‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 24 sur 38 · TROISIÈME ORDRE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ORDRE

Attestons coBfféiilttilct.

Les adhésions congénitales constituent une des divisions les plus considérables de cette grande classe de lésions appelées autrefois vices de conformation ou monstruosités qui , grâce aux travaux des anatomistes français et allemands modernes , a acquis une importance telle qu'elle a pu être élevée au rang d'une science.

Les adhésions congénitales présentent un groupe de lésions tout à fait étrangères aux adhésions postérieures à la naissance, savoir les adhésions entre deux fœtus ; je diviserai donc l'ordre des adhésions congénitales en deux sous-ordres: i® adhésions entre les parties d'un même fœtus; a® adhésions entre deux foetus: cette dernière division constitue la monstruosité double,

PfiEMIER SOUS-ORDRR.

AdhMont entre let partiet d'au même foelin.

Les adhésions entre les parties d'un même fœtus comprennent deux genres : !• les adhésions des surfaces muqueuses ; !2* les adhésions superficielles et profondes des organes pairs et latéraux. Je ne connais pas d'exemple bien constaté chez le fœtus d'adhésion des membranes séreuses (i).

PREMIER GENRE

Adhésions des surfaces muqueuses.

Les adhésions des surfaces muqueuses comprennent

(i) J*aieatrop d'occasioni de voir à la Maieraité des plearéties, dca péricarditet, den péritoDÎtes sar dei fœtus à terme pour révoquer en doute la possibilité dei adhésions congénitales des membranes séreuses.

DP.UXfÈMP. CLASSE. DES ADHÉSIONS. 291

I* les occlusions des orifices par lesquels les divers départements des muqueuses s'ouvrent à Textérieur, a^ Toblitération des conduits muqueux ou leur interruption. Je ne ferai ici qu'une simple énumération , les occlusions et oblitérations congénitales devant être d'une part rappelées à l'occasion du groupe des lésions de canalisation et d'une autre part décrites avec détail lorsque je m'occuperai des lésions de chaque organe en particulier.

Toutes les ouvertures naturelles de la surface du corps peuvent manquer : celles qui manquent le plus souvent sont sans contredit l'orifice anal et l'orifice vaginal , sans qu'on ait pu rendre un compte satisfaisant de cette espèce de prédilection. Mais toutes les autres ouvertures , celles des paupières , des narines, de la bouche, du conduit auditif, des points lacrymaux, peuvent être congénitaleroent imperfbrées.

Première espèce. — Occbision et imperforation de Canus. — Elle est assez firéquente pour que l'accoucheur doive toujours s assurer, au moment de la naissance, si l'orifice anal existe ou non. Dans une première sous-espèce^ occlu» sien par opercule.^ l'occlusion a lieu par une membrane en forme d'opercule , laquelle membrane peut occuper tantôt l'orifice anal , opercule anal^ tantôt le rectum , à cpielques lignes au-dessus de l'orifice anal , opercule rectal. Dans le premier cas, l'opercule est cutané; dans le deuxième cas, il est muqueux; dans un cas présenté à la Société anatomique par M. Paris, je pus m'assurer que la membrane opercule qui existait à quelques lignes au-dessus de Tanus était formée par une membrane muqueuse continue à la muqueuse de l'intestin rectum et que dans la petite portion de cet intestin, inférieure à lopercule, la membrane muqueuse était remplacée par une membrane cutanée. Cet enfant (c'était un petit garçon), n'ayant pas pu rendre le méconium, fut exploré. On reconnut la présence de l'opercule qui fut divisé par l'instrument tranchant; le mé-

^V/i ANiTOMIft PATffOLOGIQUlï QÉnAMUI.

ponjufp sortit, mais Tenfant mourut quelques jours après d'une pneumonie qui ne parait pas avoir eu le moindre rapport avec la petite opération pratiquée.

Dan3 une deuxième som-espècCy il y a à la fois imperfo* ration de Tanus et obturation du rectum.* Dans une première variété que nous appellerons imperjbration anale avec vestige f la partie inférieure du rectum e^t convertie en un cordon 6breux dans Tespace de a à 12 centimètres, plus PU moins : il y a ^lors vestige de Tanus ; dans une deuxième variétéi imperforation anale sans vestige y il y a absence complète de la partie inférieure du rectum qui se termine en cul-de-sac à une distance plus ou moins considérable de lanus ; il n'y a point alors vestige d'anus ; dans une troisième variété, oblitération du rectum par interruption y Tapus est perforé; mais le petit doigt introduit rencontre à quelques lignes au-dessus un cul-de*sac. A lautopsie, on trouve que le rectum se termine à une distance variable de ce cul-de-sac par un autre cuMe-sac et qu'il manque complètement entre ces deux points.

Dans une troisième sous-espèc^ > il y a coïncidence d'imperforafion avec une fistule congénitale; le rectum imperforé à la région anale s ouvrant chez les garçon^ ^pit dans la vessie {atresia ani vesicalis, Papindorff et Muller), soit dans le canal de Turètre {atresia ani urethralis)\ che^ les fil)es, dans le vagin {atresia vaginalis); lanus anormal peut encore s'ouvrir à la peau de Tabdomen, au-dessus du pubis, à Taiue , à Kombilic. J'ai fait représenter (i) nn cas d'imperforation du rectum avec canal accidentel qui venait s'ouvrir à la face inférieure de la verge , derrière |e gland. Il importe de remarquer que dans tous les cas fil'imperforation avec anus anormal congénital ,, il y a absence de tQq(e la portiQu d'intestin qui est $ituéfî audessous de cet orifice. L'anus anormal fournit une voie

(1) Ànatomie pathologique^ i** lÎTraison, pi. 6.

DKUXIÈMK CLASSE, D6« ADHÉRIONS, 295

accidentelle tantôt suffisante, tantôt insuffisante pour Té* vnGuation des matières ; dans le cas où elle est suffisante, la vie peut étr^ maintenue; on peut dire que dans ce cas ^U vice de conformation, savoir une fistule congénitale, 9st devenu le correctif et pour ainsi dire le remède de Timperforation.

Des occlusions soit par obturqiion , soit par cordon JibrwXi soit par inienvpiùm^ c'est-à-dire par absence d'une portion plus ou moins considérable de ces conduits ont été observés dans divers points du canal alimentaire. Il foui bien distinguer ces cas des rétrécissements pblegmasiques qui peuvent avoir lieu pendant la vie intra-utérine. Ainsi j ai eu occasion dobserver chez un çniant mort-né un rétrécissement considérable de Tintestiq grêle produit par un épaississement évidemment inflammatoire des parois de ce canal.

a* BSPèCB. Imperforadon des orifices des voles génito-arlnafres.

Première sous-espèce, — Adhésion de la fece intqrpe des grandes lèvres, presque toujours incomplète pour )e passage des urines. Plusieurs faits m'autorisent à admettre que cette adhésion se fait quelquefois , postérieurement à la naissance, à la suite d^une inflammation adhëfiive qui a'empare de la face interne des grandes lèvres.

Deuxième saus-^espèce^ — Jmperjoratim de Iff, membrane fijrmen.

Troisième saus^spèce, "^Imperforatian du vagin, (Deux variétés.) Première variété: Oblitération du vagin, Ie(|uel est converti en un cordon dur dans toute sa longueur ou dans une partie de sa largeur. Deuxième variété : Absence d'ime partie du vagin qui se termine en cul-de-sac à quelques lignes de la vulve.

Quatrième sous -espèce^ — Imperforation de [utérus, (Quatre variétés.) Femiire variété : //|i//e//o/Yi/ion conyéde Vor^fiçe vaginal de C utérus. Utnixirnie viii iétc : Obli.

