GENRE
Productions cartilagineuses du tissu cellulaire libre et des membranes
séreuses et synoviales.
i" ESPÈCE. Productions cartilagineuses du tissu cellulaire.
Je ne doute nullement que des corps cartilagineux ne puissent se produire dans le tissu cellulaire libre de toutes
(i) Les os de la mâchoire ne sont pas à l'abri de ces productions cartilagineuses. Je crois devoir classer parmi les tumeurs chondroïdes des os de la mâchoire supérieure, une tumeur considérable que portait une jeune fille de la Salpêtrière , que j'ai eu dans mon service pendant plusieurs années ; tumeur dont uu illustre chirurgien avait tenté l'extirpation, mais qu'il abandonna après avoir entamé cette tumeur qui se coupait comme une pomme et qu'il crut probablement de nature cancéreuse. C est sur cette même jeune fille que plus tard la ligature de l'artère carotide primitive a été pratiquée, sans doute dans le but d'arrêter le développement de la tumeur; ligature à la suite de laquelle survinrent des attaques épileptiques et une hémiplégie. Il est positif que la tumeur est restée stationnaire depuis la ligature.
les régions , et je répéterai pour les corps cartilagineux ce (|ne j'ai déjà dit pour les corps fibreux, à savoir : que la possibilité d'une production cartilagineuse doit entrer pour sa part dans le calcul des probabilités aucpiel on se livre pour la détermination d'une tumeur dure développée dans telle ou telle partie du corps.
Cc^'}:s cartilagineux sous- auriculaires. Je signalerai en première ligne, comme le siège de prédilection de ces corps cartilagineux, la région parotidienne ou plutôt sous-auriculaire ou sous-lobulaire , entre le lobule de Tauricule et le sommet de l'apophyse mastoïde, région que nous avons vu être également un des sièges de prédilection des corps fibreux (1).
J'ai été consulté pour un assez grand nombre de ces tumeurs; j'en ai grossièrement pris le croquis : toutes occupent invariablement la même situation; elles soulèvent le lobule intact dont elles finissent par s'approprier la portion de peau (|ui revêt la face interne de ce lobule.
Ces tumeurs peuvent commencer dans la jeunesse ; leur développement se fait avec une grande lenteur, à moins qu'elles ne soient le siège d'un travail consécutif.
(i) M. Rroca a présenté à la Société anatomif|ue, le 27 juin i855, sous Je litre de Tumeur fibreuse du lobule de l'oreille.^ une tumeur qui présentait tous les caractères du tissu fibreux le plus dense elle plus pur. Aucun doute ne pouvait s'élever dans l'esprit de qui que ce fût, sur le caractère fibreux de cette tumeur. Eh bien! cette tumeur était le résultat d'une deuxième récidive, c'est-à-dire la troisième tumeur du même genre extirpée dans le même lieu. Mais est-ce bien là une véritable récidive? .Je ne le pense pas; il se passe dans cette région parotidienne, si riche en tissu fibreux, ce qui se passe dans l'utérus : il y a diathèse locale, les tumeurs se succèdent, mais elles ne récidivent pas. Dans le ras où une portion des tumeurs fibreuses précédemment extir[)ées aurait été laissée, il n'y aurait pas non plus répullulation, mais développement d'un lobule fibreux oublié. Quant au siéj;e de cette tumeur, je puis affirmer que ce n'ét.iit pasl<î lobule de roreillf.
Sur six cas, dont j'ai retrouvé les notes, cinq ont été observés chez des femmes.
C'est bien à tort qu'on appelle ces tumeurs, tumeurs parolidiennes , car elles sont sur un plan bien plus superficiel que la glande parotide qui leur est complètement étran(>ère. On pourrait les appeler péri par otidiennes.
Toutes sont d'une dureté pierreuse, bosselées, sans adhérence ni avec la peau (qui leur forme une espèce de bourse, de scrotum), ni avec i'antitragus,niavec le lobule, ni avec le sommet de l'apophyse mastoïde; elles n'incommodent que par leur volume. La peau glisse sur ces tumeurs comme si elle en était séparée par une membrane séreuse.
Dès le premier moment de leur apparition , elles sont bosselées et d'une dureté pierreuse; leur accroissement se fait avec une extrême lenteur, tantôt très régulièrement, tantôt d'une manière très inégale. Ainsi certaines bosselures peuvent prendre un développement relatif très considérable, s'isoler et émerger pour ainsi dire de la tumeur à laquelle elles ne tiennent plus que par un pédicule mince.
J'ai été consulté par une jeune femme de vingt et un ans pour une tumeur extrêmement dure, bosselée, presque lobuleuse, très mobile, sous-cutanée, du volume d'un œuf de pigeon, dont elle faisait remonter l'origine à six ans, c'est-à-dire à Tàge de quinze ans : cette tumeur l'incommodait si peu, que la malade avait conservé ses boucles d'oreilles. Quelquefois ces tumeurs marchent avec une excessive lenteur. Ainsi une demoiselle de soixante-cin([ ans portait depuis vingt ans une tumeur sous-lobulaire du volume d'une noix , tumeur extrêmement dure, bosselée, mobile , qui restait stationnaire depuis plus de quinze ans.
