CHAPITRE II
DES ALTÉRATIONS DE L’UTÉRUS
Les maladies de l’utérus occupent sans contredit, sous le rapport de leur importance, le premier rang parmi les affections des organes génitaux de la femme : en effet, non-seulement la matrice participe à beaucoup de maladies des organes externes et des ovaires, mais encore joue le rôle principal dans l’histoire du développement de la grossesse et dans les altérations qui peuvent survenir après les couches; aussi n’est-il pas étonnant que, depuis cinquante ans, les médecins et les chirurgiens se soient occupés avec une certaine prédilection des maladies de cet organe. Ce sont elles qui, après les maladies des voies circulatoires et respiratoires, ont provoqué le plus grand nombre de recherches, et en même temps les plus étranges exagérations, parmi lesquelles nous comptons avant tout l’emploi de la sonde et du redresseur de l’utérus; on a bien aussi abusé du spéculum, mais cet instrument est tellement indispensable pour le médecin, qu’il doit s’en servir habituellement dans la pratique particulière aussi bien que dans celle de l’hôpital. Je dirai même que le spéculum est l’instrument le plus indispensable pour le diagnostic, car on peut se passer, à la rigueur, du stéthoscope, et sauf les bruits des vaisseaux du cou, on peut percevoir toutes les abnormités des maladies thoraciques aussi bien par l'auscultation immédiate et par la percussion au moyen des doigts que par le stéthoscope et le plessimètre.