MALADIES DES OVIDUCTES ET DES OVAIRES
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au début; — par une tumeur pelvienne dépassant le plus souvent le pubis, sentie par le vagin, en arrière de l’utérus, dont elle repousse le col en avant; tumeur mate, d’abord molle, fluctuante, puis dure, quelquefois devenant plus tard le siège d’une suppuration qui diminue sa consistance et la rend de nouveau fluctuante; — par une décoloration rapide de la peau* et par des symptômes de péritonite et d’hémorrhagie interne qui, dans le début de l’affection, ont mis les jours de la malade en danger. »
Les produits accidentels des oviductes sont rares également. On trouve quelquefois des petits kystes dans les franges du pavillon, des petites tumeurs fibreuses à la surface ou sur la membrane muqueuse^ Le tubercule affecte dans les trompes les mêmes dispositions que dans les uretères; il est distribué dans la muqueuse, qui est ainsi transformée, pour ainsi dire, en un tube ou cylindre composé de matière tuberculeuse : on y observe plus rarement des tubercules disséminés. Quant au cancer des oviductes, il en sera question à l’occasion de celui des ovaires.
La grossesse tubaire, du domaine de l’art des accouchements, ne saurait être traitée ici.
Nous n’entrerons pas dans de longs détails au sujet des maladies de l’ovaire. Les vices de conformation sont ordinairement un phénomène partiel de ceux des organes génitaux internes en général. Leur position devient quelquefois anormale, en ce sens que l’un ou tous les deux sont descendus à travers le canal inguinal, entre les grandes lèvres, ou sont restés dans le trajet de ce canal pour former une véritable hernie ovarienne, qui, dans des cas rares, a eu lieu aussi à travers le canal crural ou le trou ovale. D’autres fois l’ovaire est entraîné dans les hernies avec les organes voisins.
L’inflammation des ovaires n’est pas, à beaucoup près, aussi fréquente qu’on l’a cru, avant que des études anatomo-pathologiques plus exactes aient éclairé sur ce point les pathologistes. La plupart des inflammations de l’ovaire surviennent pendant les couches, et ont lieu de préférence dans l’enveloppe péritonéale de cet organe; aussi trouve-t-on dans ces cas l’ovaire comme englobé dans des foyers phlegmasiques qui, par la suite, en se condensant en tissu cellulaire et fibreux, peuvent l’atrophier. D’autres fois l’inflammation a son siège dans les follicules ou dans la charpente fibreuse, dans le parenchyme de l’organe. On trouve alors une forte hypérémie générale ou partielle, qui peut se terminer par la formation kysteuse, en dilatant un ou plusieurs follicules gorgés des produits phlegmasiques. Dans certains cas, des abcès peuvent se former dans l’ovaire, s’ouvrir même dans le péritoine, et entraîner une péritonite mortelle : cet état a été observé par Kiwisch en dehors de l’époque puerpérale. Dans l’inflammation chronique, que je n’ai, du reste, point eu occasion d’observer moi-même, l’ovaire, d’après les auteurs, s’engorge, et peut donner lieu à une transformation alvéolaire que, pour ma part, je suis plus disposé à envisager comme une altération primitive de nutrition en dehors de tout travail phlegmasique. Dans l’état puerpéral I’ovarite est ordinairement d’importance secondaire; toutefois, dans des cas exceptionnels, elle peut constituer l'inflammation puerpérale, principale et donner lieu ensuite à la formation d’abcès volumineux, à des perforations variées, à des adhérences anormales. Cependant l’inflammation de l’ovaire est loin d’être une affection fréquente.
Quant aux produits accidentels de l’ovaire, nous avons déjà parlé, dans la partie générale de cet ouvrage, des tumeurs fibreuses et des kystes.
Les tubercules ne sont ni communs, ni même importants dans les ovaires. J’ai rapporté un cas remarquable de tumeurs gommeuses syphilitiques dans les ovaires. Il me reste donc à donner encore une courte description du cancer des ovaires et des oviductes.