2d6 anatomie pathologique générale.

tératîoit congéntale du col utérin dans toute sa lotigueur. Troisième variété: Oblitération congénmle du corps de tuêi* rusy la cavité du col étant intacte. Dans un cas de ce genre, qnej'aieuoccasiondobserverchez une femme adulte d^nne trentaine d'années, la malade n'était pas réglée. Quatrième variété : Cloisonnement de t utérus et du vagin^ par une membrane verticale qui les divise en deux moitiés latérales parfaitement semblables ; ce cloisonnement est partiel ou complet.

Cinquième sous-espèce. — Imperforation congéniale de ta* rijice du prépuce qu*on peut considérer comme Fexagération du phimosis.

Sixième sous-espèce. — Imperforation de turètre. — Plusieurs variétés; i^ oblitération du méat urinaire proprement dit; ià9 imperforation du gland et même du canal de Turètre , lésions toujours accompagnées d*une fistule ou bypospadias qui en prévient les conséquences. On a vu coïncider l'oblitération du canal de Turètre avec la persistance de Touraque. L'oblitération de Torifice de Turètre a été observée chez la femme ; elle coïncidait avec une fistule ombilicale.

3* B9vicB. Imperforation coogénîule des oarerturei de la face.

Première sous-^spèce. — Imperforation des paupières, — Adhérence partielle ou complète des deux bords libres des paupières par une membrane intermédiaire aux deux i-angées de cils ; Tincision en est le remède ; c'est pour ce vice de conformation qu'on a imaginé le terme barbare Sankyloblepharon.

Deuxième sous espèce. — Adhérence des paupières au globe de Fœil {Sjnibkpharon) , laquelle coïncide quelquefois avec Tadhérenco des bords libres des paupières. Dans une variété, l'adhérence s'étend jusqu'à la cornée.

Troisième sous-espèce. (Deux variétés.) Première variété: Imperforation congéniale des points lacrymaux. Deuxième

DCnXIÈME CLASSE. DES ADHÉSIOMS. ?97

variété : Imperforation des conduits lacrymaux dans uuc partie ou dans la totaliié de leur longueur.

Quatrième sous-espèce, — Imperforation congéniale de tirisy lésion qui n'est pas fort rare, et à laquelle on a consacré le nom de synizezis on cataracte pupillaire. Ce vice de conformation est dû à la persistance de la mem* brane pupillaire ; on a vu cette membrane être résorbée peu de temps après la naissance.

Cinquième sous^espèce. — Imperforation du conduit auditif (Deux variétés.) Première variété : Opercule ou diaphragme qui existe quelquefois à une certaine profondeur et qui a été pris dans ce cas pour une seconde membrane du tym« pan. Deuxième variété : Oblitération du conduit auditif laquelle peut occuper une partie seulement de la longueur ou bien toute la longueur dti conduit tant osseux que membraneux.

Sixième sous-espèce. — Imperforation de la bouche, — Elle n'a été observée que dans le cas d(* cyclopie que nous verrons plus tard être dans quelques cas accompagnée d'astomie ou absence complète de la cavité buccale.

Septième sous^spèce. — Imperforation des narines. — Elle n'a été observée que dans le cas de cyclopie, vice de conformation q u i s'accom pagne tou joii rs d'absence des fosses nasales.

Telles sont les espèces principales d'imperforntions qui ont été observées.

Or, devons-nous regarder ces imperforations comme des arrêts de développement ? Cette tbéorie s'applique parfoitement à l'imperforation de la pupille, mais nullement aux autres imperforations. Aucun anatomiste n a vu que les conduits muqueux présentassent à une certaine époque de la vie intra-utérine une imperforation par operculeou par oblitération, encore moins une communication des conduits muqueux oblitérés avec d autres conduits muqueux voisins (i); et, à moins qu'on n'établisse que les

(i) Personne n'a constate anaiomiquemenl (pir dans l'ëtat normal, à

298 ANATOMUi PATHOLOGIQUE QÉNÉHAL^.

vices 4â conformation apportent avec eux la preuve que le fœtus passe par un état semblable à celui qui consMtue cbacun de ces vices de conforinatiop» nous continuerons ^ admettre que Ti m perforation des organes n'est nullement le résultat d*un arrêt de développement. Qnoi! la même loi d arrêt de développement servirait également h 1 explication des lésions les plus contraires des adhésions et des solutions de continuité cqugéniales , du bec-de-lièvre et de Finiperforation de lanus !

Il* GENRE.

Adhésions sopflpficlelles ou iiar fusion des orgtBM (1).

Dans ce genre ne trouvent réunies len lésion^ les plti9 légères qui ne constituent que de simples apomalie^» telles que la fusion des reins et les lésions le^ plus graves» telles que la cycla()ie. L'adhésion psiv juxitipasitian en est le premier degné » et ladhésion par fusion en est le d^rqier terme.

L adhésion par fusion se fait aux dépens des orgapep pairs et symétriques placés de chaque côté de la ligne médiane séparés, par conséquent, les uns des au^ra^ par un intervalle plus ou moins considérable. Cette tendance des organes pairs et symétriques à se réunir et à se confondre, tendance dont nous verrons des exemples bien plus remarquables encore dans les monstruosités doublas , a été caractérisée d'une manière en quelque sorte pittoresque par Geoffroy Saint-Hitaire, sous le noni de loi daffinili de soi pour soi.

Cette réunion, celte fusion dWgaoes paii's et latéraux vient merveillauseuDent à I appui de la théorie du dévehf^

une ^poqae donnée de la vie embryonnaire ou fcrtale de Tlioiiime, le rectum s'uuyrit dans la vessie , dans le T;i{^in , comme cliex les repdies ou l« Mtniax, ou «ur quelqu'un des pointe des parois abdominalei. (i) BfMchçt les a appelées de» tjrmphytht»

DBUEiftME €LA88B. DBS ADHÉSIONS. . 299

pememi Meennii/ue des organes (i), théorie professée par M. Serres et par les anatoraistes transcendants qui ont adopta sa doctrine. Les organes médians ou impairs étant primitivement doubles , comme les organes latéraux ou pain , il soit que , dans les adhésions congéniales ; les membres inférieurs, les yeux, les oreilles, les reins, se confondent sur la ligne méiliane absolument comme les deux utérus latéraux se confondent en un utérus médian symétrique , les deux demi*rachis latéraux en un seul rachis , les deux demi^iortes en une seule aorte. Que si nous poussons ces idées jusque leur dernière conséquence , nous dirons avec M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire que les monstruosités par jonction ou par fusion , loin d'être des monstruosités par défaut, loin d^étredes monstruosités par arrêt de développement, sont des monstruosités par excès de développement : car les organes médians ayant été doubles avant d*étre uniques, la duplicité doit être considérée comme un degré moins avancé de développement que l'unité. Les organes pairs ou latéraux doivent donc être considérés comme occupant dans Fécbelle de lorganisation un degré inférieur aux organes impairs et médians de telle façon que ces fuyions d'organes considérées par nous comme des monstruosités , ne seraient aux yeuj( du philosophe qu un degré plus avancé dans lorganisation. On voit que , d'indMçtioii en induction, nous ne sommes pas bien loin de cette théorie singulière qui regarde 1 organisation de la femme comme un ari*êt de développement de (organisation de rbomme. Dans tout ceci, il n y a qu'une chose k prouver, isest que les organes médians ou impairs se développent par deux moitiés latérales qui viennent à la rencontre Tune de Vautre , qu*à une certaine époque de la

(i) M, Serres , 4* méoioire d'anatomie iranscendaciie , Annalet Jet ieUncêt naiurtltet, i83o, p. i «t suit., t. XXI.

300 ANATOHII PATH0UK;IQUK GÉMÉfiAUC

vie intra-utérine, il y a deux deiuhaortes, deuxdMni-artères basilaires , deux demi-oesophages , deux demi-trachées , deux demiJarynx , etc. On pourrait se demander ensuite si l'état de perfection d'un organe n'était pas celui dans lequel cet organe est dans la condition la plus frvorable pour remplir les fonctions auxquelles il est destiné.

