‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 44 sur 176 · UNITÉ DU PROCESSUS INFLAMMATOIRE DES NÉPHRITES · texte numérisé non relu

UNITÉ DU PROCESSUS INFLAMMATOIRE DES NÉPHRITES

Et d^abord on a décrit des altérations de répithélium des tubuli sans avoir la certitude qu'elles soient véritablement pathologiques, car elles se rapportent souvent aux épithéliums des tubes qui précisément étaient restés normaux ou se trouvaient dilatés par compensation, les nouvelles cellules produites sur les points enflammés restant bien mieux en place. On n'a pas pris soin, en effet, de différencier des modifications relevant de causes nocives, les altérations pouvant se produire pendant une longue agonie, puis par suite de la putréfaction et enfin par le fait des manipulations. Il est bien certain que Tépithélium des tubuli ne se présente pas dans ces cas comme chez un sujet bien portant qui vient d'être décapité.

Il n'est pas contestable, toutefois, qu'à la suite de troubles prolongés de la nutrition et surtout sous l'influence de causes infectieuses donnant lieu h un état fébrile intense et prolongé, les cellules épithéliales des tubes du rein ne puissent offrir des altérations variables et notamment qu'on ne les trouve, dans ces cas, en grande partie détachées de la paroi et disséminées dans l'intérieur des tubes, probablement aussi par suite de leur fragilité plus grande sous l'influence des manipulations. Des altérations analogues peuvent simultanément se rencontrer sur d'autres organes et notamment au niveau des glandes du tube digestif, indiquant que la nutrition de tous ces éléments a été en souffrance. Mais cela ne prouve rien de plus. Et, dans d'autres cas où l'on observe une surcharge graisseuse du protoplasma des cellules, cela ne suffit pas davantage pour faire admettre une inflammation parenchymateuse, ainsi que nous pensons l'avoir déjà démontré (voir p. 103) ; à moins que l'on veuille appliquer la dénomination d'inflammation à toute altération et, par conséquent, tout confondre; puisque, lorsqu'il y a hyperplasie cellulaire avec plus ou moins de modifications tissulaires, tout le monde admet qu'il s'agit d'inflammation. Mais comme dans ce dernier cas les productions cellulaires nouvelles prédominent entre les tubes, on dit qu'il s'agit d'une néphrite interstitielle. Et si les cellules épithéliales paraissent altérées et plus ou moins détachées de la paroi des tubuli, comme sur le gros rein blanc représenté par la figure 58, on dit qu'on a affaire à une néphrite mixte, en supposant d'une manière arbitraire quun « agent pathogène spécial » a déterminé tantôt la lésion parenchymateuse et tantôt la lésion interstitielle, ou bien qu'il s'est produit une double lésion inflammatoire.

Or, l'examen des diverses variétés do néphrite montre qu'il y a, dans tous les cas, des modifications produites sur toutes les parties

constituantes du tissu à des degrés et sur des points variables. Si les phénomènes d'hj perplasie sont d'abord manifestes au niveau du tissu conjonctif, aussi bien dans le rein que dans tout autre organe, c'est en raison de son rôle sur lequel nous avons précédemment insisté, et par suite de la non-utilisation d'éléments produits en trop grande quantité. Et si cette hyperplasie augmente, toutes les cellules épithéliales arrivent à être remplacées par de jeunes cellules semblables à celles du tissu conjonctif. Cela se passe d'une manière insensible (presque comme à l'état normal), à moins que les productions soient tellement abondantes qu'il en résulte des déchets de cellules et de substance hyaline encombrant les tubes. Encore n'est-ce que Timage exagérée et plus ou moins déviée des phénomènes normaux de production et d'évolution des éléments cellulaires, que Ton doit toujours avoir en vue et dont ne se sont pas préoccupés les auteurs qui ont admis, non seulement les diverses espèces de néphrites, mais encore ceux qui ne reconnaissent qu'une néphrite diffuse ou plus ou moins localisée. Il n'y a pas jusqu'aux phénomènes destructifs et productifs les plus accusés qui ne rentrent dans la règle générale.