Nous avons ici principalement en vue le cancer primitif de l’ovaire, car les dépôts secondaires, dans cet organe, sont le plus souvent peu considérables, et ne révèlent leur existence qu’à l’autopsie, où on les rencontre, d’ailleurs, dans des circonstances bien diverses. C’est surtout dans le cancer du péritoine que le mal se propage aux ovaires, tandis que c’est rarement le cas dans le carcinome utérin.
On a bien souvent confondu avec le cancer des ovaires les diverses transformations des affections kystoïdes uniques ou multiloculaires des ovaires. C’est ainsi que nous avons vu prendre pour cancéreuse l’hypertrophie molle, végétante, et de nature fibro-plastique des parois de ces kystes, tandis que nous avons vu, d’un autre côté, confondre avec le cancer colloïde les cas non très rares d’une affection kysteuse commençante où toutes les loges de l’ovaire sont élargies, et montrent, tant dans les kystes que dans le tissu de l’organe, un liquide épais et gélatiniforme. L’embarras, en pareil cas, peut être grand, même
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pour l’anatomo-pathologiste consommé; car la coïncidence du véritable cancer avec le kystoïde simple ou avec les kystes multiloculaires n’est nullement rare, et l’on peut dire, en thèse générale, que si les kystes se rencontrent fréquemment sans le cancer, le cancer primitif de l’ovaire, au contraire, est souvent compliqué d’un développement kysteux plus ou moins étendu (1).
Le volume des tumeurs cancéreuses de l'ovaire varie depuis celui d’un œuf de poule ou du poing jusqu’à celui d’une tête d’adulte. Nous l’avons vu dépasser cette étendue, tout en constituant une masse solide, quoique généralement l’énorme accroissement de volume soit dû à l’accumulation des liquides dans un des kystes. On observe cette maladie tantôt dans l’un, tantôt dans les deux ovaires, et, dans ce dernier cas, le mal est très inégal des deux côtés. Le tissu cancéreux se trouve sous forme d’infiltration générale molle, d’un blanc jaunâtre ou d’un jaune rosé, dans toute l’étendue de l’organe, ou il infiltre les parois d’un kyste volumineux, ou enfin il occupe de petits kystes dans leur totalité. L’abondance du suc cancéreux, d’un blanc jaunâtre trouble et lactescent, est un des meilleurs caractères pour établir le diagnostic, et le microscope fait disparaître jusqu’au dernier doute, en montrant la présence des cellules cancéreuses. Les dépôts peuvent être discrets ou confluents. Nous avons rencontré deux fois des formes bien bizarres de tumeurs de ce genre, dans deux cas observés en commun avec M. Ch. Robin, cas dans lesquels nous avons iujecté les artères et les veines de ces organes et des tissus accidentels. Nous dirons, en passant, que nous avons aussi bien constaté la présence des artères que celle des veines et des nombreux réseaux capillaires dans les deux pièces.
La première occupait, presque en totalité, la cavité abdominale, et avait 0m,32 de longueur sur 0m,16 d’épaisseur : elle pesait 5 kilogrammes; sa surface était arrondie et bosselée. Outre l’enveloppe fibreuse très épaissie, on distinguait sur une grande partie de l’étendue, dans la partie périphérique, un tissu comme caverneux, formé de vaisseaux et de cloisons fibreuses, et en partie rempli d’épanchements sanguins ou de matières d’injection. Dans d’autres points de la surface, il y avait des tumeurs molles, arrondies, bosselées, entièrement encéphaloïdes ; toute la portion centrale, enfin, occupant environ les deux tiers, ne renfermait point de vaisseaux, et offrait une teinte jaune pâle, une consistance élastique; elle était dépourvue de vaisseaux sanguins, et composée d’un feutrage dense, de cloisons fibreuses remplies d’une substance demi-transparente, homogène, d’un jaune d’ocre par places, qui se laissait rompre facilement sans se réduire en pulpe. Il nous a été impossible de décider s’il s’agissait d’un caillot transformé ou d’une substance fibroïde dépourvue de tout élément cellulaire. Le lecteur pencherait peut-être plus que nous pour la nature fibrineuse de ce tissu; si cependant un jour nous avons occasion de publier en détail la description que nous en avons faite d’une manière très complète, nous montrerons combien nos doutes à cet égard sont légitimes. Du reste, cette tumeur, comme la suivante, a été très bien figurée planches CLXI et CLXII.