Dans un temps où règne une si grande tendance à considérer comme des attaques de personnes les controverses même les plus légitimes sur les doctrines , il mm coûte de me poser en antagoniste d'opinions pnrfessées par des savants si distingués , de doctrines si bien liées , si éminemment philosophiques et présentées avec tant de talent; mais il est un premier besoin et un premier devoir, celui de dire la vérité ou ce qu on croit être la vérité. Eh bien, je considère les adhésions par juxtaposition ou par fusion d organes comme le résultat, non d*un arrêt de développement, non d'une imitation de Fétat normal dans telle ou telle espèce animale, mais comme Teffet de causes méc^jAÎques, de pressions produites sur le fœtus, soît à Tétat embryonnaire , soit à Tétat (betal.

1** ESPACE. Adhésion des reins.

Tellement fréquente qu'il en est fait mention dans tous les traités d anatomie normale. Dans une première variété les reins réunis par leurs extrémités inférieures, forment, an devant de la colonne vertébrale , un croissant à concavité supérieure. Dans une deuxième variété très rare, les reins, réunis par leur extrémité su|>érieure, représentaient un croissant à concavité inférieure (i). Dans une troisième variété, qui présente une fusion beaucoup plus

(i) Une considéralton curieuse qui n'a point échappé à M. Martio Saint- Ange {Ànn. des tciencet naturelles^ t. XIX, p. i53) , c*est que dans Ions ces cas les reins de Phomme présentent la disposition normale des reins des poissons et de quelques palmipèdes dont le corps allongé et étroit p«Vfs<»i(ail celle réunion.

Dboxirmb classe, dv^ adhésions. 501

complèle, les deux reins sont réunis dans Tune ou l'autre des régions lombaires. Dans une quatrième variété, il n*y a plus qii^un rein, pourvu d*un seul ou de deux uretères. Chose remarquable ! dans ces diverses anomalies , les capsules surrénales complètement étrangères à cette fusion , occupent leur place accoutumée.

9* EtFÀCB. Adhésion des tétcicoles.

On comprend la possibilité de Tadhésion des testicules lorsqu ils sont encore contenus dans la cavité abdominale; on ne saurait nullement admettre leur adhésion dans le scrotum , car les testicules ne descendent dans les bourses qu à la fin de la vie intra-utérine et ce n*est pas à cette période que se font les adhésions ou fusions d organes. Je pourrais encore moins concevoir la descente dans les bourses de testicules adb^ents dans labdomen ; comment ce double testicule pourrait-il parvenir jusque dans les bourses? Je suis donc forcé de révoquer en doute Tauthenticité de quelques faits sans détails, sans preuves, que possède la science à cet égard. On ne saurait, toutefois , révoquer en doute un fait de réunion des testicules encore contenus dans labdomen, communiqué à M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire par MM. les docteurs Breton et Chauvet de Grenoble. En voici le résumé : Un enfont naquit à Vizille en 1843* Plusieurs médecins de Grenoble consultés sur le sexe de Tenfant furent d'un avis diflerent. Il fut inscrit comme fille sur les registres de Tétat civil et mourut à dix-huit mois. A lautopsie , MM. les docteurs Breton et Chauvet reconnurent un hypospadias. Le scrotum bifide était vide ; les deux reins , les deux capsules surrénales et les deux testicules étaient réunis sur la ligne médiane. Les veines et artères spermatiques, les vésicules séminales et les canaux déférents étaient doubles. Chaque moitié du double testicule recevait ses vaisseaux part cuKers.

s 02 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉMÉRALB.

Adhésion des deux ovaires. — Aucun exemple.

Adhésion des deux poumons. Aucun exemple authen« tique. Si cette réunion avait lieu, elle réaliserait une disposition normale chez les serpents dont la forme allongée explique cette fusion.

3* ispàcB. Adhésion oa fosion des ânvoL b^misphères oérébnios.

L'adhésion des hémisphères cérébraux suppose Tabsence de taux de la dure-mère. On ne saurait la révoquerez doute; mais il est à regretter qu'une dissection attentive n*âit pas appris ce que deviennent, dans ce cas, toutes les parties médianes du cerreau. Y a-t-il simple adhésion superficielle^ y a-t-il fusion profonde, de telle manière qu il soit impossible de déterminer les parties constituantes de chaque hémisphère? Etens deux Cas de cyclopie, j'ai reconnu la fusion des deux hémisphères. Il ne m*a pas été donné d'étudier à fond le cerveau comme je me Tétais proposé.

4* ufftcK. Cyclopie, astomie, nonoti**

On donne le nom de cyclopie , de polyphémie ou monopsie à une monstruosité qui consiste dans la fusion médiane des deux yeux de telle façon que le petit monstre représente sous ce rapport les cyclopes de la (able. Il nest même pas impossible que la vue d'un fœtus cyclope ait inspiré aux poètes (jrecs l'idée que leur imagination a en* suite si richement exploitée.

Il y a plusieurs degrés dans ce vice de conformation. M. Is. Geoffroy Salntllilaire qui a substitué au nom de cyclopie celui de cyclocéphalie a fait de ces degrés autant de genres auxquels il a donné des noms particuliers. Voici la classification que j ai adoptée et exposée dans mes leçons.

Premier deyf^. — Cyclopie sans fusion des orbites. — Deux variétés : dans la première ( t^anVf^ sans trompe) ^ il y

d simple rapprochement des orbites , comme chez les éinges américains, d'où le nom de cébocéphttie («nftç^ aiogo)» qui lui a été donné par M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire. Chaque orbite retiferme un œil distinct. Les fosses nasales sont rudimentaires en raison du rapprochëmem des orbites; mais n n'y a point de trompe (i).

La deuxième variété [variété avec trompe) est le genre ethmocéphtàle de M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire. Dans cette Yariété qui peut être considérée comme ou degré de cyclopie plus avancé que la variété précédente , bien qu'il ny ait pas fusion des orbites, le nés est remplacé par une appendice en forme de trompe située sur la ligne mé* diane au*dessous des orbites. Dans Tune et 1 autre variété ^ tantôt les yeux sont parfaitement développés « tantôt ils sont à Tétat rudimentaire , d autœs fois ils manquent complètement.

La cyclopie sans fusion des orbites signalée par Meckel dans on excellent mémoire sur les monstruosités par fu** sion, a été fort rarement observée chez Thomme. Meckel a rapproché du cas qu'il avait rencontré sur un veau la description suivante d'un monstre humain faite par Plouc-

(i) 8ceiBiiMrrtq§ a «lonné quelques deuils malbevreusemuil trèsiii« conplels sur uo cas de ce genre. Un nez exCréinement petit furmontait ooe seule narine. Les fosses nasales étaient d'une étroitesse excessÎTe, Les os propres du nez n'étaient représente''^ que par une pièce lènticttlaire. L'êcbmoTde él.th rodimentaire presque saut lame criblée. Les lobes aolé* rienrt dn csn>— u étaient mal conformés. On trouve les détails ostéologiqnes suivants dans la thèse de M. Laroche (Etsai danatomit palhoto^ ^iqug sur tes monstruosités ou vices de conformation primitifs de ta face ^ i8a3) ; mais il est difficile de déterminer si ce cas appartiettt à la TaHété stec trompe ôo k la variété sans trompe. Les orbites très rapprochés prdaenMnt «n diamètre transversal considérable, étaient séparés Ton de Tantre en avant p.ir une surface plane résultant de Tarticulation dei apophyses montantes des os maxillaires avec le COronal. Il n*y avait pii d*08 propre dn nez, point de vomer, point d'os infermatfllaire, té eorù» flal tfès compiet , tièa saillant, ne prétentait pat do tnlure nédiane. U y avait «aa lai^e iaswa palaiioc.