J'ai été consulté par madame Dus..., alors âgée de soixante-huit ans, pour une tumeur sous-lobulaire du
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volume d'un gros œuf de dinde , présentant exactement les mêmes caractères. La malade faisait remonter cette tumeur à trente ans, époque à laquelle elle s'en était aperçue pour la première fois (la tumeur avait afors le volume d'une noisette). Cette dame est morte de pneumonie à Tâge de quatre-vingt-deux ans. La tumeur avait alors presque le volume des deux {)oings réunis. Certaines bosselures qui avaient acquis un développement relatif très considérable donnaient à la tumeur un aspect mural. Plusieurs de ces bosselures, dégagées de la tumeur par la presque totalité de leur surlace, et mobiles sur elle, semblaient des tumeurs surajoutées ; plusieurs de ces tumeurs présentaient la mollesse élastique plutôt que fluctuante des kystes mnltiloculaires à mailles remplies d'une matière gélatineuse : la demi-transj)arence de ces tumeurs se voyait à travers la peau considérablement amincie. Les préjugés de la famille ne m'ont pas permis de faire, après la mort, l'ablation de cette tumeur, à laquelle je n'avais pas voulu consentir pendant la vie de la malade , malgré ses instances réitérées : j'aurais certainement trouvé du tissu cartilagineux, et probablement aussi, dans certains points, un tissu analogue au tissu aréolaire et gélatiniforme que l'on observe dans les chondromes.
L'examen anatomi(|ue de plusieurs de ces tumeurs m'a appris qu'elles étaient essentiellement constituées par du tissu cartilagineux, reconnaissable à l'œil nu aussi bien qu'au microscope. Quelquefois on y rencontre à la fois du tissu fibreux et du tissu cartilagineux. Ces corps cartilagineux sont susceptibles d'une altération consécutive kysteuse et aréolaire.
Les trois faits suivants donneront une idée exacte de la conformation intérieure de ce genre de tumeurs, que j'avais d'abord classées parmi les coips fibreux, mais dont le j)lus grand nombre me paraît apj)artenir aux corps cartilagineux.
Premier fait. M. le professeur Jobert m'a adressé, le 23 août 1854 5 une tumeur qu'il venait d'extirper à la région SOUS- parotidienne. Cette tumeur était du volume dun œuf de poule, bosselée, et présentait un aspect vésiculeux, avec demi-transparence , sur une partie de sa surface.
La section de cette tumeur m a présenté les particularités suivantes :
Il y avait deux parties bien distinctes dans cette tumeur : une partie cartilagineuse et une partie aréolaire et gélatiniforme : la partie cartilagineuse constituait la presque totalité de la tumeur, la partie centrale ; la partie aréolaire et gélatiniforme occupait la circonférence. Cette partie aréolaire présentait de petites aréoles communicantes remplies d'une matière gélatineuse concrète , et au milieu de cette partie aréolaire de petites masses cartilagineuses ou fîbro-cartilagineuses qui en constituaient en quelque sorte la charpente.
Aucun suc, aucun liquide n'était exprimé par la pression de cette portion aréolaire, dont le contact poissait les doigts : les aréoles très irrégulières avaient des parois très denses , on eût dit qu'elles étaient constituées par de petites lamelles cartilagineuses dissociées.
La tumeur était enveloppée d'une membrane d'isolement ou kyste qui lui adhérait intimement par sa face interne.
Bien évidemment cette tumeur était une tumeur cartilagineuse ou fibro-cartilagineuse dont la partie la plus superficielle avait subi un travail consécutif kysteux aréolaire et gélatiniforme.
Deuxième fait. Une tumeur tout à lait semblable, quant au siège et à l'aspect, a été présentée à la Société anatomique le 26 juin 1855. Cette tumeur, du volume d'une pomme ordinaire, était sj)liéroïdale, hérissée sur toute sa surface de mamelons qui lui donnaient un aspect
812 ANATOiMlE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALE.
uiûrai. Sa dureté était pierreuse; son tissu résistait à la section à la manière d'un cartila^je; et en effet, celle tumeur m'a présenté tous les caractères anatomiques d'un vrai cartilage dans une bonne partie de son étendue.
Le reste de la tumeur m'a paru n'être autre chose qu'un cartilage altéré et infiltré d'une matière jaunâtre qui diminuait sa compacité. Une petite géode à parois contiguës se voyait dans son épaisseur. Le présentateur de la pièce anatoraique avait cru que cette tumeur était formée aux dépens de la glande parotide. MM. Cli. Robin etVerneuil, qui ont examiné cette tumeur au microscope, ont remarqué que les caractères microscopiques concordaient parfaitement avec les observations faites à l'œil nu. Ils ont trouvé les éléments microscopiques du cartilage, à savoir: la cellule cartilagineuse dans la partie non altérée de la tumeur.
Troisième Jait. Le fait suivant établit que ces corps fibreux sous-articulaires ou périparotidiens ne sont pas susceptibles de dégénération cancéreuse.
Ln homme âgé de soixante -dix ans portait depuis sa jeunesse une tumeur périparolidienne sous -cutanée , très dense , très mobile , qui avait le volume d'un œuf de poule. Cet homme mourut d'une cachexie cancéreuse qui affecta en dernier lieu le système osseux et les côtes en particulier.
