PRIS DANS LES CONDITIONS LES PLUS VARIÉES
18 ans . 1
21 et 28 ans . 2
Dp SI h X8 an* . 10
11ELEVÉ DE ftOCUOUX.
De 20 à 30 ans. . 2
30 à AO ans . 10
fi o à fi2 ans . . fi
A0 à 50 ans . 7
/i5 à fi 9 ans * . f»
De 50 à 55 ans . . 1
56 à 60 ans . 2
50 à 55 ans . 16
56 à 60 ans ... .... 9
50 à 60 ans . 13
61 à 65 ans . 5
fil à 65 ans T , . 9
60 à 70 ans . 2A
66 à 70 ans. . . 10
fi (y fi fO arts . Ifi
71 à 75. ans . Ift
71 à 75 ans . . 17
70 à 80 ans. ......... 12
76 à 80 ans . 5
80 à 90 ans . 1
86 à 90 ans . 3
AA
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On voit que les deux derniers relevés, bien qu’empruntés à des sources différentes, présentent exactement le même résultat: avant cinquante ans, la période la plus chargée est de trente à quarante ans, pour augmenter encore davantage de cinquante à soixante; mais c’est de soixante à quatre-vingts que s’observent le plus grand nombre d’apoplexies, c’est-à-dire la moitié du nombre total pour ces vingt seules années, tandis que les cinquante premières années de la vie en atteignent environ le quart. On sera surtout frappé de la différence que présentent ces proportions, si l’on réfléchit à la décroissance successive de la population aux différents âges de la vie.
L’hémorrhagie cérébrale est donc bien une maladie des vieillards, bien que, comme celles qui appartiennent le plus spécialement à cet âge, elle puisse encore s’observer à toutes les époques de la vie. Valleix l’a rencontrée chez des enfants nouveau-nés (2), MM. Rilliet et Barthez chez des sujets
(1) Mémoire cité, p. 38.
(2) Clinique des maladies des enfants nouveautés, art. Apoplexie.
MALADIES DE L’ENCÉPHALE
âgés de trois à douze ans (1); mais c’est plutôt encore l’hémorrhagie par infiltration sanguine que l’épanchement en caillots que l’on rencontre dans l’enfance.
Il n’y a pas une très grande différence entre les deux sexes. Sur 91 CâS, 54 appartiennent à des hommes et 37 à des femmes; ainsi une légère prédominance pour les premiers.
La constitution apoplectique : embonpoint, cou court, face habituellement colorée, tête développée, apparence robuste, tempérament pléthorique, n’a pas sur la production de l’apoplexie l’influence qu’on lui a attribuée; cependant Rochoux est allé trop loin eil niant tout à fait celte influence, et il résulte des analyses de M. Durand-Fardel que les individus doués d’une bonne santé, d’une forte constitution, d’ün embonpoint considérable, sont bien plus souvent frappés d’hémorrhagie cérébrale que ceux qui se trouvent dans des conditions opposées. Nous avons combattu ailleurs l’influence de l’hypertrophie du cœur sur la production de l’hémorrhagie cérébrale, et nous maintenons ici ce que nous avons dit à celte occasion. On serait tenté d’attribuer une influence plus grande aux maladies des vaisseaux; toutefois nous ne pouvons encore aujourd’hui l’indiquer que comme une possibilité, vu qu’aucun relevé statistique exact n’a démontré, jusqu’à ce jour, leur influence de causalité, et que, pour plusieurs d’entre elles, la fréquence des altérations vasculaires sans rupture tend encore à laisser planer quelque doute, au moins sur la fréquence de cette influence. Ce que nous savons de plus positif à cet égard, ce sont les hémorrhagies causées par rupture des anévrysmes intracrâniens, point sur lequel nous reviendrons à l’occasion des tumeurs cérébrales; mais dès à présent nous ferons remarquer que ces hémorrhagies ont plutôt lieu entre les méninges et pénètrent dans les ventricules par la fente de Bichat. Quanta l’athérome des capillaires et des vaisseaux plus volumineux, on trouve si souvent cette altération dans le cerveau des vieillards qui n’ont pas eu d’apoplexie, que, sous ce rapport, les relevés de Durand-Fardel ont une grande valeur, bien que négative. Nous en dirons autant des petits anévrysmes des artères cérébrales, qui peuvent, en se rompant, donner lieu à l’hémorrhagie, mais dont l’influence hémorrhagique est bien loin d’être démontrée. M. Andral indique, dans un cas, la rupture d’une veine comme cause. Dans les maladies cachectiques, dans l’affection de Bright entre autres, la viciation du sang, peut-être aussi la friabilité et la cohésion moins dense des parois vasculaires, prédisposent également à l’hémorrhagie. Les obstacles à la circulation par obstruction embolique sont indiqués comme une des causes de l’apoplexie. Parmi les causes occasionnelles, les changements brusques de température paraissent avoir eu quelque influence ; c’est pour cela que les températures extrêmes exercent plus d’influence que les saisons elles-mêmes. Nous avons plusieurs fois vu le ramollissement provoqué par le voisinage d’une tumeur favoriser l’apoplexie, tantôt par le ramollissement du tissu environnant, tantôt par les fortes congestions qui surviennent si souvent dans le cours de ces affections.
