savoir si dans le développement de ces tumeurs il y avait production d'acini nouveaux ou développement des acini primitivement existants. M. Verneuil croit, avec MM. Lebert et Robin , à la production d'acini nouveaux. Il cite à Tappui des cas de follicules sébacés dans lesquels il a vu des acini nouveaux se développer tout autour des acini primitifs , et ces derniers , convertis en tubes communiquant avec les acini de nouvelle formation.

Quant a moi, jusqu'à démonstration pleine et entière, je ne saurais croire à la production de toutes pièces d'un tissu aussi compliqué que le tissu glanduleux.

Parmi les cas compris dans cette première catégorie, il y a des tumeurs qui peuvent revenir à leur état normal; j'en ai vu un assez grand nombre d'exemples : tous les observateurs en ont vu sans pouvoir se rendre compte pourquoi, dans des circonstances en apparence identiques, le même traitement avait des résultats si divers : c'est que, dans les cas de succès, il y avait simplement induration hypertroplîique : dans les cas d'insuccès, la métamorphose fibreuse ayant commencé, les tissus indurés ne pouvaient plus revenir à leur état normal ; il faut bon gré mal gré que la transformation fibreuse continue soit dans l'élément fibreux seulement, d'où résulte l'atrophie de 1 élément glanduleux, soit à la fois dans l'élément fini. Ul

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breux et dans rélément glanduleux, or ces cas peuvent être considérés comme servant de transition entre la première et la deuxième catégorie.

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