DEUXIÈME DIVISION
Des monstres doubles parasitaires.
Le Hidliârtfè doublé parasitaire é^t eââèdtlëllèiùiènt Constitué par lassociation de deux individus dont l'un ,
parfaitement développé , possède tous les caractères de la viabilité, dont lautre, atrophié, implanté et comme greffé sur le fœtus porteur, ne vit que d'une vie empruntée, d'une vie embryonnaire; car le foetus parasite ne reçoit pas directement ses vaisseaux du fœtus porteur, de telle manière que sa circulation se fasse sous Finfluenre a un cœur; mais entre la circulation du fœtus porteur et circulation du fœtus parasite, il y a un intermédiaire analogue au placenta.
Cette définition sépare complètement les monstres doubles inégaux ordinaires de la monstruosité double parasitaire. Dans celle-ci, Tun des êtres constituants vit aux dépens de Tautre, à la manière d*une plante parasite, tandis que dans la monstruosité double ordinaire, chacun des êtres constituants vit d'une vie propre.
Or, Tétude des monstres douhjes parasiuiires nous présenta différeats degrés dans le développement du parante : dans le degré le plus complet, le paitisite est pourvn de toutes les parties constituantes d'un fœtus ordinaire dont il ne diffère que par I état d'impeifection, d*atropbie des organes, et par une vitalité bornée à la vie végétative : il décroh peu à peu dans les degrés inférieurs, de telle façon que le foetus porteur, dont le développement est oomplet, embarrassé d abord par la présence du parasite, finit par être amené à Tunité, si bien que ce n'est que par 1 autopsie qu'on pourra constater la présence des débris d'un second fœtus.
Les monstres doubles parasitaires présentent deux groupes bien distincts. Dans un premier groupe, le parasite est extérietlrement placé en totalité ou en partie , et semble surgir du sujet porteur. Dans un deuxîètne groupe, le parasite est inclus dans le sujet porteur, de telle maniera <|il'il reata oonplélemant ignoré on qu'on ne peut que soupçonner sa présetice pendant toute la durée de In vie du fœtus porteur. Le premier groupe comprend les
364 ANATOf^flE PATHOLOGIQUE GÉNÉRALt.
parasites greffés ou implantés superficiellement {parasites par implantation)^ le deuxième groupe a pour objet les parasites inclus qui se présentent sous Taspect de kystes contenant des débris plus ou moins considérables de fœtus {parasites par inclusion) ; dans un troisième groupe se placeront les monstres doubles dont la dualité est établie par des membres ou des organes. surnuméraires; du reste, les monstres doubles parasitaires soit par implantation, soit par inclusion , sont viables ; ils peuvent même parcourir une longue vie. L'un d'eux, celui décrit par BuxtorfF, dont le parasite était constitué par la moitié sousombilicale du corps, est devenu père de plusieurs enfants bien conformés.
PREBUER GENRE.
Parasites par implantation.
Les parasités par implantation se divisent, suivant' le lieu de leur adhérence, en ombilicaux^ en crâniens et' en maxillaiteSy ce qui constitue trois espèces.
i** EftpàcK, Parasites ombilicaux.
Les parasites ombilicaux naissent de la région ombilicale du foetus porteur; ils présentent des différences suivant que le sujet accessoire est complet, c'est-à-dire pourvu de toutes les parties constituantes du corps, ou suivant qu'il est incomplet, dépourvu de tète, de thorax, démembres |)el viens, ou bien réduit à une tête portée par Tintermédiaire d'un col et d'un thorax rudimentaires(i).
(i) M. b. Geoffroy Saini-Hilaire qni abea^icoup ioaiaié sur Tintée* (ion des parasites à la région ombilicale et qui a établi un rapproche* ment entre les monstres doubles parasitaires et les monstres doubles par coalition , appelle les parasites ombilicaux des hétéroîype$ et les divise comme d'aélleurs les monstres doables par coalition, en kétérapÊt^^ kéiéradetphti et kéUroJymeSy suivant que les sujets accesipires plus ou moin* complexes donnent aux monstres doubles parasitaires les caractcres que ces différenres supposent dans les monstres doubles ordinaires.
Deuxième classe, des adhésions. 563
Premier degré ou première ifariété, — Le sujet accessoire plus ou moios complet adhérant par la région susH>mbilicale présente une tête, un tronc et des membres pelviens. Cest un su^mphalodyme dont un des sujets composants est en miniature. Cette monstruosité est des plus rares. (M. Is. Geoffroy Saiut-Hilaire l'appelle hé(éropagie^ ce qui veut dire monstre dissemblable séparé supérieurement et inférieurement. )
Il n'existe qu*un seul exemple authentique de cette variété qui a été décrite par Pincet, Licetus et Thomas Bartholin. Ce monstre double parasitaire naquit à Géues en 1617. Licetus {Traité des monstres) la fait représenter dans une planche qui a éié souvent reproduite. Bartholin Ta décrit lorsqu'il avait vingt-deux ans. L'individu porteur jouissait d'une très bonne santé et lorsquil était enveloppé de son manteau il ne paraissait pas différer d*un individu ordinaire. Le parasite mâle comme le sujet porteur (i) présentait une tête grosse, mal conformée, dont la bouche toujours béante laissait échapper continuellement de la salive. Ses yeux n'étaient point ouverts. Ses membres supérieurs mal conformés n'avaient que trois doigts. Les organes génitaux étaient incomplets.il n yavait qu'un seul membre pelvien.