S06 ANATOMIE fATHOLOGIQlE GÊNÉHALf:.

quet» d*après Isenflainto. « Deux sourcils distincts, deux » orbites, deux yeux avec leurs paupières closes; une » trompe analogue au pénis d'un enfant , se terminant » par un prépuce un peu ouvert-, naissant entre les » deux sourcils. Le reste du corps était dans Tétat nor- » mal. Seulement il y avait six doigts aux pieds et aux » mains. »

Deuxième deyré. — Cyclopie avec fusion des orbites. — Cest la cyclopie proprement dite : les deux orbites sont réunis en une seule cavité médiane surmontée par une trompe : mais tantôt il y a deux yeux distincts contigus, tantôt les deux yeux sont confondus en un seul œil mér dian. De là plusieurs variétés qui constituent autant de degrés de (îision.

Première variété. — * Un seul orbite , deux yeux séparés par un ruban cutané, — Elle a été observée chez Thomme par Morgagni, chez le cochon par F. Tiedemann, chez le chien et le cochon par M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire; on en trouve un bel exemple dans les cabinets de la Faculté sur un monstre double monocéphale.

Les deux yeux juxtaposés, jamais superposés, sont entourés de quatre paupières et séparés Tun de Tautre par un ruban cutané garni de quelques poils. Il y a donc un rudiment de séparation des deux orbites ; mais ce rudiment n existe (|u*à Textérieur, car dans la cavité orbitaire les deux globes oculaires se touchent immédiatement. Du reste, les yeux contigus peuvent être ou parfaitement développés ou à Tétat rudimentaire.

Deuxième variété. — Un seul orbite^ fusion des deux yeux. — Dans cette variété les deux yeux ne forment plus qu'un globe unique composé, renfermant les éléments des deux globes oculaires. Ainsi, on trouve deux cornées transparentes juxtaposées tantôt continues, tantôt séparées Tune de lautre par un trait linéaire. L*iris suit la cornée dans sa fusion comme dans sa s^Miratîon.

DEUllÈlfE CLA88B. DES ADHÉSIOUS. S05

Il en est de même du crisiailin : mais le corps vitré, la rétine et la choroïde sont ordinairement confondus et ne se distinguent du corps vitré, de la rétine et de la choroïde d'un œil ordinaire que par de plus grandes dimensions ( i ).

Dans une sous- variété , la fusion des deux globes oculaires est encore indiquée par le volume considérable de Tœil unique qui est ellipsoïde plutôt que sphéroïde , et par la forme ovale et non circulaire de la cornée , de Tins et du cristaUin.

Troisième variété. -— Un seul œil normal, — L'œil est parfaitement simple y et son volume normal ne trahit nullement sa double origine. Il est donc plus que pi*obabte que l'un des yeux a été complètement atrophié. La planche 6, XXXIII* livrais. AeVAnatomiepathologiifue avec planches, représente deux cas de ce geni*e. On y voit quatre paupières réunies à angles et constituant un losange parfaitement régulier. L angle inférieur offre tous les caractères du grand angle de Tœil.

Quatrième variété. — Œil rudimentaire. — Dans une quatrième variété, rœil rudimentaire est réduit h une scléroti* que tapissée par un détritus noirâtre. On trouve même dans les cabinets de la Faculté un cas dans lequel l'œil manque complètement.

Comme annexes de la cyclopie, je crois devoir parler ici de la cyclopie avec fusion des mâchoires, qui constitue la cyclopie avec asiomie , et de la cyclopie avec fusion des appareils auditifs qui constitue la cyclopie avec monotie.

Troisième degré. — Cychpes asiomes, — Dans le plus grand nombre des cas de cyclopie les mâchoires et plus particulièrement les mâclioii^s supérieures sont courtes, vu Tabsence plus ou moins complète des fosses nasales; mais îl est d*autres cas de cyclopie dans lesquels Tatrophie

(i) C'est cette espèce de cyclopie cpii a été décrite par M. Geoffroy Saint-Hilaire père sous le nom de aomeneéphaie ^ mot keureasemeni remplace par M. Is. Geoffroy Saint-Hilairr par relui de stomocéphait.

sot ikMAttMilB PATHOLOGIQUE oArAraU.

porte non seulement sur la partie supérieure, mais encore sur la partie inférieure de la face » si bien que les mâchoires devenant rudimentaires, la bouche peut manquer complètement, ce qui constitue Vastomie. J'appellerai donc cychpes astomes^ c est*à-dire cyclopes privés de bouche, les monstres cyclopes qui présentent ce vice de conformation ( I ), dans lequel les téguments des joues^ des lèvres et des mâchoires, ramassés sur eux-mêmes, constituent une espèce de trompe ; je ne connais pas d'exemple d'astoraie sans cyclopie.

Quatrième degré, -*- Cyclopes astomês monatiens, -^ Dans ce degré, il n y a pas seulement fusion des yeux , fusian des mâchoires , mais encore fusion médiane de la base du crâne et plus particulièrement de la région sphénoidalé, de telle ftiçon que les deux appareils auditifs sont rapprochés et réunis, ce qui constitue la monotie.

M. Isidore Geoffroy Saint-Hilatrea considéré la série des lésions dans lesquelles il y a réunion médiane des deux ap* pareils nuditife comme constituant une classe particulière de monstruosités qu'il a décrites sous le nota d'otocéphalie. Il est en effet certain que la fusion des deux appareils audi^^ tifs peut avoir lieu indépendamment de la cyclopie et de Tastomie, et c'est pour cela que je pense qu'il faut en Aiire un genre à part , sous le nom de monotie.

(t) Chose bien remarquable qui n'a pas échappé k M. I«. Gfoftroy 8iiint>Hilaire ! la cyriopie avec tes àff^téê se trouve patfettement repr^leDlrc dans la classe des crusUoés. Autsi parmi les «nêmnostracés on trouve des espèces dnns lesquelles les deux globes oculaires sont situes l'un à r6(é de Toutre , tandis que dans d'autres espèces il n'y a qu'un œil médian, d*où les noms de cychpes^ monoclus , polyphemus y donnés i plosMurs de res ariicalés par Linné, Lamarck, MuNer. Un fait do plut grand inCérér, noté par Jurine {UUtoirt det monoeks^ iSao), c'est que l'œil du Daphnis , espèce d'entomostracé , unique dans râ(*e adulte, est prinalivemetit composé de deux jeui d'abord séparés , pois rénnis set U kigae médieae.

IIP GENRE.

MonoUe.

La thoHôtie constitue un vice de confdrrtisition dans lequel l'atrdpHië et la fusion tnédiâne ne portent hullement sur la paHie isu|)éHeure, inriis bien sui* la partie inFëHèut*ë de la tétë. Les deùt ôreiltes sont i*approchéés ou rëuhieé abus le crâne ; les mâctioire^ et la bouche fa*oht subi slticunb ahëratioft. Ce genre, établi par M. GèbflB oy Saint-Hilairë père sdUS le nom de spMnocéf)Adtfey a été décrit pdr ce savant avec cette tnanière philosophique et {)iribrest|uë qtii le caitictérlsait. fc Le crâne, dit-il , est ployé à la région pd- 4 latine, de façoh qiie les dents de chaque côté se 1 eticon- » trentet se touchent sur la ligne médiahë. Les bbëillëSbôn- » tigbës Sdrlt soudées sUr le centré; il ifj a qu'uii èéul trou » auriculaire et une seule caisse; té sjDhénoïde postérieur • ayant ses dent os ptéfigoîdiens (apophyses ptérygoïdesèx- 9 ternes) soudés dans les nëuFdixièmes de leur longueur, u M. Geoffroy Suint Hilaire père a établi ce genre d'après le crâne d'bn mouton. M. Barkow a publié un Second cai qui â également pour sujet un hlouton. Le grand intérêt de cette monstruosité, dit M. Geoffroy, est dans son sphénoïde postérieur qtïi présente datls Tétat patholôgiqtie les conditions normales des orSeaut-, d*où le nbm de sphénocéphalie qu*il lui a donné, comme pour appeler Tatiention sur le sphénoïde. Dans cette monstruosité, fappareil nasal et Tapparcil visuel sont dans Tétat normal ; elle n appartient donc pas à la cyclopie avec laquelle elle est presque toujoui*s associée de même ^d'Kvec lastomie. Je ne Sache pas que la monotie proprement dite ait été observée chet rhomme.

