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CHAPITRE VI

CLASSmCATIOH DES LÉSIONS

D'après les considérations précédemment exposées, il est impossible de classer les lésions suivant qu'elles relèvent d'un trouble de la circulation ou de la nutrition, d'altérations du tissu conjonctif ou des éléments spéciaux des organes, de la formation exagérée ou anormale des cellules, etc., comme l'ont fait beaucoup d'auteurs, tout en décrivant ensuite l'inflammation, les tumeurs, etc., qui comprennent tous ces troubles et qui servent à la démonstration qu'aucune lésion ne peut être considérée comme se rapportant à un seul trouble fonctionnel ou à un seul élément.

11 est même impossible d'envisager séparément les phénomènes productifs de ceux de dégénérescence et de destruction, non seulement parce qu'ils sont le plus souvent concomitants, et font, les uns et les autres, partie des états pathologiques relevant des diverses causes morbides, mais encore parce qu'il existe entre eux des relations intimes plus ou moins connues. C'est qu'il s'agit, dans tous les cas, de troubles dans les phénomènes complexes normaux, et que l'on a au moins la même complexité dans les phénomènes anormaux ou pathologiques.

Une seule classification serait rationnelle, c'est celle qui aurait pour base C étude des modifications anormales imprimées à V organisme par les diverses causes morbides.

Mais outre que l'on ne connaît pas la cause de beaucoup d'états pathologiques, on arriverait ainsi à décrire les lésions particulières à chaque organe ou tissu dans les diverses maladies; tandis que nous nous sommes proposé d'étudier ces altérations, en les envisageant d'une manière générale, afin de mettre en relief les phénomènes qui les relient, tout en indiquant ceux qui les caractérisent principalement dans les affections les plus communément rencontrées.

Cependant tout ne peut être dit à la fois, et, quoique les altérations des tissus soient toujours complexes, il faut les étudier dans un ordre quelconque, absolument artificiel, qui ne peut être considéré comme une. classification ayant la moindre analogie avec celle

qui aurait pour objet l'étude des êtres organisés, en raison de l'interprétation que l'on doit donner aux phénomènes pathologiques. Il s'agit seulement de grouper les altérations qui se présentent dans des conditions analogues sur les divers tissus, en prenant pour base les modifications apportées aux phénomènes normaux, et particulièrement à ceux de nutrition et de rénovation cellulaire, en raison de l'importance de ces phénomènes à Tétat normal. C'est que ceux-ci, dans les états pathologiques, ne peuvent élre que diminués, augmentés ou pervertis, sans changement ou avec des modifications de structure plus ou moins considérables, parfois avec la mort locale préalable ou consécutive de certaines parties, souvent avec l'association de plusieurs ou de la totalité de ces altérations.

Ainsi nous étudierons en premier lieu les modifications pathologiques les plus simples des tissus, qui apparemment ont lieu sans altération de leur structure; d'abord celles qu'on désigne sous les noms à' hypertrophie et d'atrophie^ ensuite la dégénérescence ou métamorphose graisseuse j puis la nécrose , en mettant seulement en relief les caractères essentiels de ces altérations. A cette occasion nous ne ferons qu'indiquer les autres lésions qui les accompagnent ordinairement en modifiant plus ou moins leurs caractères, mais qui seront l'objet d'une étude particulière dans les chapitres suivants. Naturellement nous donnerons la plus grande extension aux productions pathologiques désignées sous les noms d' inflammation et de tumeurs^ qui sont toujours complexes, et comprennent l'immense majorité de celles qu'on peut observer, soit primitivement, soit secondairement. Des chapitres particuliers seront consacrés à la tuberculose et à la syphilis^ en raison de l'importance des altérations inflammatoires qui s'y rapportent.

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