M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire a vu un monstre double parasitaire mort-né, mais il n'a pu que dessiner à la hâte les formes extéricui*e8. L'anatoroie de pareils sujets serait on ne peut plus curieuse. Elle n'a pas encore été faite.
Le deuxième degré ou la deuxième variété des parasitiiires ombilicaux a. été assez Fréquemment observée. La tète, le cou et quelquefois les membres thoraciques manquent, en sorte que le sujet parasitaire semble sortir de l'abdomen
(1) Dans tous les exemples connus de la monstruosité double iiar.i»itaire, les deun sujrli constituants étaient du même seie, ccnonc dans la moustrnosita double ordinaire.
366 AWATOMIK PATHOLOliigDE GtUNÉtlALE.
du sujet porteur. On peut dire ici que rinclusion est in complète.
M. Is. Geofiroy Saint-Hilaire a exprimé la disposition de ces monstres d'une manière très philosophique en disant que le parasite est un acéphaHen greffé sur fépigastre d'un sujet d'ailleurs normal, et pouvant au moyen de communications vasculaires splanchniques et nerveuses , vivre en parasite aux dépens du sujet porteur.
Cest à cette variété qu'il faut rapporter le sujet représenté par A. Faré. En 15^0, dit-il, on a vu & Paris un homme du ventre duquel sortait un autre homme bien formé , il lexception de la télé. Cet homme avait quarante ans environ. Il portait ce corps entre ses bras , si bien que tout le monde s'attroupait pour voir une si grande merveille (i).
Dans cette variété qui est parfaitement connue , Timpiantation a lieu à la ré^jion susombtlicale, et le corps, réduit au thorax, à l'abdomen et aux membres pelviens, toujours incomplets , pend flasque et mou au-devant de l'abdomen du sujet porteur. Lorsque les membres supérieurs existent, ils sont presque toujours atrophiés, difformes , confondus en totalité ou en partie. Nous possédons sur la structure de ces monstres des détails assez circonstanciés. Ainsi, ces parasites représentent exactement les acéphaliens sous le rapport de leur organisation. Point de cœur, point de poumons ; les organes abdominaux sont réduits au {|ros intestin et à l'iléon , qui pénètre dans Tabclomen du sujet porteur. Il y a imperfo* ration de l'anus ou absence du rectum ; les organes génitaux sont plus ou moins atrophiés , quelquefois le sexe douteux.
Leur physiologie est curieuse. Un assez grand nombre
(i) OEuvrei complètes, puhliées par J.-F. Maiçaigiie , Paris , 184I1
DKUXiÈMt: CLASSL. DKS AUllÉSlONS. 367
d ^individus ont vécu, et ou a pu constater que le parasite était dépourvu de toute sensibilité comme de toute myotilité, que les stiint^ls|tipns e^^rcées aurle parasite étaient ordinairement inaperçues par le sujet porteur : cependant dans un cas Is coniruire a été observé.
Ces parasites sont dépourvus de toute espèce de io<x>« motion. (1 n*y a ni colonne vertébrale, |ii côtes, ni 9ier« num ) on ne trouve que quelques os des membres supportés ]>ar des vestiges d*épanle et de bassin. Les muscles manquent complétemant ou n'existent quà Tétai de vestige.
Les orgapes géniio-nrinaires sont plus ou moms impar* faits, si bien qu'il est quelquefois difficile de reconnaître le sexe de leofiiiit.
Le système circulatoire est réduit à quelques troncs vasculaires qui répondent aux vaisseaux des membres.
Le système nerveux est réduit ^ quelques filets et à quelques ganglions nerveux ; point de moelle épi* nière.
Troisième variété ou tfvisième degré des parasites ombiliea(ur.-*£lle est l'opposé de la précédente, le parasite est borné à la partie sus^ombilicale du a»rps. La partie sous-omhilicak du corps n existe pas. Il peut même ny ovoir plus de thorax, de cou, et la tète peut être implantée sur la région épigastrique du sujet por« teur.
Wioslow nous a transmis sur un cas de ce genre une note fort incomplète , réeueillie d'après des souvenirs de plus de trente «ss. Le sujet de cette observation était un jeune italien* qui exploitait par ce vice de conformation la curiosité publi(|ue. La petite tète semblait sortir de lombilic du sujet principal, auquel elle adhérait par le côté droit de la face. Cette petite téie était d'ailleurs parfaitement organisée ; on distinguait très bien l(*s cheveux, le front, les yeux , le nez, la bouche , les dents. Lorscju'on
36S ANATOMlE l>ATttoLOGIQt;K GÉNÉttALË.
touchait à cette tête le sujet principal percevait la sensation.
a* ESP^B. Parasites crAniens.
Le parasite crânien est constitué par une téie snrmi^ méraire qui s'intplante par son sommet sur le sommet de ia tête principale. Supposons que dans la bre^rmatodymîe ou adhésion bregmatiqiie le corps de Tun des foetus ait été détruit et nous aurons cette espèce.
Nous ne connaissons ce genre (Epicome de M. Geoffroy Saint-Hilaire) que par lohservation d'Everard Home, qui lui-même n'a eu connaissance de ce fait que d'après des renseignements plus ou moins précis. Ce monstre , né au Bengale en 1785, mourut dans sa cinquième année par suite de la piqûre d'un serpent à sonnettes.