Cette tumeur était enkystée, et le kyste adhérait intimement à la tumeur. Le tissu de cette tumeur est très dur, d'une couleur jaunâtre assez analogue à celle de la graisse. C'est un tissu fibreux ou fibro-cartilagineux qui est comme infiltré de sérosité, laquelle était dans un état de combinaison. Rien de cancéreux dans ce tissu.
Tumeur cartilagineuse sous-cutanée de la jambe. M. Berard aîné m'a montré une tumeur cartilagineuse du volume d'un très gros haricot, bosselée à sa surface, adhérant à la peau amincie, mais isolée des parties voisines à
l'aide d'un tissu cellulaire séreux tiès délié. Cette tumeur occupait le côlé externe de la jambe et causait de très vives douleurs.
Cette tumeur extirpée m'a présenté la consistance du cartilage; elle en avait l'aspect blanc opalin : au centre, sa disposition était curieuse : d'un point central bien évidemment cartilagineux, partaient des radiations blanches également cartilagineuses, qui se terminaient dans une substance grise, laquelle constituait la couche corticale de la tumeur.
Je me suis demandé depuis si cette tumeur souscutanée, qui causait de si vives douleurs, n'éiait pas un névrome fibreux ou cartilagineux (1). On sait qu'il est des névromes fibreux qui ont la consistance du cartilage.
Au reste , le diagnostic différentiel entre les corps fibreux et les corps cartilagineux est bien moins important sous le rapport pratique que sous le rapport scientifique , vu la parfaite innocuité de ces deux genres de tumeurs, toutes deux incapables de dégénérescence.
2* ESPÈCE. Productions cartilagineuses des membranes se'reuses
et fibro-séreuses.
Les membranes séreuses présentent de très nombreux exemples de métamorphose et production cartilagineuse , on pourrait même dire que de tous les tissus ce sont les membranes séreuses qui ont le plus d'affinité avec ce genre de productions; lesquelles affectent deux formes bien distinctes : l°la forme membraneuse; 2° la forme de végétations pédicidées.
(i) On ne doit pas admettre comme cartilage un tissu fibreux, quelque drnse qu'il soit : or, un tissu fibreux se compose toujours de parties disposées linéairement; tandis que le cartil.ifje est un tissu homogène, blanc-bleuâtre, dont les parties constituantes ne sont nullement disposées d'une manière line'aire; tissu parfaitement élastique qui se coupe facilement à l'aide du scalpel, à la manière de lames cornées, et qui se raie dans le sens de la section.
1** Productions cartilagineuses de la plèvre. Quoi de plus commun que devoir la plèvre, le péricarde, le péritoine présenter des productions cartilagineuses à la suite de phlegmasies adhésives, lorsque l'irritation survivant à Fadhésion, les fausses membranes organisées subissent ce mode d'irritation que j'ai caractérisé sous le nom d'irritation de transformation : dans ces conditions, on trouve souvent au milieu d'adhérences plus ou moins denses, celluleuses, fibreuses, tantôt de larges plaques cartilagineuses, des espèces de cuirasses cartilagineuses sur la plèvre costale, sur la plèvre pulmonaire, ou bien de simples granulations, de petits noyaux, de petites masses cartilagineuses ; on voit même quelquefois ces plaques cartilagineuses pénétrer plus ou moins profondément dans Tépaisseui' du poumon. Souvent le phosj^hate calcaire vient s'associer à cette série de transformations ou productions successives, en sorte qu'on trouve là un tableau complet de toute la puissance de production morbide dont est douée l'économie vivante, dej)uis la fausse membrane organisée jusqu'au cartilage, jusqu'à l'os,
2° Productions cartilagine?ises du péritoine. Rares pour le reste du péritoine, les productions cartilagineuses sont extrêmement fréquentes autour de la rate, plus fréquentes peut-être que dans aucune autre région de l'économie; il n'est même pas rare de voir la rate enveloppée dans une coque cartilagineuse complète également ou inégalement épaisse. C'est dans les deux étals opposés d'hypertrophie et d'atrophie, l'un et l'autre suite fréquente des fièvres intermittentes, qu'on observe cette formation de plaques cartilagineuses, laquelle se complique toujours d'adhérences. Je dois dire que c'est dans les cas d'atrophie de la rate que j'ai rencontré les coques cartilagineuses les j)lus épaisses, les plus complètes et les plus régtdières. Ces coques cartilagineuses complètes ou incomplètes s'accompagnent pres(|ue toujours d'une induration notable du
tissu propre de lorgane, qui devient tout à fait incapable de ces mouvements alternatifs d'expansion et de resserrement qui sont inhérents à l'exercice de ses fonctions. Ces coques cartilagineuses s'enlèvent par énucléation et entraînent avec elles les débris des prolongements fibreux de l'enveloppe splénique qui pénètrent dans l'épaisseur de l'organe, prolongements fibreux qui ont eux-mêmes quelquefois subi au voisinage de la coque la transformation
cartilagmeuse.
