ARTICLE PREMIER. — DES VICES DE CONFORMATION
Nous n’avons à parler ici que d’un bien petit nombre d’altérations; la plupart, en effet, ou sont incompatibles avec l’entretien de la vie, genre d’altérations que nous passons généralement sous silence, ou ont rapporta des altérations dont il sera question en parlant des lésions des diverses parties du squelette; il en est d’autres enfin dont il a déjà été question lorsque nous avons parlé des maladies des diverses cavités renfermées dans l’intérieur du squelette.
On n’observe l’absence des os importants que chez les monstres acéphales cyclopéens, aprosopiens, avinatiens, etc. D’un autre côté, il est sans importance de voir une vertèbre manquer ou être surnuméraire, et nous avons déjà discuté, à l’occasion des monstruosités, dans la partie générale de cet ouvrage, la signification des os surnuméraires que l’on a trop généralement attribués à la fusion de deux fœtus. Le nanisme et le géantisme constituent deux variétés de conformation dans lesquelles la formation exiguë ou exagérée du squelette est en rapport intime avec celle de tout le reste du corps. Quant aux fissures congénitales des os, il en a déjà été question à l’occasion du spina-bifida, du bec-de-lièvre, etc. La plus remarquable que nous ayons observée, est la fissuration congénitale du sternum, chez le nommé Gros, chez lequel cette altération permet d’étudier sur le vivant la contraction et la dilatation des gros vaisseaux. Du reste, M. Gros en a fait un moyen d’existence; depuis plusieurs années, il parcourt tous les centres scientifiques de l’Europe, et son album, dans lequel on trouve les plus beaux noms médicaux de l’époque, est un échantillon curieux de la divergence d’opinion qui règne encore sur le mode des mouvements du cœur.
Les vices de conformation du squelette sont, du reste, pour cette partie du corps comme pour toutes les autres, beaucoup moins bornés à l’époque fœtale qu’on ne serait tenté de le croire, vu que le squelette continue à se développer et à s’ossifier, surtout pendant tout le temps de la jeunesse, et même, après l’ossification complète, de nouvelles modifications de conformation peuvent survenir, soit parsuite d’une maladie locale, soit par une altération de toute la nutrition du squelette, comme dans le ramollissement des os.