‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 13 sur 38 · IX* PROPOSITION · texte numérisé non relu

IX* PROPOSITION

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Pour éclairer l'histoire de révolution et des cauâes des lésions morbides, il convient d avoir recours à Texpérimentation , qui promet à la pathologie des résultats non moins importants que ceux qu'elle a déjà donnés à la physiologie, en permettant d'isoler les phénomènes, de produire à volonté telle ou telle lésion , de sacrifier les animaux pour étudier ces lésions à leilrs diverses périodes.

L^anatomie pathologique expérimentale peut être appliquée à la détermination des causes générales des maladies, des conditions atmosphériques et alimentaires sous l'action desquelles se développe telle ou telle maladie : ainsi Tinfluence de Thumidité, de pâturages humides sur le développement des tubercules et des kystes acéphalocystes ou séreux est un fait hors de toute contestation ; c^est sans doute ce fait bien positif, qui a suggéré lu pensée que les tubercules n'étaient autre chose que des hydatides.

L^anatomie pathologique expérimentale a révélé ce fait important, que rien n'est plus difficile que de produire la fièvre artificiellement, que de produire des maladies proprement dites^ autres que celles qui sont le résultat de causes mécaniques ou chimiques; que ce n'est véritablement qu'en mêlant au sang des principes hétérogènes, qu'en agissant directement sur le système veineux, qu'on détermine des pneumonies, des pleurésies, des entérites, des hémorrhagies, des maladies fébriles.

Ce fait, rapproché du grand faitde la phlébite purulente également révélé par l'anatomie pathologique , a ramené

sur la scèae médicale l'humorisme , non rhumorisme aveugle et comme instinctif des anciens, mais un humorisme rationnel , susceptible de démonstration , et a foit revivre, en les interprétant, les motA d'altération du sang^ fii inflammation du sang y que Pinel avait stigmatisés du sceau du ridicule, et qui désormais deviendront la base de la thérapeutique.

C'est ainsi qu'après avoir conduit la médecine dans la voie du solidisme exclusif par Tétude des lésions de nos tissus, lorsqu'elle a voulu pénétrer plus avant, Tanatomie pathologique a rencontré les altérations du sang, et c'est elle, elle seule qui a inspiré tous les travaux modernes sur le sang , dans lequel il est permis d'espérer qu'on découvrira tôt ou tard des altérations propres à rendre compte du développement des maladies.

Le grand fait de la phlébite aurait seul amené ce résultat. Lorsqu'à la suite d'une plaie, d'une opération chi* rurgicale, on a vu survenir tout à coup , chez l'individu le mieux constitué et le plus vigoureux, les symptômes les plus formidables, et qu a l'autopsie on a trouvé des abcès innombrables dans les organes les plus riches en système capillaire, il nest aucun observateur qui ait mis en doute l'infection du sang parle pus, bien qu'on ne se soit pas entendu sur le mode de cette infection. Et eu attendant que la chimie et le microscope nous aient démontré directement la présence du pus dans le sang, l'injection du mercure dans les veines nous a fait connaître tous les circuits que parcourent les fluides hétérogènes mêlés au sang : or le rapprochement des effets obtenus par l'injection du mercure dans les veines , et de ceux qui résultent de la phlébite, cette circonstance que l'on rencontre le mercure et les abcès provoqués par sa présence dans tous les points où l'on trouve des abcès dans le cas de phlébite , ne démontrent-ils pas d'une manière positive que c'est le pus en circulation dans le sang qui , déposé

DES ESràCBi ANATOMIQUES MORBIDKâ. &9

dans le système capillaire des différents viscères à la manière d'un corps étranger, y détermine des inflammations droonscrites bientôt terminées par suppuration ?

Rien ne se perd dans leconomie : j*ai retrouvé dans le poumon, au centre de petits tubercules déterminés par leur présence, les gouttelettes en lesquelles s'était divisé do mercure que j'avais introduit six mois auparavant dans le canal médullaire d'un chien.

Rien ne se perd dans 1 économie: ainsi ce cbyle de mauvaise qualité , cette matière de la perspiration cutanée retenus , doivent être éliminés par les émonctoires sous peine de déterminer des phénomènes morbides plus ou moins graves : ainsi ce virus hydrophobique, ce virus syphilitique, peuvent rester latents pendant dix, vingt ans, et manifester inopinément leur présence par les phénomènes les plus graves.

Ainsi la cause des maladies fébriles, éruptives on autres, la cause des phlegmasies spontanées fébriles doit être cherchée plus loin que les organes ; cette cause est dans le sang. Cn mouvement fébrile surgit, et si l'économie ne se débarrasse pas par les sueurs, les urines, les évacuations alvines, des matières hétérogènes qui l'infectent, si le poison fébrile, pour me servir de l'expression des an« ciens, au lieu d'être éliminé par les émonctoires naturels, se porte sur quelque organe important à la vie, il y a phlegroasie plus ou moins grave. On comprend l'utilité de la saignée et la mesure de cette utilité dans les phlegma* sies fébriles; en agissant sur le sang, vous agissez sur le point de départ de la maladie, vous guérirez si la cause s'est épuisée dans la production de la phlegmasie; mais si cette cause ne s'est pas épuisée , au moment où vous croyez Finflammation vaincue par vos abondantes saignées, une nouvelle surgit et surprend votre malade dans tm état de débilité qui empêche toute réaction : c'est ce quon observe tous les jours dans les maladies dites I. U

SO ANATOMIË PATHOLOGIQUE GÉwAbaLI.

puerpérales» dans certains cas de pneumonies que j'ai era devoir appeler envahissantes , parce qu elles envahissent successivement les diverses parties des poumons (i).

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