‹ Traité d'anatomie pathologique générale et spécialeChapitre 25 sur 165 · à 15 ans · texte numérisé non relu

à 15 ans

15 à 20 ans . 3

20 à 25 ans . 3

25 à 30 ans . 1

A reporter. ... 9

Report. . . 9

De 30 à 35 ans . 1

35 à 40 ans . . . , . 2.

A 54 aps . 1

63 ans . 1

Total . 14

D. — Des parasites de la moelle épinière et de ses enveloppes.

Il est probable que l’on trouvera ici aussi les cysticerques, qui sont loin d’être rares dans le cerveau; mais jusqu’à présent on y a surtout observé les hydatides qui renferment des échinoçoqqqs. Vpiçj le résumé rapide des faits de ce genre.

1° Morgagni (1) décrit le cas d’une femme âgée de vingt-six ans, dont la mort survint après neuf mois de paraplégie, et avait été précédée de fourmillements et de crampes dans les membres inférieurs. A l’autopsie, on trouva au-dessous du péritoine, près du rein gauche, une tumeur saillante, rénitente? élastique, presque ronde, ayant le volume du poing, qui adhérait intimement aux côtés du corps des première et seconde vertèbres lombaires. Elle avait insensiblement déprimé et plus ou mojps déplacé le rein gauche, le diaphragme et les faisceaux musculaires voisins. Cette tumeur était formée extérieurement par une membrane blanchâtre, dense, semi-coriace et remplie d’une quantité innombrable d’hydatides (acéphalocystes, Laënnec). Leur grosseur n’était pas la même. Quelques-unes avaient le volume d’un œuf de pigeon, les autres offraient un diamètre variable et moindre que celui d’un pois, Le fond de la tumeur semblait resserré entre les deux vertèbres lombaires indiquées et formées dans cet endroit par le périoste de ces os, dont le tissu était érodé, creusé. Les trous intervertébraux qui donnent passage aux nerfs lombaires étaient tellement dilatés et si larges, qu’on pouvait y introduire facilement l’extrémité du pouce. Us formaient ainsi un canal par lequel les acéphalocystes avaient pénétré

(1) De sedibus et causis morborum, Iib. III, epist. xl, § 30.

MALADIES DE L’ENCÉPHALE ET DE SES MEMBRANES

entre le tube osseux et la dure-mère rachidienne. On ouvrit avec précaution le canal vertébral, et Ton vit des hydatides de toutes les grosseurs, qui entouraient la méninge de tous côtés, et comprimaient aussi évidemment le faisceau des nerfs lombaires.