Qnatit à hi théorie de là cyclopie avec ou sans astomié et ndonotie, vice de Cohfhrination qui consiste essentielfémedc dans l'atrophie des (lat^ties situées sur la ligue médhinle de la fiice avec ftièion des parties latérales, Il m#

semMe qu'une pression latérale sur la tête à laquelle le fœtus aura été soumis dans les premiers temps de la vie intra-utérine, rend bien mieux compte de cette difFormité que la théorie du développement centripète, c'est-à-dire la tendance à la réunion des organes pairs et latéraux, et que lafHnité de soi pour soi. L étude des vices de conformation qu'on rencontre quelquefois en même temps que la fusion des deux moitiés latérales du crâne et de la face, vient à Tappui de cette manière de voir, car on a plusieurs fois trouvé en même temps que la cyclopie, des pieds-bots, des hernies thoraciques, c est-à-dire le passage des viscères abdominaux dans le thorax, des éventrations, tous effets d'une pression considérable, à laquelle le fœtus ou Tembrypn auraient été soumis.

Du reste, la fréquence plus grande de la cyclopie chez les animaux que chez l'homme n'étonnera pas, si l'on considère la prédominance de la face sur le crâne chez les premiers, tandis que les vices de conformation du crâne et de l'encéphale sont bien plus fréquents dans l'espèce humaine que chez les animaux. Cette considération est d'une grande importance; elle pourra donner la clef de la cyclopie, elle éloigne en outre, d'une manière péremptoire , la pensée de toute participation de l'imagination de la mère a la production de cette monstruosité.

Vl« GENRE.

Ankyloses congéoltalen.

Vnnkftose congénitale a constamment lieu par fusion, et cette Fusion es ten général et plus complète et plus profonde que dans lankylose qui survient postérieurement à la naissance : on peut admettre les degrés suivants dans l'ankylose congénitale, i^ L*ankyloseparfusionsansatrophiey(\nipertnel de reconnaître les parties constituantes de l'unkylose, lesquelles n'ont rien perdu de leur caractère normal; a" tan^

kylose par fusion avec atrophie, dans laquelle il n'existe que des vestiges de tel ou tel os ou d'une partie des os ; 3* tanfylose avec absence complète de parties sans vestige. Comme type de l'adhésion congénitale avec fusion, je citerai un cas présenté à la Société anatomique d*ankylose de Thumérus et du radius qui ne constituaient plus plus qu'un seul et même os. Il y avait en même temps, i« fusion du semi-lunaire, du pyramidal et du pisiforme; a® (îision du grand os et de los crochu ; 3* fusion du quatrième et du cinquième métacarpien; 4®fusiondes phalanges du quatrième et du cinquième doigt.

1'* BSpècB. Syudactylie.

Syndactylie. — Une espèce bien remarquable et assez fréquente de lankylose congénitale est lasoudure latérale des doigts et des orteils ou ir^n</ac/^/ie(i) des degrés insensibles conduisent de ladhésion superficielle à Tadhésion par fusion. Ainsi la réunion des doigts peut se faire par un simple prolongement cutané, à la manière des palmipèdes. J'ai observé plusieurs fois cette adhésion cutanée pour les premières phalanges du troisième et du quatrième orteil.

On cite quelques exemples d enfants nouveau-nés dont deux doigts, dont tous les doigts étaient ainsi réunis. Tel est le cas d'Aldovrande , intitulé Infans manibus et pedibus anserinis. Ce mode d adhésion est susceptible de guérison : ainsi Dupuytren a séparé le iqedius de lannulaire dans une circonstance semblable.

Indépendamment de ce mode d adhésion superficielle» les doigts sont susceptibles d'une réunion plus profonde, d'une soudure ou ankylose par fusion analogue à l'aokylose par fusion qui a lieu après la naissance. Cette ankylose congénitale présente plusieurs degrés, i* Ankylose par

(i) Voyei j4nat. pathot,^ arec planches, XXfV* liTraison, pi. f, où cette «|tiettioD est traitée avec beaucoup de développemenf.

fuaipp «aus atrophie, de telle façon que, nial{;ré la sou* di(re,on p^i^se recoD naître toutes laa parties eenstituaBli^s de l^ nuiia et du pied ; a« aukylose par fusion avec uti*ophie, de tplle ipaaiçre <|ue la main ou le pied ne présentent plus que quelques vestiges des parties en défiaut, par e:ieiiip|e un se^\ ongle très large recouvrant deux ou trois phalanges ui\(;uéa|es; i^ ankylose par fusion, avec dispa-? rition complète d'uu certain potmbre de parties. Ainsi, OinÂytosçy atroflèif^ absence de^ parties ^ tels sont les divers degrés quelquefois jsplés, souvent réunis, que pjésenie Tankylose congéniale des doigts et des orteils.

C'est à Tankylose congénitale avec atrophie d'un cer^ tain nombre d*os du pied et avec absence complète de quelques autres qu'il faut rapporter les pieds en forme de pieds de liomar ou d'appendices cornées du cerf-volant dont le squelette a été déposé à la Faculté parM.Ménière. J'ai fait représenter (i) un cas tout à fait semblable : les deux mains étaient réduites aux deux derniers doigts, lesquels étaient encore incomplets dans Tune des mains.

2* Bâi'ècE. — Fusion des côlcs.

Je r«ppi*ocheiai de la (usion des os du pied et de la luaÎB la fusion congénitale des cotes qui est assez firéquepte, et dans laquelle deux ou trois côtes réunies duos une partie de kur longueur, forment une espèce de plaatixm, duquel partent autant de cartilages quil y a de côtes soudées entre elles (si).

(i) jinatomie patholp^iqu^ avçc planchts, ^^XXYIU* iWrai^oii, pi. I.

(a) Les denU n'étant point des os , mais bien des concrétions ossi* formes, je ne ferai que mentionner ici les cas de réunion de ces denU. H eftlc«B$iaDt qa osa vu des deots doublet, je veux dire deux dents soudées ^tre elles à \fk o^aniç re dca trois ou quatre deati «inples q«*oii suppose par la pensée constituer les grosses molaires ou multicuspides. Quant aux exemples de dents continuet, ainsi que Plutarqne le dit de Pyrrhus , dont toutes les denti de U mâchoire supérieure formaient, dit*il, U14

MVXltlIB CL48tl. DIS ADHÂftlOEfS. SU

L^espèce 3, qui a pour objet la syrénie on manopôdie^ présente I aokylose oongénitale dans tous ses degrés et avec toutes ses variétés. Son iroportaoce mérite quelques développements.

3* sipÎM», -«^ Monopoles o« Sirànet.

L^adhésion ou fusion des membres supérieurs est possible en théorie comme celle des membres inférieurs. En fait, elte n\\ jamais été observée, ce qui tient h TéciU'temcnt considérable où sont maintenus les membres supérieurs par la présence du thorax. La preuve, cest que, dans la monstruosité double, on observe assez souvent cette fusion des membres supérieurs places au voisinage Tun de l'autre, savoir, du membre supérieur droit de Tun des fœtus avec le membre supérieur gauche de Tautre fœtus; et il est remarquable que les monstruosités doubles, à Fexceptionde rischiodymie, n'aient jamais ofTert d^exemple de fusion des membres inférieurs.