Notre interprétation relative à la nature de toute néphrite, en conformité d'analogie avec ce qu'on peut constater à l'état normal, a le double avantage d'être absolument en harmonie avec l'observation des faits concernant les diverses variétés d'inflammation du rein aussi bien que de tout autre organe, et d'être conforme à la loi inéluctable de nutrition et d'évolution des organismes vivants troublés par quelque cause nocive, et dont les phénomènes pathologiques ne sont que la continuation des phénomènes normaux avec des modifications diverses.

On a vu que dans l'inflammation du rein, les formations glandulaires nouvelles sont beaucoup plus restreintes que celles des épithéliums de revêtement dans les inflammations des muqueuses ou de la peau, et que du reste sa structure est moins facilement altérée. Si, maintenant, l'on considère l'effet produit dans le foie par des phénomènes inflammatoires, on constate encore bien mieux, d'une part, que la structure de l'organe a de la tendance à persister, et d'autre part, lorsqu'elle arrive à être modifiée, que les formations nouvelles sont encore très rudimentaires et restreintes.

On a souvent Toccasion d'observer une inflammation légère du foie dans les maladies aiguës et chroniques, principalement dans les maladies infectieuses. Ce qui frappe au premier abord sur les préparations qui s'y rapportent, c'est une coloration intense des noyaux de toutes les cellules qui semblent alors plus nombreuses qu'à l'état normal. Cependant les trabécules hépatiques et les canalicules biliaires bien apparents sont intacts sans multiplication cellulaire. Ce n'est qu'au niveau des espaces portes qu'on trouve des cellules conjonctives en plus grand nombre, surtout autour des

Fio. 60. — Inflammation légère du foie : espace porte avec hyperplasie cellulaire

(fort grossissement).

t.h., travées hépatiques. — v, vaisseaux intertrabécolaires. — p, veine porte aplatie, en partie effacée. — e.ô., canaux biliaires. — a.o.^ artères oblitérées. — o.c, amas cellulaires.' — (.e.n., traînées cellulaires de nouvelle formation. — e.p.Ct cônes de pénétration cellulaire.

vaisseaux et des canalicules biliaires, et sous forme de petits amas analogues à des points lymphatiques, pour peu que Thyperplasie soit prononcée. A un degré plus accusé, tout l'espace porte peut être envahi par des cellules qui tendent même à déborder en s'insinuant entre des trabécules voisines. Et, naturellement, la vascularisation de l'organe est plus ou moins augmentée.

L'inflammation du foie, comme celle du rein au début, est bien caractérisée par des phénomènes productifs se manifestant principalement par une nutrition intensive des éléments glandulaires que prouve la belle apparence du noyau et du protoplasma cellulaire,

sans modification de la structure du tissu. Mais au fur et à mesure de la persistance du processus, il surgit des productions cellulaires exagérées, là où elles peuvent tout d'abord se former, c'est-à-dire près des vaisseaux et autour des canalicules biliaires. Les cellules jeunes pénétrant entre des trabécules voisines des espaces portes constituent déjà un commencement de cirrhose, c'est-à-dire d'inflammation chronique, comme on peut le voir sur la figure 65.

L'espace porte qui y est représenté est manifestement augmenté d'étendue par Tabondance des éléments cellulaires jeunes qui s'y trouvent et qui, près des canalicules, forment un amas confluent, d'où les cellules paraissent se répandre à la périphérie, en commençant à s'insinuer sur plusieurs points entre les trabécules hépatiques avoisinanles. Les cellules de ces dernières ont des noyaux très apparents par suite de leur coloration intense, et assez semblables à ceux des jeunes cellules, pour que celles-ci se confondent plus ou moins avec les cellules trabéculaires entre lesquelles elles sont infiltrées. Ce qui les distingue, toutefois, c'est qu'elles sont plutôt fusiformes, et représentent en somme de petits tractus cellulaires insinués à ce niveau entre les trabécules.

On remarque, d'autre part, que les canalicules biliaires sont très apparents, bourrés de petites cellules dont les noyaux ressemblent également à ceux des jeunes cellules voisines, et d'autant plus que les cellules sont plus nombreuses. Mais on constate en même temps que la veine porte oflFre une lumière manifestement diminuée, et qu'on ne trouve aucune artère bien visible. Cependant, trois petits espaces arrondis et comme déprimés au milieu des cellules paraissent se rapporter à des artérioles probablement oblitérées.

