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ALTÉRATIONS DES CAVITÉS MAXILLAIRES, FRONTALES ET NASALES

très possible aussi que l’hypertrophie des follicules muqueux, avec occlusion des ouvertures, puisse donner lieu ensuite à un kyste qui, plus tard, occupe la cavité tout entière. La ponction guérit ordinairement cette affection en laissant une ouverture.

§ III. — Produits accidentels (les sinus maxillaires.

1° Hypertrophie locale de la muqueuse, polypes muqueux. Dans le travail récent de Billroth (1), les polypes du sinus maxillaire sont indiqués comme très rares, et il n’en cite qu’un seul exemple appartenant à Bernard Langenbeck. Cependant M. Luschka, dans un travail postérieur (2), a démontré que ces productions étaient loin d’être rares. Il a aussi rencontré assez souvent les petits kystes glandulaires déjà signalés avant lui par M. Giraldès. Il envisage le tissu cellulaire sous-muqueux comme point de départ des polypes; ce tissu, en s’hypertrophianl, se coiffe pour ainsi dire d’une enveloppe de la muqueuse. Sur soixante autopsies, il les a trouvés cinq fois; ils forment des masses plus larges en haut, à base rétrécie, ou une végétation plate, lobulée, à base aussi plus large. Leur surface est lisse ou superficiellement lobée; leur longueur varie entre un demi et deux centimètres. La face interne de la paroi, près de l’ouverture d’excrétion, est le siège de prédilection, ce qui fait qu’ils peuvent fermer la communication avec le nez. Ordinairement il n’y avait qu’un seul polype, mais une fois il en existait six, qui, mêlés avec des kystes, remplissaient la cavité maxillaire. Cette pièce provenait d’un homme âgé de quarante ans; les tumeurs étaient composées de tissu cellulaire lâche, assez vasculaire, renfermant beaucoup de noyaux cellulaires.

2° L 'hypertrophie folliculaire, signalée par Luschka, a déjà été décrite antérieurement par M. Giraldès, dont nous avons cité les observations à l’occasion de l’hypertrophie des glandes mucipares. Cet auteur les a vues atteindre jusqu’au volume d’un marron et constituer une espèce d’hydropisie maxillaire. Des faits de ce genre ont été présentés à la Société biologique par M. Béraud (3); il y a trouvé aussi de la cholestérine, de même que M. Follin, dans un cas observé avec M. Jobert.

3° Une tumeur graisseuse a été trouvée par Yiard (4) dans le sinus maxillaire. Dans cette pièce, que j’ai eue entre les mains, la cavité du sinus maxillaire en était complètement remplie, mais elle n’en avait pas été le point de départ.

4° Des tumeurs fibreuses ont été signalées par Lizars, Warren, Burggraeve, Dupuytren, Knorr et Dubourg, et il paraît que ces tumeurs peuvent devenir assez volumineuses; mais on ne possède sur ce sujet des détails suffisants, ni pour la structure, ni pour le point de départ exact. Une variété de cette forme est la tumeur fibreuse, qui renferme des kystes. M. Cruveilhier (5) rapporte l’observation d’une femme âgée de soixante-dix-huit ans, chez laquelle une tumeur fibreuse volumineuse existant dans le sinus maxillaire était remplie de kystes creusés dans son tissu.

5° Des tumeurs fibro -plastiques ont été plusieurs fois trouvées dans le sinus maxillaire. M. Guersant fils en a extirpé une à une jeune fille âgée de quatorze ans; cette tumeur, à l’examen microscopique, a démontré l’existence des éléments fibro-plastiques. J’ai examiné dans le temps celte tumeur au microscope.

6° M. Giraldès rapporte aussi plusieurs faits de tumeurs érectiles tout en insistant sur la réserve qu’il faut apporter à un pareil diagnostic.

7° Des tumeurs osseuses ont été plus d’une fois observées dans cette cavité. M. Yerneuil (6) a trouvé même des petites tumeurs osseuses dans la membrane muqueuse. Voici la description qu’il en donne : A la partie inférieure du sinus, le toucher reconnaît deux ou trois petites saillies très dures, dues à des concrétions très adhérentes à la muqueuse, acquérant à peine le volume d’une tête d’épingle. L’analyse chimique, sous le microscope, y démontre la nature du tissu osseux. Cette dernière particularité me paraît très remarquable. Des concrétions osseuses, prenant naissance dans l’épaisseur d’une muqueuse.

(1) Ueber den Bau der Schleimpolypen. Berlin, 1855.

(2) Virchoiu's Archiv, t. VIII, p. 419.

(3) Mémoires de la Société de biologie, année 1851, Paris, 1852, t. III, p. 62 et 64.

(4) Bulletins de la Société anatomique, t. XXI, p. 142.

(5) Essai sur l'anatomie pathologique. Paris, 1816, 1. 1, p. 393.

