SECTION TROISIÈME
MALADIES DES MUSCLES
Nous décrirons dans cette section l’inflammation des muscles, soit simple, soit de nature syphilitique, et l’atrophie musculaire, affection qui a particulièrement occupé les pathologistes dans ces dernières années. Nous traiterons en détail l’altération graisseuse des muscles, puis nous toucherons la question de la régénération des tendons, qui est devenue d’une grande importance pour la ténotomie, et nous passerons en revue les principaux faits de l’histoire anatomique du pied bot, pour être plus bref ensuite dans l’analyse des produits accidentels des muscles.
§ I. — De riuflainination des muscles , de la myosite.
Malgré la grande attention que l’on a généralement portée dans l’étude de l’inflammation des divers tissus et organes, il n’existe qu’un très petit nombre de travaux exacts sur celle des muscles, surtout sur la forme qui ne se termine point par la suppuration : c’est à Virchow (1) que nous devons les détails les plus complets sur cette première forme, relatée dans son beau travail sur l’inflammation parenchymateuse.
L’inflammation des muscles est tantôt d’origine spontanée, c’est-à-dire sans cause bien saisissablc dans l’état actuel de nos connaissances, tantôt consécutive à une violence externe, à une contusion, à une plaie; tantôt elle est sous l’influence d’une disposition morbide générale, rhumatismale ou syphilitique ; tantôt, enfin, elle est provoquée par une altération générale de l’économie à tendance pyogénique, telle que certaines maladies puerpérales, la pyohémie, la morve, etc.
Dans la description de la myocardite (tome I, page 428), nous avons pu nous convaincre à quel point les altérations parenchymateuses de la fibre charnue, l’infiltration granuleuse et la dégénération graisseuse y jouaient un rôle important, et nous avons démontré qu’ainsi des atrophies partielles, des anévrysmes, des ruptures même du cœur, ainsi que plusieurs maladies mortelles, pouvaient en résulter.
Dans l’inflammation primitive des muscles, qu’elle tende à la suppuration ou non, mais dans la forme non suppurée surtout, l’hypérémie inflammatoire s’accompagne bientôt d’un travail d’exsudation dont le produit est versé en partie dans l’interstice des fibres musculaires et en partie absorbé et retenu par celles-ci. Bien souvent l’inflammation des muscles doit ne pas aller plus loin, et l’exsudation séreuse se résorbe probablement sans transformation corpusculaire quelconque : du moins on observe souvent, dans le rhumatisme musculaire de la région lombaire et des muscles du cou, un gonflement douloureux qui a pour siège les muscles, et qui se dissipe dans l’espace de quelques jours, sans laisser la moindre gêne dans les mouvements et sans qu’il ait existé de névralgie. Lorsqu’au contraire l’inflammation suit son cours, l’exsudation peut s’organiser de deux manières différentes, ou dans l’intervalle des muscles, sous form ede noyaux et de corps fusiformes en général, ou sous forme d’éléments de tissu cellulaire en voie de formation, lequel peu à peu se transforme en tissu connectif ; ces éléments peuvent, soit par leur abondance, soit par leur contraction inodulaire, produire des masses tendineuses et fibroïdes qui constituent ce que Froriep a décrit sous le nom de callosité fibreuse rhumatismale ( rheumatische Schwiele). Lorsque l’exsudation s’étend sur un grand espace, la transformation fibreuse et la rétraction du muscle entier peuvent en être la conséquence.
Lorsque l’exsu4ation a lieu dans l’intérieur des cylindres musculaires, on voit paraître dans ces cylindres des granulations fines, d’abord disposées par séries longitudinales, puis irrégulières et remplissant peu à peu la masse tout entière. Les raies transversales et les fibres longitudinales se perdent alors; la fibre se décolore, et par places on voit des amas de pigment musculaire jaune, sous forme de granules ou de grumeaux irréguliers; peu à peu la consistance du muscle dans la partie malade est altérée, ramollie ; il peut même se désagréger par suite de cette infiltration granulo-graisseuse, et se
(1) Archiv , t. IV, p. 266. — La Pathologie cellulaire, trad. par P. Picard. Paris, 1861, in— 8, p. 237 et suiv.