En examinant les divers espaces portes pour voir ce que sont devenus les canaux biliaires et les vaisseaux, on voit qu'il y a, en général, une exubérance des premiers, et au contraire une tendance à la diminution des derniers. Presque partout on trouve des veines portes très petites, manifestement diminuées, et les artères avec une lumière plus étroite ou même oblitérée. Mais indépendamment des dilatations vasculaires plus ou moins manifestes dans le voisinage, on ne tarde pas à apercevoir, à une période plus avancée, les vaisseaux de nouvelle formation qui accompagnent toujours les productions abondantes. Au début, l'encombrement de l'espace porte par les cellules masque souvent les vaisseaux capillaires probablement plus ou moins modifiés dans ces conditions. Le stroma hyalin paraît plus abondant. 11 arrive même parfois que la lumière des veines portes est diminuée comme sur la figure précédente, par la

tuméfaction des parties voisines infiltrées d'éléments cellulaires et liquides, de telle sorte qu'il en résulte des saillies variables à Tintérieur de ces veines, donnant lieu à une oblitération incomplète ou complète, suivant leur volume et l'intensité de la compression.

L'oblitération des artérioles passerait facilement inaperçue, si Ton n'avait, pour se guider, la comparaison avec des artères de volume variable, où la lame élastique est plus ou moins manifeste, tandis qu'elle est à peine apparente ou fait défaut sur les plus petites artères oblitérées. Mais, dans tous les cas, on constate la présence des cellules musculaires qui constituent leur paroi augmentée d'épaisseur jusqu'à l'oblitération incomplète ou complète. Ces cellules sont reconnaissables, comme de coutume, à leurs noyaux allongés et entre-croisés. Toutefois, sur les points où les jeunes cellules exsudées sont très confluentes et où les artérioles sont très minces, naturellement avec de très petites cellules musculaires, il devient difficile de distinguer ces dernières des premières, en raison de la coloration semblable et de l'aspect analogue de leurs noyaux. On peut néanmoins, lorsque l'attention est attirée sur ce point, découvrir le plus souvent les artérioles oblitérées.

C'est encore sur la même préparation qu'on peut bien voir les jeunes cellules partant de divers points de la périphérie de l'espace porte et s'insinuant entre les trabécules, en raison du stroma hyalin dans lequel elles se trouvent et qui les met en évidence dans les espaces intertrabéculaires légèrement élargis. Sur le bord de l'espace porte, les jeunes cellules ont un noyau rond bien coloré semblable à celui des cellules des trabécules ; puis, à mesure que les cellules avancent entre les trabécules, on les voit prendre la disposition de plus en plus fusiforme, de manière à constituer de fins tractus partant de plusieurs points de l'espace porte pour pénétrer dans les lobules voisins. Ces prolongements sont, en général, assez limités sur cette préparation. Cependant, on en trouve assez fréquemment qui relient deux espaces portes et tendent à circonscrire irrégulièrement des lobules ; tandis qu'il est rare d'en rencontrer avec un prolongement jusqu'aux veines sus-hépatiques qui ne paraissent pas manifestement atteintes, et qui offrent seulement un peu d'épaississement hyalin de leurs parois.

Lorsqu'on considère les plus grands espaces portes de cette préparation, on y trouve encore les lésions précédemment signalées sur les plus petits. L'hyperplasie cellulaire y domine toujours avec une exubérance toute particulière des canalicules biliaires. Si les vaisseaux sont seulement rétrécis et non complètement oblitérés,

cela tient à leur volume plus considérable et à ce qu'il s'agit, en somme, d'une inflammation relativement peu prononcée.

Quant aux éléments des trabécules, ou bien ils paraissent tout h fait sains, seulement avec une accentuation plus ou moins prononcée des espaces intertrabéculaires et une coloration plus accusée des noyaux de toutes les cellules, ou bien il existe sur beaucoup de points une surcharge graisseuse du protoplasma cellulaire, comme on en rencontre si fréquemment dans les cirrhoses bien caractérisées.