Un second cas vient d'être publié par M. Vottem, chirurgien de Liège ( Description de deux fœtus réunis par la tête , 1828 ). La dissection du sujet a été faite avec une grande exactitude. M. Vottem a constaté toutes les particularités que présente la tête , letat rudimentaire des muscles qui consistent en des fibi*es disséminées; il a trouvé en outre des rudiments de larynx , de poumon , et de cœur, des vaisseaux lymphatiques , des nerfs ganglionnaires et autres , un encéphale rudimentaire , une petite rate , un segment d'intestin , un organe en forme de plaque qu'il croit être le foie. Le système artériel tout en* lier manquait. Il n'y avait pas trace de cordon ombilical. L*enfant est mort-né. Cette observation est d'ailleurs très importante parce qu'elle établit que , dans ce cas, la télé est. vraiment le rudiment d'un fœtus uni avec le fœtus principal par la région bregmatique.
3* BsrÈCB. Parasites maxillaires.
Cette espèce, décrite pour la première fois par M. Geof-
froy père sous le nom Shypognathe (uiro sous , yvaOoç mâchoire), coosiste dans 1 adhérence d'une tête rudimentaire ou plutôt d'os maxillaires rudimentaires à la mâchoire inférieure dun fœtus bien constitué dailleurs. Aucun genre nest mieux établi, il n'a pas été observé dans l'espèce humaine.
M. Geoffroy Saint-Hilaire fils a admis en outre l'espèce épignathe dans laquelle la tète accessoire est attachée au palais du ibetus porteur. Il a établi cette espèce d'après une relation très incomplète d^Hoffmann ( Ep. nat. ctir. 1687) , laquelle a pour sujet un fœtus femelle.
Le dernier terme de ce genre a été observé sur un veau par M. Geoffroy Saint-Hilaire. Il consiste dans une mâchoire inférieure, seul vestige du parasite qui est attaché à la mâchoire inférieure de l'individu principal.
Ainsi les parasites maxillaires sont encore plus imparfaits que les parasites crâniens; l'analyse anatomique a pu seule reconnaître les rudiments d'une tète, d'un autre individu , dans une masse informe où Ton distingue à peine des débris d'os maxillaires armés de quelques dents.
Ne soyons donc pas étonnés si Ion a pu considérer ces débris de mâchoires comme une partie surnuméraire et non comme le détritus d'une duplication monstrueuse. Mais la filiation des faits ne permet pas de méconnaître dans ces débris de mâchoires les débris d'un fœtus com. plet.
Ces débris de mâchoires représentent quelquefois assez exactement ceux qu'on rencontre dans les kystes ovariques au milieu d'une masse de graisse et de cheveux. Leur nutrition se fait exactement de la même manière. Une chose remarquable , c'est ([ue les mâchoires parasitaires sont constamment greffées sur les mâchoires du sujet porteur, jamais sur un autre point.
170 ANATOMiB pathologique: générale.
II* GENRE
Dm parultes par Indasloii ou kystes parastUires.
Bien difFérents des parasites par implantation, les parasites par înclusioriy au lieu d'être proéminents à Textérieur et comme implantés sur telle ou tolte n'gion de l'individu porteur, sont contenus dans Tépaisseur de ce dernier et plus ou moins profondément placés. On peut dire que les parasites par inclusion sont greffes à Tintérieur comme les parasites par implantation sont {greffes à Textérieur du fœtus porteur, et l'analogie qui existe entre les uns et les autres est suffisamment établie par les cas mixtes dans lesquels les membres d*un parasite par implantation sortent d'une tumeur contenant elle-même des parties para* ' sitaires. On pourrait, sous ce point de vue, diviser l'inclusion en partielle et en totale ( coaRtio involuta totalîs, pariialts). La plupart des parasites greffés extérieurement sont d ailleurs en partie inclus (i).
Tous les parasites inclus sont isolés defindividu porteur à la faveur d'un kyste fibreux plus ou moins dense qui a pour but cet isolement en même temps qu'il fournit les matériaux de leur nutrition à ceux des débris du ftetus qui ont contracté adhérence avec ses parois.
La monstruosité par inclusion se réduit donc en der^^ nière analyse à une tumeur enkystée contenant des dé* bris plus ou moins informes de fœtus. Ils ne préjiidicient nullement à l'unité de Tindivitlu porteur ([u'ils n'incommodent que par leur volume, et appartiennent à la |)atho* lôgie. Les parasites inclus constituent un genre de tumeur enkystée dont la prise en considérntion est nécessaire dans quelques cas pour arriver à un bon diagnostic ,
(i) Les dénoroi Dation s diverses qui ont c(c imposées à la monstraosité p.trasitaire en (];én(;ral et qui s*appli((uent plus particuliêtement i rinclu^ion donnent une idée parfaite de sa nature. Voici le!« principales : Mon|truosités par intus-susceptiony par involution y pur mc/iision , pmf pénétration^ par implantation, Defastu infecta; monstra nidulantia.
DEUXIÈME CLASSt:. DES ADHESIONS. 571
et par conséquent à un bon traitement. Ces tumeurs parasitaires enkystées vivent d'ailleurs d'une vie empruntée, purement végétative , comme les productions morbides ordinaires , kystes , corps fibreux , lipomes , et présent tent des traces non équivoques de développement (poils, dents). Ceux des débris du fœtus qni sont restés adhérents aux parois continuent de vivre de cette vie végétative; ceux de c^s débris qui sont sans adhérence , dépourvus de toute vitalité, et par conséquent de toute nutrition , subissent les altérations qui résultent de Faction absorbante des parois du kyste et de la déconiposition spontanée de ces débris. devenus coi^ps étrangers. Ainsi constitués, les kystes parasitaires peuvent rester inertes, inofFeosifs pendant toute la vie de Tindividu porteur; ils peuvent également devenir le siège d'un travail inflammatoire qui a pour consé* quence l'élimination des parties contenues à la manière d'un corps étranger. Or , dans quelques cas , l'individu porteur a pu survivre à ce travail d'élimination qui a eu lieu tantôt par la peau, tantôt par les surfaces muqueuses ; dans d'autres cas il a succombé.
