‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 108 sur 176 · PRODUCTIONS DÉRIVANT DU PROTOPLASMA MODIFIÉ ET ALTÉRÉ DES CELLULES · texte numérisé non relu

PRODUCTIONS DÉRIVANT DU PROTOPLASMA MODIFIÉ ET ALTÉRÉ DES CELLULES

Dans les adénomes kystiques précédemment examinés, il est à remarquer que le contenu des kystes, qui est très variable, est toujours en rapport avec l'état du protoplasma cellulaire en général plus ou moins volumineux dans un tissu bien vascularisé, pour fournir ces productions qui, tantôt sont liquides et claires, d'aspect vitreux ou colloïde et tantôt demi-liquides et opaques, d'aspect gras, et dans tous les cas mélangées à d(»s débris cellulaires. (iCs produits se confondent insensiblement avec le proloplasma des cellules b» plus immédiatement en rapport avec eux et qui peut être très variable, en raison des propriétés originelles de ces cellules et des modifications patbologiques qu'elles présentent.

Du reste, dans la plupart des productions néoplasiques typiques, métatypiques ou atypiques, on remarque, pour peu que les cellules prennent un développement suffisant, que leur protoplasma arrive à présenter un aspect qui rappelle la nature des cellules du tissu d'origine. Mais on y trouve des modifications dérivant des conditions anormales de ces cellules au point de vue de leur nutrition, c'est-à-dire de l'apport des matériaux nutritifs et de l'élimination imparfaite des déchets. Il peut en résulter des altéralions excessivement variables qui sont encore mal connues, mais qui aboutissent h la formation des états désignés sous les noms de dégénérescences mucoïde, colloïde, etc.

Dégénérescence ou production mucoïde.

INous avons déjà eu l'occasion de faire remarquer l'état particulier que présente le protoplasma des cellules dans les tumeurs d'origine glandulaire. 11 est très accusé sur les productions typiques, et souvent aussi dans celles qui sont atypiques. Son aspect peut

h92 L(m:ALISATION et CONSTITLTION DES TIMELR8

mt^mc servir à déceler la nature des néoproductions diffuses au milieu des tissus, en considérant Télat des cellules qui ont pu prendre un développement suffisant. Bien souvent encore le protoplasma cellulaire fournit une sécrétion qui se manifeste par la production d'une gouttelette hyaline dans la cellule même ou qui. d'autres fois, se répand d'une manière diffuse k la périphérie, en donnant h la préparation un aspect humide et au stroma une teinte blanchâtre. Ce dernier cas se présente surtout avec les tumeurs des glandes salivaires, tandis que le précédent se rencontre fréquemment avec celles de Testomac et de Tintestin. C'est à ces productions que Ton donne le nom de dégénérrscence muquettse ou mieux muco'ide.

Rien n'est commun comme d'observer cet état au niveau des tumeurs métalypiques de Testomac. Sur les cellules tapissant des cavités de forme variable ou disposées en amas irréguliers, on aperçoit au niveau de leur protoplasma une gouttelette arrondie, tout à fait hyaline, absolument caractéristique de la nature glandulaire de ces cellules, principalement sur les points où elles sont le plus volumineuses.

Si Ton examine les cellules isolées, disséminées dans les divers points de la paroi stomacale, on voit que la même gouttelette hyaline de volume variable, se trouve dans les cellules qui ont pu prendre un développement suffisant, et même que toutes les cellules dont on peut apercevoir manifestement le protoplasma offrent un aspect translucide indiquant l'imminence de la formation mucoide exagérée et souvent débordante. Il est, en effet, difficile de localiser la production mucoïde lorsqu'elle est abondante; car tantôt elle forme comme une vésicule refoulant le noyau k la périphérie de la cellule, et tantôt elle parait envelopper les amas cellulaires comme d'un nuage blanchâtre, diffus. Mais lorsque la production débute, c'(»st toujours dans le protoplasma cellulaire, clair, hyalin ou granuleux, sous la forme de fines gouttelettes qui se réunissent pour former les gouttes plus volumineuses et les amas diffus. (iOmme l(»s cellules conjonctives sont de même nature et qu'elles sont, à un moment donné, le siège d'une évolution analogue, il s'ensuit que le stroma prend souvent aussi un aspect mucoïde général plus ou moins accusé.

On peut continuer à donner à cette altération le nom de dégénén^scence muqueuse ou mucoïde, mais en remarquant qu'en réalité il s'agit d'une sécrétion ou production mucoïde qui a lieu aux tiépens des ccUub's néoformées, agglomérées, ou isolées, lors-

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