‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 8 sur 176 · THÉORIE CELLULAIRE · texte numérisé non relu

THÉORIE CELLULAIRE

L'étude de Torigine et de révolution des éléments cellulaires qui composent nos tissus ne date pas de longtemps. Ce sont les travaux de Schleiden dans le règne végétal et ceux de Schwann dans le règne animal, qui en ont été le point de départ : ces auteurs ayant cherché à démontrer que tout tissu végétal ou animal avait pour origine une cellule. Toutefois, Schwann admettait la possibilité de la naissance spontanée des cellules dans un blastème. Cette théorie qui a régné d'abord en Allemagne, avait été adoptée en France par Ch. Robin qui Fa soutenue en opposition à celle de Virchow. Mais cette dernière, déjà formulée en partie par Remak, n'a pas tardé à acquérir l'adhésion à peu près unanime des savants.

Pour Fauteur de. la Pathologie cellulaire^ « il n'y a pas de création nouvelle; elle n'existe pas plus pour les organismes complets que pour les éléments particuliers > . « La cellule présuppose Fexistence d'une cellule ( omnw Celltila e Cellula). Dans toute la série des êtres vivants, plantes, animaux, ou parties constituantes de ces deux règnes, il est une loi éternelle, c'est celle du développement continu. »

Ces propositions et la loi qui en découle, fondées sur l'observation rigoureuse des faits, paraissent toujours incontestables, et leur démonstration a réalisé un progrès considérable. Mais il n'en est pas de même des propriétés que Virchow a attribuées aux cellules, car elles ne reposent que sur des hypothèses, ainsi qu'il résulte de leur examen.

L'auteur rapporte tous les phénomènes normaux et pathologiques à l'activité cellulaire qui, pour être mise en jeu, nécessite une excitation ou irritation. « Toutes les fois, dit-il, qu'on réveille une activité spéciale, c'est pour faire fonctionner, pour nourrir ou pour former une partie : fonction, nutrition, formation. » Les limites qui séparent ces phénomènes sont très peu tranchées. La cellule excitée ou irritée attire à elle les éléments de nutrition en raison

de Tinfluence qu'elle exerce sur le territoire voisin et fonctionne avec plus d'activité jusqu'au point d'en mourir parfois, à moins qu'elle ne revienne à l'état embryonnaire. Elle peut aussi se reproduire SOUS la même influence, ordinairement par division directe du noyau d'abord, puis du protoplasma cellulaire, la cellule mère disparaissant pour donner naissance à deux ou un plus grand nombre de cellules filles suivant le schéma de Remak.

On peut bien admettre que le fonctionnement d'une cellule ressortissant à la loi de fonctionnement de tout organisme, résulte des conditions physico-chimiques naturelles dans lesquelles elle se trouve et de l'action que peut avoir sur elle le système nerveux; qu'ainsi il peut être augmenté, diminué ou perverti, au point d'occasionner des troubles correspondants. Mais comment prouver que la cellule, sous l'influence d'une excitation particulière, jouit de la propriété d'attirer è. elle ses éléments de nutrition?

On sait que des échanges ont lieu entre les cellules et leur milieu intérieur; mais c'est par suite de phénomènes physicochimiques plus ou moins bien connus et non par le fait d'une force particulière qui, si nous l'admettions, nous ferait reculer au delà de Leibnitz et de Descartes. Du reste, aucun fait ne peut prouver cette propriété spéciale des éléments cellulaires. M. Berthelot dit avec raison que « la vie ne s'entretient par aucune énergie qui lui soit propre » et cela est aussi vrai pour des parties quelconques de l'organisme que pour le tout.

Les cellules peuvent être le siège d'altérations plus ou moins considérables. Mais s'il n'est pas douteux qu'elles s'acheminent ensuite vers la destruction ou la mort ; il n'est pas moins certain qu'elles ne peuvent revenir è. l'état embryonnaire, comme le soutenait déjà Ch. Robin. Les organismes ou leurs parties constituantes, pas plus que les fleuves, ne sont capables de remonter à leur origine. Ce qu'on prenait pour un rajeunissement des cellules qu'il est impossible de suivre dans leur évolution, est simplement la substitution d'une cellule jeune à une ancienne. C'est du reste un point de la doctrine de Virchow qui n'est plus accepté par tous les pathologistes.

Il en est de même de la division directe des cellules que tout le monde admettait il y a peu d'années et que chacun voyait couramment se produire à l'état pathologique comme à l'état normal, ainsi que le prouvent les dessins et les descriptions de la Pathologie cellulaire et des traités classiques.

Cohnheim lui a porté le premier coup en disant qu'il n'avait jamais pu constater la division cellulaire et que les nombreuses

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