Relativement au diagnostic de ces tumeurs, il est moins difficile qu'il ne le semblerait au premier abord , attendu que les tumeurs parasitaires sont nécessairement congéniales : c'est uniquement sur ce caractère bien constaté que je me suis fondé pour établir la nature parasitaire d'une tumeur qu'un fabricant de bronze âgé de cinquante ans environ porte dans 1 abdomen, tumeur qui avait été interprétée d'une tout autre manière par divers observateurs et pour laquelle on avait oons^illé différents traitements.
Le diagnostic devient plus fecile encore , lorsque ces tumeurs ayant subi un travail morbide d'élimination , des fragments d'os, des dents , des touffes de cheveux se sont échappés avec le pus : c'est bien à tort que Ton a dit qu il existait certains états pathologiques des organes dans les-
quels il pouvait se développer des dents, des os, des cheveux. La présence de véritables os, de véritables dents ou de cheveux appartient nécessairement à un débris de fœtus. Reste la question de savoir si ce débris de fœtus provient d*une monstruosité parasitaire ou bien d'une grossesse extra-utérine. Le doute, par conséquent, ne peut exister que chez les femmes après Tépoque de la puberté, lorsque le caractère congénial de la tumeur ne peut être constaté.
Quant au traitement des tumeurs parasitaires , il est complètement négatif pour les kystes parasitaires inté* rieurs , lorsqu ils n ont subi aucun travail inflammatoire , et il consiste dans Temploi des moyens antiphlogistiques locaux et généraux, lorsque Tinflammation est survenue. Le seul traitement applicable aux kystes parasitaires placés superficiellement serait leur extirpation, laquelle doit être soumise aux mêmes règles que celles qui président à Textirpation des tumeurs enkystées d'un autre caractère. Les conséquences ftcheuses de lopération ne tiendraient en aucune manière au caractère parasitaire de la tumeur.
Gela posé, nous diviserons les kystes parasitaires en superficiels ou sous<uianés et en profonds ou viscéraux.hes premiers appartiennent û la chirurgie , les seconds à la médecine. Cette division, éminemment pratique, est pour nous plus importante que celle fondée sur des considérations déduites de la conformation extérieure ou intérieure de ces kystes.
i** BiFÀCB* Induiions sout-cutanées.
La région sacrée ou mieux sacro-périnéale et la région scrotale sont celles qui ont offert le plus grand nombre de tumeurs parasitaires (i), sans qu on puisse en aucune manière se rendre compte de cette prédilection.
(i) Sur dix«neuf obs>er% ations rie tumeurs piirasii.iiie> externe* ou
l*« iOUS-MPtei. loctosion Mcro-pérlnëale.
Dans cette inclusion » la tumeur occupe tantôt la région sacrée seulement, tantôt la région sacro-périnéale. Cette tumeur égale quelquefois en volume la tête du fbetus normal; on Ta vue descendre jusqu'au creux du jarret du fœtus porteur. Or, ce volume est dû bien plus à l'abondante sérosité que ces tumeurs contiennent qu'aux dé^ bris du fœtus qui se manifestent à Textérieur sous Faspect d'un corps dur occupant telle ou telle région de ces tumeurs. On conçoit que la présence de cette tumeur doive exercer sur les parties voisines une grande influence : ainsi, dans un cas, l'anus du sujet porteur était imperforé; dans un autre cas, l'anus et les parties génitales externes étaient refoulées en avant. Dans un cas rapporté par Himiy, il y avait division de la colonne vertébrale et absence de la queue de cheval. Il n'est pas d'exempled'enfantquiaitsurvécuàunepareilledisposition.Toutes les observations de ce genre ont été faites sur des enfants morts-nés ou qui ont succombé peu de temps après la naissance. On a pu prendre au premier abord ces tumeurs pour un lipome, une hydroracbis, etc. C'est par des vaisseaux d'un certain volume et par un tissu placenti* forme que se iait la communication entre l'individu porteur et le parasite, qui d'ailleurs, plus ou moins compliqué, est quelquefois réduit ù des mâchoires ou fragments de mâchoires armées de dents et de cheveux et qui d'autres fois présente des vestiges de cerveau , de ver* lèbres, de membres, d'intestins, de nerfs.
Les deux principaux cas d'inclusion sous-cutanée péri-
•oufi^otaii^es recueilliet dans les auteurs par le docteur Ifokaltki {Areh* de médecine^ t. VU , 3* série, ph 307), onze appartenaient an sa« cmm et cinq au scrotun, unn i la région cenrieale, une à rëpigattra. Hua au pubis.
Déale qui existent dans la science sont: i* celui de Mayer ; 2* celui de M. Ollivier d'An{jers [Jrch, générales de Méd.^ t. XV), qui lui avait été communiqué par M. Capuron. Dans le cas de Mayer, une tumeur née du périnée d'un enfent nouveau-né présentait les rudiments d'un fœtus enveloppé dans un kyste qui lui était particulier. L^artère sacrée moyenne du fœtus porteur se distribuait dans la tumeur, et les veines qui en revenaient se jetaient dans la veine hypo(;astrique du même fœtus. Il est dit, dans la description , qu*un petit nerf provenant de la queue de cheval se terminait sur la tumeur, ce qui me parait au moins douteux.
