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CHAPITRE IV

DE L’ALTÉRATION DU TESTICULE ET DE SES ENVELOPPES

§ I. — Des alterations «le position et de conformation.

Quelquefois, mais très raremenl, les testicules manquent ou se trouvent incomplètement développés, vice de conformation dont il va être question à l’occasion de l’hermaphrodisme; d’autres fois ils sont simplement constitués par des vaisseaux séminifères contournés et en petit nombre. On observe enfin la petitesse anormale du testicule ou de l’épididyme. ainsi que la terminaison dans le canal inguinal du canal déférent, qui alors n’aboutit pas au réservoir du sperme. Toutes ces altérations ont peu d’importance pratique. Une autre plus essentielle est sa position vicieuse. Il n’est en effet pas très rare que le testicule s’arrête dans sa descente physiologique et reste dans le ventre ou dans le canal inguinal, état qui, s’il se prolonge, conduit souvent à l’absence de sécrétion du sperme du côté affecté. Cette anomalie est donc grave dans ses conséquences, lorsqu’elle existe des deux côtés; en outre, elle peut donner lieu à des erreurs de diagnostic graves, surtout lorsque le testicule, retenu dans l’anneau ou le canal inguinal, devient le siège d’un engorgement inflammatoire, tuberculeux ou cancéreux. Parmi les anomalies beaucoup plus rares, Vidal (I) cite les suivantes : Un homme a un testicule qui, au lieu de sortir du canal inguinal, est sorti par le canal crural. Cet organe est renversé sur le ventre comme une hernie crurale à sa seconde période. Le canal inguinal donne passage à une entérocèle. Je sais qu’il existe, dans la science, un exemple d’un testicule qui a passé par l’anneau crural, mais ce testicule était primitivement sorti par la voie normale. Le malade le repoussa dans le ventre ; alors, au lieu de suivre le môme chemin pour ressortir, il prit le chemin voisin, le canal crural. Cequi*est plus rare, c’est de voir le testicule, au lieu de s’arrêter en chemin, parcourir un chemin plus long, dépasser les bourses, et aller se loger dans le périnée, un peu au-dessus de l’anus, là où l’on pratique la première incision pour la taille bilatérale. Comme tous les testicules qui ne sont pas à leur place, ceux qui sont descendus au périnée sont atrophiés.

§ II. — De l’iuflnnimation ilu testicule.

Il faut distinguer avant tout l’inflammation de l’épididyme et celle du testicule; la première est de beaucoup la plus fréquente. Il est également essentiel de tenir ici, plus que pour nombre d’autres affections inflammatoires, un compte tout particulier de l’élément étiologique. En effet, la marche et le pronostic sont bien différents, selon que l’inflammation est spontanée, traumatique, blennorrhagique ou tuberculeuse.

L’inflammation traumatique des testicules n’offre rien de particulier; elle peut occuper l’organe en totalité ou seulement la partie qui a été le siège de la violence externe.

L’inflammation spontanée qui survient, ou sans cause connue, ou par suite de grands efforts, peut atteindre indistinctement l’épididyme ou le testicule lui-même; toutefois elle occupe le premier de préférence. On observe aussi quelquefois une inflammation testiculaire dans le courant de l’inflammation parotidienne épidémique.

La phlegmasie la plus fréquente est sans contredit celle qui est la suite d’une blennorrhagie uréthrale. Dans celle-ci, l’épididyme est également pris de préférence, et la didymile, par suite de celle cause, est tellement rare, que, dans le langage médical du jour, on ne parle presque plus que de l’épididymile blennorrhagique; le terme d’orchite est à peine employé. On l’observe de préférence dans les blennorrhagies négligées, à partir de la deuxième jusqu’à la quatrième semaine, à l’époque où l’uréthrite a gagné la partie prostatique. Quoique la preuve anatomique n’existe pas, il est cependant probable qu’il s’agit là d’une inflammation propagée par l’inlermédiaire d’une des vésicules séminales et du canal déférent; quelquefois on senl, à travers le rectum, la vésicule engorgée et enflammée. On a prétendu que cette affection était plus fréquente à gauche qu’à droite; mais les divers observateurs sont arrivés à des résultats différents. Quelquefois les deux épididymes sont successivement pris, et s’il reste des indurations, il peut s’ensuivre une oblitération qui, comme nous l’avons vu plus haut, peut

(I) Traité de pathologie externe: Paris, 1855, t. V, p. 129.

T. II. - ANAT. PATHOL. — 34e LIVR.

conduire à l’infécondité. J'avoue que je n’ai jamais examiné anatomiquement l’épididymite. Mais l’observation clinique nous fait constater que, lors même que la maladie débute par l’épididyme, le testicule participe cependant bientôt au travail phlegmasique dans bien des cas; souvent même on sent une légère fluctuation dans la tunique vaginale, entre les deux feuillets de laquelle une 'exsudation inflammatoire a été directement constatée par la ponction pratiquée assez fréquemment par M. Velpeau. Du reste, l’irradiation inflammatoire s’étend souvent jusqu’à la surface du scrotum. Cette maladie peut aussi frapper le testicule arrêté dans le canal inguinal.. II reste ordinairement pendant quelque temps une forte induration, qui quelquefois met beaucoup de temps à se dissiper ou persiste pendant toute la vie; je n’ai rencontré la terminaison par suppuration que lorsqu’il y avait des tubercules dans l’épididyme. J’ai vu plusieurs fois le testicule lui-même s’atrophier lorsque des indurations persistaient pendant longtemps après l’épididymite. Nous avons déjà insisté plus haut sur la nécessité d’un traitement énergique pour prévenir des suites fâcheuses. Les testicules syphilitiques sont le résultat d’une orchite lente accompagnée de production hyperplasique des éléments cellulaires du tissu connectif, avec leurs transformations ultérieures, et souvent avec atrophie finale d’une partie de la glande.

§ XII. — Des lU'odutts accidentels dans le testicule.

L’hypertrophie et l’atrophie du testicule ont été décrites : la première à l’occasion de l’hypertrophie glandulaire; la seconde, qui n’est presque jamais une maladie essentielle, et qui succède tantôt à l’épididymite, tantôt à l’infiltration fibro-plaslique à la suite de la syphilis constitutionnelle, tantôt aux tubercules ou au cancer, tantôt à une varicocèle étendue, etc., a trouvé sa place à ces divers articles. Nous passons donc tout de suite aux véritables produits accidentels.

1° Tumeurs fibreuses. — Ces tumeurs sont infiniment rares dans le testicule. Pour ma part, je n’en ai jamais observé chez l’homme, et une seule fois seulement chez le chien. Je n’en connais qu’un seul exemple publié et figuré par M. Cruveilhier (1). 11 s’agit d’une tumeur extirpée par M. Marjolin, à l’hôpital Beaujon.

2° Les tumeurs fibro-plastiques sont également très rares chez l’homme. J’ai rapporté (tome Ier, p. 1 94) un cas de ce genre, dans lequel la maladie s’était propagée jusque dans l’abdomen ; des tumeurs multiples s’étaient développées, et l’individu a succombé à une véritable infection fibro-plastique. C’était le premier cas de ce genre que j’aie observé; je l’ai vu à la clinique de M. Velpeau.

Une altération fibro-plastique remarquable du testicule est celle qui se produit dans la syphilis constitutionnelle, et dont M. Virchow a rendu tout récemment l’origine inflammatoire très probable.

C’est à l’occasion des productions fibro-plastiques dans le testicule que nous devons revenir sur l’interprétation d’une maladie qui a excité de grandes divergences d’opinions, et que nous avons envisagée nous-même, dans quelques-unes de ses formes, comme le produit d’une hypertrophie. Disons tout d’abord que, dans l’état que nous avons observé, nous avons été frappé de l’extrême abondance des éléments fibro-plastiques dans ce tissu. Personne, à coup sûr, n’a autant éclairé la nature de cette maladie que notre ami M. Deville (2) ; voici comment il résume ses recherches : Il blâme les expressions de tumeurs granuleuses, fongus bénin, fongus superficiel, fongus parenchymateux du testicule, et propose le nom de hernies testiculaires , mais dans un autre sens que la hernia testis de Curling.

Il en distingue alors trois sortes : les hernies traumatiques, les hernies consécutives à des maladies, à des lésions des enveloppes scrotales, et les hernies tuberculeuses, qui sont celles qui surtout nous intéressent et sont les plus fréquentes à observer. Deux causes tendent à faire rejeter avec raison ce mot fongus, d’abord parce que l’esprit s’attend à voir quelque chose de végétant, d’irrégulier, d’analogue enfin à de véritables végétations. Cependant il n’en est rien : dans toutes les observations rapportées, ce sont des tumeurs globuleuses à peu près égales, ayant l’aspect de la surface d’une plaie en suppuration, à mamelons aplatis, étalés en forme de membrane, et nullement fongueuses ; tumeurs faisant plus ou moins saillie au-dessus de la peau du scrotum, et, chose bien importante, avec une absence plus ou moins complète du corps du testicule dans la cavité scrotale correspondante.

Ensuite, parce que l’interprétation des faits qui lui avaient donné naissance est erronée. On supposait,

(1) Anatomie pathologique ducorps humain, V° livraison, planche 3, et planche 1, flg. 3.

(2) Moniteur des hôpitaux , 1853, thèse de Dufour, p. 82 etsuiv.