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transformer en un amas granuleux difforme qui permet plus facilement encore à l’exsudation fibroïde nucléaire et fibro-plastique de s’organiser et de remplir les lacunes qui proviennent de cette espèce de perte de substance.
Lorsque la myosite tend à la suppuration, que les cellules du tissu connectif, au lieu de se multiplier par simple hyperplasie, se transforment en cellules du pus, l’exsudation, au lieu de devenir fibroïde et granuleuse, offre une multitude de cellules du pus qui sont d’abord infiltrées dans l’interstice des fibres, mais qui, en augmentant, les compriment, ainsi que le sarcolemme de leur enveloppe; l’infiltration exsudative granuleuse, qui a lieu simultanément dans les cylindres, facilite encore leur diffluence et la réunion du pus en foyers autour desquels la fibre musculaire présente ordinairement l’infiltration purulente, et un peu plus loin une décoloration d’un jaune sale ou grisâtre de la substance charnue. Ces abcès sont souvent disséminés et multiples, surtout lorsqu’une altération de l’économie, un état pyohémique leur a donné naissance. Ces foyers sont au contraire uniques et volumineux lorsque l’inflammation suppurative est primitive, comme par exemple dans le phlegmon du psoas iliaque, ou lorsque l’inflammation s’est propagée de l’altération d’un os voisin. L’abcès du psoas, indépendant d’une autre lésion, est le type de la phlegmasie suppurée des muscles. La suppuration peut y être très copieuse, les parois de l’abcès peuvent s’entourer d’une membrane pyogénique, et alors le foyer cherche à se faire jour au dehors dans la région inguinale, ou plus rarement dans quelque organe du bassin, dans l’articulation coxo-fémorale, et quelquefois dans la partie supérieure de la cuisse, sur le trajet des nerfs et des gros vaisseaux. Lorsque la suppuration est diffuse, elle peut entraîner d’autres accidents, se propager aux os, dont elle est susceptible d’éroder ou d’enflammer la surface, ou se propager à la surface des gros vaisseaux veineux, et entraîner leur occlusion par thrombose ou leur inflammation suppurative avec pyohémie consécutive. Dans les cas plus heureux, l’abcès, ouvert au dehors, après avoir fourni pendant quelque temps une suppuration abondante capable d’épuiser les forces du malade, peut tarir peu à peu et se terminer par la guérison. Cette issue doit devenir plus fréquente, lorsqu’on sera plus pénétré de l’utilité des injections iodées dans les suppurations prolongées, même non délimitées d’unemanière très nette.
J’ai obtenu à l’hôpital de Zurich de très beaux succès, dans plusieurs cas de périostite avec suppuration abondante, par ce moyen même, employé de bonne heure et après une irritation passagère et peu grave; non-seulement il diminue assez promptement la quantité du pus exsudé, mais il prévient aussi, mieux que tout autre, l’infection putride, cette complication si funeste des suppurations de longue durée.
La multiplicité des abcès musculaires est surtout grandie dans l’état puerpéral, et c’est avec raison que depuis longtemps M. Cruveilhier rapporte à cette suppuration les prétendues douleurs rhumatismales des femmes en couches; mais aucune affection n’offre autant d’abcès, généralement petits il est vrai, que la morve.
Nous avons déjà vu plus haut que l’inflammation rhumatismale ne tendait guère à la suppuration ; il en est de même de la myosite syphilitique, sur laquelle M. Nolta a publié un excellent mémoire (1).