Dans le cas de MM. Ollivier et Capuron, le sac qui contenait le fœtus parasite rudimentaire ne recevait aucun nerf, mais il y avait deux ordres de communication vasculaire: 1^ des vaisseaux contenus dans un pédicule qui naissait de la partie inférieure de la colonne vertébrale; 2* un tissu placentiforme.
Dans le seul cas de monstruosité triple que nous connaissions chez rbonune , il y avait deux parasites inclus dont Tun était sous-cutané et lautre abdominal.
f» soos-isptou Inclwion scrotale.
Uinclusion scrotale est improprement nonmiée inclusion testiculaire^ sans doute par opposition à rinclusion ovarienne, car aucun fait anatomique ne prouve que ce soit dans Tépaisseur même du testicule que le parasite soit contenu. Le fait observé par M. Velpeau à Thôpital de la Charité en janvier 1 84o, peut être considéré comme le type de rinclusion scrotale dont M. Pi{jné ( i ) a recueilli sept cas dans les auteurs. Voici le résumé de ce fait que j^ai eu moimême ocrasion d observer (a).
' i) BuUetim de la Société anatomiijue ^ 31* année 1846. p. 196.
(3) Je Hoi'» à la vérité de dire que j*avais porté sur ce fait le même
Vingt et un ans^ forte constitution. Tumeor scrotalt ovoïde, dure, d'une consistance osseuse dans quelques points , do volume d'un œuf de dinde , située en dehors et à droite du scrotum; la peau qui la recouvre est remarquable par sa blancheur, par sa finesse , par Tabsence de plis; le duvet fin quelle présente contraste avec la couleur brune , les plis , les poils longs et contournés du scrotum. La transition est brusque entre cette sone blanche de peau (|ui semble appartenir à la région du corps la plus remarquable par la blancheur des téguments et la peau du scrotum. On eût dit d un cas d'autoplastie dans lequel on aurait transporté un lambeau considérable de peau appartenant à la face antérieure du bras sur le scrotum , avec cette différence qu'il n'y avait ici aucune trace de suture, tant la continuité était parfaite. Un autre caractère, c'est que cette peau blanche était complètement insensible; si bien que le malade s'y était fait plusieurs fois avec des ciseaux des incisions dont il portait les traces dans de nombreuses cicatrices. Interrogé sur l'origine de cette tumeur, le malade dit qu elle avait toujours existé, et qu'il l'avait toujours vue avec le même volume. En arrière de la tumeur existent trois ouvertures fistuleuses d'où suinte une matière grasse. Par une de ces ouvertures sort une touffe de poils excessivement fins que le malade dit avoir observée dès sa plus tendre enfance. Lie diagnostic découlait de lui-même des données qui précèdent; car la tumeur était congéniale; car il sortait, par de petites ouvertures , de la matière grasse et une touffe de poils ; car il y avait ici une zone de peau qui n'offrait nullement les caractères do la peau de l'individu. Or, l'étude des kystes pileux de rovaire(i ) m'a appris que
lottie qae M. Velpeaa dont j'i^nonit conplëceineirt Topiiiion lorsque le eat m'a été •oami*.
(i) VojttAnatomie p€itMogHfUê •^•c figures, XyHI*liv.,plaacfa«ni, IV, V.
S76 ANATOMIR PATHOLOGIQUE GâNÉRALB.
la peau était de toutes les parties molles du parasitaire celle qui résistait le plus à la destruction et qu on en rencontrait des débris dans le plus grand nombre des cas. N'est-il pas évident que la seule différence qui existait entre la tumeur scrotale soumise à notre observation et un kyste pileux de lovaire, c'est que, dans le premier cas, la peau était extérieure, tandis que dans le deuxième cas elle est intérieure. Dans les deux cas nous trouvons des poils et de la matière grasse.
La tumeur habilement extirpée ayant été disséquée avec beaucoup de soin par M. Deuieaux , interne de M. Velpeau, et soumise à la Société anatomique, il nous futiacile de reconnaître dans des fragments osseux réunis en trois pièces principales articulées des débris de squelette (i). Dans le cours de lopération, comme à Tautopsie, on s'est assuré que le testicule, du côté de la tumeur, était parfiiitement sain; il était pourvu de sa tunique vaginale*
3* UpàcB. luclaûons profonde! ou yitcérales.
Je ne ferai mention ici que de Vinclusion péritonéale et de Tinclusion ovarienne, les seules qui aient été bien observées.
L'inclusion péritonéale est bien plus fréquente que Fin* dusion sous-cutanée (2). A ce genre se rapporte l'observation si justement célèi)re de Dupuytren : en voici le résumé.
Bissleu naquit u Vcrneuil (Eure), en 1 790, dans un état de débilite qui fit craindre pour sa vie. On ne tarda pas
(1) Ce malade a succombé TÎngt-qaatre jours après l'opëration aux •ceidents d'ane infection purulente. Il y avait dans Tnae des pUrres un ëpanchement ii^ro- purulent très considérable.
(a) M. Pi0o«^ {Bulletins de la Société anaiomique^ ai août 1846, p. 195) 4 trouvé, dans sei recherches biblîof^raphiqttes, dix-neuf cas de parafé* lev greffés sur divers points de la cavité péritonéale, dont cinq insérés au colon transversp.
