PRODUCTIONS DU PROTOPLASMA CELLULAIRE MODIFI
qu'elles ont eu le temps et Tcspace nécessaires pour prendre un développement suffisant. La sécrétion a lieu assurément aux dépens du protoplasma des cellules, comme toute sécrélion, et avec le concours des liquides exsudés simullanément. C'est une sécrétion anormale et peut-être exagérée, mais en tout cas retenue dans les tissus et naturellement viciée, spéciale aux muqueuses et aux glandes, c'est-à-dire aux cellules sécrétantes. Elle résulte d'une déviation survenue dans la fonction d'organes plus ou moins modifiés et elle est en rapport avec ces modifications.
Dégénérescence ou production colloïde.
Les mômes considérations sont applicables à l'altération analogue désignée sous le nom de déffénérescence colloïde, qui donne lieu à des modifications se confondant parfois avec les précédentes, et qui sont ordinairement beaucoup plus prononcées au point de déterminer des dissociations plus ou moins considérables dans les parties constituantes des tissus affectés.
L'altération colloïde est en rapport avec le développement que peuvent prendre les cellules de nouvelle formation. Les jeunes cellulles, surtout lorsqu'elles sont agglomérées ou tassées, ne présentent que peu de protoplasma. Mais à mesure que celui-ci peut se développer, notamment lorsque les cellules se trouvent dans un espace ou une cavité libre, on le voit devenir volumineux et comme granuleux, mûri forme, constitué par un amas de granulations réfringentes, blanchâtres ou légèrement jaunâtres, qui semblent distendre les cellules. Les cavités ordinairement plus ou moins arrondies où les cellules de ce genre se rencontrent, sont elles-mêmes distendues par une substance claire, hyaline ou plus ou moins granuleuse, dont les granulations disposées en petits amas forment des tourbillons indiquant la présence de la substance mucoïde ou colloïde, et en môme temps on constate l'existence de cellules dont le noyau n'est plus entouré que de quelques débris de protoplasma de môme nature que celui des grosses cellules, mais d'où l'on voit sortir la substance répandue dans les cavités ; ce qui ne laisse aucun doute sur son origine aux dépens du protoplasma cellulaire.
Ainsi, les cellules arrivent îi acquérir un volume plus ou moins considérable et leur contenu donne lieu à la substance mucoïde et granuleuse, dite colloïde, qui distend les cavités où se trouvent les cellules. Lorsque celles-ci ne sont pas trop nombreuses et ont pu
S9I LiiCALISATlON ET CONSTITUTION DES TIMEIRS
conliiiiier à se d«*volopper, on les trouve dans Tune des conditions indiquées prérédemment. Mais il peut se faire que les cellules du centre de TapplonK^rdlion soient restées de petit volume, pendant que celles de la périphérie ont pu se développer et donner lieu à la cavité où rlles se tniuvent libres par la présence d'une plus ou moins grande quantité de liquide sécrété.
L'origine de la lésion ne consiste pas seulement dans une dégénérescence emportant l'idée de dépérissement et de désintégration: car il y a d'abord une augmentation considérable du volume des cellules qui aie peut pas être considéré comme une dégénérescence dans le sens d'une diminution de production. C'est plutôt un trouble caractérisé par une production exagérée du protoplasma^ donnant lieu à une sécrétion également exagérée et plus ou moins modifiée par les conditions anormales dans lesquelles se trouvent les cellules et leurs produits retenus au sein des tissus, d'où Taspect gommeux ou colloïde des productions.
Si Ton pouvait douter encore de la nature des cellules du stroma, Tétude du cancer colloïde suffirait à sa démonstration.
On constate, en eiïet, que toutes les cellules du stroma qui se trouvent dans les conditions propres à leur développement ont subi les mêmes modifications ou sont en voie de les présenter à des degrés divers. Il en résulte que tout le tissu conjonctif est plus ou moins dissocié par le fait de la participation de toutes les cellules à ces modifications^ et naturellement à des degrés divers suivant la quantité et le volume des cellules qui s'y trouvent. Plus le tissu est dense et plus les cellules sont petites, moins les phénomènes de dissociation sont accusés. Mais encore dans certains cas, il y a beaucoup de points où Ton ne trouve plus intactes que les grosses travées fibreuses, tandis que les autres travées conjonctives sont dissociées et distendues à des degrés divers.
On dit, dans ces cas, que la dégénérescence atteint toutes les parties constituantes de Torgane, alors qu'en réalité ce sont toutes les cellules nouvellement produites qui ont acquis des proportions plus ou moins volumineuses et anormales, aboutissant à la production d'une substance mucoïde, colloïde, qui infiltre alors le tissu dans toutes les parties où les cellules seront répandues. Et si les cellules sont produites en très grande quantité sans que la matière qu'elles sécrètent puisse s'écouler au dehors, il arrive que celle-ci se collecte dans des cavités de capacité variable.
Le cancer colloïde de Testomac et de l'intestin est assez fréquent pour qu'on ait souvent l'occasion d'étudier les pliéno-