ALTÉRATION DU TESTICULE ET DE SES ENVELOPPES

en effet, qu’à travers une perforation de la membrane albuginée, les tubes séminifères faisaient hernie, se recouvraient de granulations, et venaient former un champignon qui, peu à peu, s’accroissait aux dépens de la substance testiculaire sortant de plus en plus par la rétraction toujours croissante de l’albu ginée. M. Deville me paraît avoir démontré que la perforation de l’albuginée est une chimère; que ce que l’on prenait pour une sortie entière ou partielle des tubes séminifères n’est qu’une sortie en masse du testicule, d’où le nom de hernie testiculaire . Nous recommandons surtout, comme démonstration du fait, l’observation du fongus observé dans le service de M. Morel-Lavallée, et celui enlevé par Lawrence, à Londres, sous les yeux de M. Deville; il est curieux de voir convaincu d’erreur M. Lawrence lui-même, qui a été, en quelque sorte, le père du fongus parenchymateux et de sa prétendue formation. De la tumeur granuleuse d’Aslt. Cooper, qui se formait par un mécanisme'analogue; du fongus bénin superficiel et parenchymateux de Lawrence et de M. Jarjavay; de Vheruia lestis de Curling, il ne reste plus rien que la hernie plus ou moins complète du corps entier du testicule à travers l’ouverture du scrotum. Tout au plus peut-on cpnserver encore le nom de fongus superficiel pour une maladie différente décrite par Astley Cooper sous le nom d’altération fongoïde de la tunique vaginale, où cette membrane épaissie présentait une substance spongieuse dans son intérieur. Ce chirurgien n’en rapporte qu’une seule observation; mais ici il n’y avait rien à l’extérieur; il s’agissait d’abord d’une hydrocèle peu volumineuse, et l’on ne reconnut l’altération qu’après la castration.

Les fongus ou hernies testiculaires tuberculeuses sont rares et presque toujours unilatérales. M. Deville n’a pu en rassembler que trente-trois observations depuis le commencement de ce siècle. Dans la discussion académique de 1851 , Roux (1), malgré sa longue expérience, disait n’avoir pas vu de fait analogue en France, de sorte qu’il était porté à regarderie fongus bénin comme propre à l’Angleterre, avec le cancer des ramoneurs. Ces hernies se produisent de la manière suivante. Un, deux ou trois trajets fistuleux de la partie antérieure du scrotum se réunissent par l’ulcération envahissante du pont de peau qui les sépare; le testicule alors apparaît couvert ou non du feuillet pariétal de la tunique vaginale, car nous avons vu que souvent il était adhérent au feuillet viscéral, et s’engage dans l’ouverture du scrotum. S’il forme une saillie peu considérable, c’est ce qu’Astley Cooper appelait sa tumeur granuleuse; pour M. Malgaigne (2), c’est sa première forme de fongus tuberculeux visible à l’extérieur. Si le testicule s’engage presque en entier, voilà le véritable fongus parenchymateux de Lawrence, de M. Jarjavay, la hernia testis de Curling. Un fait curieux qu’on retrouve dans les observations de M. Deville, c’est que ces fongus sont susceptibles de guérison spontanée. Je me borne à ces rapides détails qui, plus étendus, ne seraient que la reproduction du travail de M. Deville, auquel j’engage le lecteur à recourir.

3° Les tumeurs cartilagineuses ne sont pas très rares dans l’intérieur du testicule ; mais, chose curieuse, on les rencontre moins fréquemment comme produit accidentel unique que comme complication de divers autres produits, tels que le tubercule, très fréquemmentle cancer, les tumeurs kysteuses, et, parmi celles-ci, les kystes dermoïdes.

Nous avons déjà parlé de ces productions accidentelles (t. Ier, p. 216), toutefois nous ne pouvons passer sous silence le résumé d’un fait publié tout récemment par Paget (3), et qui est unique dans la science. Il s’agit d’un homme âgé de trente-sept ans, chez lequel s’était développée une tumeur du testicule droit et du cordon, laquelle acquit de grandes dimensions, et nécessita l’opération ; mais bientôt après le malade devint faible, tomba dans le marasme, fut pris d’une dyspnée très grande, présenta des vaisseaux lymphatiques très engorgés le long du cordon, et succomba dans un état de collapsus général.

La tumeur enlevée par l’opération était entièrement composée de morceaux tortueux et cylindroïdes de cartilage d’une demi-ligne à 2 lignes de largeur, entourés d’un tissu connectif blanc et filamenteux, à la surface desquels se trouvaient des conduits séminifères. Au-dessus de la principale tumeur en était une autre plus petite, contenue dans l’intérieur des canaux tortueux communiquant les uns avec les autres; de là, dans toute la longueur du cordon, s’étendait un chapelet de tumeurs ressemblant à des glandes

(1) Bulletin de V Académie de médecine. Paris, 1831, t. XVI, p. 1041.

(2) Ibid. , t. XVI, p. 1054, 1172.

(3) Account of a Growth of cartilage in a testicle and ils lymphatics and in other parti , from volume XXXVIII of The Mediço*chirurgical Transactions , published by the Royal Medical and Chirurgical Society of London, 1855,

lymphatiques; ii y avait, en outre, des petits kystes remplis d’un liquide jaune pâle et transparent; l’épididyme était sain. Il résultait de la dissection que les productions cartilagineuses étaient contenues dans les tubes du testicule et dans ses lymphatiques. A l’autopsie, on trouva, en outre, des tumeurs cartilagineuses dans les lymphatiques au-dessus de l’anneau inguinal, aboutissant à un ganglion lymphatique qui renfermait des éléments cartilagineux dans son intérieur. Une tumeur cartilagineuse pénétrait dans la veine cave, là où les lymphatiques la touchaient; c’était une excroissance rameuse, seulement en partie couverte des tuniques de la veine. Deux autres petites tumeurs cartilagineuses existaient à la face interne de la veine. Les deux poumons étaient parsemés de tumeurs cartilagineuses, situées en partie dans la substance des poumons, à la face interne des branches de l’artère pulmonaire, paraissant avoir pris naissance d’une de ces membranes; plusieursétaientcomme pédiculées. Tous les autres organes étaient sains. Ce cas est, sous bien des rapports, intéressant, non-seulement comme production anormale du cartilage, dans le testicule, dans les vaisseaux lymphatiques et artériels, mais aussi comme exemple d’une généralisation et d’une marche extrêmement maligne, de la part d’un tissu qui, à coup sûr, n’avait aucun rapport avec le cancer. L’auteur fait le calcul que, en moins de dix mois, plus de 9 livres de cartilage s’étaient produites d’une manière anormale.

J’ai démontré (tome Ier, p. 216) que les tumeurs cartilagineuses s’ossifiaient et subissaient souvent ce travail, et j’ai observé même cette ossification dans les enchodromes des parties molles, entre autres du testicule et de la mamelle ; mais je ne compterai pas au nombre des tumeurs cartilagineuses ossifiées la plupart des productions ostéoïdes signalées dans la tunique vaginale et à sa surface : évidemment on a confondu là bien des produits différents, des résidus hémorrhagiques, des tumeurs fibroïdes de la tunique vaginale calcifiées dans leur intérieur; des incrustations calcaires de la surface de l’albuginée et du canal déférent. Cependant, dans le testicule même, il est probable que les tumeurs dures et ostéoïdes dérivent des productions cartilagineuses qui se sont ossifiées. C’est ainsi que nous interprétons, avec M. Velpeau (1), un fait qu’il décrit dans le passage suivant de la pathologie des testicules, a II s’est présenté, dit-il, dans ma division à l’hôpital de la Charité, au commencement de 1844, un des plus beaux exemples que j’aie vus de tumeurs osseuses du testicule. Elle existait dans le testicule lui-même, sous forme d’une masse globuleuse aussi grosse qu’une noix, légèrement bosselée sur toute sa périphérie; le parenchyme testiculaire conservait autour d’elle toute sa souplesse, toute son homogénéité. Comme rien de malade, aucune altération ne s’était établie dans ses enveloppes, il était facile d’en apprécier tous les caractères ; aussi chacun a-t-il pu s’assurer qu’elle avait la consistance d’un caillou, d’une véritable pierre, et qu’elle ne se rapprochait de la nature d’aucune autre espèce de tumeur connue. Le malade en attribuait l’origine à un coup, et la portait depuis plusieurs années. Comme elle ne lui occasionnait aucune gêne, aucune douleur, et que depuis longtemps elle n’éprouvait plus aucune espèce de changement, je l’ai engagé à n’y rien faire, à la garder, à ne plus s’en occuper. Pour que ce fait eût toute la valeur possible, il faudrait, je le sais, qu’il eût été soumis à la dissection; mais pour tous ceux qui l’ont vu, ce complément d’examen est véritablement inutile. »

§ IV. — Des kystes dn tcsticnlc.

Les kystes du testicule sont déjà bien connus depuis les beaux travaux d’Astley Cooper, qui les a décrits sous le nom de tumeurs hydatiques; mais c’est surtout par les travaux de Curling et Gosselin que nous avons bien appris à les connaître (2). Quoique cette affection soit rare, il en existe un certain nombre dans la science. En général, les tumeurs kysteuses du testicule, dont nous excluons ici complètement celles des appendices testiculaires, atteignent un volume considérable; elles sont ordinairement assez vasculaires et entourées d’une hydrocèle légère. On y trouve, au premier abord, seulement deux éléments du tissu fibrogélatineux ou fibro-plastique qui forme une espèce de charpente aréolaire, et des aréoles remplies par de petits espaces kysteux; cependant on peut bientôt se convaincre qu’il n’y a là qu’une transformation des éléments normaux : aussi croyons-nous pouvoir désigner la tumeur kysteuse du testicule comme une des

(1) Dictionnaire de médecine, t. XXIX, p. 487.

(2) Voy. Mémoires de l’Académie de médecine. Paris, 1857, t. XXI, p. 27 et suiv.