GLàSSR. DR8 ADHÉSIOKS. S77
à s'apercevoir que le côté gaache du ventre était considérablement développé , si bien qu on soupçonna que Tenfaut était affecté du carreau (i). Ces craintes ne tardèrent pas à se dissiper; mais Thabitude du corps du jeune Bissieii resta grêle , sa figure maigre et blême , et il est digne de remarque qu'il ne cessa de se plaindre pendant toute sa vie de douleurs au côté , qu^il fut toujours sujet à des appétits irréguliers et à des indigestions fréquentes. Cependant le jeune Bissieu se faisait remarquer par sa vivacité, sa gaieté et par une intelligence au-dessus de son âge; il montait fort bien à cheval et galopait avec une bar* diesse extraordinaire. Un jour qu'il se livrait à cet exercice, il se laissa choir et se fractura lebraff. Il guérit très bien de cet accident.
Envoyé dans une pension à Rouen , il fîit pris subitement au bout de dix-huit mois de séjour d'une douleur aiguë dans Thypochondre gauche et de fièvre continue avec redoublement et sentiment d'oppression. M. Blanche, chirurgien de Rouen, sentit distinctement dans l'abdomen une tumeur dure et très douloureuse, du volume d'un gros melon, étendue des fausses côtes gauches à la crête iliaque du même côté. La tumeur s'affaissa et les douleurs s'amendèrent au bout de quelque temps, k la suite d'un dévoiement abondant de matières puriformes et fétides ; le malade tomba dans le marasme , et après plusieurs mois de soins sans résultat, il fut renvoyé dans sa famille. Une toux opiniâtre survint, le dévoiement reparut, et un jour, au milieu de selles fétides, on trouva un paquet de poils roulés sur eux-mêmes. Le malade périt à l'âge de quatorze ans , six mois après l'invasion de la maladie, dans le marasme le plus complet.
Il résulte des détails consignés dans l'excellent mé-
(i) En OQtro» let deux demièret côtet éuieot plot élerées et plvs tailUotes <|ue cAXtn do côté opposa.
S78 AMATOMIB PATHOLOGIQUE 6ÉNÉBALB.
moire de Dupuytren, que la tumeur était fermée par un kyste développé aux dépeus du mésocolon transverse et contenant les débris dim fœtus , et que ce kyste, dans lequel se voyait une masse de cheveux séparée du corps do fœtus I communiquait largement avec le colon transverse. Il résulte bien évidemment du rapprochement des symptômes observés pendant la vie et de l'examen cadavérique que le kyste qui isolait les débris du fœtus inclus , avait été le siège d'une inflammation , laquelle s'était terminée par suppuration , que le kyste purulent s'était vidé dans Tintestin , et Ton conçoit que si la masse formée par le fœtus eût été libre et moins volumineuse ou que si elle avait pu se morceler, on conçoit qu elle aurait pu pénétrer dans l'intestin et être évacuée par les selles ainsi qu'on en a vu plusieurs exemples. — Ce fait n'intéresse pas moins sous le point de vue pathologique que sous le point de vue tératologique. Si le feit de Bissieu se reproduisait , si un enfent naissait avec une tumeur abdominale » si cette tumeur devenait le siège d'une inflammation» si la tumeur s'afiaissait à la suite de selles purulentes et fétides, si une masse de cheveux, ou des deots, ou des fragments osseux étaient rendus avec les selles , on n'hésiterait en aucune manière à accuser la présence d'un fœtus parasite.
Voici d ailleurs les détails les plus importants de l'examen cadavérique (i).
La masse organisée adhérait au mésocolon transverse
(i) Voyez pour l'étude des pièces le musée Dupuytren, où l'on trouve et les pièces nalurelles et des pièces modelc^es en cire qui donnent une idée parfaite de iVnsemble et des dc^tails du parasitaire. Voyez , pour ta description , les Bulletins de la Sficit't'dê la Faculté de médecine; eetle description est le premier travail vraioieot scientifique qui ait été liil sur les parasites par inclusion : à la suite d'une description aussi exacte qne lumineuse de tous les appareils du parasite soumis à son observation, Dupuytren disserte habilement sur la vie de ce foetus , jette un coup d*oeil général sur les phénomènes analogues obsf rv^s dans le règne végétal , rapporte tons les faits connus du même genre chet l'homme et ehet les
par un pédicule. Sa forme était celle d'un ovale irréguHer, recourbé sur lui-même. Son plus grand diamètre est de 3 pouces 7 lîgne-^.Son diam'ire transverse est, du côté de la tête, de a pouces lo lignes. Elle est recouverte d*une peau blanchâtre, pourvue dans quelques «points de bouquets de poils.
La tête est reconnaissable à l'insertion de plusieurs dents placées irrégulièrement à sa surface. On trouve un rudiment de crâne, un rudiment de colonne vertébrale, un rudiment de moelle épinière surmonté par un petit renflement, quelques nerfs rachidiens, des rudiments du membre inférieur gauche et des membres supérieurs. Le membre inférieur droit manque entièrement. — Point d'organes respiratoires, digestifs, génito-urinaires; point de thorax ni d'abdomen. L'appareil circulatoire était borné à deux vaisseaux, l'un artériel et l'autre veineux, qui, réunis hors de la masse orgniiisée en une sorte de cordon ombilical , se distribuaient par Tune de leurs extrémités dans l'épaisseur de cette masse et par l'autre extrémité dans Tcfpaisseur des parois du kyste , qui constituaient à ce niveau une espèce de placenta. Le (têtus parasite était donc, par rapport au fœtus porteur, une véritable loupe , un organe surajouté.
