‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 57 sur 176 · I\FLAM\LVT10X DITE SPONTANÉE DES GROSSES ARTÈRES · texte numérisé non relu

I\FLAM\LVT10X DITE SPONTANÉE DES GROSSES ARTÈRES

Si ron peut rencontrer des plaques jaunes sur les artères, et notamment sur Taorte à tous les âges, il est certain néanmoins que Tathérome, bien caractérisé par les lésions précédemment décrites, ne se rencontre que chez des sujets au déclin de Tâge, mais non chez tous surtout à un degré prononcé. 11 en résulte qu'il doit exister encore une ou plusieurs causes déterminantes de ces lésions, variables suivant les auteurs, mais qui, en somme, n'ont pas été établies sans conteste ; toutes celles qui ont été invoquées pouvant faire défaut.

Il y a toutes probabilités pour que les phénomènes inflammatoires qu'on observe sur les artères relèvent de causes analogues

Fio, 90. — Aorle atrophiée et légèrement sclérosée,

t.i.e.^ tunique interne épaissie. — t.m.s.^ tunique moyenne sclérosée et atrophiée. t.e.8., tunique externe sclérosée et densiflée. — a.e., artère avec endartérite.

à celles qui déterminent des inflammations viscérales diverses, et au sujet desquelles des notions écologiques positives font souvent défaut. Néanmoins, i semble bien qu'il faut toujours incriminer, au moins au début, une cause infectieuse qui doit faire sentir ses effets sur les vctsa vasorum, pour donner lieu à des phénomènes inflammatoires par le même mécanisme que sur d'autres organes, c'est-à-dire par des oblitérations vasculaires, d'où résultent une activité circulatoire augmentée dans les vaisseaux collatéraux, puis des phénomènes d'hyperplasie cellulaire, d'épaississement inflammatoire des tuniques interne et externe, etc.

Cependant, il y a ce fait particulier de la production intensive des lésions cellulaires dégénératives, en foyer, qui n'existe pas dans la plupart des inflammations viscérales, et qui a, du reste, assez frappé les auteurs, pour que quelques-uns en aient fait

l'altération initiale, d'où découleraient les phénomènes productifs.

Mais nous avons vu que les éléments cellulaires peuvent être surchargés de graisse sans donner lieu à des productions inflammatoires, et que ce n'est qu'avec la coexistence de celles-ci qu'on observe la dégénérescence graisseuse proprement dite, c'est-à-dire la transformation granulo-graisseuse avec désintégration et destruction des cellules. C'est que, en effet, comme à l'état normal, il y a dans tout processus inflammatoire des phénomènes de production et de destruction, mais plus accusés, se manifestant surtout par la présence d'un plus grand nombre de cellules, ainsi que par une plus grande quantité de déchels. Ces derniers sont plus faciles à apprécier dans certaines circonstances, notamment lorsqu'ils sont abondants et difficilement éliminés; ce' qui arrive précisément dans le cas des altérations athéromateuses.

Au début de l'inflammation, ce sont les productions surabondantes qui sont seules appréciables, et se manifestent ici par le simple épaississement de la tunique interne qu'on peut constater sur les points les moins affectés, sans altération graisseuse, de telle sorte que celle-ci ne saurait être alors incriminée comme lésion initiale. Ce n'est que sur les points oii la tunique interne est le plus épaissie qu on trouve les altérations graisseuses, c'està-dire là où les productions ont été le plus abondantes et où les échanges nutritifs et les phénomènes d'élimination doivent se faire le plus difficilement, tout d'abord au niveau de sa partie la plus profonde. Il est à remarquer en outre que lai sclérose de la tunique externe, augmentant graduellement, doit aboutir à l'oblitération d'un plus grand nombre de vaisseaux, au sein des faisceaux hyalins volumineux et tassés ; de telle sorte que la nutrition des nouvelles productions, au niveau de la tunique interne, va encore en être diminuée. Cette circonstance contribue aussi à augmenter les phénomènes de dégénérescence, lesquels, pour ces divers motifs, se présentent d'une manière si constante dans Tartérile chronique qui est désignée pour ce fait sous le nom A'athérome ariérieL

Cependant, nous avons vu qu'on peut observer de la périartérite et de l'endartérite sans athérome, dans certaines conditions déterminées, et plutôt lorsque l'activité circulatoire est notablement augmentée, particulièrement dans l'artérite syphilitique, laquelle donne lieu, au niveau de l'aorte, à des lésions bien distinctes des précédentes, comme nous chercherons à le prouver à propos des inflammations artérielles d'origine syphilitique. (Voir p. 639.)

Page 1