ALTÉRATION DU TESTICULE ET DE SES ENVELOPPES

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formes d’hypertrophie qui porte à la fois sur la charpente celluleuse, et qui dilate une multitude de canaux séminifères en véritables kystes; ceux-ci peuvent présenter toutes les transformations que les kystes sont susceptibles de subir, et, de plus, la tendance à l’hétérotopie plastique qu’ont les kystes en général, et ceux du testicule et des ovaires en particulier.

On observe, pendant le commencement, une structure lobulée. Le tissu connectif est dans un état d’hyperplasie générale qui peut offrir de grandes variétés d’aspect, celui, par exemple, d’un tissu mou et vasculaire d’un jaune rosé, composé en grande partie d’éléments fibro-plastiques, surtout de noyaux et de corps fusiformes; d’autres fois le tissu intermédiaire qui réunit ces éléments cellulaires est très développé à son tour et prend un aspect gélatiniforme; sa vascularité peut devenir très considérable, et j’ai vu aussi les petits vaisseaux offrir une grande inégalité de calibre sur leur trajet. J’ai même rencontré des épanchements hémorrhagiques avec toutes leurs transformations. Quant aux kystes, on en trouve de tous les volumes, depuis une petitesse presque microscopique jusqu’à la grosseur d’une noisette et même d’une petite noix. Leur intérieur est tapissé d’un épithélium. On peut quelquefois, à ce premier degré de développement, les suivre jusque dans les petits canaux séminifères qui se trouvent plus ou moins bien conservés dans le tissu sarcomateux intermédiaire; mais bientôt ces kystes, en s’élargissant, changent de contenu et renferment un liquide séreux ou plus gluant, comme colloïde. Les parois s’épaississent et les épithéliums subissent diverses altérations. Du reste, il est probable qu’outre la transformation des éléments normaux de la glande, il s’en développe de nouveaux, tant sous forme tubuleuse que sous celle de vésicules et de petits kystes. Plus les kystes deviennent volumineux, plus la structure primitive devient méconnaissable: et comme des vaisseaux volumineux se développent à leur surface, il n’est pas rare d’y rencontrer des épanchements hémorrhagiques avec leurs diverses métamorphoses. Toute cette formation peut aussi coïncider avec l’intégrité d’une partie de la glande, de même qu’elle se combine quelquefois avec le cancer du testicule. Curling a trouvé aussi dans ces kystes des excroissances lobulées, couvertes d’un épithélium comme cylindrique. Dans la masse se trouvaient parfois disséminés des morceaux de cartilage prenant leur point de départ dans l’intérieur des canaux. Nous avons vu que cette affection était de nature essentiellement hypertrophique; aussi avons-nous rencontré la tunique albuginée également en état d’hypertrophie fibro-plastique.

Mais ces kystes peuvent être beaucoup plus composés encore. Un des plus beaux types de ce genre est un fait recueilli par M. Trélal (1). L’observation étant trop longue pour être rapportée ici, nous engageons le lecteur à en prendre connaissance dans le travail original.

M. Cruveilhier a donné une bonne description de cette altération (2). Plus récemment M. Virchow (3) a décrit avec soin deux tumeurs du testicule de la collection de Würzbourg, qui étaient des fibrocystoïdes avec production cartilagineuse et petites tumeurs perlées contenant beaucoup de choléstérine. il lire, comme Curling, la conclusion que le rele teslis est le point principal de départ de ces productions cystoïdes en général. Les productions perlées s’étaient faites dans les canaux séminifères dilatés par une espèce de végétation interne. Curling (4) rapporte enfin un fait remarquable, unique dans son genre, d’un kyste cholestérique du volume d’une noisette, situé à la surface de l’épididyme gauche.

Outre ces kystes d’aspect et d’origine variés, on trouve dans le testicule des kystes dermoïdes que l’on a souvent confondus avec les produits d’une gestation hétérotopique, avec une inclusion fœtale.

Les auteurs qui ont écrit sur l’inclusion ont cité des cas où elle avait lieu dans les bourses. Toutefois ces exemples sont loin d’être fréquents. Un des plus célèbres est celui qu’a observé en 1818 le docteur Dietrich (de Glogau) (5) : c’est le fait d’un enfant qui, peu de temps après sa naissance, présenta d’abord des difficultés pour uriner, et puis une tumeur se forma du côté droit des bourses. A l’âge de sept mois, on fit la circoncision, à cause du phimosis congénital, et l’extirpation du testicule, à cause de la tumeur qui avait pris un accroissement considérable : elle avait 1 1 centimètres et demi de longueur sur 6 cen-

(t) Archives générales de médecine, 5' série, 1854, t. III, p. 18.

(2) Anatomie pathologique du corps humain, avec planches, V" livraison, in - fol

(3) Archives, t. VIII, p. 399 à 405.

(4) Traité des maladies des testicules, p. 379.

(5) Graefe et Walther, Journal, t. V, p. 183-86.

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MALADIES DES ORGANES GÉNiTAUX DE L’HOMME.

timètres et demi de largeur, et renfermait assez de débris d’un véritable squelette, bassin, vertèbres, os des membres, etc., pour ne pas permettre le moindre doute (1).

Tout en admettant ce9 cas non douteux d’inclusion testiculaire, nous croyons que plusieurs fois

on n’a pas examiné avec assez de sévérité la question de savoir s’il s’agissait d’un kyste de nouvelle

formation ou vraiment de débris d’un fœtus. Nous allons rapporter quelques exemples qui montreront à quel point ce doute est légitime.

Parmi les cas récents d’inclusion qui ont le plus attiré l’attention des pathologistes, il faut citer

celui qui a été observé en 1840, à l’hôpital de la Charité, par M. le professeur Velpeau (2), et dont

M. Cruveilhier donne une description (3). En voici le résumé : Le nommé Gallochat (d’Esternay), âgé de vingt et un ans, d’une forte constitution, porte depuis sa naissance une tumeur scrotale qui, dès l’âge de quatre mois, a été constatée par le docteur Senoble, et qui n’a cessé de s’accroître depuis. Elle est ovoïde, dure, d’une consistance osseuse dans quelques points, du volume d’un œuf de dinde, située en dehors et à droite du scrotum ; la peau qui la recouvre est plus blanche et plus fine que celle qui l’entoure ; elle est complètement insensible. Il y a plusieurs ouvertures fistuleuses par lesquelles sortent de la matière grasse et des poils. La tumeur extirpée ayant été disséquée, M. Velpeau en donne la description suivante. La couche extérieure est cutanée, comme nous venons de le voir. Dans l’intérieur on voit deux petits kystes à contenu albumineux, ressemblant à l’humeur vitrée. Un troisième kyste, du volume d’un œuf de perdrix, renferme une matière jaune verdâtre que M. Velpeau compare au méconium; un quatrième renferme une masse grumeleuse entourée de poils, et M. d’Arcet y a trouvé des écailles épidermiques et de la matière sébacée. L’ouverture fistuleuse d’un des kystes à matière verdâtre donne passage à une mèche de poils, ce qui fait comparer cette ouverture à l’anus. On trouve de nombreux os articulés : un premier groupe a de la ressemblance avec la clavicule, le scapulum et l’humérus; le second, plus volumineux, semble appartenir au bassin ou bien à la base du crâne, sans que l’on sache si c’est un corps du sphénoïde ou un sacrum; le troisième, enfin, paraît comprendre des portions de vertèbres ou des fragments d’os indéterminés.

Nous ne trouvons dans cette description que la constatation de ressemblances vagues, sans aucune notion anatomique précise. Nous nous demandons comment il a pu se faire qu’un fœtus se soit divisé en kystes multiples, et comment le méconium a pu s’enkyster séparément, tandis que le prétendu anus par lequel sortait une mèche de poils constituait un autre kyste fistuleux. Il est donc bien permis de douter que l’on ait eu véritablement affaire à un reste de fœtus, et, en outre, les fragments osseux réunis ne permettent pas de conclure à l’existence d’un squelette, car on a vu à quel point la détermination faite par M. Velpeau a été incertaine. Enfin, la matière grasse et les poils se développent, nous l’avons vu, dans des circonstances où il n’est pas permis d’admettre une inclusion. Dans l’ovaire, où toutes ces productions ne sont point non plus pour nous des résidus d’un produit de conception, on trouve aussi tous les degrés de transition entre des plaques osseuses difformes et d’autres qui ont une ressemblance éloignée avec quelques os du squelette, entre un fragment osseux dentiforme et des centaines de dents.

M. Verneuil (4) a publié récemment, sur l’inclusion scrotale et testiculaire, un travail très savant dans lequel il a cherché à combattre ma manière d’interpréter comme exemples de kystes dermoïdes

(1) La planche [Notices de Froriep, t. XIV, p. 15) montre de la façon la plus convaincante un squelette, bien qu’incomplet. Ce cas se trouve, sous divers noms, dans plusieurs recueils. Nous allons les citer pour éviter des erreurs bibliographiques commises par plusieurs auteurs qui ont rapporté ce fait. Le travail original a été communiqué par Wendt (de Breslau), dans ses Tabules votivœ (Vratislav, 1822), à l’occasion du cinquantième anniversaire du doctorat du docteur Rosemberg (de Breslau). Froriep en fait mention deux fois dans ses Notices (t. I, p. 287, et t. XIV, p. 15); Friedlaender le décrit dans la Revue médicale (t. y III, p. 361), et enfin dans le Journal de Graefe, c’est Michaelis qui en rend compte.