Le fait du docteur Young, qui a été observé en 1807 en Angleterre, peut servir de complément au fait précé-
animaax et établit que ces roonstruo>itéa out lieu par întussusceptioo^ ce!it-à-dire par pénétration d'un indi\iclu dans un autre individu Ce Ira- Tail, qui est un v^ritihle rhcf-dVuvrc d'oixcrvation et d^analjse, et qui ne contribua pa^ peu à la réputation précoce d<» son auteur qat débniait alors dans la carrière, a été comme le signal des travaux nombreni publiés aur le même sujet et qui n\)nt fait que confirmer les idées émises par le célèbre cbirur{;if>n. Con>uhr/ »ur lé menu* sujet la thèse de M. Lachaise ayant pour titie : de Vinchtsion du j\ftu$^ il^sa; UD rocinoire d*Oni%ier, Archives de méd., 1837^ t. XV; un mémoite de LesauTaga, |8'J9; et surtout Touvrage ex profviso de Hinily, De fœtu in fœtu^ iSdt» et l'excellent ou^Ta{;e de M. Isidore Geofïrtiy 2>aint-Iiilairc, Histoire dm anomalies de V organisation.
380 AHATOMIS PATHOLOGIQOE GÉHAbaLK.
denC (i). Il a pour siijec nn enfimt mâle qui, pâ de temps après sa oaissaDce, fbt pris de Yomissemeiits fréquents, en même temps que la région épîgastriqae était tuméfiée et donlonreuse an toucher.
A tfx>is mois et demi il fut c^^serré par le docteur Young qui jugea la maladie mortelle , et, en efFet, les douleurs deTÎnrent de plus en plus vives; Tentant tomba dans le marasme le plus complet et mourut à Fâge de dix mois.
A Tonverture» on trouva Fabdomen rempli par une tumeur volumineuse , développée entre les dewcfeuiUeU du mésocolon transverse : cette tumeur était un kyste contenant 80 onces de sérosité jaunâtre un peu sanguinolente et en outre nn fioetus mâle sans tète n ayant d autres viscères qu'un intestin formant hernie hors de la cavité abdominale et peut-être quelques rudiments de poumons et de cer\'eaii. Les quatre extrémités existaient , mais mal conformées. On trouvait des vertèbres réduites à leurs corps , quelques côtes , et une masse osseuse irrégulière paraissant constituer la base du crâne. Point de muscles, point de nerfs évidents. Pour tout appareU circulatoire une artère et une veine.
On conçoit que la mort, dans les deux cas précédents, a été la suite de Tinflaramation qui s'est emparée du kyste; que si cette inflammation ne s'était pas manifestée , les individus porteurs auraient pu parvenir à la vieillesse la plus reculée. Ainsi, M. Lachèse parle d'un soldat dans Fabdomen duquel on trouva les débris d'un fioetus. On trouve dans un journal, publié à Francfort, un cas analo* gne observé chez un homme de cinquante ans. J'ai dit
(1) On voit encore (tant les cabinets de la Facnlt^ où il a ^lë dépoté par BL Pis*^, conservatear da masée Dopoytren, on p«ratîte qa^l a détacbë du colon tranSTerte do corps d'un jeone homme âgé de qninae anf. On y trooTe la cbarpenle du thorax, les membres topérienn et inférieurs bien dessinés, lesqoeb sont revêtus d'âne enreloppe d'apparence cutanée: l«9 doigts sont ponnrns d*ongles très longs.
plus haut que j'ai dia{{nostiqué une tumeur parasitaire chez un fabricant de bronze de cinquante ans environ , qui jouit encore en ce moment d'une très bonne santé.
Inclusion ovarienne. — Il n'est pas rare de rencontrer sur le corps des femmes avancées en âge des kystes de Tovaire contenant avec de la graisse des cheveux, des dents , des fragments osseux et quelquefois des portions de peau adhérentes aux parois du kyste (i).
La première question à laquelle ait donné lieu Tétude scientifique des kystes pileux et graisseux de Tovaire, est celle de savoir si ces kystes étaient le produit d^une conception extra^utérine. Depuis que l'inclusion parasitaire a été Tobjet d'une sérieuse considération , on a dû se de* mander si les débris de fœtus contenus dans les kystes de l'ovaire ne seraient pas dans un certain nombre de cas au moins le résultat de Tinclusion; en deux mots :
Pranière question : I^es kystes pileux de l'ovaire sont-ils constitués par des débris de fœtus?
Deuxième question : Les débris de fœtus reconnaissentils pour origine une conception extra-utérine ou bien une inclusion parasitaire?
Que les kystes de l'ovaire contenant des poils, des dents » des fragments d'os , des portions de peau , témoignent de la présence d'un germe fécondé en parlie détruit et dont il n'existe que quelques vestiges, c'est, je pense, ce qui ne sera révoqué en doute par personne aujourd'hui, et je ne saurais admettre qu'il existe certains états pathologiques dans lesquels peuvent se développer des dents, des os , des cheveux, en un mot des produits morbides qui ressemblent tellement à des débris de fœtus, que l'observation la plus attentive ne puisse éviter l'erreur. Nous verrons ailleurs dans quelles étroites Ii« mites est circonscrit le cercle des productions et métamorphoses organiques.