Lorsqu’on lient compte de tout ce qui a été dit sur l’hémorrhagie cérébrale, on comprendra aisément que, sauf les indications symptomatiques, il y en a surtout deux qui sont fondamentales : l’une d’empêcher les malades de succomber pendant les premiers jours, à la suite de la pression exercée sur le cerveau; et ici les émissions sanguines, les purgatifs et les révulsifs cutanés peuvent rendre de grands services, si l’on a soin toutefois de les remplacer momentanément parles excitants, le vin, les préparations ammoniacales, etc., dans les cas où un coma profond et un collapsus rapide menacent directement la vie, ce qui peut arriver immédiatement après l’attaque ou après un ou deux jours de durée, surtout si le traitement antiphlogistique a été énergique. Plus tard il faut favoriser la résorption du sang épanché, et c’est par conséquent une faute de placer en première ligne l’excitation des parties paralysées. C’est donc encore au traitement purgatif modéré, à des exutoires placés à la nuque, à l’emploi de l’iodure de potassium qu’il faut avoir recours, tout en combinant plus lard avec ces moyens l’emploi des préparations de noix vomique, des frictions stimulantes, des douches et de l’électricité.
§ X. — Des produits accidentels de l’cncépiialc.
J’ai déjà publié (2) une série de recherches sur les tumeurs du cerveau et des méninges, mais le but de ces recherches n’a pas, à beaucoup près, été aussi général ni aussi étendu que le comporte le sujet.
(1) Traité clinique et pratique des enfants, 1843, t. II, p. 49.
(2) Traité des maladies cancéreuses. Paris, 1851. — Archives de Virchow, h III, 185L
MALADIES DE L’ENCÉPHALE ET DE SES MEMBRANES
Aujourd’hui nous possédons les matériaux nécessaires pour tracer l’histoire anatomique des produits anormaux de la masse encéphalique d’une manière beaucoup plus complète, grâce aux travaux récents et à de nombreuses recherches nouvelles qui nous sont propres.
Si nous jetons d’abord un rapide coup d’œil historique sur le développement de nos connaissances sur ce sujet, nous trouvons, dans les anciens ouvrages compilatoires d’anatomie pathologique, quelques faits épars, sans liens organiques, restés pendant longtemps stériles au point de vue anatomo-clinique. Le premier travail vraiment doctrinal est celui de Louis (1). Déjà à cette époque, vers l’an 177A, l’illustre secrétaire de l’Académie de chirurgie parvint à réunir vingt et une observations, en comptant celle de Fabrice deHilden, indiquée à la fin. Il donna la description générale de la maladie, qu’il désigna sous le nom de fongus de la dure-mère, mais en s’occupant principalement des tumeurs perforantes, sans trop s’inquiéter de leur point de départ exact ni de leur nature intime. Les successeurs de Louis, Sandifort, Siebold et Walther, enrichirent la science de quelques faits, mais ils substituèrent à la théorie exclusive de Louis, sur l’origine de ces tumeurs de la surface de la dure-mère, une autre théorie non moins exclusive, et rapportèrent ces tumeurs au cancer de la boîte crânienne. De nouveau nous rencontrons pendant longtemps des observations isolées des frères Wenzel, de Graefe, de Klein, etc. C’est en 1829 qu’Ebermeyer chercha le premier à démontrer l’origine variée de ces tumeurs, et cette doctrine fut appuyée sur des faits nouveaux par Chelius.