Ces inflammations légères du foie ne donnent lieu pendant la vie à aucun trouble notable. Il peut môme exister à l'état latent des lésions beaucoup plus considérables, et telles qu'elles se présentent dans les cas de cirrhose manifeste. Tout au moins à ne considérer que les lésions du foie, lorsqu'elles sont ainsi très prononcées, on ne pourrait pas distinguer les deux cas; bien qu'il doive cependant exister une différence dains l'effet des lésions, au moins sur Fétat du péritoine et sur l'appareil circulatoire, puisqu'il y a de l'ascite dans un cas et non dans l'autre.

Les cirrhoses du foie qu'on observe le plus communément ont donné lieu, pendant la vie, à des troubles divers plus ou moins accusés, qui ont permis d'établir le diagnostic, et l'on trouve à l'autopsie un foie augmenté ou plus souvent diminué de volume, mais d'une densité plus grande, avec épaississement de la capsule, à surface plus ou moins granuleuse, parfois au point de donner lieu h la variété connue sous le nom de foie clouté. Les surfaces de section offrent un aspect en rapport avec l'état extérieur : le parenchyme, d'aspect normal ou graisseux, est sillonné de tractus fibreux très fins, h peine appréciables ou plus accusés, et qui, alors, paraissent enserrer les petites portions glandulaires ainsi irrégulièrement lobulées et plus ou moins saillantes. Dans beaucoup de cas, et presque toujours sur certains points, on trouve des productions d'aspect fibroïde plus étendues, formant de véritables plaques grisâtres, brillantes, déprimées, reliées entre elles et sur lesquelles on ne trouve plus que quelques rares petits lobules parenchymateux. Enfin, surtout dans les cas de sclérose intense, certaines parties paraissent anémiées, tandis que d'autres présentent, au contraire, des vaisseaux plus ou moins volumineux se rapportant à des vaisseaux anciens dilatés et surtout à des vaisseaux de nouvelle formation. Assez fréquemment aussi, on y voit des taches pigmentaires d'origine variable, soit sur les points sclérosés, soit sur le parenchyme qui, d'autres fois, offre une teinte ictérique.

Variétés de la cirrhose hépatique. — A ces aspects variés du foie cirrhotique correspondent des modifications histologiques également variables et qui ont fait admettre plusieurs variétés de cirrhose, auxquelles on a attribué non seulement des causes diverses, mais encore des processus différents. C'est ainsi que les auteurs décrivent une cirrhose veineuse porte et sus-hépatique, ainsi qu'une cirrhose biliaire, en supposant que les lésions ont pour origine, soit les branches de la veine porte, soit celles des veines sus-hépatiques,

Fio. 66. — Espace porte sclérosé avec oblitérations artérielles très manifestes et hyperplasie cellulaire surtout très prononcée au niveau des canaux biliaires.

c.b., gros canalicale biliaire avec h}q)erplasie cellulaire. — e.b'., petits canalicules biliaires analogues. — a.o.y artères oblitérées. — v.n., vaisseaux nouveaux. — c.p.c, cônes do pénétration cellulaire.

OU encore ces deux sortes de veines h la fois, sous le nom de cirrhose bi- veineuse, soit, enfin, les canalicules biliaires sous le nom de cirrhose biliaire ou hypertrophique. Or, si Texamen microscopique montre des altérations ou des productions très variées dans les divers cas que l'on a Toccasion d'observer, on peut constater, néanmoins, qu'il s'agit toujours de modifications anormales du tissu hépatique, seulement plus ou moins accentuées et étendues, et, par conséquent, de même nature, comme nous espérons le démontrer par l'examen des principales variétés de cirrhose.

Pour peu que rinflammation se présente avec un certain degré d'intensité, on constate l'exagération des phénomènes précédemment indiqués pour les cas d'inflammation légère.