(1) Archives de médecine, U° série, t. XXIV, p. 413. — Nous trouvons dans le travail de M. Notta les renseignements suivants. Petit-Radel (Cours des maladies syphilitiques, 1812, t. II, p. 72) dit, à propos du rhumatisme articulaire : « Les douleurs qu’il cause sont assez violentes, quand elles sévissent longtemps sur les extrémités, pour produire dans les muscles une rétraction bien rebelle aux moyens de guérison. »
M. Lagneau (l'raité des maladies syphilitiques, 1828, t. I, p. 444) dit, en parlant du mal vénérien : « Il donne lieu, en se portant sur les muscles des membres, à des phlegmasies chroniques de ces organes, qui déterminent des flexions permanentes désignées sous le nom de contractions syphilitiques, accidents rares de nos jours. Malgré le laconisme de ces auteurs, il n’en est pas moins vrai qu’ils ont indiqué le fait les premiers, mais sans le décrire. Ce n’est que dans ces dernières années que l’on a publié des observations de cette singulière affection, et que l’on a ainsi commencé à recueillir les matériaux de son histoire. »
En 1836, Ph. Boyer ( Traité de la syphilis ) en publie deux observations. Plus tard, trois cas empruntés à la clinique de M. Ricord, et un court exposé de ses opinions au sujet de cette affection, sont publiés dans la Gazette des hôpitaux (1842, p. 98, et 1846, p. 1); enfin, eet habile observateur en fait mention dans ses Additions au Traité de la maladie vénérienne de Hunter (Paris, 1859, p. 656). M. Bouisson, dans un Mémoire sur les tumeurs syphilitiques des muscles et de leurs annexes ( Gazette médicale, 1846), consacre un paragraphe à la rétraction musculaire, et émet à ce sujet des opinions que nous aurons à discuter plus tard. Enfin M. Vidal (de Cassis) en a observé aussi quelques cas. On voit, par cet aperçu historique, que l’étude de cette maladie est encore toute récente; aussi ne devra-t-on pas s’étonner de l’incertitude qui règne sur beaucoup de points de son histoire, incertitude dont il est difficile de sortir, les faits publiés jusqu’à ce jour étant en petit nombre et manquant souvent de détails suffisants.
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D’après M. Notta, cetle maladie est également fréquente chez les hommes et chez les femmes; elle s’observe de préférence chez des individus d’un âge moyen. Voici ce qu’il note sur le siège de la maladie : chez six malades, la rétraction avait son siège deux fois dans le biceps brachial seul, deux fois dans le biceps brachial et le long supinateur, une fois dans le biceps brachial et dans les muscles postérieurs de la cuisse, enfin une fois dans les fléchisseurs des doigts. Jusqu’à présent on n’a observé cette affection que sur les muscles fléchisseurs ; aucun malade n’avait été atteint de rhumatisme, tous avaient des antécédents syphilitiques non douteux et étaient arrivés à la période des symptômes tertiaires, ou au moins à celle des symptômes de transition, ce qui, pour la période du développement, fait placer la rétraction musculaire syphilitique à côté du testicule syphilitique. La rétraction survient du reste graduellement, d’une façon insidieuse, comme la plupart des accidents vénériens, et ne s’accompagne guère de douleurs vives, que l’on provoque seulement par l’extension forcée. La rétraction a été en générai d’autant plus considérable qu’elle a été plus ancienne; elle atteint assez vite un certain degré et marche ensuite lentement; et, chose digne de remarque, elle n’a point de tendance ni à atrophier ni à paralyser les muscles qu’elle affecte. Il n’existe malheureusement pas jusqu’à présent de recherches anatomiques exactes sur les muscles ainsi affectés ; à l’examen sur le vivant, on ne trouve point de tumeurs dans des cas de rétraction pure, et c’est encore avec raison que M. Notta sépare cette rétraction idiopathique de celle qui est la conséquence, le symptôme, pour ainsi dire, du développement de tumeurs gommeuses dans l’épaisseur des muscles, et la plupart des observations publiées par MM. Ricord et Bouisson appartiennent à cette dernière catégorie. J’ai fait représenter, pour ma part, aussi, à l’occasion des maladies du cœur, des tumeurs gommeuses syphilitiques développées dans la substance charnue du cœur (Pi. LXVIII). Personne, sous ce rapport, n’est plus explicite que M. Bouisson, qui divise ces gommes en tumeurs syphilitiques des tendons et des aponévroses, et en tumeurs syphilitiques de la partie charnue des muscles.