(i) \nyvi jinatonùê palhohffique avec planches.
382 ANATOMIE PATHOLOGIQUE GÉNÉBALE.
Quant à la source du {jerme fécondé , est-il conteinporain, frère, du fœtus porteur, ou bien at-il procédé par voie de génération de ce même fœtus porteur? Y a-t-il des cas de kystes pileux de Tovaire qui appartiennent à une conception extra-utérine? Y en a-t-il qui reconnaissent pour cause Tinclusion parasitaire? Si ces deux modes d'origine existent, y a-t-il moyen de les distinguer Tun de lautre, ou bien enfin tous les kystes pileux de Tovaire reconnaissentils pour cause exclusive, soit une conception extra-utérine, soit une inclusion parasitaire? Voilà des questions qu'il est important d'approfondir pour arriver à une solution définitive.
Et d'abord , la similitude parfaite de tous les kystes pileux de l'ovaire atteste-t-elle l'unité de leur origine? Je le pense; mais je ferai remarquer qu'ici l'inclusion et la conception extra-utérine n'établissent pas une différence essentielle de cause. L'identité de cause, c'est la présence d'un germe fécondé, que ce germe fécondé soit contemporain du fœtus porteur dans lequel il se trouve contenu par voie de pénétration, ou qu'il provienne du fœtus porteur par voie de génération.
Qu'un certain nombre de kystes pileux de l'ovaire doive être rapporté à une inclusion parasitaire, les faits de kystes pileux trouvés chez de jeunes filles non pubères ne permettent pas de le révojuer en doute; ainsi Dupuyiren dit avoir observé deux cas de kystes ovariques contenant des débris de fœtus, l'un chez une fille de treize ans, l'autre chez une fille de douze. Chez toutes deux, la mort avait été causée par un travail inflammatoire déterminé par la présence du corps étranger. Les mamelles et les organes génitaux ne présentaient aucun signe du développement de la pubertés L'état dans lequel on a trouvé les débris du fœtus, le développement des dents et des cheveux attestent, non une génération précoce anticipée, si je puis m'exprimer ainsi, mais la contemporanéité, à moins qu'on
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u'adiuetce l'eniboUement des germes de Bonnet , d'après lequel plusieurs (générations successives pourraient être fécondées siniu!ianément par la même copulation.
Al appui de la théorie de Tinclusion parasitaire comme cause d*un certain nombre de kystes pileux ovariques , je citerai un relevé fait par M. Pigné, d après lequel, sur quaraote-neuf cas de kystes pileux de lovaire , cinq au* raient été trouvés chez des filles vierges n ayant pas encore douze ans et ayant riiymen intact; six chez des fiUee âgées de six mois à deux ans; quatre chez des fœtus femelles arrivés à terme, mois n'ayant pas respiré ; enfin, deux chez des fœtus femelles , produits d avortement avant la fin du huitième mois.
Enfin les kystes analogues aux kystes pileux de rovaire observés chez de jeunes garçons dans la cavité pérîtonéale ou ailleurs , n'établissent-ils pas d'une manière positive la doctrine de l'inclusion parasitaire comme cause de ces kystes dans un certain nombre de cas?
Mais tous les kystes pileux ovariques > sans exception ^ reconnaissent-ils la même cause? Telle est lopinion qui a été soutenue par M. Pigné (i). L'argument principal qu'il bit valoir est celui-ci : c'est que dans les cas de conception €xlra-utérine, on trouve les corps des ibetus parfaitement reconnaissabies , lors même qu'un temps très long s'est écoulé depuis la conception, qu'ils se putréfient ou qu'ils se momifient en s'encroûtant de phosphate calcaire, et que la presque totalité de leurs organes est d'une détermination fiacile. Gela est parfaitement exact pour les fœtus qui ont scquis un certain développement. J'en ai décrit et fait représenter (2) plusieurs exemples remarquables. Maist évidemment, ces réflexions ne s'appliquent pas aux cas de kystes pileux de l'ovaire, dans la production desquels le germe fécondé a <lù vive en partie détruit immédiate^
(1) BuiUtim de la Société t^natûmique, ai*ann^, 1846, p. 194. (3) AnaU pathologique avec pUach«f, iS* livr., pL Vl et 37* livr.
ment ou presque immédiatemeut après la fécondation, si bien que ceux des débris de ce germe (Seconde qui ont contracté des adhérences avec le kyste ont pu seuls se développer, d'où la production des cheveux , des dents et des fragments osseux compactes.
* D ailleurs, si la conception extra-utérine était étrangère aux kystes pileux ovariques, comment se rendre compte de la fréquence des kystes pileux chez la femme, et de leur rareté chez Thorame; comment se ferait-il que l'inclusion parasitaire serait presque exclusivement limitée à lovaire chez la femme? Quelle puissance porterait nécessairement le parasite dans l'ovaire de la femme, tandis que chez le garçon , ce parasite s'implanterait le phis habituellement à l'arc du colon? Je pense donc que si les kystes pileux ovariques doivent être rapportés, dans un certain nombre de cas ,à la monstruosité parasitaire, bien plus souvent ils sont la conséquence d'une conception extra-utérine ; que ridentité de la lésion n*exclut pas ce double mode d'interprétation des fiiits; car, je le répète, ce qui importe essentiellement ici , c'est le germe fécondé; la pénétration ou la conception extra-utérine oe sont que la double voie par laquelle le germe fécondé se trouve déposé dans l'ovaire.