X* PROPOSITION
Les sspieei nwrHdes compo$i€$ résultent de l'association d^un certain nombre de lésions , et cette association se fait suivant certaines règles qu'on peut appeler Ms des associations ntOT' hides.
Pour une bonne détermination des espèces anatomiques morbides , il faut distinguer les espèces simples des espèces composées^ lesquelles résultent de Tassociation de plusieurs espèces simples. Or, comme telle ou telle lésion a plus daffinité pour telle autre lésion que pour telle autre, et cette association se faisant suivant certaines règles, on peut appeler lois JC association morbide les lois qui présidente cette combinaison. Ainsi, les poumons tuberculeux présentent 1 association d*un grand nombre de lésions morbides: i* des tubercules à divers degrés; a° Finflammation des bronches, de la plèvre, du tissu pulmonaire à divers degrés; 3* souvent de Toedùme; 4^ assez souvent de la gangrène; 5^ des solutions de continuité; 6<> des atrophies et quelquefois des hyper<trophies. C'est cette coïncidence si fréquente, cette affinité entre le travail morbide qui produit le tubercule, et le travail morbide qui produit le pus, qui m'ont porté à admettre que la formation de la matière dite tuberculeuse, et la formation du pus pourraient bien être rapportées à un
(i) Je ne MuraU trop iotUtar tar cette dit tinctien 4et phlegmaeiee cp celles qa*oa peut appeler circontcritet parce qu'elles se bornent à la partie d'organe primitivement affecté, ou du moins à une partie plus ou moins limitée de cet organe, et en celles que Ton peut appeler envahistmnîet parce qu'elles se développeM en plusieurs temps , i^écendenC pour •inii dira à I laproTiste, et souvent k une période avancée de la maladie, il d'autres parties du même organe. L'érysipèle erratique ou ambulast peut être considéré comme le type de cette pblegmasie envahissante ; la même distinction s'applique aux tubercules*
DU UPÈGBS AVATOlflQUBS MORBmBS. 51
ttul et même travail morbide dont elles ne seraient que oeiix vanetes.
C'est à ces associations qu'il faut rapporter les altérer tianê coméouiives qui ont lieu danales tissus morbides, altérations consëoutives bien distinctes des changements qui se passent dans ces tissus par suite de leur dévelop* peraent régulier, et qui peuvent les rendre méconnais* sables. Ainsi , l'inflammation s'emparant des tissus cancéreux , les ulcère , les ramollit , les gangrène. H est même certaines formes de cancers qui se gangrènent OQOche par couche à mesure qu'elles se produisent , si bien qu'il ne reste aucune trace du tissu cancéreux , et qu'op croirait avoir affaire à une gangrène spontanée pure et simple , si des ganglions cancéreux placés au voisinage ne donnaient féveil sur le véritable caractère d^ la ma» ladie. Cest cette forme de cancer que j'ai cru devoir appe* 1er cancer gangreneux.
Ainsi 9 les changements consécutifs qui se passent dans les tissus morbides se rapportent à deux causes bien distinctes : i* à l'évolution régulière de l'espèce morbide ; 3« à l'association d'une autre espèce ou de plusieurs autres espèces morbides qui , s'emparant de parties déj^ altérées dans leur organisation , produisent des résultats tds qu'on serait tenté de les rapporter à une espèce particulière de lésion.
Dans cette étude des associations morbides , il fout éoBC bien distinguer les lésions coïncidentes des lésions eoBséeutives 9 des lésions subordonnées.
W PBOPOSraON.
tm Ê$§im m^tUêê m m trmêfomem §Q$ te wui imê fi»
Ce iju^mi a pris p«nr une transformation n^est avtre diose qu'une asaooiatîim, qu'une juxtaposition, les es* pèces primitives restant distinctes. Cette proposition est
52 AMATOMIB PATH0U)GIQ17E GÉNÉBALE.
en opposition formelle avec lopinion généralement admise d'après laquelle toutes les lésions morbides seraient susceptibles de dégénérer en cancer.
Mais il résulte d'innombrables observations qu'un cancer est cancer dès le premier moment de sa formation: il ne peut être que cela; quun corps fibreux est corps fibreux dès l'instant de son apparition , et il sera corps fibreux trente, quarante ans après, ainsi que j'en ai vu à la Salpétrière de nombreux exemples. La terreur qu'inspire la possibilité de la dégénération cancéreuse de toutes les lésions morbides est donc imaginaire. Les chirurgiens ne devront plus fiiire entrer en ligne de compte dans les motifs qu'ils invoquent pour extirper une tumeur d'une nature douteuse, cette circonstance que , dans le cas où cette tumeur ne serait pas cancéreuse, son extirpation n'en serait pas moins bien indiquée, puisqu'elle peut dégénérer. Je ne connais aucun &it qui établisse positivement qu'un tissu morbide par inflammation aiguë ou chronique puisse devenir cancéreux.