(6) Mémoires de la Société de biologie, t. III, p. 81.

MALADIES DU TUBE DIGESTIF ET DE SES ANNEXES

constituent une exception pathologique intéressante (21 juin). Ce cas nous parait avoir été mal interprété par Forster (1), qui le compare à une incrustation calcaire de la membrane muqueuse, dont il a observé un exemple. M. G. J. Schultz (2) a trouvé souvent à la surface interne de la paroi osseuse du sinus, des petites excroissances osseuses, groupées ensemble, quelquefois pédiculées et inégales à leur surface. J’ai fait dessiner une tumeur osseuse énorme, du volume d’un œuf de poule, provenant du sinus maxillaire, extirpée par M. Michon, qui en a donné une description détaillée (3). D’autres faits analogues existent dans la science.

8° Des tumeurs cancéreuses , enfin, ont été signalées dans cette région; mais j’avoue que, parmi le très grand nombre de tumeurs du maxillaire supérieur que j’ai observées, l’examen le plus scrupuleux, la dissection la plus attentive, aidée quelquefois de la macération, ne m’ont jamais fourni des preuves convaincantes que la cavité du sinus en ait été le point de départ, et je n’ai non plus trouvé nulle part ailleurs d’exemples probants de ce genre.

§ IV. — Cavité» nasales.

Nous passerons ici sous silence les affections congénitales, leur occlusion ou leur absence chez des monstres; nous parlerons également, à l’occasion des maladies de la bouche seulement, des fissures Congénitales. Nous passerons rapidement en revue ici les diverses affections inflammatoires ulcéreuses, hémorrhagiques, elles produits accidentels.

I. Inflammation de la cavité nasale. — Nous devons distinguer ici deux formes, Y inflammation simple et Y inflammation pseudo-membraneuse .

1° L'inflammation simple est la maladie que l’on désigne sous le nom de rhume de cerveau, de coryza, ou sous celui de catarrhe nasal. C’est une inflammation érythémateuse superficielle, catarrhale, qui se caractérise, par le siège superficiel diffus et péri-glandulaire de l’hypérémie, par sa rougeur diffuse et le gonflement de la membrane muqueuse, ainsi que par une hypersécrétion des glandules et une desquamation épithéliale. Le produit exsudé est d’abord plutôt séreux et lient en suspension une multitude de cellules épithéliales détachées. Bientôt il devient plus épais, et c’est alors du véritable muco-püs, liquide muqueux abondant qui tient en suspension une multitude de cellules du pus et d’épithélium. On a essayé pendant longtemps de distinguer les cellules purulentes des globules muqueux; mais lorsqu’on a soin de ne pas les confondre avec des jeunes cellules épithéliales, il est aisé de se convaincre de l’absence de tout globule muqueux particulier et spécifique, ce que j’ai démontré dès 1843. A mesure que la maladie guérit, la sécrétion muco-purulente diminue; il survient une desquamation épithéliale, l’épithélium se régénère, la rougeur disparaît, et tout rentre dans l’état normal. Celle inflammation se montre à tous les âges, mais plus souvent pendant l’enfance et dans la jeunesse. Elle est souvent incommode chez les enfants nouveau-nés, en entravant la respiration et en rendant l’acte de teter plus difficile. Souvent le catarrhe n’est que symptomatique, constituant un des phénomènes prodromiques de la rougeole ou de la coqueluche, ou une des localisations des épidémies catarrhales, de la grippe, etc. 11 n’est pas rare de voir passer cette affection à l’étal chronique. La muqueuse reste alors tuméfiée, les glandules sont engorgées, leurs orifices dilatés, et l’exsudation muco-purulente se prolonge pendant longtemps. Chez des enfants nouveau-nés, cet état s’observe, surtout d’après les recherches de MM. Trousseau et Ch. Lasègue, lorsque les enfants sont syphilitiques, et c’est probablement en méconnaissant cette origine du coryza que l’on a pu dire que cette affection pouvait amener la mort chez les nouveau-nés. Le catarrhe chronique des fosses nasales est beaucoup plus fréquent chez les enfants scrofuleux que chez les enfants robustes et d’une forte constitution. On a cité aussi, comme complication du coryza, des petits abcès sous-muqueux, mais on a confondu dans ces cas la périostite, la carie, l’ozène, avec le rhume simple.

2° Le coryza pseudo-membraneux est une affection bien autrement grave, et, d’après le travail le plus récent de M. Bretonneau (4) sur ce sujet, ce serait meme là le début le plus commun de la diphthérile

(1) Op. cit., p. 232.

(2) Bemerkungen iceber den Bau des menschlic/ien Sc/taedels. Leipzig, 1852, p. AO.

(3) Mémoires delà Société de chirurgie. Paris, 1851, t. II, p. 615.

• (4) Archives générales de médecine, septembre 1855.

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