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DES MALADIES DES OVIDUGTES ET DES OVAIRES

Les oviductes, terme que nous préférons à celui de trompes, peuvent participer aux vices de conformation et au déplacement des ovaires et de l’utérus. Leur cavité peut être le siège d’une simple irritation catarrhale ou d’une accumulation de liquides, par suite d’une obstruction de l’un des deux côtés. L’inflammation catarrhale offre ses caractères ordinaires, toutefois il ne faudrait pas prendre pour une exsudation purulente tout liquide qui en a l’apparence et que l’on trouve dans les oviductes. En circonstance pareille, j’ai trouvé quelquefois ce liquide puriforme entièrement composé de granules et d’épithélium cylindrique ou vibratile.

L’oblitération des oviductes a le double inconvénient de s’opposer à la progression des ovules pendant la menstruation, et de provoquer la stérilité lorsqu’elle existe des deux côtés. Elle donne lieu, en outre, à une accumulation de liquide, soit d’un muco-pus, soit d’un liquide plus séreux ou teint de sang. Lorsque l’oblitération a persisté depuis un certain temps, cette accumulation provoque une transformation kysleuse de l’oviducte, maladie que l’on a décrite sous le nom d’hydropisie de la trompe, qui peut atteindre le volume d’un œuf, d’une grosse pomme, et même d’une tête de fœtus; elle existe de préférence à la partie supérieure de la trompe, qui présente quelquefois des étranglements entre les points dilatés. Quant aux cas de ce genre signalés comme beaucoup plus volumineux, leur existence est douteuse. Lorsque cet état a atteint un certain degré, le kyste se rompt, et le liquide s’épanche dans la cavité abdominale. Cet état, à un léger degré, s’observe plus souvent des deux côtés que d’un seul. Les perforations peuvent entraîner une péritonite mortelle, mais aussi des accidents moins graves, lorsque des adhérences préalables ont fixé les trompes aux organes voisins.

Les hémorrhagies des oviductes n’ont point de gravité tant qu’il y a possibilité d’écoulement par la matrice; toutefois, s’il y a une quantité considérable de sang épanché, cet amas peut se rompre et provoquer une péritonite. 11 peut exister dans cette région une autre maladie qui a bien préoccupé les chirurgiens depuis quelques années, c’est celle à laquelle M. Nélaton a donné le nom d ’hématocèle rétroutérine. Cette affection a été étudiée par plusieurs élèves de cet habile chirurgien, qui en ont fait le sujet de leurs thèses, et surtout par le docteur Aug. Voisin, interne distingué des hôpitaux (1). Nous empruntons à son travail l'extrait suivant :

« L’hématocèle rétro-utérine est constituée anatomiquement par une poche remplie de sang noir et visqueux, limitée en avant par la face postérieure de l’utérus et de l’un ou des deux ligaments larges; en arrière, par le rectum et la partie postérieure de la cavité pelvienne; latéralement, par le péritoine, qui la sépare des parois du bassin ; en bas, par le cul-de-sac utéro-rectal ; en haut, par une portion du rectum, l’S iliaque, une ou plusieurs anses d’intestin grêle, et le cæcum, unis par des adhérences à l’utérus et aux ligaments larges.

» La poche est intra-péritonéale; dans certains cas où le siège extra-péritonéal a été admis à un premier examen, une dissection plus attentive a fait découvrir la séreuse au-dessous de la tumeur.

» La poche est toujours rétro-utérine ; si, pendant la vie, on sent la tumeur circonscrire les parties latérales de l’utérus, cela tient à ce que son contenu a repoussé en avant les ligaments larges et a pris leur place, d’une manière apparente du moins.

» L’hématocèle est en relation immédiate avec la menstruation. Antérieurement à l’affection, les malades sont abondamment et souvent irrégulièrement réglées. Ce sont des femmes de trente ans, en moyenne, d’un tempérament sanguin, passionnées et adonnées aux plaisirs vénériens. — Cliniquement, l’hématocèle se caractérise par une douleur expulsive; — par une perte abondante de sang concomitante

(1) l'hèse. Paris, 1858. — M. le docteur Auguste Voisin vient de compléter son travail et de le publier sous ce titre : De l'hématocèle rétro-utérine, et des épanchements sanguins non enkystés de la cavité péritonéale du petit bassin, considérés comme accidents de la menstruation (Paris, 1860, in-8, avec une planche). Nous ne saurions trop recommander la lecture de cette excellente monographie, qui jette un jour nouveau sur un des points les plus obscurs des maladies des femmes.

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