C. Bec-de4ièvre compliqué. Dans le bec-de-lièvre simple
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OU double, Tos maxillaire supérieur est parfaitement in« tact; il n'en est pas de même dans le bec-de-lièvre cômpK<{né : la division unique ou double subie par la livre se prolonge sur la mâchoire supérieure.
Pour se faire une bonne idée de Tétat des os , il feut se rappeler que, chez les animaux, il existe deux petits os triangulaires appelés inter-maxiltatres ou incisifi , lesquels sont constitués par la portion de Tos maxillaire qui supporte les dents incisives de la mâchoire supérieure ; que , ches rhomme , il y a un vestige de cette séparation dans deux scissures très remarquables que j'ai appelées soisiwts incisives (i). Or, dans le bec-de-lièvre compliqué de division des os, cette division occupe tantôt l'une ou l'autre de ces deux scissures, tantôt les deux scissures à la fois, suivant que le bec-de-lièvre est simple ou double^ Dans le cas de double scissure osseuse, les deux divisions vont se réunir sur la voûte palatine; tantôt, i» la division simple ou double s'arrête à la voûte palatine ; !»<> tantôt la division occupe toute la longueur de la voûte palatine, y compris on non compris le voile du palais.
Les variétés éCécarîement méritent d'être mentionnées. On en rencontre tous les degrés, depuis la fissure linéaire JQsqu^à la disparition complète de la voûte palatine osseuse : dans ce dernier cas qui s'accompagne toujours de la division du voile du palais , la cavité buccale , les fosses nasales et le pharynx ne forment plus qu une seule et même cavité ; le vomer est incomplet ou nul ; le cartilage de la cloison est incomplet; il y a absence de la portion d'os maxillaire qui supporte les incisives. On a appelé gueuie'de-hup cet énorme vice de conformation dans lequel il y a disparition presque complète de toutes les parties médianes.
Je dois faire observer que, de même que la lèvre snpé-
(i) Voyei Jmatwnie descriptive ^ 1. 1 , p. i06.
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rieurc présente une division siinpie ou double indépei^ damment des os maxillaires supérieurs qui sont intacts, de même la division des os maxillaires supérieurs et même Ténorme perte de substance dont je viens de parler peuvent coïncider avec Tintégrité parfaite de la lèvre sapé* rieure.
1 5^ Division congénitale du voile du palais. Cette réflexion s'applique parfaitement au voile du palais» dont la division congénitale a lieu tantôt indépendamment de celle de la voûte palatine osseuse et tantôt en même temps que la division de cette voûte. Dans des cas mixtes « la division occupe le voile du palais et les dei^x tiers postérieurs de la voûte palatine ; le bord alvéolaire est parfaitement intact. La bifidité de la luette, dont j ai déjà parlé, peut être considérée comme Félément de la division congénitale du voile du palais. Une remarque bien importante à faire, c'est qu'il n y a pas de perte de substance dans le voile du palais divisé, bien que chaque moitié du voile soit rétractée au point de faire croire au premier abord qu'il manque complètement. L'opération de la stapbyloraphie est une conséquence de ce fait d anatomie pathologique* Du reste, le voile du palais divisé est pourvu de tous ses muscles ; chaque demi-luette , laquelle est arrondie à la manière d'une luette complète, est soulevée par le muscle si improprement nommé azygos uvulœ.
Un autre fait non moins remarquable et qui n'est pas étranger à Tanatomie pathologique, c'est l'influence qu'exerce l'opération du bec-de-lièvre sur le rapprochement des bords de la voûte palatine et la division de l'os maxillaire; laction légère mais continue opérée par les lèvres amène ce résultat qui va jusqu'à la soudure des deux pièces osseuses, lorsqu'il n'y a pas de perte de substance. Cette influence de la guérison du bec-de-lièvre est nulle sur le voile du palais dont la division nécessite une opération particulière.
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i6® Spima biftda. Le spioa bîfida est ud vice de conformation qui consiste dans Tabsence des lames vertébrales , si bien que le canal vertébral est ouvert en arrière. Att somipum de cette lésion le crâne et le canal vertébral sont ouverts dans tonte leur étendue ; il y a absence de cerveau et de moelle.
Le spina bîfida ordinaire est limité à un petit nombre de vertèbres et s'accompagne de la présence d'une tumeur à parois transparentes formée par de la sérosité » tumeur qui se vide spontanément soit après la naissance, soit an moment de raccouchement» soit même avant la nais^ sance. G*est la présence de cette tumeur aqueuse ^ui a iîiit admettre que le spina bîfida était une conséquence de Thydrorachis.
