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VARICES

On désigne sous le nom de varice ou de phlébectasie la dilatation permanente d'une veine. On admet qu'elle est en môme^temps le siège d'un processus inflammatoire, ce qui nous fait ranger cette lésion à côté des phlébites. En efl'et, la dilatation seule des

ifiù

Fio, î)3. — Varices sous-cutanées de la jambe.

d.d., dermo catané densifié avec It^gère hyperplasie cellulaire. — o.o., veines variqueuses avec hyporplasie des âbros musculaires do leurs parois.

veines, môme plus ou moins prolongée, ne suffit pas h caractériser les varices. On rencontre souvent des dilatations de ce genre que Ton ne considère pas avec raison comme des varices. C'est pourquoi l'expression de « varices œsophagiennes '» nous paraît impropre; on n'y trouve pas V hyperplasie' cellulaire de la paroi veineuse^ qui est constante dans les véritables varices et qui doit figurer dans leur définition, au même titre que la dilatation permanente. Lorsqu'on examine des varices simples au début de leur

ARAT. TRIPIER. 25

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formation, on serait plutôt tenté de considérer les modifications survenues dans les parois veineuses comme se rapportfiint à une hypertrophie; surtout si Ton admettait avec Virchow une hypertrophie hyperplasique.

' La figure 93, qui se rapporte h des veines sous-cutanées de la jambe à Tétat variqueux, permet de constater qu'elles sont manifestement dilatées et que leur paroi est notablement augmentée d'épaisseur, non seulement par l'augmentation de volume des cellules et des faisceaux musculaires, mais encore par Faccroissement bien évident de leur nombre. On voit même sur un point des fibres musculaires nombreuses s'étendre bien en dehors de Tune des veines. Le stroma paraît aussi plus apparent et plus dense. Mais il n'y a pas la moindre trace de sclérose au sens des auteurs, ni dans la tunique moyenne, ni dans la tunique interne.

Nous n'en faisons pas une hypertrophie simple, en raison de l'hyperplasie des fibres musculaires; mais il est possible que les modifications aient débuté par une simple hypertrophie résultant de l'obstacle à la circulation, comme se produit l'hypertrophie du cœur sous une influence analogue, et que l'hyperplasie soit survenue ultérieurement par suite des troubles persistants dans la circulation des vasa vasorum.

Comme d'autre part il semble aussi que les varices se produisent par poussées, et souvent manifestement à l'occasion d'infections légères qui donnent lieu h des lésions veineuses, précisément parce que ce sont des points oîi la stase sanguine se produit facilement, on peut aussi les considérer comme étant des lésions d'origine inflammatoire, même dès le début. En tout cas, dès qu'il y a une hyperplasie des cellules musculaires, cela suffit pour que nous les considérions comme ayant cette origine, vu que c'est ce qui se passe dans toutes les inflammations à processus insidieux et lent portant sur des éléments à production facile, comme le sont les fibres musculaires lisses. Dans ces cas, en eflTet, il ne peut y avoir que des nouvelles productions de même nature, qui ont le temps d'évoluer et de se montrer avec leurs caractères propres en servant pour ainsi dire de transition entre les phénomènes d'hypertrophie et d'inflammation. Ce n'est que lorsqu'il y a des phénomènes productifs intenses et destructifs que les choses se passent autrement et qu'on peut observer des scléroses sans caractères particuliers. Nous allons voir que même avec des inflammations plus intenses et bien manifestes, ce sont encore des productions musculaires que l'on peut constater.

PHLKBITK VARIQllKUSK rixl

PHLÉBITE VARIQUEUSE

C'est au niveau des veines variqueuses enllammées que l'on trouve au plus haut degré Thyperplasie des cellules musculaires, ainsi qu'on peut le constater sur la figure 94. Elle est déjà très prononcée au niveau de la paroi veineuse manifestement épaissie par la présence d'une plus grande quantité de faisceaux musculaires au sein d'un slroma hyalin qui paraît aussi plus épais

t.e.e, CM.

i.mX

Fio. 9i. — Phlébeciasie &t phlébite de la veine crurale.

