MALADIES DES CAPSULES SURRÉNALES
bronchique, épanchement d’un liquide foncé dans la cavité du péricarde, dépôts fibro-plastiques récents sur la séreuse; foie et rate amollis et friables, sans lésions ni de la vésicule ni des conduits biliaires; pas d’obstruction artérielle ni veineuse appréciable. Le sang des artères est plus foncé que d’habitude; les reins sont sains et de dimensions normales. Les capsules surrénales des deux côtés sont affectées; la gauche a environ la grosseur d’un œuf de poule et adhère fortement à la partie inférieure de la tête du pancréas. Les deux capsules ont une dureté de pierre. Rien d’anormal dans les intestins, pas de traces de dépôts tuberculeux dans aucun organe. Le cerveau ne fut pas examiné.
Deuxième observation. — E..., âgé de vingt-quatre ans, colporteur, entre, le 7 avril 1854, à l’hôpital Saint-Rarthélemy, dans le service du docteur Burrows. Ce malade, d’une famille bien constituée, est d’une complexion moyenne; il mène une vie pénible, mais régulière, sauf l’abus des spiritueux. Depuis quatre mois qu’il a été obligé de renoncer à sa profession, il s’est mal nourri ; jusque-là il avait un régime suffisant.
État actuel. — Son aspect est celui d'un homme qui a enduré des privations ; sa peau est partout d’une teinte bronzée, surtout à la tête et au cou. Sur le thorax et la partie supérieure de l’abdomen, le fond brun est parsemé de taches plus blanches; des plaques plus foncées occupent le sommet des deux épaules; le scrotum et le pénis sont tout à fait noirs. Les conjonctives sont un peu injectées, mais sans coloration anormale; langue nette et humide, excepté au centre; pas d’appétit, diarrhée, soif modérée; incurvation anguleuse déjà ancienne du rachis. Les sixième, septième et huitième vertèbres dorsales sont saillantes en arrière. Douleurs provoquées par la marche.
Antécédents. — La coloration maladive de la peau a été remarquée par lui-même et par ses amis depuis près de quatre mois; elle va toujours en croissant. L’affection spinale date de l’àge de trois ans; il y a deux ans qu’un abcès s’est formé. L’abcès une fois ouvert, E.. . a repris ses travaux six mois avant le début de la maladie dont il se plaint actuellement, et qui date de huit mois. Depuis une semaine il est sujet à des vomissements assez fréquents de matières calcaires et jaunâtres.
Le traitement consista essentiellement dans l’administration des préparations ferrugineuses, des amers et dans l’emploi d’un régime fortifiant. Pendant la semaine qui s’écoula depuis le jour de son entrée jusqu’à celui de sa mort, le malade n’accusa aucune douleur spéciale. Les urines étaient normales dans leur quantité, leur couleur et leur composition ; il pouvait se lever quelques heures dans la journée, mais la faiblesse était un des symptômes les plus saillants.
Le 15 avril, après avoir conversé avec un de ses parents, il prit un léger purgatif qui agit dans le milieu de la nuit et détermina sept garderobes liquides. A sept heures du matin, la diarrhée cessa à la suite de l’administration d’une dose de mixture aromatique. A huit heures, il perdit connaissance, et succomba.
Autopsie. — Cerveau sain; dépôt graisseux excessif à la surface externe du cœur, léger épaississement des valvules mitrales, points d’ossification sur l’aorte ; organes thoraciques sains. Rien à noter dans les viscères abdominaux, sauf quelques taches jaunes disséminées à la surface du foie et un certain degré de congestion des reins ; capsule surrénale droite augmentée de volume. En faisant une coupe longitudinale, il s’écoule de divers points un liquide purulent. Quelques corpuscules jaunâtres et ayant toutes les apparences de tubercules concrets nagent dans ce liquide et sont renfermés avec lui dans une membrane pyogénique. La capsule gauche est moins volumineuse, mais elle a subi exactement la même altération. Parmi les corpuscules qu’on en extrait, au nombre de cinq, un avait une consistance cartilagineuse. Avant d’être ouvertes, les deux capsules étaient molles et fluctuantes.
Les espérances que ces recherches avaient excitées ne se sont point réalisées, comme Virchow l'a démontré dans un résumé de 31 cas (1). Pour ma part, je n’ai trouvé aucune connexion intime entre l’anémie dite essentielle, la couleur bronzée et les altérations des capsules surrénales; chacun de ces éléments peut se rencontrer isolé, sans entraîner la combinaison avec les deux autres, bien que l’existence de cette combinaison, qui peut-être n’est qu’une coïncidence, ne puisse être niée.
Les profondes altérations que des recherches chimiques faites par mon assistant (interne), M . Neukomm, à ma clinique, ont démontrées dans toute la nutrition d’individus morts d’anémie dite essentielle, me font croire qu’il y a là des troubles beaucoup plus généraux dans la nutrition, et probablement dans la formation et dans la régénération permanente du sang et de ses cellules rouges.
Ce que nous avons dit sur les affections du bassinet s’applique aux maladies des uretères; aussi en a-t-il déjà souvent été question, et l’on peut même dire des uretères qu’ils ne sont presque jamais primitivement et seuls malades. Ils participent à l’inflammation et à la dilatation du bassinet, et lorsqu’on les trouve dilatés dans leur totalité, la cause en est ordinairement due à une obstruction de leur embouchure dans la vessie, fait que j’ai surtout observé à la suite des tumeurs cancéreuses du basventre, et principalement à la suite du cancer de l’utérus. J’ai vu, dans ce cas, l’uretère atteindre les dimensions de l’intestin grêle et au delà.
(1) Compte rendu du Jahresbericht de Canstatt de 1857.
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MALADIES DES VOIES URINAIRES