Une question de siège s'est élevée au sujet de ces coques cartilagineuses. Quel en est le siège précis, ou, en d'autres termes , aux dépens de quel élément anatomique sontelles produites? Est-ce aux dépens de la membrane pèritonéale ? ou bien aux dépens de la membrane fibreuse? ou bien encore sont-elles constituées par une fausse membrane organisée appliquée à la surface libre de la rate ?
Or un grand nombre de dissections m'ont appris que ces plaques cartilagineuses avaient primitivement leur siège dans une fausse membrane organisée superposée à la membrane pèritonéale, et que c'était consécutivement que la membrane pèritonéale elle-même, et la membrane fibreuse subjacente, étaient envahies : plus tard encore les prolongements qui se détachent de la surface profonde de la membrane fibreuse participent à cette cartilaginification qui pénètre plus ou moins profondément dans l'épaisseur de la rate dont le tissu propre, incarcéré au milieu de ces prolongements, ne tarde pas à s'atrophier.
Ces plaques cartilagineuses sont quelquefois extrêmement irrègulières : ici, très épaisses (de 5, 6 millimètres d'épaisseur et r» êrne bien davantage); là, très minces; tantôt lisses , tantôt hérissées de granulations , de végétations pisiformes,miliaires, globuleuses, pédiculées, plus ou moins pénétrées de phosphate calcaire. Or la matière calcaire qui est très dure, très fragile, est ordinairement plus voisine de la surface externe que de la surface in-
816 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉiNÉRALE.
terne de la production cartilagineuse. Je le répète, point de plaques cartilajjiniformes spléni(|ues sans adhérence : les adhérences au diaphraf^me sont les plus fréquentes; elles constituent des brides fibro-celluleuses plus ou moins serrées.
Il est rare de rencontrer dans l'épaisseur de la rate des productions cartilagineuses indépendantes des coques cartilagineuses.
Plaques cartilagineuses du foie. Elles sont beaucoup plus rares que sur la rate : j'en ai rencontré assez souvent au niveau de la dépression qui résulte, chez la femme, de Tabus du corset. J'ai aussi rencontré plusieurs fois dans l'épaisseur du foie, au voisinage de sa surface, des noyaux
cartilagmenx.
Produclions cartilagineuses pédiculées ou chondrophytes du péritoine [fihrocho7idrophy tes). Les végétations globuleuses pédiculées de la rate , celles non moins fréquentes qu'on rencontre siu* les ovaires , nous révèlent le mécanisme de la formation de ces corps cartilagineux qu'on trouve quelquefois flottants dans le péritoine, et plus particulièrement à l'hypogastre, et qu'on voit parfois aussi dans la tunique vaginale. Ces corps cartilagineux, libres de toute part, ovoïdes ou sphéroïdaux, dont j'ai déjà parlé à l'article des corps étrangers (1), ont été primitivement adhérents par un pédicule excessivement étroit, qui peut se rompre pendant la vie, mais (pii est le plus ordinairement rompu par le fait de l'autopsie , et dont il ne reste aucune trace à la surface de la tumeur.
Voici la description d\in de ces corps étrangers péritonéaux qui m'a été présenté par un élève du Val-de-Grâce : Il a le volume d'une bille de billard ; il est presque régulièrement sphéroïdal (du diamètre de h centimètres 5 mil-
(i) T. n, p. i3i {Corps cliaiifjers organùjues des meml>ranes séreuses).
limètres). Il avait été trouvé dans la cavité pelvienne d'un soldat mort de je ne sais quelle maladie. Il était complètement libre d'adhérence. Il me fut impossible de découvrir à sa surface la moindre trace de l'insertion d'un pédicule. Sa surface externe est lisse, d'un blanc opalin légèrement bleuâtre , offrant toutes les apparences d'un cartilage ; il est d'une grande dureté : pressé entre deux doigts, il se déprime légèrement pour se rétablir aussitôt que cesse la compression.
La coupe de cette tumeur présente une similitude parfaite avec la coupe d'un calcul urinaire. Au centre est un noyau irrégulier de phosphate calcaire; tout autour se voient des couches concentriques parfaitement distinctes, qui représentent exactement les couches concentriques d'un calcul, ou mieux encore celles d'un disque intervertébral, coupé horizontalement.
La coupe de ce corps étranger présentait plus d'analogie avec les corps fibreux denses, ou avec le tissu fîbrocartilagineux qu'avec le cartilage proprement dit (1).
Les productions cartilagineuses pédiculées du feuillet testiculaire de la tunique vaginale ne sont pas fort rares. J'en ai plusieurs fois rencontré sur le cadavre, et même diagnostiqué sur le vivant.
Cartilaginification de la plèvre. Il n'est pas rare de rencontrer des plaques cartilagineuses soit sur la plèvre costale, soit sur la plèvre pulmonaire, à la suite de certaines pleurésies chroniques (2).
(i) Il m'a été raconté que, dans une opération de hernie étranglée, aussitôt que le sac herniaire eut été ouvert, il s'en échappa un corps dur du volume et de la forme d'un pois, si bien que l'opérateur demanda à la malade si elle avait mangé des pois la veille ou l'avant-veille. Sur sa réponse affirmative, on crut que l'intestin était ouvert. Il n'en était rien : c'était un corps cartilagineux. La malade a parfaitement guéri.