La figure 66 se rapporte à une préparation de cirrhose bien caractérisée à forme cloutée. On y voit un espace porte assez étendu formant comme une plaque irrégulière blanchâtre hyaline qui constitue le stroma sur lequel se détachent nettement les éléments cellulaires à noyaux bien colorés, et notamment ceux qui constituent les canaux biliaires et les parois vasculaires. On remarque aussi les globules sanguins qui remplissent les veines portes persistantes, et des vaisseaux de nouvelle formation.

Gomme sur les petits espaces portes précédemment examinés, on constate l'oblitération complète ou incomplète des artères par une néoproduction de cellules musculaires entre-croisées qui constituent leur tunique musculaire, et se présentent avec une disposition circulaire. D'autres portions d'artère sont coupées longitudinalement et sont également oblitérées. Rien de plus démonstratif à cet égard que cette préparation.

Deux grandes veines appartenant au système porte offrent une diminution notable de leur lumière dont les contours sont en même temps aplatis et irréguliers en raison de l'augmentation de volume du stroma infiltré de cellules. Certaines portions de ces veines, plus ou moins déformées, ont même leurs parois tout à fait accolées. Par contre, on obseiTe sur plusieurs points des cavités irrégulières, parfois assez grandes, dont la paroi est seulement constituée par le stroma bordé de cellules fusiformes et qui sont remplies de globules sanguins. Ce sont bien évidemment des vaisseaux de nouvelle formation.

Ce qui attire immédiatement l'attention, c'est la coupe perpendiculaire d'un gros canalicule biliaire dont l'épithélium à cellules cylindriques hautes forme des replis ondulés qui contribuent à remplir sa lumière. Cette disposition de l'épithélium paraît provenir de l'abondance des cellules qui est très manifeste et coïncide avec une accumulation de jeunes cellules immédiatement audessous des cellules en place. Le stroma blanchâtre semble former autour du canalicule comme une paroi épaisse, sillonnée de petites cellules fusiformes ou punctiforme. Au delà, les cellules sont plus irrégulièrement disposées jusqu'au voisinage des autres canalicules biliaires, des vaisseaux et du tissu trabéculaire.

On voit même au-dessus du canalicule, précédemment décrit, une traînée irrégulière de petites cellules qui le relie à un groupe

de canalicules plus petits, dont quelques-uns sont tapissés d'un épithélium cylindrique bien caractérisé, remplissant leur lumière, et sont également entourés de jeunes cellules, tandis que d'autres sont à peine reconnaissables et paraissent prendre naissance au milieu d'un groupe déjeunes cellules. L'un d'eux, coupé obliquement, est formé par un amas longitudinal de cellules. Les canalicules les plus apparents du groupe se détachent aussi nettement sur le stroma blanchâtre, infiltré de petites cellules fusiformes dont ils sont entourés, tandis que les autres se trouvent au sein d'un

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Fio. 67. — Auirt espace porte sclérosé se rapportant à la même préparation que la figure précédente^ montrant des lésions semblables de cet espace^ et des prolongements qui le relient à des espaces voisins également altérés avec une surcharge graisseuse des éléments glandulaires^ au sein desquels se trouve une veine sus-hépatique saine.

e.p^., espace porte sclérosé. — e.p.a., espace porte sclérosé et allongé. — p, veine porte à parois irrégulières. — c.6., canaux biliaires avec hyperplasie cellulaire et paroi hyaline épaissie. — a.o.^ artères oblitérées. — p.n., vaisseaux nouveaux. — t.c, traînées cellulaires. — s.g., surcharge graisseuse des éléments glandulaires. — s. h., veine sus-hépatique saine.

amas cellulaire. Un autre groupe de petits canalicules est situé au-dessous du gros canalicule et à une distance un peu plus grande que le précédent, mais il se présente dans les mêmes conditions. On peut encore constater la présence d'un canalicule isolé, situé un peu plus bas.

Beaucoup de cellules à noyaux bien colorés sont également disséminées dans l'espace porte. Mais çà et là, et principalement sur les bords en rapport avec la substance glandulaire, on voit

les cellules former de petits amas longitudinaux ou arrondis, suivant la disposition de la coupe. En outre, les cellules tendent sur beaucoup de points à pénétrer entre les trabécules voisines sous l'aspect de petites cellules rondes ou fusiformes, dont les noyaux, bien colorés, se détachent encore nettement sur les cellules glandulaires.