Un autre cas d’inclusion non douteuse a été rapporté par le docteur Ekl de Landshüt [Froriep s Notizen, t. XIII, p. 282). Le sujet de cette observation est un enfant d’un an environ, né à Gilgenberg en Autriche, auquel on a extirpé une tumeur des bourses de cinq pouces de longueur sur deux et demi de largeur. Les os contenus dans la poche appartenaient manifestement à un squelette. On peut reconnaître des côtes, une épine dorsale, une cuisse jusqu’au genou, un des yeux, etc.

(2) Gazette médicale de Paris, 15 février 1840.

(3) Traité d’anatomie pathologique générale de Paris, 1849, t. I, p. 375.

(4) Archives générales de médecine. Paris, 1855.

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plusieurs faits rapportés et considérés comme inclusions scrotales. On jugera de la valeur des objections de M. Verneuil par l’analyse de sa principale observation, qu’il regarde- comme un cas concluant d’inclusion scrotale. Un enfant de deux ans est reçu dans le service de M. Paul Guersant, pour être opéré d’une tumeur scrotale congénitale. Au moment de la naissance, les testicules paraissaient déjà volumineux, ce qui fit dire à la sage-femme que l’enfant serait plus tard très vigoureux; on fut si peu inquiet, que l’on envoya l’enfant en nourrice, d’où il revint à l’âge de vingt et un mois. La tumeur s’était notablement accrue, et trois mois plus tard, elle avait atteint le volume d’un petit œuf de poule ; elle était lisse et n’occasionnait aucune gêne. On fit une ponction exploratrice, qui donna issue à un liquide transparent et fut suivie d’une diminution de la tumeur. Une seconde ponction fut pratiquée, mais rien ne s’écoula au dehors; on pratiqua alors la castration, qui fut suivie d’une cicatrisation prompte. A la partie supérieure de la tumeur on trouva un amas de divers tissus. D’abord une tunique vaginale multilobulaire, qui s’appliquait sur la tumeur inférieure. Le cordon et le canal déférent étaient sains; plus bas on trouva une portion de l’épididyme et le testicule aplati, entre la tunique vaginale et la tumeur principale. La glande séminale avait à peine 2 ou 3 millimètres d’épaisseur sur 10 à 12 dans son plus grand diamètre; son tissu était dense, rougeâtre, filamenteux. La tumeur principale, unie aux parties environnantes par le tissu cellulaire, avait le volume d’un testicule d’adulte de grosseur moyenne; elle offrait par places de la fluctuation, et était entourée d’une membrane fibreuse résistante, qui offrait des bosselures d’apparence kysteuse du volume d’un pois et audessous, jusqu’à celui d’un diamètre d’un centimètre et demi. On sentait dans l’intérieur des plaques dures, dont quelques-unes de consistance osseuse.

Sur une coupe fraîche, on constata une cavité centrale, revêtue d’une membrane vasculaire, contenant une matière pulpeuse; tout autour de celle-ci se trouvaient plusieurs cavités indépendantes, qui renfermaient, les unes un liquide filant, et les autres une matière sébacée, ou des poils, ou des noyaux cartilagineux, des masses adipeuses, des vaisseaux et des traclus fibreux. La substance pulpeuse de la cavité centrale présentait une couche de 2 à 3 millimètres, d’un gris rosé, ressemblant tout à fait au tissu cérébral, renfermant beaucoup de vaisseaux capillaires, et offrant dans une substance amorphe une multitude de fibres nerveuses les mieux caractérisées. Dans un des kystes périphériques il y avait un pigment noir sous forme de cellules qui ressemblaient à celles du pigment de la choroïde et en trop petite quantité pour colorer le liquide. Dans un autre kyste se trouvait une matière gélatiniforme renfermant des cellules épithéliales et quelques fibro-cellules des muscles organiques. Dans une autre bosselure, également distincte, existait une matière sébacée avec des poils, et la paroi montrait une couche épidermique, des cellules sébacées, des glandules sébacées et même quelques papilles; çà et là, dans la tumeur, des masses cartilagineuses atteignant jusqu’au volume d’un petit pois et renfermées en partie dans une substance adipeuse; dans une autre poche, il y en avait des fragments dans une gangue fibreuse. Du tissu adipeux, renfermant quelques kystes, occupait à peu près le tiers total de la tumeur. Je renvoie, pour de plus amples détails, à la description de l’auteur.

Je ne comprends pas, je l’avoue, qu’un anatomiste consommé, comme M. Verneuil, pour lequel je professe autant d’estime que de sympathie, ail pu voir dans cet amas de kystes clos un reste de fœtus. D’abord il paraît que la tumeur était peu volumineuse au moment de la naissance, puisque, pour la sage-femme, ce n’était qu’un testicule très développé ; puis si l’on réfléchit que les bourses renfermaient non-seulement le testicule normal de l’autre côté, mais aussi celui probablement rapetissé du côté de la tumeur, on conviendra qu’il faut que ces restes d’un fœtus aient été d’une bien petite dimension et en dehors de ce qu’on connaît de faits véritables d’inclusion fœtale. Lorsque la tumeur atteint plus tard le volume d’un œuf de poule, ce n’est plus le fœtus qui a grandi, mais pour le moins de l’eau et de la graisse qui se sont développées. Et comment comprendre ensuite que ce fœtus se soit transformé de façon à former une douzaine de poches juxtaposées indépendantes et sans communication entre elles? On ne conçoit pas, en premier lieu, pourquoi on constate l’absence du cœur, qui se forme antérieurement au cerveau, celui-ci ayant persisté. On constate l’absence du poumon, du foie, de la rate; en un mot, de tous les principaux organes. Puis, signalons une contradiction. Il est dit que

la poche était sans connexion vasculaire avec les parties ambiantes; mais d’où venait la circulation dans la membrane fine qui entoure la substance nerveuse et dans les vaisseaux capillaires de celle-ci? Évidemment la circulation doit avoir persisté, car les vaisseaux dans lesquels le sang ne circule plus subissent des transformations bien connues, qui ont manqué ici; et puisqu’il y avait absence de tout centre circulatoire, nous ne comprenons pas trop bien comment ce sang aurait pu circuler d’une manière indépendante dans le kyste du centre. Je suis enfin très frappé, dans ce fait, de la disposition générale à la formation kysteuse, puisque la tunique vaginale que M. Verneuil lui-même envisage comme telle était aussi multiloculaire.

Voyons à présent si les tissus trouvés ne peuvent réellement s’être formés en vertu de l’hétérotopie plastique. L’existence de la substance nerveuse est ici, en effet, ce qu’il y a de plus insolite ; mais Virchow et Rokitansky ont vu des tubercules gris de substance cérébrale se développer à la surface interne de l’épendyme ventriculaire, dans des endroits où à l’état normal il n’existe point de substance grise : or, est-il plus étonnant de voir des tubes nerveux se former dans un kyste des testicules, lorsque des centaines de dents ont pu se développer dans des kystes de l’ovaire? Est-on en droit d’a'dmetlre l'existence d’un oeil, parce qu’à côté de cellules épithéliales on voit quelques cellules pigmentées qui ressemblent à celles de la choroïde? Est-on autorisé à admettre un tube digestif pour quelques fibrocellules trouvées dans un liquide gélatineux? Quant à l’organisation dermatique de l’intérieur des kystes, on les observe trop souvent dans la région palpébrale, entre autres, sans qu’il vienne à l’idée de personne de les prendre pour des débris de foetus ; et' les morceaux de cartilages sont trop fréquents dans toute espèce de tumeur du testicule, pour permettre de soupçonner, par cette raison, une connexion même très éloignée avec une inclusion foetale. Nous savons, du reste, à quel point la plasticité hétérotopique est variée dans les kystes de l’ovaire, dans des conditions où il est de toute impossibilité d’admettre une inclusion ou une grossesse ovarique. En un mot, loin de trouver dans l’observation de M. Verneuil un fait contradictoire à l’hétérotopie plastique, j’y trouve un des exemples les plus probants, les plus curieux ; il restera dans la science, lorsque depuis longtemps déjà l’interprétation que lui donne mon savant ami sera tombée dans l’oubli ou dans le domaine des doctrines définitivement réfutées.

§ V. — Des tubercules du testicule.

Les tubercules du testicule ont plus particulièrement occupé les chirurgiens, et ont été négligés par la plupart des médecins qui ont écrit sur la tuberculisation interne ; aussi s’en est-il suivi que pendant longtemps on a cru que c’était là une localisation qui restait souvent isolée, tandis que le plus souvent, lorsqu’on peut suivre les malades, on reconnaît qu’il survient par la suite une affection tuberculeuse générale qui entraîne la mort de l’individu. Seulement cette généralisation, et surtout la phthisie pulmonaire, surviennent quelquefois tardivement, au bout de plusieurs années. Dans un cas que j’ai observé à l’hôpital de Zurich, elle s’est développée très promptement après la castration. J’avais d’abord ouvert au malade plusieurs abcès du testicule ; puis, voyant que tout le testicule était envahi, la castration avait dû être pratiquée. La plaie marcha rapidement vers la cicatrisation; mais environ un mois après, le sujet commença à dépérir, et il succomba six semaines après l’opération, à une phthisie tuberculeuse aiguë des poumons.