2° Chaussiër (1) rapporte le cas d’une femme âgée de vingt-deux ans, paraplégique, morte le dixième jour après l’accouchement, chez laquelle le poumon droit était fortement adhérent à la partie postérieure et supérieure du thorax, qui avait été le siège d’un point douloureux dont la malade avait commencé à se plaindre au troisième mois de sa grossesse. En détachant ces adhérences contre nature, on vit que le poumon était compacte en cet endroit, et qu’il faisait partie d’un kyste ovoïde situé sur le côté droit des vertèbres du dos; ce kyste, du bord inférieur de la deuxième côte, s’étendait à la quatrième et avait à peu près neuf centimètres de longueur sur sept de largeur. Il contenait un grand nombre de vers vésiculaires, diaphanes, ovoïdes et de différentes grosseurs : quelquesuns avaient un volume de deux, trois a quatre centimètres; d’autres n’étaient pas plus gros qu’un pois; il y en avait même de plus petits. En examinant son fond et ses parois, on reconnut : 1° Différents points d’érosion ou d’usure superficielle sur les corps des troisième et quatrième vertèbres du dos. L’extrémité des côtes qui s’y articulent présentait aussi le même mode d’altération. 2° Entre les troisième et quatrième côtes, on voit une excavation large et profonde, qui gagnait la base de l’apophyse épineuse et s'étendait dans l’épaisseur des muscles situés à la face spinale du dos. 3° Au lieu d’être fermé par une membrane et des tissus graisseux, comme dans l’état ordinaire, le trou latéral droit de la quatrième vertèbre, qui donne passage à un des nerfs dorsaux, était entièrement ouvert, son diamètre assez agrandi pour admettre l’extrémité du doigt et arriver dans le canal rachidien. Il nous parut donc que quelques-uns des vers vésiculaires contenus dans le kyste du thorax avaient pu pénétrer par cette ouverture jusque dans le canal rachidien. Pour ne laisser aucun doute sur ce point, nous ouvrîmes le rachis dans une grande étendue, et nous y rencontrâmes une douzaine de vers vésiculaires de différentes grosseurs, qui, de l’ouverture intervertébrale, remontaient jusqu’à la hauteur de la première vertèbre du dos; là ils étaient entassés, attachés à la face externe de la méninge, et l’embrassaient circulairement comme un anneau: dans cet endroit la méninge était épaissie, compacte; sa couleur était rougeâtre, ses vaisseaux capillaires engorgés, et elle formait une sorte de collet qui comprimait le prolongement rachidien de l’encéphale (moelle épinière). La consistance de ce prolongement ne nous présenta, dans toute son étendue, aucune différence appréciable aux sens, mais nous remarquâmes d’une manière bien certaine que les nerfs qui sortaient du rachis, au-dessous de l’étranglement formé par l’adhésion des vers vésiculaires, étaient proportionnellement plus fermes et plus petits que ceux qui naissaient au-dessus; nous vîmes aussi que la portion du cordon longitudinal du nerf splanchnique, qui, au côté droit, se trouvait comprise dans les parois du kyste vermineux, était d’un volume plus petit et d’un tissu plus compacte que celle qui se trouvait au côté gauche des vertèbres.

3° M. Mêlier (2) a observé un cas semblable chez une femme âgée de vingt-neuf ans, atteinte de douleurs dorsales anciennes, qui, après trois ans de durée, s’étaient étendues aux membres inférieurs, avec spasmes et secousses convulsives, et plus tard s’accompagnèrent de paraplégie complète. A l’autopsie, on trouva des tubercules dans le poumon gauche, et, dans les parties profondes du dos, un kyste hydatique qui avait écarté les muscles et les lames des cinquième et sixième vertèbres dorsales, lesquelles étaient érodées, usées en partie. Le canal rachidien renfermait, au niveau du kyste extérieur, une très grande quantité d’hydatides, situées entre la dure-mère et les os. Leur masse totale, étendue depuis la cinquième vertèbre dorsale jusqu’à la septième, remplissait le calibre du canal, et comprimait la moelle épinière, sensiblement affaissée au niveau de la septième vertèbre, ce qui rend suffisamment raison de la paralysie. Ces hydatides, en tout semblables aux autres, étaient en plus grand nombre. Le canal vertébral était agrandi par l’érosion des os, à l'endroit qu’elles occupaient. Une production cellulo- fibreuse, espèce de kyste très mince, les enveloppait. Une ouverture arrondie, de 8 millimètres de diamètre, existant entre les bords correspondants des lames des cinquième et sixième vertèbres dorsales, établissait une communication entre le kyste extérieur et le kyste intérieur, lesquels ne formaient véritablement qu’une

(1) Ollivier, op. cit., p. 527.

(2) Journal général de médecine , juillet 1825.

MALADIES DE LA MOELLE ÉPINIÈRE ET DE SES ENVELOPPES

poche unique. On conçoit que les hydatides de l’un pouvaient passer dans l’autre; une d’elles était engagée dans le trou de communication et semblait le boucher. Épanchement d’une petite quantité de sérosité rougeâtre dans la cavité de l’arachnoïde rachidienne. Cette membrane et la pie-mère sont rouges, injectées de sang et présentent des traces de phloguse dans une très grande étendue. La substance médullaire elle-même, fortement comprimée, aplatie par le kyste, est ramollie, réduite en une bouillie très molle, difïluenle et un peu grisâtre, dans une étendue de quatre pouces, au niveau des cinquième, sixième et septième vertèbres dorsales; au-dessus et au-dessous, elle est dans son état naturel. Les nerfs, examinés assez loin, n’ont offert rien de particulier.