L'adhésion des membres inférieurs a été observée un assez grand nombre de fois : Meckel , qui a publié sur ce sujet le travail le plus complet que la science possède encore, a décrit, sous le nom de monopodes ou de sirèfies, les monsti*es qui présentent ce vice de conformation (i). M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire dont louvrage si remai^quable résume tous les travaux publiés avant lui et qui a soumis à la méthode linnéenne la nomenclature tératolo-

seul os, il est probable que cette prëtendue soudure des dents s'applique à Ues denU cxtréroemeat serrées on à dcf dents M«ies par du tartre. Au reste, U soudure des dents simples par du tartre représente les dents composées de l'élépliaui, et reilension donnée au mot Jeni par les naturaliste» modernes , et par M. E. Geoffroy Saint-Hilaire en particulier, permet de trouver dans le bec des oiseaux et dans les dents de la torfue l'analogie des dents humaines formant un tout continu [Système dentaire dm mammifères et des oUeaux, Paiis , tS34 > u^~^ v ^0

(i) Le mot monopodie a été remplacé par celui de sympodie ou mwK-^ struosité siréniformt.

gtque (1)9 a donné à cette classe de monstres le nom de monstres symeliens {mt)ff avec, /oXoc, membre), dénomination qui remplit sans doute toutes les conditions voulues pour une bonne nomenclature, mais à laquelle je crois devoir préférer la dénomination moins rigoureuse, mais plus expressive, plus pittoresque de monopodie ou sirénie.

Le caractère général de la monopodie ou sirénie est de présenter un abdomen qui va se rétrécissant de haut en bas, de telle manière qu'un bassin très étroit et comme aplati d*un côté à Tniitre, supporte un membre inférieur unique, médian, symétrique, dans lequel il est néanmoins toujours facile de reconnaître les deux membres inférieurs confondus, en sorte que les fœtus ainsi conformés représentent assez bien les monstres fabuleux désignés par les anciens sous le nom de Sirènes {Desinit in piscem millier fomvosa supemè; Horace), ou ce fœtus au pied de griffon dont le bon Paré nous a conservé la figure. Du reste, bien que la mort ne paraisse pas devoir être la suite immédiate de ce vice de conformation , aucun des enfants qui Tout présenté n'a vécu au-delà de quelques heures. Presque tous sont venus avant terme.

Il y a, dans toute sirénie, deux éléments bien distincts : i^ Tadhésion ou fusion des membres inférieurs; vl^ Tinversion de ces membres qui ont subi autour de leur axe un mouvement de demi-rotation en sens opposé, si bien que 1 adhésion ou fusion ne se fait pas par la fuce interne de ces membres, mais bien par leur face externe devenue interne.

La sirénie présente d'ailleurs plusieurs degrés , et ce sont ces degrés qui ont été considérés par M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire comme autant de genres sous le nom de s^ymèles , uromèles^ sirénoméles.

(1) Hisîohe de» anomahe» </« l'orfanisalion , Paris, 1 833* 1 836, 3 vol. în-8, lîp.

DEUXIÈME CLASSE. DBS ADHÉSIONS. Si 5

J*adiDeUrai égalemenc trois degrés :

Premier degré, — Adhésion superficielle; membres inférieurs distincts mais réunis ou contigus , dix orteils.

Deuxième degré. — Adhésion avec fusion sans disparition de parties; un seul membre inférieur tei*miné par neuf orteils.

Troisième degré. — Adhésion avec fusion et disparition de parties» savoir : d'un certain nombre d'ortetls» de tous les orteils, et même de la partie inférieure de la jambe.

Premier degré. — Le cas représenté {Anat. pathol.y avec planches, XL' livraison, pi. 6) peut être considéré comme le t*ype de la sirénie superficielle; les membres iuférieurs sont réunis sous le même tégument, mais dis* tincts l'un de lautre; les métatarsiens et les orteils sont parfaitement distincts; point d organes génitaux externes ; à la place , petit tubercule en forme d*ergot qui m*a paru être le vestige du clitoris.

Les deux fémurs ont subi autour de leur axe non point une demi-rotation, comme dans le cas où Tin version est incomplète, mais un quart de rotation. Les fémurs, les péronés et les tibias des deux membres sont parfaitement distincts. Il en est de même des orteils , des métatarsiens , des os du tarse, à Texception des calcanéums, qui sont confondus. Les os du bassin présentent une altération remarquable qui est constante dans la sirénie et qui me paraît le phénomène dominant de cette tnonstruosité ; savoir des os iléum horizontaux et comme étalés, la fusion des tubérosités de Tischion en un plateau horizontal , au-devant duquel est une crête saillante, mousse, formée par la réunion des os pubis et des branches ascendantes de Tischion. On ne peut se rendre compte de ce vice de conformation du bassin qu'en admettant qu a une certaine époque de la vie embryonnaire ou fœtale, la

lik ANAtOMIB PATHOLOGIQUE OBNiftALB.

ceinture osseuse qui constitiie le pef It bassin a été soumise à une pression latérale (i).

J*ai rapporté (Explication ëes planches V et VI , XXXIII^ livr.), les détails de la description du squelette d'un fcsttts monopode dont le vice de CQDfi>rfBation était encore moins avancé que dans le cas pi*écédent, et qui a été présenté à la Société anatomique par M. Lenoir. Les deu^ membres inférieurs parfaitement distincts n'avaient subi qu'un quart de rotation en sens opposé , c'està-dire de dedans en dehors , de telle sorte que les faces postérieures des deux féiiuifs étalent devenues internes , que les tètes des fémurs regardaient en avant, les rotules en dehors , les péronés en dedans, les tibias en dehors, le tarse, la métatarse et les orteils étaient réunis par leurs bords externes, mais seulement au moyen d'une substance membraiMuse ; les petits orteils distincts occupaient la ligne médiane; les gros orteils regardaient en dehors : la face dorsale du pied était dirigée en bas, la f»Ge plantaire en haut. Les deux cakanéums n'étaient pas soudés comme dans le cas précédent. Le bassin présentait d'ailleurs trait pour trait la même disposition.

Deuxième degré, — Comme type de Y adhésion avec/u- 5io» sans dispariHèn desforiies^ je citerai le foit suivant que j'ai présenté à la Société anaton>ique en 1826 (3). Le squelette est représenté planche 6, XXXIir livraison. Élat du bassin identiquement le même que dans le degré précédent. Les deux fémurs réunis dans leur tiers supérieur sont distincts dans leurs deux tiers inférieurs. Les

(i> Voir, poor Im détails des parlitt «taras et molle*, Tesplioaiioa des Wi figures de la plaoche 6, XL* livr., Aïkat* jMth. 11 y avilit réuBÎQa des deux sciatiques poplités internes à la sortie du bassiQ* Les ovaires « les trompes et un vestige d*utërus se voyaient dans le bassin; mais absence complète de vagin , de vessie, de rectum.

(a) MuilHin de la SodéU aaatomi^ue, t. I, ei Noh9$IU biblmikè^tt^ médicale , 1827, 1. 1 , p. 3a.

^§U3( jambes réunies dunt toute leur longvttur muit contiU ti|éie9 p^r irois ofi çippi un n^dians plus grêle» repré^ 9fiWt les dett3i péronéft ronfoodus et deux latémux sont formée par tes libiaa* I^eg dem^ pieds oonfondus par leura bords externes, dau$ louieleur longueur, forment un pied unique à neuf orieiUdoni la £ace dorsale regardée» bps ei la face planiaire regarde en baut. La siiuation des rotules donne la otef de cette disposîiion. En effet , ces os occupent la face postérieure de.s deux genoux juxtaposé». Il y a doue eu demi-rotation en sens opfwsé des membres ipférieurs , de manière que leur face postérieure regarda 90 avant, leur fece antérieure eu arrière» et que les cAlés eaternes de ces deux extrémités sont unis sur la ligue médiane , et voilà pourquoi la concavité des féa^urs est dirigée en avant et la convexité en arrière.

Troisième degré. — Gomme type du troisième degré de la sirénie, adhésion apec/usiw et àisparinon des parêiei, je rapporterai le feit suivant représenté pi. &, XXXII 1* livrai* son {^9uu. pëêhùt.j avec planches) : 8ur ce (ostus, le tronc parfeitemMit oonfonaé dans la région sus-ombilicale va en se rétrécissant graduellement à la manière d'un c6ae aplati d'avant en arrière en décrivant une courbure légère è concavité antérieure, et finit par une extrémité pointue.