Le spina bifida occupe presque toujours la région lombaire ou sacrée, rarement la région dorsale, plus rarement ehcore la région cervicale. J*ai coutume de rapprocher du spina bifida et de désigner sous le nom de ^ina bifida crânien (et c'est presque toujours la région occipitale qui en est le siège) le vice de conformation dans lequel une portion du cerveau ou du cervelet sort du crâne avec ou sans une certaine quantité de liquide pour constituer l'encéphalocèle ou l'hydro-encéphalocèle. J'en rapproche également le vice de conformation dans lequel il y a absence complète de voûte crânienne et de moelle cérébrale. J'ai eu occasion de voir un spina bifida cervico-occijAtaL
Il résulte de mes observations c|ue le spina bifida n'est nullement la conséquence d'un hydrorachis; car il n'y a point d^hydroracbis dans le spina bifida ; il n'y a de liquide que dans la poche plus ou moins considérable qui occupe le lieu de Técartement de ces lames. La véritable cause de l'absence des lames vertébrales, c'est la hernie de la moelle épinière, ainsi que j'ai pu le constater un grand nombre de fois( i ).
(i ) Vo jfs AtMUnni* pathologique a?ec pUnclMS. Livrai«on XVI*, pK IV; liTnisoQ XIX% pi. V et VI ; X1X% pi. iv.
2t2 AHATOMIB PATHOLOGIQUE GÉMABALB.
Plosieura feits établissent que, dans certains vioes de conformation dans lesquels la tête avait été renversée en arrière sur la colonne vertébrale, il existait un spina bifida antérieur ; la tumeur remplie de liquide s'était prononcée en avant; il y avait absence complète du corps des ¥er> tèbres,
1 7® Interruption complMe du canal aUmeniaire. Je croîs devoir mentionner comm^ un mode fort rare de solution de continuité rinterruption complète du canal alimentaire : telle est la séparation du pharynx et de Tcesc^hage, le pharynx finissant et Tœsopbage commençant par un cul-desac; telle est encore Tinterruption de Fintestin grêle, du gros intestin : rien ne remplaçant la partie d'intestin qui manque, on dirait quelle n'a jamais existé.
Fractures, déoollenienC des épipkyse*^ section des membres.
Existe-t-il des faits positifs qui établissent que le foetus puisse être affecté de fracture pendant la vie intra-utérine? On en cite deux exemples dont Tiin appartient à Chaussier. Mais quelque disposé que Ton doive être à admettre les faits les plus inconcevables lorsqu'ils sont revêtus de tous les caractères de l'authenticité , cependant j'avoue que je ne saurais admettre sans plus ample informé que le fœtus puisse , dans les conditions où il se trouve , être a£fecté de fractures. Seraient-ce des fractures produites par des violences extérieures? seraient-ce des fractures consécutives à un état morbide des os , ou une fragilité telle que des mouvements spontanés fussent suffisants pour l'opérer? Que si Ton m'objecte qne le fœtus peut bien être exposé à des fractures , puisqu*il est exposé à des luxations, je répondrai qu'il n'y a pas la moindre parité entre ces deux ordres de lésions et que la luxation congénitale s'explique très bien par une attitude vicieuse.
Il est donc possible que les cas de fracttires congénitales
mentionnés par les auteurs soient des fractures survenues pendant le travail de raccouchement par suite d'une mauvaise manœuvre. Pour qu'il me fût possible de croire à nne fracture intra-utérine, il feudrait qu'on me montrât chec un enfant nouveau né un cal naissant ou formé.' La rapidité avec laquelle se forme le cal dans le premier âge n^est-elle pas une preuve manifeste que ce cal serait oommeûcé , si la fracture avait précédé la naissance de quelques jours seulement?
Quant au décollement congénial des épiphyses^ il ne pourrait avoir lieu que par suite d'une maladie du périoste qui aurait amené son décollement. J'ai déjà dit que je n'avais eu Toccasion de l'observer que dans des cas où le fœtus était mort pendant la vie intra-utérine ; le périoste décollé de la diaphyse avait pour ainsi dire entraîné Fépiphyse.
La section des membres peut avoir lieu pendant la vie intra-utérine. Il faut bien distinguer ce cas de celui dans lequel il y a défaut de parties : dans ce dernier cas , dont je m'occuperai a l'occasion de l'espèce atrophie , il est bien rare qu U ne reste pas de vestige des parties qui, au premier abord, sembleraient manquer complètement. Dans le cas de section des membres , et je ne sache pas qu'on ait observé d'autre section que celle de la jambe, le fœtus étant expulsé, la jambe sort avec le délivre. M. le docteur Géry a observé dans sa pratique un fait de ce genre. Le premier degré de cette section se trouve dans le fait de M. Ferd. Martin, chirurgien-orthopédiste, qui a fait représenter un cas de cordon ombilical enroulé deux fois antour de la partie supérieure de la jambe, qu'il avait incomplètement coupée. Le mécanisme de cette section est celui de la section d'une artère par la ligature qui l'étreint. La constriction amène l'inflammation ; celle-ci a pour conséquence la fragilité des tissus , que le cordon divisp alors avec la plus grande facilité.