4° Esquirol (1) a publié un cas dans lequel les hydatides étaient contenues dans le canal rachidien. Voici ce fait, tout incomplet qu’il est. Une femme de cinquante-trois ans éprouve une vive frayeur, elle a des convulsions et reste épileptique; les accès reviennent tous les deux ou trois jours et sont très forts. A l’âge de cinquante-six ans, pendant quelques mois les accès se rapprochent; elle meurt après un accès qui l’a laissée pendant cinq jours dans un état comateux.

Hydatides de divers volumes, depuis le bulbe du cerveau jusqu’à l’extrémité lombaire du canal rachidien, contenues dans le sac formé par l’arachnoïde. Ramollissement de l’extrémité lombaire de la substance médullaire. La glande pituitaire contient un kyste rempli d’un fluide d’un brun rougeâtre.

5° Un fait semblable a été observé par Reydellet (2). Une femme âgée de vingt-cinq ans éprouve pendant plusieurs mois un senliment de froid le long du rachis, puis elle ressent des douleurs lombaires, et il survient une insensibilité des membres inférieurs, avec conservation du mouvement; enfin il se forme à la région lombaire une tumeur dont on pratique l’ouverture. Il en sort une très grande quantité d’hydatides; le doigt, porté dans son intérieur, fait reconnaître que le canal vertébral est ouvert et la moelle épinière à nu. Pendant plusieurs jours encore il sort des hydatides par l’ouverture. Cependant la malade devient paraplégique et succombe un an plus tard; mais l’autopsie n’a point été faite. Il peut rester des doutes dans ce cas sur l’origine véritable de la tumeur hydatique.

6° M. Goupil (3) cite le fait suivant : Un homme âgé de quarante ans est entré le 17 mai 1852 à l’Hôtel-Dieu. Depuis quelque temps il sentait des faiblesses dans les jambes. Le 15, il avait cependant fait encore le trajet de Montmartre à Beaujon. Le 17. il ne pouvait plus marcher. La sensibilité, conservée les premiers jours, a bientôt disparu. Il s’est produit une eschare au sacrum, et le malade est mort le vingt et unième jour après son entrée à l’hôpital. A l’autopsie, nous avons trouvé un kyste acéphalocyste dans la région lombaire du canal rachidien, à la partie postérieure de la moelle et en dehors des enveloppes; les os n’étaient point malades, la moelle était ramollie au point où le kyste existait. U n’y avait pas d’autres kystes dans l’économie.

M. Cruveilhier a vu un cas analogue. Une femme paraplégique présenta à la région rachidienne un point circonscrit fluctuant; c’était un kyste acéphalocyste du canal rachidien, qui avait fait hernie à l’extérieur, à travers les trous de conjugaison, et qui, malheureusement, ne fut pas diagnostiqué.

Si nous jetons un coup d’œil sur ces 6 faits, nous trouvons que cette maladie est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. Il y a eu 5 femmes et 1 homme. Nous constatons également que c’est une maladie plus fréquente dans l’âge adulte moyen qu’aux autres époques. L’âge a été, dans les fai (s signalés, de 22, de 25, 26, 29, de 40 et de 56 ans. Un autre fait assez remarquable est qu’en général ces poches paraissent pénélrer dans le canal rachidien, de dehors en dedans, par les trous de conjugaison dilatés, soit que le kyste y entre lui-même, soit qu’il se rompe à l’entrée et laisse seulement pénétrer les vésicules dans le canal rachidien. Toutefois le fait d’Esquirol prouve que les hydatides peuvent aussi se former d’emblée entre les méninges rachidiennes.

(1) Des maladies mentales. Paris, 1838, t. T, p. 155.

(2) Dictionnaire des sciences médicales, t. XXXIII, p. 56ti.

(3) Bulletins de la Société anatomique , t. XXVII, p. 211.

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