(2) Bien distinguer ces plaques cartilagineuses des plaques opalines, qui ont l'aspect d'une lame mince de cartilaf;e et qui sont une des formes du cancer des poumons.
Il n'est pas rare de voir un poumon atrophié enveloppé comme dans une coque ou chemise cartilagineuse de plusieurs centimètres d'épaisseur, qui rend ses fonctions presque impossibles ou du moins extrêmement limitées, en privant cet organe de son mouvement d'expansion.
N'oublions pas que ces productions cartilagineuses ont lieu aux dépens des fausses membranes et non aux dépens delà plèvre. Ainsi, chez un sujet mort à Fhôpital de la Charité, j'ai vu le poumon droit atrophié, enveloppé par une coque cartilagineuse qui occupait la paroi costale et la paroi diaphragmatique, coque tellement adhérente à la plèvre pariétale, qu'en voulant l'enlever par arrachement on a enlevé en même temps les muscles intercostaux et le diaphragme; or la plèvre pulmonaire était parfaitement séparable de la coque cartilagineuse.
Par opposition , la coque cartilagineuse pouvait se diviser en plusieurs couches faciles à distinguer les unes des autres à raison de la différence d'opacité.
J'ai décrit ailleurs (1), comme un mode de guérison de la pleurésie chronique avec épanchemenf, des kystes pleuraux cartilagineux à parois quelquefois très épaisses ; kystes pleuraux contenant du sang altéré , une matièie gélatiniforme , tuberculiforme , du pus concret ou en bouillie : ces kystes sont ordinairement intermédiaires au diaphra^jme et à la base du poumon, ou bien à la gouttiè^re costale et au bord postérieur du poumon.
Toutes les productions cartilagineuses de la plèvre ont bien évidemment pour principe des fausses membranes organisées. La plèvre elle-même parait tout à fait étranpère à leur formation. De petites masses cartilagineuses plus ou moins irrégulières , bien circonscrites , sont quel-
(i) Dictionnaire de médecine et de chirurgie praticjueSy article Pleu* BÉsiE, Paris, i835, t. XllI, p. 3o6.
quefois déposées au milieu d'adhérences fibreuses plus ou moins denses.
Cartilaginificatioii du péricarde. Très fréquente et coïncidant toujours avec des adhérences fibreuses extrêmement serrées du péricarde au cœur : les cartilages péricardiques se pénètrent très souvent de phosphate calcaire en totalité ou en partie. Leur siège primitif est bien au milieu des adhérences péricardiques, mais la transformation peut s'étendre au tissu propre du péricarde lui-même.
Voici la description d'une lame cartilagineuse péricardique qui occupait la région du ventricule gauche :
Cette lame cartilagineuse * épaisse, parfaitement organisée, adhérait à la surface du cœur par un tissu celluloso-fibreux excessivement dense. Il m'a fallu employer toute ma force pour compléter, par arrachement, la séparation du péricarde et du cœur commencée avec le bistouri. Cette lame cartilagineuse faisait suite à une masse chondro-calcaire du volume et de la forme d'une noix muscade intimement unie au péricarde dont il était impossible de la séparer; cette masse adhérait non moins intimement au cœur dans Tépaisseur duquel elle s'enfonçait par un prolongement qui semblait servir d'insertion aux fibres charnues correspondantes.
La couche la plus superficielle de cette masse était cartilagineuse dans l'épaisseur de 1 millimètre; tout le reste était pierreux, ossiforme, très compacte, très fragile.
H existait une grande plaque ossiforme sur la face postérieure de l'oreillette gauche ; elle était remarquable par son irrégularité. Cette plaque semblait constituée par l'a^réfyation de petites masses pierreuses diversement configurées. Il n'y avait pas vestige de cartilage dans cette petite masse qui faisait saillie du côté de la face jnterne de l'oreillette dont elle soulevait et écartait les faisceaux musculaires réticulés.
Carlilaginification de t arachnoïde. -— V De l'arachnoïde
spinale. C'est aux dépens du tissu cellulaire sous-arachnoïdien et nullement aux dépens de Tarachnoïde ellemême, que se produisent les lamelles cartilagineuses qu'on rencontre si souvent autour de la moelle, lamelles cartilagineuses en forme de fragments de cylindre, ou plutôt en forme d'ongle, lisses à leur surface externe, mamelonnées et inégales à leur surface interne, très minces et comme découpées à leur circonférence. On les rencontre quelquefois de distance en distance dans toute la longueur de la moelle.
2^ De t arachnoïde cérébrale. J'ai vu un kyste hématique très considérable, oblong , très adhérent à la face interne de la dure-mère, dont les parois étaient formées par une coque cartilagineuse parfaitement organisée. Ce kyste cartilagineux était bien évidemment formé aux dépens d'une fausse membrane.
Productions cartilagineuses {chondrophytes , ostéo - chondrophytes) des
membranes synoviales.
Les productions cartilagineuses des articulations naissent tantôt des membranes synoviales, tantôt du pourtour des surfaces articulaires.