Le bassin présente une disposition semblable à celle qui est indiquée dans les cas précédents, avec cette pa rtionhiri té que le sacrum est renversé de bas en baut, de telle sono que sa face antérieure regarde en arrière et son sommet en baot. Cki dirait que le bassin a été soumis à ime double force dont Tune aurait agi de baut en bas en appuyant sur les crêtes iliaques, dont Tautre aurait agi latéralement sur les cavités ootyloïdes et sur les isobions quelle aurait rapprochés et confondus, d*où résulte que les pubis ont été complètement rejetéa en avant et comme atrophiés. Il n'y a ni trou ovalaire, ni branches ascendantes de l'ischion, ni branches descendantes du pubis, lequel est

réduit à uo corps très grêle. Il n'y a qu'un fémur qui offre de très grandes dimensions et qui résulte bien évidemment de la fusion des deux fémurs. Ainsi, l'extrémité supérieure offre trois éminences dont une médiane résulte de la fusion des deux grands troclianters confondus, et deux latérales représentent les deux têtes du fémur, chacune pourvue de son ligament rond. L'extrémité inférieure du fémur est très-large et résulte bien évidemment de la réunion des extrémités inférieures des deux fémurs, car elle offre deux trochlées qui s'articulent avec deux rotules. Du reste, il est évident qu'avant de se souder et de se confondre , chaque fémur avait subi un mouvement de demi- rotation en sens opposé sur son axe. La jambe est représentée par un moignon que constitue la moitié supérieure du tibia. Il n'y a pas le moindre vestige de péroné. Le pied a disparu avec le péroné et la moitié inférieure du tibia. Le tibia comme le fémur a subi un mouvement de demi-rotation. L'extrémité supérieure de cet os unique présente trois facettes, dont la moyenne est plus considérable, et qui sont évidemment le résultat de la fusion des deux tibias.

Le cas que je viens de décrire peut être considéré comme le maximum de la sirénie. Il y a absence de pied sans vestige; les deux membres inférieurs réunis représentent un cône à base dirigée en haut, à sommet dirigé en bas, constitué par un tibia unique terminé en pointe mousse. Ce cône peut être divisé en deux segments ou fractions, l'un fémoral , l'autre tibial. C est là la forme qui a le plus d'analogie avec celle qu*Homère et Ovide ont prêtée à leurs sirènes, et c'est pour cette raison que M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire a réservé le nom de sirénomélie à cette forme de monstruosité.

Dans un degré de fusion moins avancé, et cependant avec disparition de paities, le membre inférieur se termine par un pied double à l'état de vestige que constituent non

DfeUXiÈMB CLASSE. DBS ADHÉSIONS. S 17

plus neuf orteils , mais cinq, deux, un, de sorte que le membre abdominal unique ressemble à une queue, d'où la dénomination fTourométie ( de ev^, queue ) , qui a été donnée à ce vice de conformation fiar M. Is. Geoffiroy Saint-Hilaire, par opposition au mot j/me7te employé par ce savant pour désigner les deux premiers degrés de la sirénie, savoir : l'adhésion superficielle avec dix orteils, et ladhésion avec fusion sans disparition de parties , telle est la sirénie à neuf orteils.

Pour compléter le tableau très succinct que je viens de faire de la sirénie , je dois ajouter que les vices de couformation observés dans les os entraînent des modifica* lions correspondantes dans le système musculaire ( i ) , les nerfs et les vaisseaux des membres. En outre, le vice de conh>rmatioD si considérable du bassin entraine nécessairement des lésions graves dans les organes contenus dans cette cavité ou dans les organes extérieurs. La vessie manque ou est mal conformée. Les organes génitaux externes manquent constamment. Ce n'est que par hypothèse que j'ai considéré le tubercule représenté pi. 6, XL* livraison , comme le vestige du clitoris. Licétus, il est vrai, a figuré des organes génitaux chez un sujet affecté de sirénie; mais tous les critiques considèrent cette figure comme faite non d'après nature, mais d'après l'imagination de cet auteur; il importe de savoir, pour l'appréciation des faits de ce genre, qu'un grand nombre de figures de monstruosités sont entachées du même vice, c*est- à-dire qti'elles ont été faites de mémoire et d'après une description poétique. Le bon Paré lui-même n'est pas à labri de ce reproche.

Quant aux organes génitaux internes, on trouve les testicules dans l'abdomen chez le fœtus mâle; les ovaires, les trompes, et même le vestige de l'utértis chez le fœtus femelle.

(i) Voyet Anatomie pathologique^ avec planches, XL* IWraison , une disteciion et une description très circonstanciées du «y^fème mutciilairc.

520 ANATOlflB PATHOLOGIQUE CâlÉHALB.

le membre aura exécuté un mouvement de quart de rota^^ tion ou de demi rotation» et alors la monstruosité se bor* nera à Tiiiversiou ; mais que la fusion doit, se joindre à l*iuversion lorsque la cause de compression continue; que, d'ailleurs y c'est sur le bassin que la cause comprimante porte sa première action , et que la rotation la plus faible en sens opposé des membres inférieurs s'associe toujours à nne dépression latérale extrêmement prononcée du bassiu.

Un mot sur la théorie de la sirénie donnée par M. Is. GebfFroy Saint-Hilaire , Tun des représentants les plus éclairés des théories philosophiques modernes. Cette théorie résulte de la combinaison de la loi du développe^ ment excentrique de M. Serres, devenue célèbre en Allemagne sous le titre de Lex Serriana et de la loi de Va/finité de soi pour soi de Geoffroy Saint-Uilaire père.

A une certaine époque de la vie inlra*utériney dit M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire, d après M. Serres, tous les organes sont pairs et latéraux , parce (|ue ceux qui , par la suite, doivent devenir impairs et médians, se trouvent divisés en deux moitiés semblables, symétriquement placées à droite el à gauche de la ligne médiane.

Pourquoi chaque organe pair et latéral ne se réunit-il pas à son congénère si parfaitement semblableà lui-même? C est que les organes pairs et latéraux étant séparés Tun de l'autre par un intervalle plus ou moins considérable, leur réunion supposerait la destruction des parties intermédiaires , et c'est pour cette raison que les membres supérieurs que sépare le thorax n ont jamais été trouvés réunis.

Il résulterait de cette manière de voir que ladhésion, la fusion des membres serait une chose toute naturelle , et quau lieu de s'en étonner, on devrait , au contraire , être surpris qu elle n eût pas lieu plus souvent : en poussant cette théorie jusque ses dernières cx>nséquences , il est

évident que ce qu'il faudrait explicjuer ce serait, non la réunion ou fusion des parties, mais leur défaut de réunion ; car enfin et toujours dans cet ordre d'idées, les parties médianes et impaires seraient les seules tpii parcourraient normalement toutes les phases de leur développement ; les parties paires et latérales seraient des parties arrêtées dans leur développement : elles auraient, en effet, une aussi grande tendance à se conjoindre que les deux moitiés des organes médians; si elles ne Tont pas fait, c'est parce qu'elles nont pas pu venir au contact. H est vrai qu'on ne concevrait pas dans cette théorie pourquoi les cuisses, les jambes et les pieds qui sont contigus chez le fœtus n'ont pas suivi le sort des organes médians.

