INFLAMMATION DITE SPONTANÉE DES GROSSES ARTÈRES
lÀ.e.
entre ces faisceaux qui paraissent ainsi plus ou moins dissociés.
A un degré plus marqué, avec un épaississement en général plus accusé de la tunique interne, on voit que celle-ci présente déjà quelques fins globules graisseux, disséminés entre les faisceaux lamelleux les plus superficiels, tandis que les faisceaux profonds en présentent une quantité beaucoup plus grande qui a désorganisé le tissu et donné lieu à un véritable foyer irrégulier où se trouvent des produits graisseux, parfois avec des cristaux de cholestérinc. Ils peuvent être assez abondants pour déprimer légèrement la tunique moyenne à ce niveau, et même souvent pour empiéter aussi sur elle. Souvent aussi, ces foyers graisseux augmentent jusqu'à se confondre et à s'ouvrir dans la cavité du vaisseau , comme on le voit sur la figure 89.
D'autres fois, ils s'infiltrent de sels calcaires et peuvent rester en cet état ou bien encore se ramollir au-dessous de la plaque calcaire superficielle et s'ouvrir de même sur l'un des bords.
Le sang peut, en pénétrant dans ces cavités, les augmenter aux dépens des parties voisines altérées, former des dépôts fibrineux sur les bords, etc.
La tunique moyenne ne présente des altérations bien manifestes que dans les cas d'athérome très prononcé, indiqués précédem-
Fio. 89. — Alhérome de C aorte.
lunique interne épaissie et altérée. — t.m.a tunique moyenne altérée. — t.e.s., tunique externe sclérosée et ('•paissie. — t.e.a., tissus cellulo-adipeux. — ggs., granulations graisseuses superficielles- — f.a.y foyer alhéromateux au point d'élection. — a.o.^ artère oblitérée. — o.n., vaisseaux nouveaux.
ment et seulement sur les points contigus aux productions graisseuses. On la trouve ainsi conservée en totalité ou en grande partie. Cependant, on remarque parfois au milieu de son tissu quelques légers tractus blanchâtres qui correspondent à un léger degré de sclérose irrégulièrement distribuée.
La tunique externe présente toujours un épaississement et une densification plus ou moins prononcés, dus à une hyperplasie cellulaire, souvent très apparente, avec des formations de nouveaux capillaires qui apparaissent remplis de sang, tandis que Ton peut trouver des oblitérations de petites artères, comme cela a été observé depuis longtemps et particulièrement décrit par M. H. Martin.
Mais cette tunique externe peut aussi ne présenter qu'une densification apparente de ses faisceaux fibreux avec peu d'hyperplasie cellulaire, tout au moins dans les cas qui correspondent aux lésions athéromateuses les moins prononcées, et surtout aux lésions inflammatoires modérées survenant chez des sujets très âgés, et qui ne sont pas en rapport avec des lésions athéromateuses proprement dites. Elles correspondent plutôt à une atrophie scléreuse, analogue aux autres lésions séniles de même nature qu'on peut observer sur les divers organes.
Nous faisons surtout allusion à un état de Taorte ascendante^ qui se rencontre assez fréquemment dans Fâge avancé et qui consiste dans une dilatation de toute la paroi, laquelle semble plutôt amincie et n'offre que peu ou pas de plaques jaunes. Elle a une teinte générale blanchâtre, un peu plus accusée que sur les autres portions du vaisseau. Or, dans ces cas, l'on trouve la tunique interne épaissie seulement à un léger degré, avec un peu de sclérose disséminée à travers les fibres élastiques de la tunique moyenne, et une tunique externe qui n'est que peu ou pas épaissie, mais qui est manifestement densifiée, comme on peut le constater sur la figure 90.
Ces dernières lésions paraissent bien se rapporter à une atrophie sénile avec légère sclérose diffuse. Les productions cellulaires ont été peu nombreuses, d'où le faible épaississement des tuniques interne et externe. Et comme la tunique moyenne a participé aux phénomènes d'inflammation avec atrophie d'une partie de ses éléments, il en est résulté une dilatation générale de la paroi du vaisseau dans la région où cette altération est surtout fréquente, probablement en raison de la distension qui doit se produire alternativement à chaque systole et diastole.