ŒDÈME
Les auteurs considèrent l'œdème comme produit dans les tissus qui en sont le siège par Tinfiltralion d'un liquide incolore ou citrin. Lorsqu'on incise ces tissus, ce liquide s'écoule en plus ou moins grande quantité bientôt mélangé de sang; d'autant plus que les vaisseaux qu'on peut apercevoir et qu'on ouvre sont plus congestionnés. C'est un liquide séro-albumineux qui renferme aussi un peu de fibrine. On y trouve encore des globules blancs en quantité variable, ainsi que quelques globules rouges.
Il peut se rencontrer partout où il y a du tissu fibreux lâche, mais principalement au niveau de la peau, des tissus sous-cutanés et sous-séreux, quelquefois des tissus sous-muqueux, plus rarement au sein des organes, à l'exception des poumons où il est au contraire très fréquent.
On admet qu'il existe un œdème actif et passif; le premier se présentant sur diverses régions dans des points plus ou moins limités et plutôt sous l'aspect de nodosités, s'accompagnant d'une congestion active; le second beaucoup plus fréquent, presque toujours très étendu et coexistant avec une congestion passive, ordinairement au niveau des parties déclives. Dans les deux cas il s'agit pour la plupart des auteurs d'une lésion distincte de l'inflammation, quoiqu'on y rencontre les éléments diapédésés qui, pour Cohnheim, caractérisent cette dernière affection à l'état aigu, et qu'on admette dans les cas d'œdème persistant la production d'une sclérose non moins caractéristique d'une inQammation chronique.
A vrai dire les phénomènes scléreux ne sont bien manifestes que dans les cas d'œdème survenant avec une grande intensité et ayant duré un certain temps chez des cardiaques ou des brightiques. Les exsudats cellulaires sont très abondants en même temps que les productions liquides qui iniSltrent les téguments; tandis que dans Tœdème cachectique des cancéreux, par exemple, c'est l'exsudat liquide qui prédomine de beaucoup, les néoproductions cellulaires étant cependant encore augmentées, mais très faiblement. C'est qu'il y a une transition insensible entre les divers étals œdémateux, comme entre les divers états congestifs, tous pouvant par leur persistance aboutir à une inflammation manifeste, suivant leur intensité d'action et l'état dans lequel se trouve le malade. Et même l'exsudat liquide, quoique pauvre en éléments cellulaires,
peut être considéré comme caractérisant un commencement d'inflammation.
Dans le • poumon œdémateux, indépendamment de la présence d'un liquide séreux plus ou moins abondant, on trouve toujours des exsudais cellulaires en quantité variable également, suivant qu'on a affaire à des sujets dont la circulation était encore très aciivc au moment de leur mort, ou qui, au contraire, se trouvaient dans un état de grand affaiblissement. Dans tous les cas, on constate le début d'up processus inflammatoire.