Le dépôt tuberculeux commence ordinairement par l’épididyme, surtout par la tête, et s’étend promptement sur ses divers points, et ensuite à la glande séminale elle-même; je ne l’ai jamais trouvé à l’état de granulation grise, mais seulement sous les deux formes de granulations jaunes disséminées et d’infiltration jaune. Pendant les premiers temps, les parties augmentent de volume, les tuniques et le tissu cellulaire s’engorgent, et deviennent le siège d’une infiltration fibro-plastique ; aussi avons-nous vu le testicule devenir fongueux et prendre une apparence d’hypertrophie. Dans un cas récent, les tubercules du testicule, entourés de beaucoup d’éléments fibro-plastiques, offraient une disposition remarquable, par couches concentriques, se confondant les unes avec les autres. La matière tuberculeuse peut aussi être déposée dans l’intérieur des tubes séminifères : nous avons vu plus d’une fois la tunique vaginale devenir le siège d’un épanchement séreux, et nous croyons que les hydrocèles doubles,

ALTÉRATION DU TESTICULE ET DE SES ENVELOPPES

dans la jeunesse, reconnaissent assez souvent pour cause le dépôt tuberculeux ; d’autres fois il se forme des adhérences partielles ou plus étendues de la tunique vaginale.

Par suite des progrès ultérieurs de l’affection locale, les tubercules se ramollissent, les tissus environnants s’enflamment, et c’est ainsi qu’il survient des abcès tuberculeux qui se transforment en fistules et éliminent plus ou moins le dépôt morbide. Ces fistules sont revêtues et entourées d’un tissu fongueux et (ibro-plaslique. Très souvent il se forme une série d’abcès, et dans des cas heureux, toute la matière tuberculeuse peut ainsi sortir; le testicule guérit alors avec atrophie plus ou moins complète: lorsque les deux testicules ont été successivement atteints, il peut s’ensuivre une oblitération des voies spermatiques avec infécondité.

§ VI. — Du cancer du testicule.

Le cancer du testicule est ordinairement constitué par une tumeur ovoïde allongée, à surface régulière, de consistance élastique, qui ne prend une forme arrondie et sphéroïdale que lorsqu’elle acquiert des dimensions très considérables. La surface de l’enveloppe du testicule est, dans ces cas, très injectée, et lorsque les deux feuillets de la tunique vaginale ne sont pas soudés ensemble, il se fait un amas de liquide, une véritable hydrocèle. Les adhérences entre ces deux feuillets peuvent être complètes ou seulement partielles, et c’est dans ce dernier cas que l’on observe les accumulations partielles de liquide qui ressemblent quelquefois à des kystes. C'est à la résistance qu’offre la tunique albuginée qu’il faut attribuer la rareté de l’ulcération dans ce cancer. Ces tumeurs offrent généralement une pesanteur notable. Nous en avons vu la longueur varier entre 9 et 17 centimètres, la largeur entre 5 et 8, l’épaisseur entre k et 8. La plus grande tumeur de ce genre que nous ayons observée avait les dimensions d’une tête de fœtus à terme.

Sur une coupe fraîche, ces tumeurs, lorsqu’elles sont encore de date récente, offrent un aspect lobulé ; les lobes se subdivisent en lobules et en granulations. Plus tard, cette texture devient plus homogène, et des intersections fibreuses indiquent seules encore les vestiges des lobes, si toutefois la consistance n’est pas celle d’une pulpe molle et cérébriforme. La teinte du tissu encéphaloïde proprement dit est d’un jaune rosé ou d’un jaune pâle légèrement grisâtre, luisant; il est infiltré d’un suc cancéreux très abondant. Celte teinte est d’un jaune pâle et tout à fait terne dans le tissu d’apparence tuberculeuse qui forme le plus souvent des îlots multiples au milieu du tissu médullaire; la teinte xanlhique, d’un jaune ocracé, est très fréquente également et traverse la tumeur par traînées irrégulières. Les épanchements sanguins avec toutes leurs transformations s’observent à peu près dans toutes celles de ces tumeurs qui ont acquis des dimensions notables. Lorsque l’épanchement est plutôt infiltré, le tissu en devient d’un rouge livide; si, au contraire, les épanchements existent par masses plus considérables, on les observe sous forme d’un caillot : récents, sous celle d’une masse grumeleuse en partie décolorée; plus anciens, sous cette autre forme d’un liquide brun et poisseux, comme entouré d’un kyste. Un dernier résidu enfin de ces apoplexies cancéreuses est tantôt un amas diffus de fibrine décolorée et granuleuse, tantôt un kyste rempli de sérosité. Nous n’y avons guère observé de cicatrices d’anciens épanchéments. On trouve parfois le tissu cancéreux d’un aspect demi-transparent et comme gélatineux, contenu dans une trame fibreuse : on a alors affaire au colloïde du testicule. La vascularité est inégale et généralement peu notable, elle n’affeclevqu’exceptionnellement la richesse du cancer hémalode. Nous avons vu plusieurs fois un travail phlegmasique développé au milieu du tissu cancéreux, provoquer la formation d’un abcès entouré d’infiltration purulente ; mais ici encore nous devons faire remarquer que la marche ordinaire de ce cancer ne tend ni vers l’inflammation, ni vers le ramollissement. Bien au contraire, cet encéphaloïde, primitivement mou et pulpeux, se durcit plus tôt avec le temps dans les points où il subit l’infiltration granuleuse et graisseuse qui constitue sa transformation phymatoïde; c’est ce que plusieurs auteurs regardent comme un cancer rétrograde. Parmi les substances que l’on rencontre quelquefois dans ces tumeurs, il faut signaler le tissu fibro-plaslique qui se trouve surtout au pourtour des intersections fibreuses et à la périphérie du côté de l’albuginée. Nous avons observé une fois, dans une loge de ces cancers, une matière d’un jaune pâle et comme cireuse, qui était constituée par un amas de cristaux de cholestérine entremêlés de cellules ressemblant au tissu

T. 11. — A!» AT. PATHOL. — 34' LIVR. i 0'2

cellulaire végétal, éléments que nous avons constatés dans certaines formes d’athéromes. Une fois aussi nous avons trouvé, dans plusieurs points d’un cancer du testicule, des îlots cartilagineux du volume d’un pois et au delà, offrant à la coupe leur aspect caractéristique d’un blanc mat et lacté, et montrant au microscope les éléments propres au cartilage, et même des réseaux osseux distincts. Nous avons rencontré une seconde fois ces mêmes plaques cartilagineuses dans un testicule tuberculeux, et nous avons trouvé des exemples analogues dans la description de pièces présentées à la Société anatomique. A. Cooper et J. Muller signalent même des tumeurs cartilagineuses plus étendues dans la glande séminale; à coup sûr, cette disposition du testicule à renfermer de la matière cartilagineuse, dans ses diverses altérations morbides, doit faire réfléchir les physiologistes sur les éléments qui, à l’état normal, entrent dans sa nutrition.

Le sort que subissent le testicule et ses diverses parties constituantes dans le cancer est important à connaître pour déterminer à la fois le point de départ et le mode d’envahissement de cet organe. Nous avons vu le mal prendre son origine dans une portion du testicule lui-même, ou dans l’épididyme. D’après M. Ch. Robin (1), l’épididyme serait le point de départ constant du cancer, et il fonde cette opinion sur de nombreuses recherches. Il a signalé également ce fait intéressant, à savoir, que ces tumeurs conservaient quelque analogie de structure avec celle de la première partie de l’épididyme ; il en est de même des tumeurs récidivées dans les glandes lymphatiques. Ordinairement, une portion de la glande s’infiltre du cancer, qui bientôt occupe un ou plusieurs de ses lobules. Par les progrès du mal, la glande peut être envahie en totalité ou seulement d’une manière partielle; et en faisant une dissection attentive des tumeurs, il n’est pas rare de rencontrer sur un point de leur circonférence des restes non douteux du testicule. Quant au mode d’envahissement des canaux séminifères, nous les avons d’abord vus s’entourer du suc cancéreux, perdre plus tard la netteté de leurs contours, renfermer ensuite des cellules cancéreuses mêlées à leur épithélium normal, et finir par disparaître complètement.

Dans tous les cas que nous avons observés, et sur 18 de nos observations, l’examen microscopique a été fait douze fois avec soin et détail; les cellules cancéreuses étaient des mieux caractérisées, et proportionnellement nous y avons trouvé même plus souvent les types de cellules complètes que dans le cancer des autres régions. Ce n’est que deux fois en tout que nous avons vu les parois cellulaires n’exister qu’en petit nombre; une fois, nous avons pu observer toute la filiation du développement entre les cellules jeunes et naissantes et celles qui étaient complètement développées. Dans une de nos tumeurs, nous avons rencontré des cellules à membranes cellulaires doubles. Les membranes d’enveloppe étaient généralement pâles et rondes, et variaient en moyenne entre 0ram,02 et 0mra,025 de largeur, nous les avons vues atteindre jusqu’à 0mm,033; d’un autre côté, nous les avons vues une fois de 0mra,015 seulement, et une fois de 0min,0175. Nous avons, de plus, rencontré quelquefois un certain nombre de noyaux renfermés dans une expansion membraneuse. Les noyaux avaient généralement des contours très marqués, sphériques ou ovoïdes, variant en moyenne entre 0ram,012 et 0mm,02; nous avons observé dans quelques cas de très jeunes noyaux qui avaient de 0mm,006 à 0'nm,008. Les nucléoles, au nombre de 1 à 3, ternes, très marqués, avaient de 0mm,0025 à 0mra,0033, et, dans quatre de nos observations, nous les avons vus atteindre 0mm,005 : c’est alors surtout que nous avons constaté la présence de nucléoles secondaires dans l’intérieur. Ces cellules offrent l’infiltration granuleuse et graisseuse dans bien des endroits, et d’une manière plus marquée dans le tissu phymatoïde. Cette infiltration occupe le plus souvent la cellule tout entière, et quelquefois de préférence le noyau. Nous avons encore constaté ici la petitesse et le développement arriéré des cellules, dans un cas d’infection prompte et très générale de toute l’économie.