Suivant lui, elles présentent trois degrés : 1° épanchement plastique de couleur grisâtre, au milieu duquel on reconnaît quelques faisceaux musculaires décolorés ; 2° ramollissement de la tumeur, qui renferme un liquide visqueux, filant, semblable à une solution de sirop de gomme; 3° les tumeurs non suppurées s’indurent, passent, comme les périostoses, par des phases successives d’organisation, à l’état cartilagineux et osseux. Puis, à propos des symptômes de ces tumeurs, il ajoute ( loc . cit., p. 595) : « Dans certains cas, le muscle affecté se rétracte. »
Cette maladie est ordinairement peu grave, et guérit surtout assez promptement sous l’influence d’un traitements pécifique, soit par l’iodure de potassium, soit par celui-ci, combiné avec les préparations mercurielles, ou plutôt donné en même temps qu’elles, mais à une certaine distance pour les doses.
M. Notta admet, avec M. Deville, que, dans quelques cas, cette rétraction musculaire peut survenir dans les muscles du pharynx, et déterminer une dysphagie fort grave, et, dans d’autres régions, des accidents tétaniques; cependant, pour moi, l’observation de M. Deville (1) n’est pas aussi probante. C’est l’histoire d’une femme de vingt-sept ans, traitée à l’hôpital Necker pour une angine syphilitique accompagnée de divers symptômes, tels que des rétractions et des paralysies musculaires produisant un torticolis, la dysphagie et une asphyxie terminée par la mort. Un tétanos chronique avait existé pendant les derniers temps de la vie; la sonde œsophagienne n’avait pu franchir le pharynx. A l’autopsie, on trouva les centres nerveux, ainsi que les nerfs, intacts ; les muscles n’offraient rien de particulier. Les poumons, les cavités gauches du cœur et les grosses artères étaient gorgés de sang noir, comme dans l’asphyxie; l’œsophage était vide et normal; le pharynx contenait environ 50 grammes de sang, dû probablement aux tentatives du cathétérisme. Tout le pharynx était d’un rouge violacé qui pourrait être rapporté à une imbibition cadavérique, à cause du contact du sang épanché avec la paroi pharyngienne, mais qui pourrait bien être dû aussi à la maladie syphilitique; car cette même teinte violacée se retrouve pendant la vie chez les malades atteints d’angine syphilitique tertiaire. Au milieu de cette teinte rouge non accompagnée de gonflement, se trouvaient une vingtaine d’ulcérations à peu près égales, d’un centimètre de diamètre ou un peu moins, toutes régulièrement arrondies, profondes, à bords à pic, ou plutôt
(1) Bulletins de la Société anatomique , t. XX, p. 276,
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irrégulièrement déchiquetées, revêtues comme le fond d’une teinte grisâtre, qui n’était pas le produit d’une exsudation, mais qui appartenait aux parties elles-mêmes formant l’ulcération. Elles étaient éparses partout, mais sur le pharynx seulement, ne gagnaient pas les amygdales, s’arrêtaient inférieurement aux limites de l’œsophage, et occupaient jusqu’à la muqueuse pharyngienne qui tapisse la face postérieure du pharynx, sans dépasser les replis aryténo-épiglottiques. Toutes elles avaient atteint la presque totalité de l’épaisseur de la muqueuse.
Des ulcérations semblables, mais plus superficielles, entourées d’une légère teinte rougeâtre, de simples exulcérations à formes arrondies, étaient parsemées en petit nombre sur les cornets des fosses nasales.
