‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 75 sur 176 · RÉUNION D'UNE PLAIE PAR SECONDE INTENTION · texte numérisé non relu

RÉUNION D'UNE PLAIE PAR SECONDE INTENTION

qui résulte de la difficulté qu'on remarque pour la reconstitution de Tépithélium sur les surfaces suppurantes qui sont éloignées de Tépithélium et qui se cicatrisent plus vite lorsque des lambeaux épithéliaux sont transportés sur ces points.

Il ne s'agit pas à proprement parler de cellules greffées qui se multiplieraient, car rien de pareil ne peut-être observé. Mais les cellules transplantées dans de bonnes conditions, sur des surfaces dont la vitalité est bien assurée et à Tabri des causes infectieuses, deviennent immédiatement le siège d'échanges favorisant la formation sous-jacente des cellules, qui acquièrent ainsi une plus gran Je tendance h la reconstitution du corps de Malpighi. On remarquera en outre que la compression exercée à ce niveau pour maintenir les prétendues greffes en place, doit aussi favoriser la transformation épithéliale des jeunes cellules les plus superficiellement placées, par l'immobilisation et les conditions de nutrition qu'elle leur impose. Il n'y a que des parties vascularisées susceptibles de continuer à être alimentées par les vaisseaux de la plaie sur laquelle elles ont été transplantées, qui méritent le nom de greffes; parce que, elles seules peuvent continuer à vivre, c'est-à-dire à évoluer. Tandis que toutes celles qui sont transplantées dans d'autres conditions sont destinées à périr, quels que soient les phénomènes qui se passent dans les parties sous-jacentes. • L'épithélium finit ordinairement par recouvrir toute la plaie, en présentant souvent une accumulation anormale des cellules en rapport avec la vascularisation augmentée du tissu cicatriciel. Mais peu à peu celui-ci va se modifier par le fait des conditions nouvelles dans lesquelles il se trouve. L'activité circulatoire continue à diminuer de plus en plus, et s'égalise dans les parties voisines; de telle sorte que les productions cellulaires diminuent graduellement. Le tissu se tasse en se rétractant jusqu'au point d'avoir une vascularisation notablement amoindrie, probablement par le fait de la disparition d'unç portion de tissu; de telle sorte que la cicatrice apparaît ultérieurement moins large, avec un aspect blanchâtre et une diminution d'épaisseur du tégument résultant de l'amincissement du tissu cicatriciel. Enfin lorsque la surface de celui-ci est tant soit peu étendue, l'épithélium se présente avec quelques particularités anormales : la couche cellulaire est moins épaisse et plus ou moins irrégulière; tandis qu'il peut ne pas y avoir de différence appréciable avec les parties voisines lorsque la cicatrice est étroite.

Cette reproduction de l'épithélium modifié ou non, n'a lieu qu'à

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la condition que la surface reste libre; car si elle contracte des adhérences avec une autre surface ulcérée, Tépithélium n*est pas reproduit à ce niveau. Il en est de même pour les membranes enflammées ainsi qu'on peut le constater fréquemment sur les feuillets adhérents des séreuses.

Les organes complètement détruits, comme les glandes, les muscles et même le derme, ne sont pas reproduits. C'est ce qu*on pouvait constater sur une préparation se rapportant à une cicatrice de la peau qui datait de quinze jours, et était consécutive à une plaie sous pansement antiseptique. Il ne restait à la superficie qu'une lame assez étroite de tissu fibroïde, tapissée par une mince couche de cellules épithéliales, petites et tassées, dont on pouvait apprécier la différence avec les cellules normales des parties voisines. Puis au-dessous du tissu fibreux se trouvait seulement du tissu cellulo-adipeux devenu plus abondant, de telle sorte qu*il bouchait la perte de substance résultant de la disparition des autres éléments constituants de la peau.

Il n'y a que les parties détruites ou altérées qui disparaissent; car celles qui sont seulement le siège d'une production plus abondante d'éléments dont la nutrition peut être assurée, comme on l'observe au voisinage des parties détruites, ne présentent en général qu'une sclérose en rapport avec l'abondance des productions cellulaires, ou reviennent même tout à fait à Tétat normal. 11 y a le plus souvent une transition graduelle entre les diverses altérations et cet état.

S'il s'agit d'une inflammation suppurée des os, on constate la reproduction du tissu osseux au fur et à mesure de la diminution de la suppuration et de la tendance plus accentuée aux phénomènes de réparation, en raison de ses propriétés naturelles de reproduction avec beaucoup d'éléments cellulaires. Il en est de même dans les fractures compliquées ou septiques. Les auteurs ont remarqué que dans ces cas, il n'y a pas de formation cartilagineuse, tout au moins à la surface de la plaie ; ce qui a fait mettre en doute par quelques-uns, son existence dans les fractures simples. On a ainsi cherché à expliquer l'absence des productions cartilagineuses par les altérations profondes de la couche souspériostée, quand elle s explique bien plus naturellement par le fait (le la présence^ à la surface de la plaie^ de bourgeons charnus, cest'à'dire cTun tissu vascularisé où le cartilage ne peut se former, et qui est, au contraire, favorable à la production immédiate des lamelles osseuses.

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Lorsqu'on constate d'autres phénomènes de reproduction dans les parties profondes, ils sont toujours très limités et n'ont lieu que d'une manière plus ou moins rudimentaire par des tissus simples, comme nous Tavons vu à propos de la description se rapportant aux phénomènes inflammatoires. Tandis que pour tous les tissus dont les éléments cellulaires présentent des perfectionnements, et qui, à Fétat normal, se nourissent insensiblement sans être éliminés, ni reproduits, il n'y a jamais de reproduction consécutive aux destructions de cause quelconque. C'est le tissu scléreux, souvent avec l'adjonction du tissu cellulo-adipeux, produits d'une manière plus ou moins abondante, qui remplissent les vides. Mais quelles que soient ces modifications des tissus, pour qu'il y ait cicatrisation au niveau d'une surface libre, il faut encore qu'il y ait reconstitution d'une couche épithéliale à la superficie.

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