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ARTICLE IV. — MALADIES DES GL4NDES SALIVAIRES

L’inflammation aiguë de la parotide est une des mieux connues ; toutefois on a assez rarement l’occasion de l’étudier anatomiquement, et dans la maladie épidémique connue sous le nom d’oreillons, il est probable que c’est bien plus souvent le tissu cellulaire qui entoure la parotide que la glande ellemême qui est le siège de la phlegmasie. L’enflure est trop étendue sur les deux régions parotidiennes, et quelquefois aussi les sous-maxillaires, pour être une inflammation glandulaire simple. Quant à la prétendue métastase de cette maladie sur un des testicules, je n’en ai observé que deux exemples. M. Grisolle, qui a fait beaucoup de recherches sur ce point, ne l’a rencontrée que deux fois. Des observateurs inattentifs pourraient la confondre avec l’épididymite blennorrhagique , mais dans l’affection qui succède aux oreillons, c’est le testicule même qui est le siège de l’inflammation. J’ai trouvé la parotide enflammée et suppurée comme inflammation secondaire après une péritonite traumatique prolongée, dans le courant d’une broncho-pneumonie tuberculeuse, dans un cas de

MALADIES DE L’OESOPHAGE

pneumonie compliquée de fièvre typhoïde. Mais c’est là une maladie bien différente des oreillons. La maladie n’existe que d’un seul côté, elle est circonscrite; le tissu glandulaire lui-même, ainsi que le tissu interlobulaire, est le siège d’une hypérémie manifeste d’une teinte rosée ou violacée, d’une induration par places, d’une infiltration purulente dans d’autres; de vraies collections purulentes dans un endroitou dans l’autre. C’est ordinairement une inflammation secondaire dont on a exagéré la fréquence dans la fièvre éruptive, et que l’on peut observer dans le cours de toutes les maladies aiguës et prolongées, aussi bien épidémiques et miasmatiques que sporadiques et spontanées. Mais quelle que soit sa cause, c’est une des inflammations secondaires rares.

Les fistules parotidiennes ont beaucoup occupé les chirurgiens, tant sous le rapport anatomique que sous celui de la pratique. II y a surtout une distinction importante à faire, à savoir, si le siège de la fistule est dans la substance de la glande ou sur une des petites branches du conduit excréteur, ou sur le conduit de Sténon lui-même. Dans le premier cas, le siège de la fistule est plutôt près de l’oreille, rarement plus en avant, vers la joue. Ces fistules ne fournissent que peu de salive, et seulement pendant la mastication ; elles guérissent assez facilement, tandis que les fistules du canal de Sténon, qui succèdent surtout aux plaies de la joue, plus rarement à des abcès, opposent une résistance opiniâtre aux divers modes de traitement. On a parlé aussi de l’inflammation spontanée du conduit de Sténon, avec ulcération et transformation fistuleuse. Toutefois le fait suivant, cité par Vidai, prouve que l’on méconnaît facilement, en cas pareil, la véritable cause, l’existence d’un corps étranger : « A. Dubois a vu une tumeur inflammatoire de la joue s’ouvrir, s’ulcérer à trois reprises différentes; à la troisième fois, il sortit de la salive du fond du petit ulcère. Un stylet, introduit dans le canal de Sténon, pénétra facilement jusqu’à l’orifice fistuleux, où il rencontra de la résistance ; elle était due à une petite arête de poisson qui obstruait le canal. Dubois en fit l’extraction, et la fistule fut promptement guérie.

Nous avons cherché (t.I, p. 92 etsuiv.) à démontrer que le tissu glandulaire pouvait subir lui-même le travail hypertrophique, ou qu’il était plutôt remplacé par un tissu fibreux ou fibro-plastique. Je n’ai jamais observé de tubercules de cette glande ; quant au cancer, il y est très rare, et la plupart des observations communiquées comme cancer de la parotide n’étaient ni cancéreuses, ni situées dans la . glande elle-même. C’est une erreur assez commune de prendre des maladies des glandes lymphatiques de la région parotidienne pour des cancers de cet organe. Nous n’avons constaté que trois fois le cancer de la parotide elle-même : une fois chez une femme âgée de trente-trois ans, une fois chez une autre âgée de soixante ans, et une fois chez une dernière dont nous n’avons pas noté l’âge. Le tissu cancéreux était intermédiaire entre le squirrhe et Tencéphaloïde, et n’offrait rien de particulier.

Les glandes sous-maxillaires et sublinguales sont bien plus rarement encore le siège d’une altération morbide. Nous avons également parlé ailleurs de leur hypertrophie, ainsi que des calculs salivaires, dont le siège le plus fréquent est le conduit de Wharton. Des corps étrangers dans ce même conduit peuvent aussi entretenir des accidents sérieux et occasionner les inflammations opiniâtres de la bouche ; aussi faut-il toujours, en cas pareil, examiner le dessous de la langue pour éloigner ces causes locales d’irritation.

La grenouillette, qui, le plus souvent, a son siège dans la bourse muqueuse de Fleischmann ou dans un kyste séreux de nouvelle formation, a déjà été étudiée à l’occasion des maladies des bourses muqueuses.

Des maladies organiques cancéreuses ou autres ne se rencontrent guère dans ces glandes salivaires, dont la pathologie est bien moins importante que ne paraîtraient le comporter le volume, la position et la fonction de ces parties.

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