‹ Traité d'anatomie pathologique générale et spécialeChapitre 18 sur 165 · X. — Tumeurs hétéradèniques composées · texte numérisé non relu

X. — Tumeurs hétéradèniques composées

M. Ch. Robin (1) a décrit des tumeurs qui ont tout à fait la structure de glandes et qui se trouvent dans les endroits du corps où, à l’état normal, on n’en trouve point. Ce sont de véritables hétérotopies glandulaires. 11 les a rencontrées dans les points suivants : 2 fois ce tissu a été trouvé dans les sinus maxillaire et ethmoïdal des fosses nasales ; 1 fois dans la région parotidienne; 1 fois dans l’épaisseur du muscle masséter, du tissu cellulaire et de la peau qui les recouvre; 1 fois dans la cavité de l’orbite, d’où il s’étendait par la fente sphéno-maxillaire dans la région temporale, dont il avait envahi l’aponévrose, puis par la fente sphénoïdale et le trou optique dans la cavité du crâne jusqu’au rocher, en soulevant et comprimant le lobe cérébral antérieur. Dans une autre circonstance, c’est entre les deux lobes écartés, mais restés sains, de la glande thyroïde, que siège une de ces masses morbides, qui était unique, tandis que sur un autre sujet, outre la masse principale, située entre les deux lobes de la choroïde, une autre siégeait à la face interne des os du crâne. Enfin dans le dernier cas observé, le même sujet en portait trois : l’une dans la cavité abdominale, au-devant de la colonne lombaire, une seconde au sommet du sternum, qu’elle avait en partie détruit, et une autre, derrière le cou, s’étendait de la sixième vertèbre cervicale à la troisième dorsale.

Nous trouvons donc parmi ces exemples un cas dans lequel une tumeur héléradénique avait pénétré dans la cavité crânienne, et la série des faits des hélérotrophies plastiques dermoïdes folliculaires et glandulaires composées se trouve ainsi complétée pour l’encéphale.

XI. — Productions de substance grise sur l’épendyme ventriculaire.

Ce genre de produits morbides ne forme pas précisément des tumeurs, mais nous n’attachons que peu de valeur à cette dénomination vague, et la forme sous laquelle des tissus nouveaux se produisent nous importe peu. Virchow, et déjà avant lui Rokitansky, ont observé ce développement pathologique de

(1) Gazette médicale, 1855, 6 et 13 octobre.

MALADIES DE L’ENCÉPHALE

substance cérébrale grise à la surface interne des ventricules latéraux ; c’étaient de nombreux petits tubercules du volume de la moitié d’un grain d’avoine jusqu’à celui d’un noyau de cerise, isolés ou groupés ensemble, et renfermant les éléments de la substance cérébrale grise ; pourtant dans l’endroit où ces tubercules gris s’étaient développés, il n’existait point de substance grise à l’état normal (1).

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