ARTICLE II. — DES MALADIES DU TISSU CELLULAIRE RÉTRO-PÉRITONÉAL
Les maladies du tissu cellulaire qui doublent extérieurement le péritoine sont encore incomplètement connues et bien souvent confondues avec la péritonite, avec la mélrite et une multitude d’autres maladies.
Ces affections sont bien différentes, selon les diverses localités. Une forme assez rare, dont nous avons observé plusieurs exemples, c’est l’inflammation du tissu cellulaire qui entoure le rein, le phlegmon périnéphrélique, qui peut s’étendre au tissu cellulaire qui entoure les muscles lombaires, surtout derrière le carré des lombes ; celte inflammation s’est terminée, dans tous les cas que nous avons observés, par la suppuration; nous l'avons vue de préférence chez des jeunes gens de vingt à vingt-cinq ans, mais aussi à un âge un peu plus avancé. Dans l’un des cas, il a fallu plonger le bistouri très profondément pour arriver à l’abcès, et le pus qui s’est écoulé avait même une odeur stercorale; cependant l’examen microscopique a démontré l’absence des éléments stercoraux; du reste, le malade a parfaitement guéri plus tard. Nous n’avons heureusement pas eu l’occasion défaire l’autopsie d’un cas de ce genre. Dans un cas de mort, la suppuration s’était propagée à la surface et dans la substance des reins. Dans un de nos cas, la tumeur s’est ouverte par les bronches, et le malade a guéri.
11 va sans dire que nous laissons de côté, ici, les cas dans lesquels la cause a été traumatique.
La localisation de beaucoup la plus fréquente est l’inflammation du tissu cellulaire de la fosse iliaque, et surtout de celle du côté droit. Celle maladie a surtout été bien étudiée depuis vingt ans par des pathologistes français; mais, à notre avis, ils ont eu le tort de la décrire sous le nom d'abcès de la fosse iliaque. Depuis sept a huit ans, mon attention est tout particulièrement fixée sur ce point de la pathologie, et j’ai pu me convaincre par un très grand nombre de faits, que, contrairement à l’opinion généralement reçue, l’inflammation du tissu cellulaire de la fosse iliaque droite est bien loin de se terminer toujours par suppuration. Dans quelques cas heureux, l’inflammation peut être enlevée promptement par les émissions sanguines locales et les frictions mercurielles, et alors la douleur, la rénitence, les symptômes gastrointestinaux disparaissent promptement. Dans d’autres cas, qui sont communs dans la pratique, la maladie se termine par induration; on sent alors, dans la profondeur de la fosse iliaque, une tumeur dure, inégale, douloureuse au loucher, qui persiste pendant des mois, et qui peu à peu diminue et disparaît. La suppuration est heureusement la forme la moins fréquente; cependant j’en ai observé un bon nombre de cas dont je rapporterai ailleurs, dans un travail spécial, la statistique, comme je le ferai pour les points que je viens d’analyser. Dans l’état puerpéral, la suppuration est une terminaison plus fréquente