INFLAMMATION DITE SPONTANÉE DES GROSSES VEINES
dont les noyaux sont allongés. Ils sont disposés en petits faisceaux, parfois flexueux comme ceux de la paroi, et irrégulièrement entrecroisés, au milieu d'une substance hyaline qui se confond insensiblement, d'une part avec le stroma de la paroi, et d'autre part avec le caillot.
Sur une préparation reproduite par la figure 91 et se rapportant à une phlébite déjà ancienne, on remarque une veine assez volumi-
Fio. 92. — Veine thromhosée avec endojihlébUe (grossissement du point X de la figure 9i).
t.m., lunique musculaire de la veine. — c, caillot fibrinocruoriquo. — n.i., néoproJuclion inflammatoire constituée par une substance hyaline fondamentale, vascularisée, où se trouvent une grande quantité dïdéments musculaires. — f.m.n., faisceaux musculaires de nouvelle formation. — r.n., vaisseaux de nouvelle formation entourés de fibres musculaires.
neuse, en grande partie oblitérée par des caillots cruoriques et des nouvelles productions d'endophlébite qui commencent à se produire et sont semblables à celles qui occupent la plus grande partie de la lumière d'une veine voisine plus petite et que nous examinerons plus particulièrement. On y trouve encore un caillot librinocruorique qui achève l'oblitération complète du vaisseau dont la plus grande partie de la lumière est occupée par une substance
fondamentale d'aspect hyalin, assez riche en éléments cellulaires et en vaisseaux. Au premier abord et surtout à un faible grossissement, cette substance semble ne présenter que des cellules indifférentes irrégulièrement disséminées. Mais Tattention étant plus particulièrement dirigée sur les éléments cellulaires examinés à un fort grossissement, on voit que près des parois de la veine et autour des nouveaux vaisseaux, il existe des fibres-cellules à noyaux allongés très manifestes, et que sur les points où Ton pourrait croire seulement à la présence de petits amas cellulaires quelconques, il s'agit de faisceaux de fibres coupés en travers, semblables à ceux qui se trouvent dans la paroi vasculaire, comme on peut bien s'en rendre compte par Texamen de la figure 92, représentant un point indiqué de la figure 91 , à un fort grossissement.
Ainsi on acquiert la preuve que, même dans les cas où il semble qu'on ait affaire à un tissu de nouvelle formation indéterminé, il s'agit en réalité d'un tissu à stroma hyalin très abondant, mais où les éléments cellulaires sont des fibres-cellules disposées en faisceaux ou disséminées.
Il est à remarquer que s'il y a de la sclérose à la périphérie des veines, elle est relativement peu intense. Elle a seulement uni plus intimement les vaisseaux veineux et artériels et atteint légèrement les nerfs voisins, ainsi que dans toute thrombose veineuse ; mais il n'y a pas encore la moindre trace d'endartérite, en raison de la résistance plus grande des grosses artères à Tinflammation par propagation.
D'après ce fait et d'après ce que nous avons vu dans les cas précédents, il est probable que dans tous les cas d'inflammation simple et plus ou moins lente des veines aussi bien que des artères, les nouvelles productions cellulaires se rapportent à des fibres-cellules dans un stroma clair hyalin, comme on le voit assez souvent dans les néoproductions de l'ulérus.
Donc dans les veines comme dans les artères, comme du reste dans les autres tissus dont les éléments sont facilement reproduits^ les inflammations à marche lente ont de la tendance à la production de ces éléments. C'est ainsi que les fibres musculaires lisses qui ont dans tous les cas une grande tendance à l'hyperplasie sous l'influence des phénomènes inflammatoires n'altérant pas trop le tissu, deviennent de plus en plus abondantes. Tandis que pour les veines comme pour les autres tissus, lorsque l'inflammation est intense et destructive , notamment lorsqu'elle est suppurée, les cellules n'ont pas le temps de se développer et donnent lieu seulement à des productions scléreuses indéterminées ou suppurées-
VAKIGES 385