Mais tout en reconnaissant qu’il y a eu là un grand progrès, l’histoire anatomique et pathologique de ces produits accidentels restait en grande partie à faire. Pour n’en indiquer que quelques points, nous dirons que dans les travaux cités, tout ce qui se rattache aux tumeurs de la base du cerveau et des méninges était presque omis, quoique, depuis Morgagni, les ouvrages et les recueils anatomo-pathologiques aient rapporté un certain nombre de faits de ce genre. La séparation des tumeurs de composition histologique différente était à peine effleurée; on prenait généralement toutes ces tumeurs pour cancéreuses, et ce n’est que dans des cas rares, et lorsque les caractères en étaient incontestables, qu’on les désignait comme fibreuses. Quant à la fréquence des tumeurs fibro-plastiques et autres non cancéreuses, souvent confondues avec le cancer, nous croyons être le premier qui l’ait signalée et qui ait tout particulièrement insisté sur les différences de structure. Il est un autre point sur lequel la science est loin d’être fixée, nous voulons dire la symptomatologie des tumeurs crâniennes et intracrâniennes, qui laisse encore beaucoup à désirer. Quant à la thérapeutique, nous avons bien moins de progrès à signaler que pour l’anatomie et la pathologie. Il résulte clairement du travail de Louis, et ceci a été pleinement confirmé par tous les observateurs impartiaux après lui, que lorsqu’une tumeur crânienne existe avec perforation de la table interne, toutes les opérations chirurgicales tentées ne font qu’accélérer la terminaison fatale, et l’on peut se convaincre aisément, en parcourant les auteurs, combien les prétendues guérisons, en cas pareil, méritent peu de confiance.
La symptomatologie des tumeurs cérébrales a fait des progrès réels par suite des travaux récents de Friedreich (2) et de ceux de Leubuscher, qui résume fort bien l’état actuel de la science sur ce sujet. Parmi les matériaux les plus précieux pour l’étude clinique, nous devons citer aussi les travaux d’Abercrombie en première ligne, puis ceux d’Andral, de Rayer, de Cruveilhier et de Durand-Fardel.
En fait de progrès anatomique, nous avons à signaler le travail récent de Virchow sur les tumeurs perlées, qui ajoute de nouveaux faits à ceux rapportés par Cruveilhier (3), Le Prestre et d’autres; Virchow seul en a étudié la structure et le développement, et arrive à cette conclusion remarquable qu’il s’agit là d’un produit nouveau qui a quelque analogie avec la formation nouvelle de glandules. Cette opinion présente aussi quelque analogie avec celles que j’avais émises en 1853 dans mon travail sur les kystes dermoïdes, dont j’ai rapporté plusieurs exemples de siège intraméningien. Le point nouveau auquel ces recherches placent l’anatomie pathologique des produits accidentels du cerveau acquiert encore un nouvel intérêt par les recherches de M. Ch. Robin, qui a démontré qu’un tissu glandulaire de nouvelle formation, beaucoup plus compliqué et hautement organisé, pouvait se développer au dedans du crâne. L’hétérotopie
(1 ) Mémoire sur le fongus de la dure-mère ( Mémoires de l’Académie de chirurgie , t. V, p. 1 à 59).
(2) Deitràge zur Lehre von den Geschwülsten innerhnlb der Schtidclhohle. Würzburg, 1853.
(3) Anatomie pathologique du corps humain, avec planchas, IIe livraison, pi. lre.
MALADIES DE L’ENCÉPHALE
plastique est ainsi établie sur une vaste échelle pour cette partie du corps humain. L’étude des tumeurs érectiles du cerveau gagne aussi un nouvel intérêt, grâce à des observations qui se multiplient de plus en plus. Les anévrismes intracrâniens, dont il existe de nombreux exemples épars, nous fourniront l’occasion de tracer l’histoire anatomique de cette curieuse altération, nous réservant pour plus tard d’en esquisser aussi l’histoire clinique.
En un mot, l’anatomie pathologique des produits anormaux est en pleine voie de progrès, et nous regrettons seulement de ne pouvoir lui assigner ici une place aussi étendue que le haut intérêt du sujet le comporterait.
Nous passerons successivement en revue l’hypertrophie de la glande pituitaire, les tumeurs fibreuses, fibro-plasliques, épidermoïdales, érectiles, les anévrysmes, les kystes simples, les kystes dermoïdes, les hétéradénies simples (tumeurs perlées de Virchow), les hétéradénies composées (tumeurs héléradéniques de Ch. Robin), les tumeurs syphilitiques, les tubercules, le cancer et les parasites du cerveau.
Nous allons d’abord donner la description des diverses espèces de tumeurs du cerveau et des méninges, puis nous arriverons à des remarques générales sur ce sujet.
Nous commencerons par l’hypertrophie de la glande pituitaire, comme faisant pour ainsi dire le passage entre la nutrition exagérée d’une partie du cerveau et les altérations de nutrition qui produisent des tissus accidentels. Nous avons trouvé plusieurs fois la glande pinéale augmentée aussi de volume, creusée de petites cavités, mais nous ne connaissons point d’exemples d’une augmentation de volume telle que l’on soit en droit de parler d’une hypertrophie de ce corps.