Lorsque je dis que les espèces morbides ne peuvent pas se transformer les unes dans les autres, je n'applique pas ce principe au passage du tissu cellulaire en tissu fibreux, et du tissu fibreux en tissu cartilagineux ou en tissu osseux; car ces divers tissus ne sont autre chose que le même tissu à divers degrés de développement. Je ne l'applique pas non plus à la transformation du tissu érectile en tissu fibreux : cette transformation n'étant autre chose qu'une oblitération vasculaire; enfin, il n'est pas impossible que les tissus hypertrophiés ou atrophiés ne deviennent cancéreux; car ces tissus hypertrophiés ou atrophiés ne sont pas des tissus morbides : je formule ma propositioa en disant que les espèces morbides ne se transforment pas plus les unes dans les autres que les •qpèoes végétales ou les espèces animales.
DES ESPÈCES ANATOiMIQUES MOAfilDES. 5S
Xn« PROPOSITION.
Une léHom nwrhidepeui être ctmtidirie comme une immunité quant
aux autres espèces de lésions.
De la proposition précédente qui établit que les espèces morbides ne se transfonnent pas plus les unes dans les antres que les espèces végétales et que les espèces ani* maies, pas plus que le tissu musculaire ne se transforme en tissu glanduleux et celui-ci en tissu nerveux , et réciproquement; de cette proposition, dis-je, qui par la généralité de son application mérite le nom de loi, il résulte cette autre proposition qu'une lésion morbide peut 9 jusqu'à un certain point , être considérée comme une immunité^ quant aux autres espèces de lésions. Ainsi, les corps fibreux de Tutérus sont, en général, une immunité contre le cancer ; et j'ai coutume dédire aux femmes afFec* tées de corps fibreux de l'utérus: Vous êtes bien heureuses» vous n'aurez pas de cancer. Cela est vrai, en général; j ai vu une innombrable quantité de femmes affectées de corps fibreux utérins, soit dans ma pratique particulière, soit dans les hôpitaux, et plus particulièrement à la Salpétrière ; eh bien , je n'ai pas vu un seul cas de coïncidence de corps fibreux et de cancer utérin. Toutefois cette immunité n'est bien positive que pour le corps fibreux lui-même. Ainsi, tout le tissu d'un utérus avec corps fibreux serait envahi , désorganisé par le cancer, que le corps fibreux lui-même, respecté , resterait inaltérable au milieu de ce travail de destruction; et c'est, en effet, ce qui parait avoir été observé deux ou trois fois. On conçoit que le tissu sain de Tutérus qui entoure un corps fibreux puisse devenir cancéreux au même titre que le tissu d*un utérus exempt de corps fibreux.
Si J^VATOMIE PATHOLOGIQUE GÉRÉEALB.
XIU* PROPOSITION.
kêi Èkini vtvafUf êonê ifikUiéraèkê pmr éUêHiiémê*
Une proposition qui est la conséquence générale de Tétude des lésions morbides , et que j'ose à peine formuler sans Tentourer des piqûres sur lesquelled elle s'appuie, c'est que les tissus vivants sont inaltérables par eux-mêmes; c'est qiie les lésions dites organiques sont en quelque sorte étrangères à la fibre organisée ; c'est que teê lésions morbides, celles-là même qui sont le plus essentiellement désorganisatrices , celles qui sont inflammatoires , tuberculeuses , cancéreuses , résultent de Fenvahissement des tissus par des matières hétérogènes déposées dans leur 6ein; que les tissus qui paraissent dégénérés ne sont autre chose que des dssus dont les fibres sont dissociées , plus ou moitls atrophiées ou hypertrophiées.
Adttiettotis pour un moment ces propositiotis conune démontrées : voyez quel horizon nouveau apparatt pour la thérapeutique! Quoi! ces lésions si profondes ne sont pas des désorganisations! Quoi! si les produits morbides versés dans la profondeur de nos tissus venaient à leur être soustraits , les organes reparaîtraient atrophiés , dé* formés ; et si cette soustraction avait eu lieu avant Tatrophie complète , ils ne seraient point assez mutilés pour tie pas reprendre jusqu'à un certain point l'exercice de leurtf fonctions !
Les làiis sont là pour établir cette puissance conserva* trice 9 restaurittrice de l'éconotnie vivante qUe l'anatomie pathologique pouvait seule mettre en lumière.
Xiy PROPOSITION.
Le iUge immédM de toute nutrition et de toute iécrétion fnorMe
est dans le système capillaire.
Une dernière proposition , c'est qu'il résulte de faits
DES ESPACES AMAT0MIQUE6 MOIlBlOEfi. S5
que je regarde comme positifs , cpie le système capillaire (et lanatomie normale démontre que le système capillaire est essentiellement veineux) est le siège de toute nutrition et de toute sécrétion morbides , comme il est le siège de tonte nutrition et de toute sécrétion normales.