t.e.e., tunique exlorue épaissie avec nombreux vaisseaux do nouvelle formation. — t. m. h., tunique moyenne avec hyperplasie des fibres musculaires. — e.p.m., endophlébite constituée par une nôoproduction^de fibres musculaires. — f.m.. fibres musculaires plus jeunes. — en., roUules de tonte nouvelle formation.

et plus dense. En outre, on constate que de nouveaux faisceaux musculaires de volume variable et plus ou moins irrégulièrement disposés et entre-croisés, s'avancent dans les saillies que présente la surface interne de la veine en contact avec les caillots obstruant sa lumière. Les cellules musculaires qui les constituent se confondent ins(»nsiblement avec des éléments cellulaires plus jeunes, plus irrégulièrement disposés, et qui n'ont pas encore de caractères particuliers, mais qui ne peuvent pas cependant être considérés comme d'une autre nature que les éléments voisins. En somme, tous les éléments propres constatés à l'état d'hyper-

3W{ INFLAMMATION SIMPLK

plasie sont des cellules musculaires dans un stroma hyalin, qui a ausfmenté en même temps, comme dans toul tissu musculaire hyperplasié, contrairement à l'opinion qui a généralement cours et d'après laquelle on croit plutôt h la production d'un (issu conjonctif indépendant.

Ces altérations diffèrent beaucoup de celles relatées par M. Q uénu. C'est que cet auteur a décrit, non pas simplement les lésions de la phlébite variqueuse, mais bien toutes celles qui dépendent d'un ulcère variqueux, c'est-à-dire d'un foxjer de suppuration qui, ainsi que nous l'avons précédemment indiqué, donne toujours lieu, avec ou sans veines variqueuses, à des phénomènes de sclérose très étendus, et d'autant jdus qu'il s'agit d'une plaie siippurée longtemps persistante.

Dans l'inflammation des centres nerveux, on constate naturellement des productions cellulaires de même nature que celles du tissu affecté et qui aboutissent aussi à la formation d'un tissu de sclérose après la disparition des grandes cellules qui ne sont pas reproduites, comme on peut le voir au niveau des foyers inflammatoires consécutifs aux hémorragies et aux ramollissements de Tencéphale.

Il en est encore de môme pour les séléroses secondaires de la moelle, considérées comme des inflammations interstitielles. En effet, si l'on examine attentivement ce qui se passe dans ces cas, on voit que, au fur et à mesure de la disparition de la myéline, il y a une production plus abondante de noyaux au niveau des fibres nerveuses dont le cylimlre-axe seul est conservé, cVst-à-dire que l'hyperplasie se manifeste dans les libres nerveuses en même temps que dans le tissu conjonctif inlc^rstitiel, et qu'il s'agit d'une névrite dans le sens propre du mot.

Les nerfs périphériques peuvent aussi être le siège d'une inflammation, avec les mômes phénomènes d'hyperplasie des noyaux de leurs fibres constituantes, comme on peut le voir, par exemple, au niveau d'une cicatrice d'un moignon d'amputation (lig. 9^). Il y a bien une hyperplasie interstitielle intense, mais le processus a aussi envahi h»s tissus musculair(»s A nerveux. Sur l'un comme sur l'autre, on peut voir une hyperplasie cellulaire sur quelques points difl'us, soit au niv(.»au des libres nerveuses dont la myéline

n'est plus appréciable soit sur les fibres musculaires qui tendent à disparaître sous la même influence des productions cellulaires intensives. Mais les altérations ne sont pas très prononcées, parce qu'il s'agit en somme d'un tissu de cicatrice, c'est-à-dire d'une sclérose qui ne progresse plus. C'est l'altération qui a été désignée à tort sous le nom de névrome des amputés; car, comme nous le verrons, les véritables névromes sont constitués par des néoforma-

Fio. 95. — Cicatrice du nerf crural au niveau (Tun moignon d'amputation (pseudo-névrome).

/.n., faisceaux nerveux avec légère sclérose intrafasciculaire. — s.i.f.f sclérose interfascicnlaire prédominante.

tions ayant leur origine dans les fibres nerveuses, et se comportent tout autrement au point de vue de leur développement et de leur accroissement persistant.

Nous nous bornerons à signaler l'analogie des inflammations du tissu nerveux avec celles d'autres organes, sans entrer dans leur description qui comporterait un développement spécial ne rentrant pas dans le cadre que nous nous sommes tracé.

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