SECTION DEUXIÈME
DES MALADIES DES OIIGANES GÉNITAUX DE LA FEMME
Nous allons passer successivement en revue les maladies de la vulve, du vagin, de l’utérus, des oviductes et des ovaires, mais auparavant nous ne croyons pas déplacé de donner quelques détails sur l’hermaphrodisme.
La première ébauche des organes génitaux est identique dans les deux sexes, et ce n’est que dans le cours du développement fœtal que les organes génitaux se développent pour l’un ou l’autre; cependant cette différence peut ne point être complète, surtout pour les organes externes, et alors l’apparence mâle prédomine pour ceux-ci. Au plus haut degré, les deux organes essentiels des sexes, le testicule et l’ovaire, se trouvent ensemble, mais les exemples bien constatés sont très rares; j’en ai vu présenter un à la Société de biologie. On trouve alors le testicule, avec ses conduits excréteurs, sur un côté du corps, tandis que l’ovaire et l’oviducte sont situés de l’autre côté : c’est pour cela que l’on a appelé cette forme hermaphrodisme latéral.
Dans les degrés inférieurs, il s’agit ordinairement d’hommes dont les organes génitaux sont modifiés : les testicules sont intra-abdominaux, plus rarement situés dans un scrotum fendu et vulviforme; le pénis est peu développé, imperforé, et une espèce de fente uréthrale se trouve à sa base. D’autres fois on trouve un vagin et un utérus peu développés, également avec des testicules internes, mais sans ovaires; d’autres fois le pénis est normal et le scrotum seulement fendu. Dans la coexistence d’un vagin comme reste du sinus uro-génital du fœtus avec un pénis rudimentaire, l’apparence féminine peut prédominer ou le doute peut persister, et l’on a vu alors des individus exercer le coït, tantôt comme des hommes, tantôt comme des femmes : on a appelé cette forme d’hermaphrodisme transversal, à cause de l’inégalité des organes sexuels externes et internes. Une troisième forme constitue l’hermaphrodisme incomplet, tel que l’hypospadias avec fente du scrotum et cryptorchisme, cependant les testicules se trouvent quelquefois dans le scrotum fendu; mais l’erreur est d’autant plus facile, lorsqu’on ne peut pas sentir les testicules, que toute l’apparence du corps prend quelque chose de féminin. Chez les femmes, les organes externes peuvent être imperforés; le clitoris peut se trouver agrandi avec une ouverture uréthrale à sa face inférieure; les ovaires peuvent descendre dans les grandes lèvres; le vagin peut exister, mais très étroit; le corps peut avoir une apparence masculine : en sorte qu’un examen attentif seul peut décider à quel sexe on a affaire (1).