Je renvoie à ce que j'ai dit à ce sujet à l'article Corps étrangers organiques des membranes synoviales (t. II, p. 135). Ces corps étrangers, quelquefois solitaires, souvent multiples, sont tantôt pédicules, tantôt libres et mobiles dans l'articulation : leur production coïncide très souvent avec la maladie des articulations que j'ai décrite sous le nom d'usure des cartilages articulaires. Ces productions sont tantôt constituées par du cartilage pur (chondrophytes des synoviales); tantôt en partie par du cartilage et en partie par du tissu osseux (ostéo-chondrophytes), (luelquefois même en partie par du tissu fibreux et en partie par du tissu cartilagineux (fibro-chondrophytes).
On trouve au musée Dupuytren un bel exemple d'ostéo-
chondrophyte solitaire développé dans rarrière-cavilé cotyloïde sur laquelle il est en quelque sorte moulé, et dont il remplace en grande partie la graisse. Ce corps , parfaitement circulaire , est adhérent par im pédicule osseux très mince. Il est concave par sa face interne, qui présente une couche cartilagineuse de 3 à 4 millimètres d'épaisseur, laquelle recouvre une couche osseuse d'une épaisseur au moins aussi considérable. J'ignore si ce corps étranger, qui était exactement moulé sur la tête du fémur, gênait la progression.
Métamorphose cartilagineuse de la membrane interne des artères.
Les plaques cartilagineuses des artères méritent d'être rapprochées de celles des membranes séreuses. Elles sont formées aux dépens de la membrane interne des artères , véritable séreuse canaliculée , et se présentent sous la forme de plaques cartilaginiformes opalines , à la face externe desquelles adhère le plus souvent une matière stéatomateuse ou crétacée.
Valvules du cœur. Les valvules auriculo-ventriculaires du cœur, de même que les valvules sigmoïdes, subissent quelquefois la métamorphose cartilagineuse , et cette métamorphose peut être bornée à la couche superficielle ou s'étendre à toute l'épaisseur de la valvule.
Métamorphose cartilagineuse du tissu fibreux.
Le tissu fibreux naturel devient rarement cartilagineux. Il semble avoir plus d'affinité pour le phosphate calcaire que pour la chondrine. Ainsi je n'ai jamais vu une aponévrose cartilagineuse, jamais la dure-mère, jamais la portion fibreuse du péricarde : il n'y a peut-être d'exception que pour les tendons, dans les points oii ces tendons sont soumis à une forte pression. Ainsi le tendon du long péronier latéral contient presque toujours un noyau
cartilagineux, au niveau de sa double réflexion. Cette observation sur le défaut d'affinité du corps fibreux par la métamorphose cartilagineuse s'applique aux tissus fibreux accidentels : ainsi je ne me rappelle pas d'avoir vu un seul cas de corps fibreux utérin qui m'ait présenté bien nettement cette transformation.
Métamorphose cartilagineuse du tissu musculaire,
La cartilaginification tem])oraire des muscles bientôt suivie de leur ossification, s'observe dans la formation du cal dont elle constitue la deuxième période, la période cartilagineuse du cal. Or, je crois avoir démontré par une série d'expériences que le cal cartilagineux, de même que le cal osseux, se forme par le concours de toutes les parties lacérées qui entourent les fragments, périoste, tissu cellulaire, muscles, tendons, etc. Or, le tissu musculaire prend une grande, une très grande part à la formation du cal, ainsi que je l'ai démontré dans mon premier ouvrage. Voici en quels termes j'exposais le résultat de ces expériences (1). « 11 résulte d'expériences très multipliées faites » sur des pigeons, de plusieurs observations faites sur » l'homme, que dans un très grand nombre de cas le cal w est formé par l'ossification du périoste et des muscles, de » ces derniers surtout qui deviennent peu à peu grisâtres, » perdent leur disposition linéaire , augmentent de con- » sistance, ressemblent d'abord au tissu cellulaire pénétré " d'albumine combinée, puis revêtent les caractères du » cartilage, et enfin de l'os. Ce sont les couches les plus » profondes des muscles qui éprouvent cette transforma- » tion dans la moitié, les deux tiers, la totalité de leur w épaisseur, suivant l'étendue du déplacement. On peut » suivre l'altéiation progressive de ces muscles, depuis le » uiomenl ou la (racture vient d'avoir lieu jusqu'à celui
(i) hssai sur ianalotmc palhologufuc, lbi6, t. i, [>. 4^ ^^ siiiv.
TREIZIÈME CLASsTî. DES MÉTAMORPHOSES. 823
» OÙ la transformation cartilagineuse est opérée : alors le » cal, qui n'est encore que cartilagineux, est circonscrit ; » on peut le séparer des muscles environnants ; mais cette »^ séparation ne se fait pas sans déchirure , et il faut em- » porter une partie du cartilage pour avoir le cal cartila- » gineux parfaitement isolé , ou laisser quelques fibres » musculaires pour avoir la totalité du cal ; mais bientôt » des points osseux se manifestent dans l'épaisseur de » ce cartilage : ils sont très sensibles chez les animaux » qu'on nourrit de garance ; l'ossification finit par enva- » hir tout le cartilage, etc. »
Mais un fait bien extraordinaire que je n'ai pu constater que chez les pigeons, et sur lequel mes expériences sur le cal m'avaient donné l'éveil , c'est (jue dans une série d'expériences sur la nécrose, avec destruction de la moelle et introduction de charpie dans le canal médullaire, j'ai vu les couches les plus profondes des muscles se pénétrer comme le périoste d'une matière gélatineuse, et passer à l'état cartilagineux, puis à l'état osseux (1). Je donne ces derniers faits sous toutes réserves ; car, je le répète, je n'ai constaté ce résultat que sur les pigeons et nullement chez d'autres animaux.
