‹ Traité d'anatomie pathologique générale et spécialeChapitre 73 sur 165 · ARTICLE II.— DU RÉTRÉCISSEMENT ET DE L’OCCLUSION DE LA MATRICE · texte numérisé non relu

ARTICLE II.— DU RÉTRÉCISSEMENT ET DE L’OCCLUSION DE LA MATRICE

L’occlusion de l’utérus est rarement congénitale et n’a lieu dans ce cas qu’à l’origine externe, mais la cause s’en trouve plutôt dans la muqueuse du fond du vagin, qui ne présente point d’ouverture. Quant à l’étroitesse relative de l’orifice et du canal utérin, nous la croyons d’une importance moindre qu’on n’a bien voulu le dire, lorsqu’il n’existe pas d’autres maladies de la matrice. La position déclive de l’organe, la lubrifaction de la cavité du col par du mucus, la périodicité de l’écoulement des règles, font que ce conduit s’adapte aux fonctions qu’il doit remplir, et son étroitesse naturelle seule doit constituer rarement une cause de dysménorrhée ou de stérilité. L’occlusion de l’orifice interne est ordinairement acquise, consécutive à une affection catarrhale, à des végétations de la membrane interne, à des ulcérations qui ont fini par entraîner une adhésion anormale, et enfin aux inflexions ou aux infractions de la matrice, qui sont surtout fréquentes au niveau de l’orifice interne. Une fois que l’occlusion est complète, il peut se former des amas divers d’un liquide muqueux qui devient de plus en plus séreux, du sang des règles mêlé avec du liquide séro-muqueux, et c’est ainsi que naissent les étals décrits sous le nom d’hydrometra, hœmatometra, tumeurs qui peuvent atteindre le volume d’une tête de fœtus, d’une tête d’adulte, d’un utérus siège d’une grossesse avancée, avec compression des organes voisins. Bien souvent cet état est la conséquence de l’occlusion congénitale de l’orifice externe du col, et c’est alors qu’à l’époque de la puberté tous les accidents d’une accumulation de liquide se manifestent peu à peu. Ces malades ont bien à chaque époque des coliques menstruelles, mais le sang ne sort point ; et ce qui fait qu’il reste souvent liquide, c’est que, pendant l’intervalle des règles, il se fait une sécrétion muqueuse ou séro-muqueuse dans laquelle le sang menstruel est versé. Il arrive même quelquefois que ce liquide reflue dans les trompes et s’épanche dans la cavité abdominale ; de même que la matrice, de plus en plus distendue, finit par devenir membraneuse, et quelquefois par se rompre, accident qui entraîne une péritonite mortelle. Lorsque l’orifice externe seul est fermé, la tumeur est quelquefois étranglée au milieu du col et renferme deux cavités, celle du corps et celle du col de la matrice, l’une et l’autre très élargies, communiquant entre elles par un orifice étroit. J’ai observé un cas de ce genre dans lequel il était survenu une communication anormale avec la vessie. Je ne sais trop comment expliquer les cas de physomélrie dans lesquels l’utérus, assez distendu pour faire croire à l’existence d’une grossesse, s’est promptement affaissé en donnant lieu à la sortie bruyante de gaz. Je ne saurais admettre avec M. Veit, qu’il y ait là dégagement de gaz par putréfaction, car toute l’histoire des pneumatoses prouve que du gaz peut se produire dans des parties bien différentes du corps, sans l’intervention de la putréfaction.

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