Si les accidents tétaniques et le torticolis ont pu, dans ce cas, provoquer une partie des accidents, il est cependant plus douteux pour moi que la dysphagie et l’asphyxie en aient été la conséquence, et la contraction des muscles du pharynx, que nous ne révoquons point en doute, a bien pu être due à la multiplicité des ulcérations. 11 est regrettable que cette observation manque de détails histologiques sur les divers muscles rétractés. Nous avons traité, dans notre division des vénériens de l’hôpital de Zurich, une femme qui, après avoir eu des accidents syphilitiques secondaires, est atteinte d’une dysphagie des plus tenaces, avec difficulté de passer la sonde œsophagienne à la partie supérieure de l’œsophage; des cautérisations réitérées avec une solution concentrée de nitrate d’argent n’ont amené jusqu’à présent aucune amélioration. Nous n’avons vu, ni dans l’arrière-gorge, ni dans le pharynx, aucune trace d’ulcération récente ou cicatrisée; et comme les ulcérations isolées de l’œsophage sont très rares, nous sommes à nous demander si nous n’avons pas affaire, là, à une contraction syphilitique de la substance musculaire. Jusqu’à présent, ni l’iodure de potassium, ni les mercuriaux, n’ont pu amener d’amélioration. A la sonde on ne sent pas de tumeurs; la femme est jeune, et nous n’avons pas de signe d’un cancer de l’œsophage : on ne saurait être assez réservé dans ce diagnostic. Toutefois d’autres cas me feraient plutôt croire qu’il s’agit d’ulcères de l’œsophage dont la cicatrisation peut amener les accidents de la dysphagie.
§ II. — De l’hypertrophie et «le l’atrophie musculaires.
Nous avons déjà traité de l’hypertrophie des muscles (tome I, pages 89 et 448). L’hypertrophie des muscles de la vie de nutrition a aussi souvent été mentionnée à l’occasion des maladies du tube digestif et de la vessie. Dans toutes ses formes, l’augmentation du volume est due en partie à la formation de tissu connectif nouveau, et à celle de tissu musculaire par éléments nouveaux ou par agrandissement des éléments déjà existants. Nous n’avons pas besoin d’entrer dans de plus amples détails sur cette affection.
Nous pouvons, par conséquent, passer tout de suite à l’atrophie du système musculaire dont la portée pathologique est grande, et qui, depuis quelques années, a tout particulièrement intéressé les pathologistes. C’est avec raison qu’on a distingué plusieurs formes : l’une avec conservation des éléments normaux du muscle, qui ne sont que quantitativement diminués; une seconde, dans laquelle ces éléments sont altérés, et de celle-ci, par une transition insensible, on arrive à une troisième, dans laquelle l’élément musculaire est remplacé par un tissu nouveau, et principalement par l’élément graisseux. La première forme, que M. Cruveilhier appelle atrophie par macilence, s’observe dans toutes les maladies qui amènent le marasme ; parmi les affections aiguës, dans la fièvre typhoïde et dans la pyohémie ; parmi les maladies chroniques, dans la tuberculisation interne, les affections cancéreuses, les suppurations abondantes prolongées. J’ai souvent étudié au microscope les muscles de ce genre ; j’y ai vu les fibres primitives diminuées de volume, moins pigmentées, mais avec conservation parfaite des raies transversales et de toute la structure interne ; je dirai même que j’ai choisi de préférence ces muscles pour mes études sur leur structure. On observe cette même altération dans la distension des muscles par les tumeurs qui se développent graduellement sous eux, ainsi qu’au niveau des saillies osseuses anormales des luxations non réduites; mais on observe alors déjà une altération plus profonde, l’élément fibreux prédomine davantage, et l’on voit un certain nombre de fibres charnues devenir plus pâles, perdre leur structure caractéristique, et disparaître. On observe aussi l’atrophie dans les muscles accidentellement privés de leurs fonctions par une paralysie centrale cérébrale ou spinale; mais, dansces cas, l’atrophie n’atteint pas un haut degré, et l’altération de structure y est peu considérable.