Le tissu musculaire présente quelquefois des productions cartilagineuses dans son épaisseur; productions cartilagineuses qui font souvent suite à des productions osseuses. J'ai vu cela dans les muscles qui environnent d'anciennes luxations non réduites, dans l'épaisseur des muscles d'un éléphantiasis, etc.
Les anévrysmes partiels du cœur sont quelquefois constitués, au moins en grande partie, par des coques cartilagineuses, le reste étant fibreux ou osseux : c'est l'anévrysme partiel du cœur qui me paraît expHquer l'observation de Columbus. Ce grand observateur (2) dit
(i) Essai sur l'anatomie palliologique, t. II, [>. 3<|. (2) De re anat. , lib. XV.
avoir va la cloison du cœur cartilagineuse et Ton a révoqué en doute son observation : mais comme j'ai eu occasion de disséquer un anévrysme partiel du cœur à parois cartilagineuses qui occupait la cloison et la pointe de cet organe, il me paraît certain que le fait de Columbus se rattache à ce genre de transformation. Il en est de même du fait de Corvisart, qui parle d'un individu qui mourut d'accidents du côté du cœur, et chez lequel il trouva les valvules mitrales cartilagineuses et les parois du ventricule gauche cartilagineuses à sa pointe jusqu'à une certaine hauteur.
Productions cartilagineuses dans les glandes et les organes composés.
Chondromes parotidiens . On parle de chondromes parotidiens. Je soupçonne que ces chondromes occupaient l'enveloppe fibro-celluleuse de la parotide, et non l'épaisseur de cette glande.
Chondromes mammaires. J'ai vu dans l'épaisseur et à la surface de la glande mammaire des chondromes qui présentaient tous les caractères cliniques des corps fibreux et tous les caractères anatomiques du tissu cartilagineux. Ainsi il a été présenté à la Société anatomique un corps cartilagineux mammaire extirpé par M. Nélaton. Ce corps résistait comme un cartilage, il en avait tous les caractères. Sa coupe a présenté un noyau cartilagineux duquel partaient des prolongements irréguliers qui avaient fait admettre à tort, par quelques membres de la Société, que ce corps était un squirrhe rayonné. Mais c était bien un cartilage. L'observation microscopique, de moine que l'étude à l'œil nu, n'y a fait reconnaître aucun élément cancéreux.
Chondromes ovariens. Les chondromes de l'ovaire sont presque aussi frécjuents ijue les corps fibreux de cet organe. Ils se présentent tantôt sous la forme atrophique, tantôt sous la forme hypertrophique : ainsi , j'ai vu des chondromes ovariens du volume d'un pois chiche, d'autres
du volume d'une grosse pomme, du poing et même bien davantage. La transformation cartilagineuse de l'ovaire est quelquefois partielle et associée à la production enkystée. Ainsi, j'ai vu un kyste de l'ovaire qui avait pour base une masse cartilagineuse ovoïde.
Chondromes testkulaires. Les corps cartilagineux testiculaires ne sont pas rares ; et une chose bien remarquable , c'est la fréquence de l'association des cartilages accidentels dans ces organes avec la dégénération cancéreuse. Ainsi, j'ai trouvé plusieurs noyaux cartilagineux au centre d'un cancer testiculaire, dont une partie était pénétrée d'une grande quantité de suc cancéreux.
Le cas suivant, qui n'est pas moins remarquable, a été présenté à la Société anatomique en novembre 1852. Un testicule avait été extirpé chez un jeune homme âgé de vingt-trois ans, qu'on croyait affecté de sarcocèle. Ce testicule m'a présenté les particularités suivantes : Au centre était une masse fongueuse , molle, qui ne m'a nullement paru carcinomateuse ; car on ne pouvait en exprimer de suc cancéreux. Autour de cette masse fongueuse se voyaient un grand nombre de petits corps cartilagineux très irréguliers dans leur forme, qui étaient comme groupés à la circonférence du testicule, et adhéraient à la face interne de la tunique albuginée.
Chondromes thyroïdiens. Il m'est souvent arrivé de trouver dans l'épaisseur de vieux goitres des masses cartilagineuses quelquefois considérables . J'ai vu cette glande traversée par des cloisons cartilagineuses : j'ai vu également des kystes thyroïdiens hématiques ou autres à parois cartilagineuses, et enfin des corps thyroïdiens complètement atrophiés, lesquels étaient constitués par du cartilage avec ou sans dépôts calcaires. La transformation cartilagineuse constitue un des modes d'atrophie du corps thyroïdien. Rarement coïncide-t-elle avec l'hypertrophie. Lorsque la transformation cartilagineuse coïncide av^
rhypertropliie de cet organe, c'est qu'il existe en même temps une portion de glande atrophiée, qui est le siège de la cartilaginification. On trouve au musée Dupuytren une pièce en cire qui représente un corps thyroïdien volumineux, à la partie postérieure duquel se voit un kyste à parois cartilagineuses très épaisses , ou mieux encore une masse cartilagineuse creusée d'une cavité.