Cet espace porte, ainsi modifié par l'inflammation, présente des amas de cellules formant des prolongements dits scléreux qui le relient h d'autres espaces portes voisins de volume et de dispositions diverses. Il est même immédiatement en rapport avec deux autres espaces dont l'un, presque aussi volumineux que lui, représenté sur la figure 67, offre des altérations identiques. Les oblitérations artérielles y sont particulièrement remarquables, mais la veine porte ne présente guère qu'une grande irrégularité de sa paroi. 11 y a néanmoins beaucoup de vaisseaux de nouvelle formation. Un canalicule principal est flanqué aussi de deux groupes de petits canalicules ; mais les productions cellulaires sont moins abondantes, soit à ce niveau, soit sur les autres parties de l'espace porte, vers les bords duquel se trouvent aussi quelques cellules sous forme de petits amas, soit irréguliers, soit surtout arrondis ou allongés. Ceux-ci se remarquent encore très nettement sur les prolongements scléreux assez étroits, reliant cet espace porte aux espaces voisins qui sont tous le siège d'une inflammation plus ou moins intense. L'un d'eux se présente sous une forme allongée, due probablement à la pression résultant des deux portions glandulaires entre lesquelles il se trouve placé, et qui sont manifestement augmentées de volume par suite de la surcharge graisseuse de leurs cellules. Sur l'une de ces portions, qui est figurée, on aperçoit une cavité un peu irrégulière, remplie de sang, qui ne peut appartenir qu'à une veine sushépatique.

Le reste de la préparation montre un tissu glandulaire, graisseux sur beaucoup de points, mais d'une manière irrégulière, et qui, h un faible grossissement, paraît sillonné de tractus fibroïdes blanchâtres, anastomosés de manière à former comme un grossier réticulum à mailles irrégulières, en général assez grandes. De nombreuses cellules à noyaux bien colorés sont disséminées sur ces tractus, et constituent, çà et là, des traînées cellulaires et des amas de cellules, surtout au niveau des points d'entre-croisement du réticulum, ordinairement élargis, et d'où partent souvent plusieurs tractus. On y voit enfin des canalicules biliaires en plus ou moins

grand nombre. C*est qu'il s'agit d'espaces portes modifiés par l'inflammation, dont les vaisseaux sont oblitérés en partie ou en totalité, comme on peut le reconnaître sur les plus larges espaces, mais qui ne sont guère appréciables sur les plus petits, en raison de leur compression et de llaccumulation des cellules nouvelles. Celles-ci contribuent à masquer plus ou moins la constitution de

as.

Ls.

Fio. 68. — Cirrhose annulaire in foie clouté.

g. 9., granulations saillantes avec sclérose glissonienne. — f.«., travées scléreuses. — t.^., îlots ou lobules glandulaires. — t. h., veines sus-hépatiques. — e.p., espaces portes très sclérosés. — e.p'., espace porte très petit, mais aussi sclérosé.

x;es parties, au point même que parfois on ne voit plus que quelques amas cellulaires de nouvelle formation sur une plaque blanchâtre. Le tissu glandulaire, contenu dans les mailles du réticulum sous forme d'îlots, paraît sain ou graisseux. Dans ce dernier cas, il s'agit de surcharge graisseuse et non d'une dégénérescence; car les cellules sont plus volumineuses, et il est môme h remarquer que la sclérose est en général moins accusée à leur niveau; ce qui

s'explique probablement par les pb(^nomènes de compression des cellules augmentées de volume, et la moindre vascularisation du tissu dans ces conditions. Bien différent est l'état des cellules en dégénérescence graisseuse au sein des plaques de sclérose et dont il sera question plus loin.

En examinant toujours les mêmes préparations à un fort grossissement, on peut s'assurer qu'il n'y a pas d*espace porte absolument sain, même parmi les plus petits. On ne découvre aussi que rarement des veines sus-hépatiques. Cependant, on peut constater que quelques-unes sont tout à fait saines, tandis que d'autres commencent à être envahies par des tractus déliés partis des espaces portes voisins, passant à côté d'une veine sus-hépatique l'englobant ou y aboutissant. Ces altérations ne sont visibles que sur de rares points, ce qui fait supposer que la plupart des veines sus-hépatiques doivent être comprises dans les tractus scléreux.

