ARTICLE IX. — DE L’ARTHRITE TRAUMATIQUE
Elle peut être déterminée par une contusion de la région articulaire, ou être la conséquence d’une déchirure ou d’une fracture des parties constituantes de l’articulation, sans compter que des luxations ou des déplacements plus étendus peuvent s’ensuivre. On observe là les conséquences de l’inflammation avec toutes ses variétés : la simple hypérémie avec augmentation notable de la synovie; des exsudations purulentes avec ou sans pseudo-membranes; une suppuration sanieuse, lorsque des plaies articulaires communiquent avec l’air extérieur, nécessitant souvent l’amputation ou se terminant par la mort; ou enfin on voit se développer peu à peu tous les signes ou tous les caractères anatomiques de l’inflammation
MALADIES DES ARTICULATIONS
chronique, telle que nous l’avons décrite dans le courant de cet article. Aussi sa terminaison peut-elle être de plusieurs espèces : ou la destruction de l’articulation est complète, et nécessite l’amputation ou la résection; ou la résolution a lieu peu à peu; ou enfin l’affection articulaire se termine par ankylosé.
Il résulte des diverses formes et des diverses influences étiologiques qu’avant tout, le traitement général doit être bien réglé. On combattra les causes spéciales, les scrofules, par l’huile de foie de morue et l’iodure de potassium; les arthrites goutteuses, par le colchique. En outre, le traitement intérieur symptomatique devra être convenablement dirigé ; on prescrira les mercuriaux, le nitrate de soude, le tartre stibié, les purgatifs dans les inflammations aiguës et subaiguës; on fera prendre les préparations opiacées pour combattre les douleurs vives et prolongées. Il faut enfin approprier le régime des malades à l’état général.
La position d’une articulation malade est à régler avec beaucoup de soins; l’articulation doit êlre immobilisée sans priver cependant le malade de tout exercice. La position la plus avantageuse est généralement celle qui est intermédiaire entre la pronation et la supination. La demi-flexion est surtout utile pour la hanche et le coude; l’extension convient mieux pour le genou. L’hygiène dans ces maladies doit être tonique, sauf le temps des exacerbations intercurrentes. Le traitement local est pour le moins aussi important dans ces affections que la médication générale. Il faut s’abstenir de l’abus des émollients et restreindre leur usage à l’état phlegmasique aigu. Les cataplasmes aromatisés sont préférables aux simples émollients.
L’application de sangsues ou de ventouses est trop systématiquement rejetée par beaucoup de praticiens dans le traitement des scrofules ; nous y avons eu souvent recours avec succès, surtout dans l’arthrite osseuse, ainsi que dans les accidents, les chutes, par exemple, auxquels les malades sont souvent exposés par suite de la maladresse de leurs mouvements.
Les résolutifs conviennent surtout dans l’arthrite chronique, lorsque toute acuité dans les symptômes a cessé : les plus utiles sont les frictions mercurielles ou iodées, et les bains locaux pris avec de bons appareils. Les frictions ammoniacales et camphrées, ainsi que les douches, conviennent contre la roideur articulaire et dans les cas où des dépôts fongueux existent autour de l’articulation malade, sans donner lieu à des accidents phlegmasiques prononcés ni à une suppuration abondante.
La compression est également d’un grand secours dans les arthrites superficielles accompagnées, soit d’un gonflement osseux, soit d’un dépôt fongueux abondant.
Les révulsifs ne conviennent que dans la seconde période de la maladie ; les vésicatoires volants ne sont utiles que dans des cas légers; les frictions stibiées sont trop douloureuses, sans être d’une action assez sûre. Les moxas sont bien les meilleurs révulsifs, mais il ne faut pas se dissimuler que leur action salutaire fait souvent défaut. On peut les établir avec le feu ou d’après la méthode de M. Bonnet, qui consiste dans l’emploi combiné de la pâle de Vienne et du chlorure de zinc (1).
Il faut ouvrir largement les abcès superficiels, mais ne pas se laisser tromper par la fluctuation due à un amas de synovie, ou à des dépôts fongueux très mous. Il faut exciser les portions de peau décollées, et cautériser fréquemment les trajets fisluleux.
La contracture et la déformation des membres consécutives à l’arthrite peuvent être modifiées d’une manière fort avantageuse par la ténotomie et un traitement orthopédique convenable; c’est surtout pour larétraction d’un genou que ce traitement est efficace.
L’amputation ne doit être pratiquée que lorsqu’elle constitue la seule chance de salut pour le malade; et il faut se rappeler que, chez les enfants surtout, les maladies articulaires en apparence les plus graves peuvent se terminer par la guérison.
(I) Philipeaux, Traité pratique de la cautérisation , d’après l’euseignement de M. Bonnet. Paris, 1856, p. 580.
inflammation des muscles.