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AU VOISINAGE DES PRODUCTIONS NÉOPLASIQUES

Tant que la structure des tissus voisins des tumeurs n'est pas altérée, on n'y constate que des modifications se rapportant à une augmentation ou à une diminution des phénomènes de nutrition et de rénovation cellulaire, en rapport avec les conditions dans lesquelles s'opère la circulation sur les divers points.

En général, c'est l'activité circulatoire augmentée qui domine, par le fait des modifications vasculaires produites primitivement dans le tissu affecté et de celles qui résultent môme de la présence des néoproductions ; de telle sorte que l'on trouve surtout une vitalité augmentée se manifestant par une hypertrophie et une hyperplasie cellulaires en rapport avec la dilatation des vaisseaux à ce niveau. C'est notamment ce que l'on peut constater au voisinage des tumeurs de la peau ou des muqueuses dont la structure n'a pas été altérée : l'épithélium de revêtement est augmenté d'épaisseur, les cellules sont plus volumineuses et plus nombreuses, et leurs noyaux sont mieux colorés par le carmin.

Le même effet se fait sentir sur toutes les autres parties constituantes de la peau, et les cellules sont plus nombreuses entre les faisceaux fibreux du derme ; on voit surtout des traînées cellulaires plus accusées le long des vaisseaux et au niveau des glandes sudoripares, voire même dans le tissu cellulo-adipeux. S'il y a, dans le voisinage, des faisceaux musculaires intacts, ils sont aussi augmentés de volume. De même s'il s'agit d'une tumeur de la muqueuse des voies digestives, on pourra constater en même temps que les modifications cellulaires précédemment indiquées, rhypertrophie et l'hyperplasie des fibres de la miisciilaris mucosœ. On trouvera parfois, avec les mêmes productions au niveau des tuniques musculaires, l'épaississement de la sous-muqueuse, ainsi que du tissu fibreux intermusculaire et sous-séreux, partout avec une hyperplasie cellulaire manifeste et ordinairement avec une tendance à la sclérose, par le fait des productions intensives longtemps continuées.

Des modifications productives analogues peuvent être rencontrées dans le voisinage des tumeurs malignes ou bénignes de tous les tissus d'une manière plus ou moins apparente suivant

leurs conditions de nutrition à ce niveau, et la possibilité pour chacun do prendre un développement plus ou moins accusé.

C'est ainsi que s'explique le développement pris par ruténis devenu le siège de myomes plus ou moins volumineux.

Ces modifications qui constituent h proprement parler des phénomènes hypertrophiques simples ou inflammatoires (lorsqu'il y a de rhyperplasie des éléments cellulaires), sont manifestement en rapport avec les vaisseaux dilatés et une activité circulatoire augmentée, d'oii résulte un surcroît d'apport de substance nutritive et de cellules. Cette augmentation de nutrition reconnaît donc la même cause immédiate que celle du néoplasme. Mais tandis que dans ce dernier il y a une perturbation plus ou moins prononcée de la circulation en rapport avec une modification profonde dans la structure du tissu, qui explique les anomalies de production ; dans les parties voisines où la structure est conservée, le seul effet qui se fasse sentir est celui de l'augmentation de vitalité correspondant à l'augmentation de la vascularisation, comme cela arrive, du reste, à des degrés variables, au voisinage de toutes les inflammations locales, quelle qu'en soit la cause.

Toutefois cet efi'et n'est pleinement réalisé que sur les points voisins de la tumeur, où la circulation est manifestement accrue ; car celle-ci peut se présenter encore dans des conditions variables auxquelles correspondent des états divers dans les tissus. Ainsi on peut voir en rapport avec une tumeur de la muqueuse stomacale, des portions de muqueuse qui sont atteintes d'hypertrophie ou d'hyperplasie, à coté d'autres restées h peu près normales, ou devenues plus ou moins atrophiées et même nécrosées, suivant les conditions de nutrition de ces parties et par conséquent suivant l'état de leurs vaisseaux. Si la tumeur a pris un développement très exubérant au niveau de la muqueuse et de la sous-muqueuse, il peut même se faire que les parties adjacentes étant comprimées soient plutôt sclérosées, atrophiées et refoulées de telle sorte qu'elles n'aient que peu ou pas de tendance, à être envahies par des néoproduclions et que la perte de substance se trouve ainsi plus ou moins limitée.

La figure 224 montre un néoplasme exubérant de la muqueuse stomacale, qui envahit et refoule les parties sous-jacentes et se trouve tout près de déterminer une perte de substance à ce niveau, sans que les parties comprimées du voisinage soient envahies par des néoproductions.

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