Chondromes kysteux. Rien de plus commun que de voir des kystes acéphalocystes ou autres présenter en totalité ou en partie les caractères du cartilage. J'ai parlé d'un kyste hématique de la face interne de la dure-mère, converti en cartilage. Les kystes des ovaires présentent très souvent dans une partie de leur étendue des plaques cartilagineuses, et même quelquefois à leur surface interne des granulations cartilagineuses de divers volumes, ou sessiles ou pédiculées.
Chondromes pulmonaires. Il n'est pas rare de voir des productions cartilagineuses dans l'épaisseur des poumons. Elles se présentent sous la forme de petites masses granuleuses, de grosses masses irrégulières, ou de kystes ou de lamelles épaisses interposées aux lobules atrophiés : ces productions cartilagineuses peuvent être dans beaucoup de cas considérées comme des cicatrices de foyers tuberculeux. Il y a aussi des granulations ou tubercules opalins, gris, noirs, dé consistance cartilagineuse, (|ue je considère comme des granulations ou tubercules de guérison , et nullement comme des tubercules à leur [)remière période. Je n'admets pas de phthisie constituée dans sa première période par des granulations cartilagineuses (1).
Chondromes spléniques. J'ai parlé des chondromes su-
(i) C'était dans les poumons, et non dans les viscères abdominaux, comme je l'ai dit par erreur dans la note dci la pajje 796 de ce volume» qu'existaient les chondromes observés par M. iiichet sur le malade affecté du périchondrome de l'omoplate.
perfîciels de la rate , espèce de cuirasse plus ou moins complète qui envoie souvent des prolongements dans l'épaisseur même de la rate à une plus ou moins grande profondeur. Il n'est pas rare de voir dans Fépaisseur de rates soit hypertrophiées, soit atrophiées, de petites masses cartilagineuses irrégulières, ou même de petites lames cartilagineuses faisant cloison.
Chondromes hépatiques. Assez fréquentes chez les femmes âgées qui ont porté des corsets très serrés , les plaques cartilagineuses du foie qui correspondent à la circonférence inférieure de la poitrine envoient (juelquefois des prolongements dans l'épaisseur de cet organe. J'ai vu des granulations hépatiques converties en grains cartilagineux; les kystes adventifs des acéphalocystes, kystes adventifs qui sont formés aux dépens du tissu du foie, sont souvent en partie cartilagineux.
Chondromes articulaires, hes productions cartilagineuses articulaires doivent être étudiées : 1<* dans les articulations malades ; 2° dans les articulations nouvelles (néarthroses), suite de luxations non réduites , suite de fractures.
1^ J'ai déjà parlé des chondrophytes et ostéo-chondrophytes des synoviales. J'ai dit que ces productions étaient tantôt lihres de toute adhérence, tantôt mobiles, mais fixées par un pédicule très mince aux franges synoviales, tantôt adhérentes au pourtour des surfaces articulaires. Or, ces productions nées du pourtour des surfaces articulaires sont constantes dans la maladie que j'avais décrite il y a longtemps sous le nom à'usure des surfaces articulaires , et que M. Deville, dans plusieurs communications fort intéressantes faites à la Société anatomique, a décrite sous le nom à^ arthrite sèche.
J'ai dit ailleurs que lorsque les surfaces articulaires sont dépourvues de leurs cartilages d'encroûtement , les couches osseuses mises à nu s'usent avec une extrême facilité, malgré le tissu éburné qui les recouvre, et l'oa
voit autour des surfaces articulaires se développer des productions ostéo-cartilagineuses qui semblent venir au secours de l'articulation et qui finissent par s'user ellesmêmes; productions sessiles ou pédiculées, qui tantôt s'usent sur place, tantôt se détachent du pourtour des surfaces articulaires et deviennent libres dans l'articulation.
2** Productions cartilagineuses dans les articulations nouvelles
ou néarthroses.
1** Dans les néarthroses, suite de luxations non réduites, il se passe de bien nombreuses , de bien admirables transformations; des cartilages articulaires se produisent sur les nouvelles surfaces frottantes, sur la surface périostique des os, aux dépens des tendons, des muscles , du tissu cellulaire, des ligaments: un travail permanent d'usure se faisant dans les articulations mal organisées, un travail permanent de restauration répare les brèches. Cependant il arrive quelquefois que la néarthrose étant parfaitement constituée, les surfaces articulaires bien contenues sans glissement et frottant les unes sur les autres d'une manière régulière, le travail de métamorphose s'arrête et l'articulation nouvelle remplace autant que possible Tancienne articulation.
2° Dansles néarthroses^ suite de fractures non consolidées, et j'en ai vu un exemple à la partie moyenne de l'humérus, les surfaces frottantes s'encroûtent également de couches cartilagineuses qui remplissent parfaitement les fonctions du cartilage articulaire naturel.