On voit à quelles conséquences Tinduction employée outre mesure peut conduire les esprits les plus distingués. Cette tliéorie transcendentale qui explique la sirénie ou monopodie par un excès de développement^ théorie qui, à quel(|ues égards, pourrait rendre compte de la fusion des membres, est impuissante à expliquer le phénomène constant, fondamental, on pourrait même dire primitif de la sirénie, je veux parler de la rotation des membres en sens opposé autour de leur axe. C'est là le sort de toutes les hypothèses scientifiques imaginées au profit d'un certain nombre de laits. La théorie vogue pour ainsi dire à pleines voiles, lorsqu'elle rencontre des faits de la nature de ceux pour lesquels elle a été imaginée; mais le plus petit fait en opposition avec les prétendues lois, devient un écueil contre lequel la théorie vient se briser sans retour. Telle est la rotation des membres par rapport à la sirénie.

Aussi, voyez Mcckel fiaire revivre en faveur de la sirénie l'hypothèse surannée de la monstruosité originelle , sans d'autres motifs que Tiuipossibilité de trouver une explication satisfaisante pour la formation de ces monstruosités et plus particulièirment pour le mouvement de rotation. I. 21

122 ANATUMIE PATUOLOGigUK GÉNÉBALE.

M. Is. Geoffroy &iint-Iiilaire(i) leconnaii que dans 1 ecat actuel de la sci(.'uce 1 inversion des membres est tout à fait inexplicable; mais il espère qu il en sei*a de ce fait comme de beaucoup d'autres, qui, longtemps inexpliqués et invoqués comme preuve de la production originelle des monstruosités, de la conformation primitivement vicieuse des germes, ont maintenant pris place parmi les preuves de la doctrine opposée.

Cela posé sur les adhésions congcuitales entre les parties d'un même fœtus, je vais m occuper du deuxième sonsordre des adhésions congénitales; savoir, des adhésions entre deux fœtus, qui constituent la monstruosité double.

DEUXIÊiME SOUS-ORDRE.

Adhésioos entre deux fœtus on des monstres doubles.

L'étude des monstres doubles est un sujet fécond d'observations pour ranatomiste,le physiologiste et même pour le psychologis te. Les accoticheurs ont dû également s'occuper de la question des monstres doubles sous le point de vue du mécanisme de leur expulsion, qui est facile et presque toujours spontanée lorsque les fœtus sont venus avant terme, mais qui est quelquefois d'une extrcmo dilTiculte lorsqu'ils sont parvenus à un développement complet.

Classes d'abord par ordre chronolo^jique et défigurés par des récits fabuleux ( Voy, A. Paré, Schenck^ Liceti), les monstres doubles ont élé envisagés pour la première fois d'une manière scientifique par Ilaller qui les a disposés dans Tordre de leurs plus grandes affinités. Meckel et après lui Burdach , ont réun! dans des ouvrages exprofssso tous les faits connus avant eux, y ont ajouté un grand nombre de faits qui leur étaient propres ; et important dans cette étude les vues élevées de l'anatomie transcendante, ils ont cherché à déterminer les lois qui président à

(i) Uiitoit^ dti anomalies de t organisation^ Pari», i83a, U U, p. ujo.

leur foraaation. MM. Geoffroy Suint- Hilaire ont appliqué à la classification des vices de conformation en général et des monstres doubles en particulieri avec la méthode Lin« néenne^ les idées éminemment philosophiques qu'ils avaient déjà importées dans I étude de Tanatomie normale; ils ont eflacé ainsi la ligne de démarcation qui séporait les monstruosités des autres parties de l'histoire naturelle, élevé la tératologie au rang de science, et posé les bases d'une terminologie nouvelle. L'impulsion qu'ils ont commun!quée a été suivie par Gurlt, auteur d'une terminologie gé^ nérule etspéciale qu'il a appliquée aux monstruosités dou* blés des animaux domestiques et par Barkow qui, à quelques modifications près, a adopté la nomenclature de Gurlt et dont l'ouvrage sur les monstruosités doubles est aussi savant que consciencieux.

L'importance d'une classification qui puisse embrasser tous les cas connus a été sentie par tous les observateurs qui se sont occupés des monstres doubles. Je ne présenterai pas ici l'exposition technique des diverses classifications adop* tées par les auteurs. Chacune d'elles a son importance; je les mettrai toutes à contribution, et plus particulièrement celle de M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , qui , dans son ouvrage si remarquable siu* la tératologie, a traité de la monstruosité double avec tous les détails que comporte ce vice de conformation (i).

Une gronde division de la monstruosité double qui do« mine toutes les autres est celle-ci (a) : !<> deux individus

(i) Je pense que si, dana Véuki acttiel de la acience, une terminolo(pe lechntquo détail être adoptée , ce serait celle de M. Is. Geoffroy Saint* Hilaire; mai» je ne crois pas que, datif Une branche auMi limitée que relie qui a pour objet Trtude des monstres doubles, il y ait avantage ^ hi'risjier la science de-i iHfHculirs très grandes d'une nomcnclatare nourelle. Je préfère des périphrases, des phrases linnéennes, à des cipresslons techni» (|uci qai erabarrasient souvent bien plos qo*elleii nVclairent.

(s) Cette division • été éublie par Prochaska, Rudolpbi, et développée |Nir Meckel , Burdacb , BarkoW| Geoffroy Saint-Uilaire.

S2& ANATOMIfi PATHOLOGIQUE 6ÉNÉBALE.

bien distincts , égaux ou inégaux en développement, sont unis d une manière plus ou moins intime et dans une plus ou moins grande étendue de leur surface: ce sont les monstres doubles par adhésion (i) ; 2* Tun des individus plus ou moins informe, véritoble parasite, est inclus en totalité ou en partie dans un autre individu ordinairement complet : ce sont les monstres doubles par inclusion si hien nommés par Mayer monstres par implantation^ parce que le fœtus parasite est implanté sur le fœtus porteur comme le foetus à la mère, comme la plante au sol, et y puise les matériaux de sa nutrition (a); 3* enfin, il est des monstres doubles dont la dualité n*est établie que parades membres ou des organes surnuméraires.

Jusqu'à quel degré peut être portée la multiplication monstrueuse? Haller, Meckel, Ghaussier et M. Adelon ont nié que plus de deux fœtus pussent être réunis dans Fespèce humaine. Cependant on ne saurait révoquer en doute le fait décrit par Fattoria {De fétiche racchiudone feliy dette volgarmente gravidi. Pavia, 1 8 1 5), qui a pour sujet un foetus monstrueux chez lequel on a trouvé les parties constituantes de deux fœtus dans un autre fœtus. Il y a donc des monstres triples même dans l'espèce humaine. La chose n'est pas rare chez les animaux.

D'après fiarkow {Monstra animaUum duplicia^ Lipsiae, i8sk8 ), il peut y avoir chez les animaux autant de foetus réunis qu'en peut contenir l'utérus indivise ou l'une des

(i) Momtres autositairti de M. It. Geoffroy Saint-Hilaîre qui a voula exprimer par ce mot que chacun des individus composants jouissait d une égale activité physiologique. Monstres bijumeaux et trijumeaux de Gurll ; diplogénètet par simple union de Brescbet ; monsfra dupiic» primmria iive originaria de Meckel.

(9) Parasites de Burdarh ; monstivi/iarasîlatref deM. la. Geoffroy Saintlliùire; diplogénêses par pénétration ou ineiusion de Drenchet; mOMfCm duplic. secunJaria de Meckel , dont la nomenclature a le grave incon* vénient d'être fondée non sur le mode d*union des deui fœtus, mais sur l'origine présumée des monstres doubles.

oornes de Tutérus bicorne. Si les foetus triples soot si rares dans lespëce humaine» cela tient à la rareté des grossesses triples.

Tja réunion des cordons ombilicaux qui n^est pas très rare chez les animaux établit chez eux la possibilité de monstres quadruples, quintuples; mais cette possibilité n est encore que rationnelle. Ainsi , on a vu chez le chat cinq ou six Itstus aboutissant à un seul coi*don ombilical.

Les monstres doubles ou triples des animaux supérieurs sont représentés par les êtres composés des classes inférieures, lesquels sont constitués par deux ou trois individus ayant chacun en soi les conditions d'existence, et accolés par un point de leur surface.

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