La charpente fibreuse de ces tumeurs se compose essentiellement de fibrilles pâles, souvent ondulées et fasciculaires. On y voit en outre du tissu fîbro-plaslique parfois assez abondant, avec ses noyaux et ses corps fusiformes caractéristiques. Nous avons déjà indiqué plus haut la nature des éléments gras, granules, vésicules, cristaux. Nous n’avons point rencontré la mélanose dans le testicule cancéreux. Quant à la xanthose, nous l’avons vue infiltrer des cellules et des noyaux d’une manière uniforme, ou affecter Taspect de granules moléculaires. Nous insistons de nouveau ici sur ce fait, que nous avons

(1) Archives générales de médecine , 5e série, mai 1856.

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noté des traînées de cette substance en dehors de tout épanchement sanguin, et sa combinaison fréquente avec les éléments gras nous fait plutôt pencher pour l’opinion que c’est une espèce d’huile colorée, dans le genre de celle qui donne sa coloration au tissu adipeux et au jaune d’œuf, qu’une matière hématique.

Nous n’ajouterons rien aux détails déjà donnés sur la composition microscopique d’épanchements sanguins, sur celle des restes du testicule, de la substance cartilagineuse et des éléments de la suppuration.

L’infection de l'économie tout entière n’est pas rare dans le sarcocèle, pour peu qu’on lui laisse le temps d’arriver à sa terminaison naturelle. Nous ne l’avons observée, pour notre compte, avec détail, que dans six cas; mais nous ne donnons nullement ce chiffre comme proportionnel, par la raison que dans la moitié de nos observations nous avons perdu les malades de vue après une première opération. Du reste, le témoignage de tous les grands chirurgiens est là pour prouver que le cancer du testicule est un de ceux qui tendent le plus constamment à infecter l’économie. Le mal s’étend d’abord le long du cordon, il franchit bientôt l’anneau inguinal ; des tumeurs cancéreuses et des glandes infiltrées de cancer apparaissent dans le petit bassin, et s’étendent en haut vers l’angle sacro-vertébral et le long des gros vaisseaux ; des tumeurs qui atteignent jusqu’au volume d’une tête de fœtus et au delà englobent les divers organes de l’abdomen, qui quelquefois est au tiers ou à moitié rempli par d’énormes productions encéphaloïdes. Souvent le cancer reste ainsi borné à l’abdomen, et cause la mort avant de s’étendre plus loin ; d’autres fois les tumeurs de l’abdomen sont un peu moins volumineuses, mais par contre on trouve des cancers secondaires dans les poumons et le foie, plus rarement dans les centres nerveux et le système osseux; nous en avons vu une fois dans les reins. Nous citerons, à cette occasion, un des cas les plus remarquables d’infection fibro-plastique qui aient été observés. Dans le cas dont il s’agit (nous ne donnons ici que le résumé très succinct de l’observation que nous avons recueillie avec beaucoup de détails), un jeune homme, âgé de dix-sept ans, portait dans le testicule une tumeur ovoïde du volume du poing, qui fut extirpée par M. Yelpeau. Pendant l’opération, on s’aperçut que le cordon était pris au delà de l’anneau inguinal. La tumeur extirpée montra à la dissection que le mal avait pris son origine dans l’épididyme ; son tissu était élastique, d’un jaune pâle; il offrait une vascularité inégale et présentait par places quelques épanchements sanguins, mais il était dépourvu de suc cancéreux, de tissu phymatoïde et de xanthose, et n’offrait, au microscope, d’autres éléments que ceux du tissu fibro-plastique. Après l’opération, les tumeurs intra-abdominales se développèrent avec une extrême rapidité, et le malade succomba treize mois après le début de la maladie. A l’autopsie, nous trouvâmes le péritoine adhérent à d’énormes tumeurs contenues dans sa cavité; il était, de plus, le siège d’un dépôt mélanique et d’un épanchement noirâtre ; sa surface interne était parsemée de tumeurs d'un blanc tirant sur le jaune. Au-dessus de l’anneau inguinal droit existait une tumeur fibreuse énorme, jobée, jaunâtre, mélanotique par places, et faisant suite à une tumeur semblable qui occupait une grande partie de l’abdomen. Les intestins étaient rejetés dans le flanc droit ; le côlon était privé de ses plis transversaux, et les plis longitudinaux avaient pris un aspect ligamenteux; de petites tumeurs fibreuses existaient du côté du diaphragme, à la surface des plèvres et des poumons, et à la surface interne des côtes. Leur tissu était d’un jaune pâle homogène, dépourvu de tout suc cancéreux, formé par un tissu fibreux, gélatiniforme par places, et offrant surtout des éléments fibro-plastiques. La tumeur principale de l’abdomen, sans compter celle qui se trouvait au-dessus de l’anneau inguinal et qui lui faisait suite, avait 35 centimètres de hauteur sur 33 de largeur et 73 de circonférence. Les glandes lymphatiques, le foie, la rate, les reins, le cœur et les centres nerveux étaient sains. Nous avons donc ici un exemple fort remarquable d’un sarcocèle fibreux et fibro-plastique qui a donné lieu à une infection générale ; mais ce qui, pour ces sortes de tumeurs, est une exception infiniment rare, est la tendance générale pour les tumeurs cancéreuses ordinaires.

Nous pouvons nous résumer ici en assignant en moyenne à la première période une durée de six mois à un an, après la première apparition de la tumeur, et une durée approximativement égale à l’une et à l’autre des deux périodes suivantes. Quant au résultat des opérations, nous ne possédons pas de chiffres exacts sur la mortalité immédiate. Les récidives sont survenues le plus souvent avant six

mois révolus, mais plusieurs fois aussi après un an et demi ou deux ans. Nos tableaux sur la durée totale n’ont pas une grande valeur, les chiffres étant trop peu nombreux ; aussi ne communiqueronsnous ici que celui de la durée jusqu’au moment de la première opération. Nous dirons seulement que nous avons vu survenir la mort au bout de 13, de 26, de 39 mois, mais dans plusieurs de nos autopsies la durée exacte n'a pu être déterminée. En thèse générale, l’opération devient nécessaire dans le courant de la seconde année, et la mort survient dans la troisième.

Voici le tableau de quinze cas, par rapport au moment de la première opération :

De 3 à 6 mois . 1

6 mois à 1 an . . 2

1 an à 18 mois . 3

18 mois à 2 ans . 5

A reporter. . . 11

Report ... 11

De 2 à 3 ans . 2

3 à A ans . 1

4 à 10 ans . 1

Total . 15

Comme pour les autres cancers, un examen attentif nous a démontré la nullité des causes indiquées par les auteurs comme capables de provoquer le sarcocèle. C’est ainsi que les maladies vénériennes, l’abus des plaisirs sexuels, les violences extérieures, la transformation des épanchements sanguins en matière cancéreuse, n’ont guère une influence démontrée.

Nous avons bien noté, chez trois de nos malades, l’existence antérieure d’une violence externe à laquelle ils attribuaient leur maladie, mais cette contusion des bourses avait eu lieu plusieurs années auparavant, et rien ne nous a fourni la preuve qu’il y eût eu là quelque chose de plus qu’une simple coïncidence. Cependant nous ne nions pas la possibilité, chez un individu prédisposé à une affection cancéreuse, qu’un coup porté sur les testicules ne puisse avoir pour effet que le cancer se localise plutôt sur la partie contuse que sur les organes sains.

Nous avons recherché l’influence de l’hérédité dans sept cas, et six fois nous en avons constaté l’absence, tandis qu’une seule fois le père et la mère du malade avaient succombé à une affection cancéreuse.

L’âge de prédilection du cancer du testicule est moins avancé que pour beaucoup d’autres cancers, et nous le voyons ici survenir souvent à une époque de la vie où les fonctions des organes malades sont en pleine vigueur. L’âge de prédilection est entre 30 et 40 ans; nous avons trouvé 9 cas sur 17 dans cette limite d’âge; les 8 autres étaient également partagés en dehors de celte limite, savoir : 4 avant 30 ans et 4 avant 40 ans. Deux fois nous avons trouvé le sarcocèle cancéreux entre 15 et 25 ans. Earle (1) cite même l’observation d’un enfant d’un an et neuf mois, qui, à l’âge d’un an, ayant eu le testicule gauche pincé par sa sœur, fut pris de douleurs, puis d’un gonflement tel, que la tumeur finit par atteindre jusqu’au condyle interne du fémur. Le cordon ayant paru conserver son intégrité, Earle pratiqua l’opération au deuxième mois de la maladie. La tumeur était de nature encéphaloïde, le cordon parfaitement sain. La cicatrisation fut parfaite au bout de six semaines, mais trois mois après, l’enfant ayant succombé, on trouva dans le cerveau et dans les poumons plusieurs tumeurs présentant un tissu uni, serré, laissant écouler par la pression une petite quantité de fluide lactescent, offrant une apparence fibreuse semblable à celle d’un cerveau ferme, disséqué ou déchiré avec le manche d’un scalpel. Du côté du testicule enlevé, on pouvait suivre une traînée de glandes engorgées, s’étendant le long de l’aorte, depuis le bassin jusqu’au diaphragme.

L’âge moyen des cas observés par nous a été de 35 ans 2/17es, par conséquent bien inférieur à celuj que nous avons trouvé pour les affections cancéreuses de l’utérus, du sein et de l’estomac. Voici, du reste, le tableau de nos 17 cas :

De 15 à 20 ans . 1

20 à 25 ans . 1

25 à 30 ans . 2

30 à 35 ans . 5

35 à 40 ans . 4

A reporter. . . 13

Report. . . 13

De 40 à 45 ans . . . 1

45 à 50 ans . . 2

50 à 60 ans . 1

Total ... 17

Malheureusement le cancer du testicule est si notoirement incurable, que même l’opération ne constitue qu’un moyen palliatif d’amélioration.