Lorsqu'on examine des préparations offrant des tractus fibroïdes plus épais, et à plus forte raison celles qui se rapportent h la forme la plus commune de cirrhose, désignée sous le nom de cirrhose annulaire, on trouve une exagération de toutes les productions précédemment examinées, ainsi que la figure 68 en offre un type, qu'on rencontre fréquemment sous la forme du foie clouté.

Ce n'est qu'au niveau des grands espaces portes qu'on trouve manifestement les veines perméables, au moins en partie. Les espaces portes sont souvent encore reconnaissables sur les points scléreux les plus larges, où l'on trouve, près des vaisseaux anciens . oblitérés, des vaisseaux de nouvelle formation, et les nouvelles productions cellulaires diffuses, en amas et sous forme de traînées nombreuses correspondant à des néocanalicules biliaires rudimentaires. On ne voit aucun espace porte sain, ni même avec peu d'altération comme dans les cas précédemment examinés de foie clouté au niveau du tissu glandulaire le moins altéré. En général, on n'aperçoit pas non plus les veines sus-hépatiques qui se trouvent certainement prises dans les travées scléreuses. Cependant il n'est pas rare de rencontrer encore sur les préparations de ce genre une et quelquefois plusieurs veines sus-hépatiques intactes ou à peu près, comme sur la figure ci-dessus.

Les lésions scléreuses peuvent être encore plus intenses, seulement sur quelques points du même organe ou de la même préparation, plus rarement sur tout l'organe, de telle sorte qu'on voit la sclérose occuper à ce niveau plus d'étendue que le tissu glandulaire dont on ne trouve plus que de petits amas irréguliers sur

INFLAMMATION DU FOIE 30o

de larges plaques sclérosées. Celles-ci sont riches en cellules et les néoformations y abondent au fur et à mesure que disparaissent les portions glandulaires aux dépens desquelles elles sont manifestement formées, comme on peut le voir sur la figure 69 qui appartient à une cirrhose annulaire avec production scléreuse intensive sur certains points. Mais la sclérose peut encore offrir, en môme temps, comme dans ce cas, une diffusion des lésions sur d'autres points. Il est possible, en effet, de rencontrer des tractus plus déliés et même linéaires, formant de petites mailles irrégulières,

FiG. 69. — Cirrhose annulaire très intense avec production abondante de néocanalicules biliaires rud intenta ire -t et réduction du tissu glandulaire à de petits lobules irréguliers paraissant disséminés dans le tissu de nouvelle formation.

i.g.y îlots ou lobules glandulaires. — p.9., plaques sclérouses. — e.p.^ espaces portes encore reconnaissables. — c.b.r.^ néocanalicules biliaires rudinieutaires.

qui relient deux portions voisines de gros tractus, ou môme s'étendent à travers la plus grande partie ou la totalité d'un îlot glandulaire. Ces productions constituent ainsi une sclérose diffuse, sous la forme d'un fin réticulum intertrabéculaire h mailles plus ou moins étroites qui enserrent seulement un petit nombre de cellules. Dans certains cas, cette forme diffuse de la sclérose existe à un degré très prononcé et manifestement prédominant en môme temps que les autres lésions scléreuses ; de telle sorte qu'on trouve dans les grandes mailles du réticulum formé par les gros tractus fibroïdes un autre réticulum à travées plus ou moins

fines, qui subdivise le tissu glandulaire, ainsi qu'on le voit sur la figure 70. Dans les cas de ce genre, les néoproductions des canalicules biliaires sont encore manifestes, mais elles se rencontrent h un bien moindre degré que dans les cas précédents.

Il arrive même, quoique plus rarement, que Ton trouve une lésion diffuse généralisée avec des lésions restreintes des espaces portes. La figure 71 représente un cas de ce genre appartenant à un homme de vingt-cinq ans qui avait de gros reins, en même

u.b.r, e.p.tj.

ep.s . f.d.

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