La seconde tumeur que nous mentionnerons ici n’était pas moins curieuse. Les deux ligaments larges étaient cancéreux, ainsi que le vagin, et le cancer de l’ovaire gauche n’occupait que la surface interne de cet organe ; il avait principalement son siège dans la trompe. La tumeur entière avait le volume d’une tête de fœtus à terme; la surface était constituée par une masse de sang coagulé qui présentait les caractères de caillots anévrysmatiques ; le tissu même de la tumeur de la trompe offrait un aspect chevelu, de couleur rouge de chair, et était composé d’écheveaux de vaisseaux artériels et veineux entourés de matière cancéreuse. Les autres tumeurs avaient un aspect plus franchement encéphaloïde. Un des caractères capables d'établir sans réplique la nature carcinomateuse de ces tumeurs ovariques, est la coexistence de tumeurs semblables que nous avons rencontrées, soit dans des ligaments larges, soit dans le vagin et le pourtour de l’utérus en général, soit dans le foie ou d’autres organes plus éloignés. Dans une de nos autopsies, une tumeur cancéreuse considérable entourait le pancréas.
Le nombre des cas observés par nous est malheureusement trop restreint pour nous permettre de déterminer les altérations secondaires non cancéreuses. La plus constante est l’infiltration séreuse des membres inférieurs, consécutive à la compression exercée sur leurs vaisseaux; à cette infiltration correspondait ordinairement une certaine abondance de sérosité dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien. Nous avons
(1) Voyez un bon mémoire de M. le docteur Bauchet : Anatomie pathologique des kystes de l'ovaire, et de ses conséquences pour le diagnostic et le traitement de ces affections [Mémoires de l’Académie de médecine, Paris, 1859, t. XXIII, p. 19 à 174).
MALADIES DE LA MAMELLE
observé une fois une affection tuberculeuse récente des poumons, des granulations grises et jaunes, des tubercules gris et ramollis, et des cavernes. Chez la même malade, il y avait des ulcérations dans l’intestin grêle; chez une autre, la membrane muqueuse de l’intestin grêle et du côlon était ramollie; une fois, enfin, nous avons trouvé un kyste hydatifère ancien dans le foie.
La marche de la maladie est rapide, surtout si on la compare avec celle de l’hydropisie enkystée idiopathique. Les malades succombent dans l’espace de dix à douze mois après le début de la maladie; le maximum de durée que nous ayons noté a été de vingt mois. Nous ne possédons pas un nombre suffisant d’observations sur cette maladie pour rendre compte des symptômes secondaires, tels que la pneumonie terminale, des oblitérations vasculaires, etc.
Un cas récent nous a offert cela de curieux, que les deux ovaires étaient atteints, et que l’on croyait avoir affaire, pendant la vie, à des tumeur fibroïdes, vu leur grande mobilité. Lorsque, vers la fin, le foie devint cancéreux et que l’on sentit des bosselures au travers des parois abdominales, le diagnostic fut plus clair; mais, même à l’autopsie, nous trouvâmes, outre les deux ovaires cancéreux, ayant chacun la grosseur d’un œuf de dinde, une tumeur fibroïde, du volume d’une bille de billard, attachée à la surface du ligament large, et composée en majeure partie de fi b ro -cellules musculaires organiques,