(1) London Médico-chirurgical Transactions , t. II f, p. 59.

ALTÉRATION DU TESTICULE ET DE SES ENVELOPPES

§ VII. — lies parasites «lu testicule.

Les parasites du testicule doivent être très rares, et je n’en ai jamais observé. J’ai tout lieu de penser que, jusqu’à ces dernières années, les tumeurs kysteuses ordinaires n’ont pas été suffisamment distinguées des parasites enkystés. Je citerai comme exemple le fait de Baillie (1), qui, évidemment, ne représente que les kystes multiples du testicule ; la planche déjà signalée de la cinquième livraison de Gluge, dans laquelle des vésicules hydatiques libres seraient situées dans l’intérieur d’une grande hydatide, est au contraire beaucoup plus probablement un exemple de parasite. Toutefois je ne l’ai pas sous les yeux, et je ne fais que citer ce fait d’après le Traité d’anatomie pathologique de Fôrster; d’un autre côté, il n’y a rien d’étonnant à ce que les parasites kystiques, si répandus sur tous les points de l’économie, se rencontrent aussi dans la glande séminale et ses enveloppes.

§ VIII. — De quelques maladies des enveloppes du testicule. — De l’hydrocèle.

Malgré son extrême fréquence, nos connaissances anatomiques sur cette affection sont encore passablement incomplètes ; ce n’est qu’accidentellement, et surtout chez des vieillards, qu’on a quelquefois occasion de disséquer des hydrocèles. Ici encore nous devons des renseignements bien précieux à M. Duplay. Dans le temps où l’on pratiquait l’opération de l’hydrocèle par incision ou excision, les chirurgiens étaient généralement trop peu versés en anatomie pathologique pour que leurs descriptions fussent suffisamment exactes. Tous les cas d’hydrocèle qui se présentent dans ma division des vénériens, et par-ci par-là dans ma pratique particulière, sont opérés par les injections iodées; toutefois il existe assez de matériaux épars pour qu’il soit possible, avec la réunion de l’anatomie pathologique nécropsique et des observations faites sur le vivant, en y comprenant surtout l’examen approfondi du liquide évacué par la ponction, de donner une description anatomique qui porte au moins sur les principaux points.

Nous distinguons avant tout, de la véritable hydrocèle, l’inflammation aiguë de la tunique vaginale, affection désignée sous le nom de vaginalite. Dans celles-ci tous les accidents sont aigus, et la fluctuation de la tunique vaginale n’est ordinairement qu’un épiphénomèue de l’épididymite. M. Velpeau, qui a plusieurs fois pratiqué des piqûres avec la lancette, a trouvé le liquide épanché limpide, comme en général dans les inflammations aiguës des membranes séreuses. Du reste, cette exsudation se résorbe ordinairement, et les hydrocèles consécutives à une inflammation aiguë sont à coup sûr rares; il est plus rare encore de voir la vaginalite aiguë se terminer par suppuration.

L’hydrocèle ordinaire occupe le plus souvent un seul côté, mais peut se développer successivement des deux, soit par cause tuberculeuse, soit aussi sans altération aucune des glandes séminales.

On a prétendu que l’hydrocèle était souvent la conséquence d’une inflammation lente et chronique; mais rien dans la marche et la nature de la maladie n’autorise à donner ce fait comme l’expression d’une règle générale; bien au contraire, ce mode d’origine me paraît exceptionnel. Il en est de même des contusions et des violences extérieures, qui ne produisent généralement que l’hématocèle. Nous croyons que, dans la majorité des cas, un obstacle dans la circulation veineuse en est le point de départ; mais celui-ci n’a point été étudié jusqu’à présent d’une manière assez complète. Nous savons bien que les produits accidentels de tous genres, ainsi que Je varicocèle, que toute compression lente du cordon par une tumeur donnent lieu à l’hydrocèle, mais il reste encore une inconnue à dégager pour expliquer les nombreux cas d’hydrocèle dans lesquels on ne trouve aucune de ces causes. Un fait intéressant enfin sous le rapport des circonstances dans lesquelles l’hydrocèle se développe, est son existence beaucoup plus fréquente dans les pays chauds, au Brésil, aux Antilles, etc., que dans nos pays.

Le testicule est ordinairement peu altéré, sa position est le plus souvent en arrière ou en bas, quelquefois un peu plus vers le milieu et plus en haut. Le volume de l’hydrocèle est très variable, depuis celui d’un œuf de poule jusqu’à celui d’une tête d’enfant ou même d’adulte; cette dernière dimension avait été atteinte chez un homme du canton du Valais que j’ai opéré en 1841, et qui a parfaitement guéri : à cette époque-là, je faisais encore l’opération par incision, et j’ai pu me convaincre que l’hydrocèle était

(1) Morbid Anatomy , VIII' fascicule, pl. 8. Comparez les faits rapportés par C. Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses (Paris, 1860), p. 723 et 754.

simple. Dans ces tumeurs volumineuses, la peau du pénis est extrêmement rétractée, au point que tout le membre paraît considérablement réduit de volume, cependant les corps caverneux ne subissent point de travail d’atrophie. Dans des cas plus rares, la tumeur, en se développant en haut, peut comprimer l’urèthre au point de provoquer une rétention d’urine. Le poids de l’hydrocèle simple est léger; une main exercée distingue déjà, en soupesant la tumeur, l’hydrocèle du sarcocèle. Ces caractères ne se retrouvent point lorsque la tumeur est mixte, lorsque le liquide entoure un testicule tuberculeux, cancéreux ou kysteux. Le liquide est ordinairement séreux, citrin, renferme de la cholestérine, des épithéliums altérés, plus rarement de petites vésicules graisseuses, qui alors peuvent lui donner un aspect lacté, de même que le mélange avec un peu de sang donne au liquide une coloration jaune foncée ou brunâtre. La plupart du temps le liquide renferme, lorsqu’il est trouble ou grisâtre, une certaine quantité de spermatozoïdes, fait signalé il y a longtemps par Curling et Paget, et dont j’ai pu vérifier l’exactitude dès 184-3. Malgré tous les travaux modernes sur les kystes des voies spermatiques, l’origine des spermatozoïdes dans la tunique vaginale n’est pas toujours facile à expliquer. Le plus souvent ils proviennent de kystes qui en renferment, et dans lesquels leur existence s’expliquerait par le fait signalé par Luschka (1), et d’après lequel l’hydalide de Morgagni, qui devient souvent le point de départ des kystes séminaux, communiquerait avec les canaux de l’épididyme ; toutefois Paget, cet observateur si exact, a démontré que des kystes renfermant des spermatozoïdes pouvaient exister sans communication aucune avec les voies spermatiques. Une autre source des kystes séminifères est la dilatation des vaisseaux afférents de Haller : en effet, le professeur Uhde (2) a trouvé, chez un homme âgé de soixante-huit ans, trois kystes séminifères, dont l’un était une dilatation du vaisseau afférent; elle était située au-devant de la partie inférieure du cordon spermatique, et avait près de 5 centimètres 1/2 de longueur sur 18 millimètres d’épaisseur; elle communiquait par une petite ouverture avec les voies spermatiques. M. Pitta a examiné deux fois le liquide de l’hydrocèle renfermant des spermatozoïdes ; dans l’un des cas, la pesanteur spécifique était de 1,022 et renfermait beaucoup d’albumine, de la soude, de l’albuminate de soude, du chlorure de sodium, de la graisse et des traces de phosphate calcaire.

On sait que l’hydrocèle est ordinairement pyriforme, à large base en bas ; toutefois la forme peut être irrégulière, en bissac par suite d’étranglements, d’adhérences anormales ou de cloisons. Lorsque la maladie a duré un certain temps, l’albuginée de la tunique vaginale peut être épaissie, couverte par places d’excroissances, de plaques indurées, même d’une espèce de sable comme calcaire. Quant aux excroissances, il reste à rechercher leur rapport avec les franges ou appendices delà tunique vaginale. Luschka en a trouvé le plus souvent le long du bord de l’épididyme, à l’endroit où la membrane séreuse forme le ligament de l’épididyme et entre dans la formation du sac de celui-ci. On les trouve aussi

à la partie supérieure du feuillet viscéral du testicule, ainsi qu’aux bords des kystes non pédiculés de

Morgagni. Luschka ne les a trouvés qu’une seule fois à la face interne du feuillet pariétal. C’est dans ces franges que se forment les corps étrangers de la tunique vaginale, d’une manière semblable à ceux des autres tuniques séreuses. Dans une de nos autopsies, nous avons rencontré des portions très amincies de l’albuginée avec une hydrocèle; il s’agissait d’un jeune homme âgé de vingt-deux ans, auquel nous avons dû amputer le bras à la suite d’un coup de feu reçu à la bataille de Trient, en 1844 ; l’opération a été suivie de mort par infection purulente. Ce jeune homme portait une hydrocèle autour du testicule gauche. Je l’enlevai pour l’examiner en détail. L’eau de l’hydrocèle était citrine et transparente. L’albuginée offrait une épaisseur fort inégale sur les divers points de sa surface; par places elle était comme macérée par le liquide, très amincie, montrant même des creux faits comme par un emporte-pièce : dans ces points, son épaisseur était à peine d’un millimètre, tandis qu’elle était de 3 à 4 dans d’autres. Ce fait nous rend compte de l’une des raisons de l’existence des animalcules spermatiques que l’on rencontre souvent dans le liquide de l’hydrocèle, lorsqu’il offre une teinte louche et grisâtre, et quelquefois jaune citrin. A mesure que l’albuginée est amincie, les canaux séminifères superficiels sont de plus en plus rapprochés du liquide de la tunique vaginale, et lorsque la cloison mince

finit par disparaître en partie, ils peuvent y verser les produits de leur sécrétion.