Tel est l'ensemble des faits relatifs aux solutions de
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continuité congéniales. Peut>on embrasser tous ces faits dans une seule et même théorie, dans la loi de Yarrét de développement ? et dirons-nous que, par une cause difficileà déterminer, les organes qui ont subi cette solution de continuité n'ayant pu parcourir le cercle des révolutions quHls parcourent dans Tétat normal , pendant la vie intra-utérine , ces organes sont demeurés dans un état inférieur d'organisation, état qui a son représentant dans les classes inférieures ? et Tassociation de la loi d'arrêt de développement de Meckel, de la loi d*unité de composition organique de M. Et. Geoffroy Saint-Uilaire, de la loi du développement centripète de M. Serres, rend-elle un compte par&it, non seulement des solutions de continuité, mais encore des adhésions congéniales et du plus grand nombre des vices de conformation ?
Je pense que si un certain nombre de faits relatifs aux divisions congéniales s'expliquent admirablement par Tarrét de développement des organes (en faveur duquel on peut invoquer à juste titre la régularité constante de ces vices de conformation qui peuvent être ramenés à un petit nombre de genres), un plus grand nombre de faits échappent à cette loi qui ne peut lui être appliquée que par voie dinduction et nullement par voie de démonstration. Ainsi , comme rentrant dans la loi des arrêts de développement, je pourrais citer la persistance du trou de Botal, du canal veineux, de la veine ombilicale, des vaisseaux omphalo-mésentériques, de Torifice de communication de la tunique vaginale avec la cavité péritonéale. Mais la même explication peut-elle s'appliquer aux diverses espèces de fissures, à l'utérus double ou bifide, aux diverses espèces d'hypospadias, de divisions de la ligne blanche, au bec-de-lièvre , au spina bifida?
Pour que la loi d'arrêt de développement pût s appliquer aux diverses variétés de bifidité de l'utérus, il faudrait qu'il eût été démontré anatomiquement qu'à une époque
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déterminée de la vie embryonnaire ou fœtale, rmérus humain présente ces diverses variétés de bifidité. Que si Ton me donne comme arguments en faveur de Tarrét de développement les considérations suivantes : i* que le vice de conformation connu sous le nom d'utérus bi6de dans l'espèce humaine représente Tutérus naturellement Income des animaux; que la bifidité complète de Tutérus humain représente Tutérus des ovipares et des marsupiaux; la bifidité incomplète, Tutérus des mammifères; a® qu il est un principe d'embryogénie comparée, d'après lequel les organes des animaux supérieur^-passent, avant d*acquérir leur développement complet, par toutes les formes, ou du moins par les principales formes des espèces inférieures, et qu'en conséquence, Tutérus bifide de l'espèce humaine est un utérus arrêté dans son développement; 3® que siFoji ajoute pour complément de preuves qu*il est une autre loi d'embryogénie d'après laquelle tous les organes médians se développent par deux moitiés latérales : je répondrai que j'en suis bien flcbé; mais que je ne pourrai admettre celte explication comme positive que lorsqu'on m'aura montré, le scalpel à la main, que l'utérus humain est bifide, que tous les organes médians sont bifides à une époque donnée du développement normal; que les choses de l'unatomie doivent être démontrées anatomiquement.
Et les diverses espèces d'hypospadias , et la division de la ligne blanche avec séparation du pubis , avec ou sans division de la vessie, et la division congénitale connue sous le nom de spina bifida ; quelle période de la vie foetale représentent ces divers vices de conformation?
Il n'est pas jusqu'au bec-de-lièvre qui ne semble en quelque sorte le refuge de la théorie de la loi d'arrêt de développement, dans lequel cette théorie paraisse inexpugnable.
T a-t-il une époque de la vie euibryounaire ou fœtule
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dans laquelle le produit de la conception présente à la lèvre supérieure deux divisions comme dans le bec-de« lièvre double, une seule division comme dans le bec-delièvre simple. La lèvre se développe-t-elle par deux moitiéi latérales, qui, d abord séparées, se réuniraient sur la ligne médiane ou par trois points, comme le veut Blumenbach, ou par quatre points , comme le veulent ceux qui admet* tent autant de points de formation pour la lèvre supérieure qu'ils en recop naissent pour los maxillaire sup^ rieur?
Est-il bien vrai qu'il existe deux os intermaxillaires ches le fœtus humain comme chez les animaux et que la scission incisive de Tos maxillaire supérieur de Thomme soit Tindice de deux points d'ossification distincts pendant la vie intra-utérine, et non un simple vestige (i)? Voilà des questions qui ne me paraissent pas encore résolues, et qui me forcent à suspendre mon jugement sur une des théories les plus larges , les plus élevées qui aient jamais été conçues par le génie de l'homme, et qu'on serait tenté d'accueillir avec une sorte d'enthousiasme, si Feuthousiasme ne devait pas être mis à l'index dans l'étude des sciences.