‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 74 sur 176 · RÉUNION D'UNE FLAIE PAR SECONDE INTENTION · texte numérisé non relu

RÉUNION D'UNE FLAIE PAR SECONDE INTENTION

solution de continuité d'un tissu, de phénomènes inflammatoires variables suivant la nature du tissu, mais souvent avec une tendance à sa reproduction. C'est ainsi que Tos fracturé se reproduit, mais toujours plus ou moins irrégulièrement; tandis que les muscles ne se reproduisent nullement, mais qiie les parties séparées se soudent par du tissu scléreux; que les nerfs ainsi soudés peuvent encore se reconstituer si les bouts sectionnés se trouvent h proximité; que les faisceaux du derme sont également soudés par des éléments de nouvelle formation, qui constiluent partout un tissu de sclérose, dans lequel il est possible de rencontrer parfois«des néoproductions d'éléments glandulaires rudimentaires au niveau des glandes qui ont été plus ou moins altérées, mais n'ont pas été complètement détruites. Les celhilcs nouvelles abondent dans tous ces points et surtout autour des vaisseaux, produisant une sclérose générale, et qui peut envahir de gros vaisseaux veineux et même artériels, l'inflammation commençant par la tunique externe pour gagner ensuite la tunique moyenne et surtout la tunique interne. En tout cas, les cellules sont d'autant plus abondantes qu'on approche de la surface suppurante, où elles forment le tissu de granulation toujours doublé d'une zone scléreuse plus ou moins dense, comme nous l'avons vu pour la zone pyogénique.

Le tissu de granulation diminue peu h peu d'épaisseur en môme temps que la sécrétion purulente se tarit graduellement et que la sclérose sous-jacente augmente; puis on finit par voir une tendance à la reconstitution de l'épithélium de recouvrement qui semble partir des bords de la plaie pour aller s'étendre graduellement jusque sur les parties centrales.

Cette question de la reconstitution de la couche épithéliale à la surface d'une plaie en voie de cicatrisation a donné lieu à des recherches intéressantes et à de nombreuses controverses. Certains auteurs admettent sa formation aux dépens de l'épithélium persistant sur les bords, tandis que d'autres l'attribuent aux cellules du tissu de granulation, et que d'autres, enfin, y font participer ces divers éléments, mais toujours par la division des cellules. Or, nous avons déjà dit qu'il était irrationnel de faire provenir les mêmes cellules de deux origines aussi difi'érentes, et que, non seulement on ne constatait pas de division des cellules, mais qu'il ne serait guère possible d'admettre une évolution latérale des cellules qu'on suppose produites par l'épithélium en place.

M. Ranvier, étudiant expérimentalement le mode de cicatrisa-

*-;« ÉVOUTIOX ET TERMINAIS^IN DE L INFLUOLiTION

tion d'une plaie de la cornée, a bien vu que ce sont les cellules profondes de l'épithélium qui viennent combler les vides faits par la plaie sur les couches superficielles, sans apercevoir aucune trace de division indirecte ou directe de ces cellules.

Il en est de même à la surface des plaies de la peau et des muqueuses, où Ton peut constater que Tépithélium est graduellement reformé par les jeunes cellules les plus superficiellement placées, et provenant des parties profondes, sans qu'on observe aucune division cellulaire, soit des cellules épithéliales voisines, soit des cellules conjonctives.

Cependant, l'influence de Tépithélium sur la reproduction de celui de la surface ulcérée ne parait pas douteuse, d'autant que les u greffes de M. J. Reverdin » sont venues s*ajouter à la démonstration résultant des faits où Ton constate manifestement la production des nouvelles cellules de recouvrement au voisinage de Tépithélium resté en place. Mais en examinant une plaie de la peau dans ces conditions, on peut remarquer que des cellules épithéliales ne viennent pas s'ajouter à côté des cellules anciennes comme si elles étaient engendrées par elles, mais qu'il existe à partir de l'épithélium sur une certaine étendue, des cellules du tissu de granulation qui, peu à peu, prennent l'apparence de cellules malpighiennes, avec une prédominance marquée près de l'épithélium pour diminuer graduellement jusqu'à une certaine distance où l'on ne sait plus dire si les cellules superficielles sont ou non des cellules malpighiennes en voie de formation.

En supposant môme, ce qu'on ne peut constater, que ces nouvelles productions proviennent de la division des cellules épithéliales anciennes, qui est l'opinion la plus générale, on ne comprendrait pas cette progression décroissante, à moins de supposer la division indéfinie de cellules h peine formées, c'est-à-dire dans des conditions contre nature, aussi bien pour ce fait que pour l'extension latérale des cellules épithéliales. Tandis que l'on voit la transformation insensible des cellules du tissu de granulation, c'est-à-dire des cellules conjonctives en cellules malpighiennes, tout comme on la voit près des cellules basales pour la couche restée en place. C'est aussi près de ce point que le phénomène commence à se produire et se trouve ensuite le plus avancé, probablement en raison de la persistance du tissu voisin dans des conditions de vascularisation plus propices à la reconstitution du tissu, et du voisinage de l'épithélium qui doit donner lieu à des échanges favorables à la spécialisation des cellules. C'est aussi ce

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