(1) Virchow' s Archiv, t. VI, p, 310.

(2) Deutsche Klinick, 1853, u° 19.

ALTÉRATION DU TESTICULE ET DE SES ENVELOPPES

Un des faits les plus curieux d’hydrocèle que j’aie observé a été communiqué à la Société de chirurgie par M. Huguier, en 1851 : l’opération, pratiquée par incision, donna issue à une masse spongieuse légèrement adhérente; il existait, en outre, un kyste qui fut également incisé. Cette masse spongieuse n’était autre chose qu’un tissu vasculo-cellulaire infiltré de beaucoup de sérosité; mais ce tissu cellulaire avait si bien sa structure normale, que j’ai de la peine à n’y voir que la transformation d’une fausse membrane; je serais plutôt disposé à admettre une inflammation chronique avec exsudation fibro-plastique et ensuite avec organisation fibroïde.

L’hydrocèle enkystée du cordon n’est pas très rare ; elle forme une tumeur de volume variable, depuis celui d’une fève ou d’une amande jusqu’à un œuf de pigeon ou de poule; son axe est ordinairement situé dans le sens du cordon, qu’elle suit, dans des cas exceptionnels, dans toute sa longueur, présentant çà et là quelques étranglements et pouvant simuler une hernie.

L’hydrocèle congénitale provient de la non-oblitération du prolongement vaginal du péritoine avec transsudation séreuse dans la cavité, disposition qui établit une communication entre la tunique vaginale et l’abdomen; du reste, elle guérit ordinairement pendant les premiers temps de la vie, surtout si cette communication est étroite. Sa ressemblance avec une hernie inguinale est souvent très grande; cependant sa transparence, ses rapports avec le testicule, sa matité à la percussion, établissent ordinairement le diagnostic. Une hernie coexiste néanmoins quelquefois avec cette forme d’hydrocèle, et occupe alors sa partie supérieure; la tunique vaginale joue, dans ces cas, le rôle d’un sac herniaire.

Il y a enfin une dernière variété d’hydrocèle à signaler, décrite par M. Béraud (1). Il s’agit d’une hydrocèle mixte, dans laquelle le liquide accumulé dans la tunique vaginale communique par une espèce de canal avec une autre collection de liquide en rapport direct avec le dartos et située sous la peau du scrotum. M. Béraud en donne une explication qui nous paraît assez plausible : il a trouvé qu’à l’état normal, la tunique vaginale possédait plusieurs appendices qui peuvent former de véritables diverticules, appendices offrant quelque analogie avec ceux décrits par Luschka. C’est un de ees diverticules qui, en se dilatant, ou plutôt étant distendu par le liquide de l’hydrocèle, peut former un véritable kyste sous-cutané, transparent, en rapport avec la tunique vaginale au moyen d’un canal. M. Béraud a observé ce fait deux fois sur le cadavre.

Nous avons à ajouter encore quelques remarques sur les altérations de la tunique vaginale telle qu’on l’observe chez les vieillards, en rappelant les belles recherches de M. Duplay sur ce sujet. Cet auteur a trouvé la tunique vaginale altérée 44 fois sur 59 vieillards ; il y avait des adhérences, de l’épaississement ou une accumulation de liquides; les adhérences existaient 17 fois, soit étendues et intimes, soit constituées par de simples brides qui quelquefois délimitaient des espaces remplis de sérum ; elles étaient plus fortes tantôt à la face antérieure, tantôt postérieurement; plusieurs fois il y avait oblitération complète de la tunique vaginale; ces adhérences existaient 6 fois à gauche, 7 fois à droite, k fois des deux côtés. Chez 12 malades la tunique vaginale était épaissie, elle avait jusqu’à 1 ou 2 millimètres. Cette altération était partielle ou plus générale, et accompagnait ordinairement les adhérences. La tunique vaginale ainsi hypertrophiée était comme ridée ou rugueuse lorsqu’il y avait adhérence intime avec épaississement; le tout ne formait qu’une masse épaisse. Dans un cas, M. Duplay a trouvé la membrane séreuse parsemée d’une foule de petites granulations excessivement fines et très dures. En examinant obliquement la tunique vaginale, sa surface semblait avoir été saupoudrée de grès pilé; c’est, du reste, un aspect qu’il a souvent rencontré sur la membrane qui tapisse les ventricules cérébraux dans certains cas d’hydrocéphalie chronique des vieillards.

L’hydrocèle a existé 15 fois sur 59, 8 fois d’un seul côté, dont 6 fois à gauche et 7 fois des deux côtés, et le liquide a varié entre 4 et 200 grammes, ordinairement limpide et citrin; une fois l’hydrocèle avait la forme de bissac par suite de brides celluleuses qui en faisaient un sac biloculaire. Une remarque intéressante pour l’étiologie de l’hydrocèle, c’est que dans tous les cas, à l’exception d’un seul, il y avait des lésions de la tunique vaginale ou des autres tissus. Dans l’hydrocèle commençante, il y avait fréquemment des brides celluleuses, d’autres fois des plaques de consistance cartilagineuse qui faisaient saillie à la

(1) Archives de médecine, juin 1856.

surface de la tunique albuginée, qui prenait alors un aspect rugueux et inégal. Dans ces cas, il y avait en même temps des kystes de l’épididyme variant de volume, depuis celui d’un grain de chènevis jusqu’à celui d’une cerise; presque toujours ils étaient au nombre de deux ou trois. Chez un sujet on voyait, après que la tunique vaginale fut ouverte, un kyste situé au-dessous de la tête de l’épididyme, qui représentait une seconde hydrocèle comme emboîtée dans la première.

Je cite textuellement les observations faites par M. Duplay sur les corps cartilaginiformes de la tunique vaginale, en rappelant l’explication donnée sur leur origine par Luschka, qui les considère comme provenant des franges et des appendices de la tunique vaginale. Je rappellerai aussi que leur structure n’est ni cartilagineuse, ni osseuse; mais, comme je l’ai indiqué dans la partie générale de cet ouvrage, à l’occasion des tumeurs fibreuses, ce sont des corps de structure fibroïde et lamelleuse, renfermant des corpuscules à couches concentriques et devenant dans leur centre le siège d’une calcification.

« J’ai trouvé, dit M. Duplay, 4- fois des petits corps, soit cartilagineux, soit osseux, soutenus par un pédicule très mince qui naissait de la tunique albugiuée, au-dessous de la tête de l’épididyme; ces petits corps se balançaient au milieu du liquide, soutenus par leur pédicule. Leur volume variait depuis celui d’un grain de chènevis jusqu’à celui d’un noyau de cerise; plusieurs d’entre eux se détachaient avec la plus grande facilité du pédicule qui les retenait.

» J’ai observé aussi, dans quatre cas d’hydrocèle, des petites tumeurs cartilagineuses, dont deux présentaient un noyau osseux, entièrement libres au milieu du liquide; sur l’un de ces sujets, on voyait un de ces corps ainsi complètement libre, en même temps qu’un corps de même nature, encore soutenu par un pédicule filiforme, flottait au-dessous de la tête de l’épididyme.

» Il me paraît démontré que ces corps ainsi libres au milieu du liquide ont commencé par être fixés sur un point quelconque de la surface du testicule, et que par suite de l’allongement et du tiraillement du pédicule qui les soutenait, ils ont fini par les rompre; tout porte à croire aussi que la plupart de ces corps ont été primitivement de petits kystes dont les parois ont dégénéré, soit après leur rupture, soit par une suite de transformations successives qu’il ne nous a pas été permis d’étudier.

» Ces diverses lésions de la tunique vaginale que nous venons de signaler, la fréquence des kystes, ces corps étrangers cartilagineux ou osseux, soit pédiculés, soit libres, nous paraissent de nature à expliquer la fréquence si grande de l’hydrocèle chez les vieillards. La rupture des kystes, l’épanchement du liquide qu’ils renferment, la présence de ces corps cartilagineux, qui se meuvent entre les deux feuillets de la tunique vaginale dans les diverses altitudes du corps, nous paraissent bien propres à déterminer l’irritation de cette membrane, et par suite l’hypersécrétion du liquide séreux qui la lubrifie.

» La tunique albuginée était 14 fois malade; 2 fois elle était épaissie, 3 fois elle présentait des plaques cartilagineuses et 9 fois des kystes ou autres produits accidentels.

» Ces kystes naissaient presque tous du bord supérieur du testicule et soulevaient plus ou moins l’épididyme, d’autres naissaient au-dessous de la tête de cet organe. Le volume de ces kystes n’était pas ordinairement considérable, il variait depuis celui d’un grain de chènevis jusqu’à celui d’un grain de raisin; une fois seulement un de ces kystes avait acquis un volume beaucoup plus considérable.

» Les autres productions accidentelles naissant ainsi de la tunique albuginée consistaient en petits corps fibro-cartilagineux ou osseux, qui naissaient de la surface de la membrane par un pédicule fibreux plus ou moins allongé.

» L’épaississement de la tunique albuginée, dans les deux cas où je l’ai observé, n’était que partiel ; il consistait en plaques de 1 ou 2 centimètres d’étendue, dont la partie centrale était fibro-cartilagineuse. Cette hypertrophie avait bien un millimètre d’épaisseur.

» A part ces 14 cas, j’ai trouvé la tunique albuginée saine et avec toutes les apparences qu’elle présente chez l’adulte. »

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