‹ Traité d'anatomie pathologique généraleChapitre 86 sur 176 · GASÉIFICATION AVEC DÉSINTÉGRATION CONSÉCUTIVE · texte numérisé non relu

GASÉIFICATION AVEC DÉSINTÉGRATION CONSÉCUTIVE

En effet, on trouve bien parfois un tissu fibroïde dense toujours plus ou moins infiltré d'anthracose, dont la constitution est irrégulière, comme sa surface. Celle-ci même, paraît souvent déchiquetée, en présentant encore ça et là quelques débris nécrosés, tandis que sur d'autres points elle est au contraire très vascularisée. Et, le plus souvent on a affaire à un véritable tissu de granulation offrant ainsi une surface en voie de suppuration.

La figure 136 montre une portion de la paroi d'une caverne

Fin. 136. — Caverne tuberculeuse du poumon.

Portion de la paroi dont la surface interne est constituée par un tissu de granulation avec une partie caséeuse en désintégration et dont la partie profonde scléreuse renferme de nombreuses cavités alvéolaires rudimentaires de nouvelle formation.

«.«., surface ulci''n''e. — t.g., tissus de granulation. — c, partie caséeuse en désintéj?ration. — c.g.. cellules géantes. — p.s.p., paroi de la caverne, sclérosée avec pigment. — a.r., alvéoles rudimentaires avec épithélium cubique dans le tissu sclérosé. — v, vaisseaux.

dont la surface interne est constituée par un tissu de granulation très riche en éléments cellulaires et en vaisseaux. A ce niveau on ne découvre aucune lésion caractéristique de la tuberculose et il en est ainsi assez souvent môme pour des cavernes anciennes ayant été considérées à Tœil nu comme quasi guéries. Il en est de môme pour certaines brides scléreuses traversant les cavernes ou

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fais<int saillif sur leur paroi, et qui renferment dos vaisseaux coinpiêtenient ou incoraplèleraenl oblitérés.

Or, lorsque les parois et brides de cavernes ne présentent qui' çîi et là des taches ou traînées d'anthracoM», on ne persiste pas moins à les considérer comme des lésions tuberculeuses, même quoiqu'il n y ait aucune pro<Iuclion caractéristique sur ces [mrlies- Mais si Tantliracose est beaucoup plus prononcée on en fait une cavorne ré^^uitant d'une pneumonokoniose, bien à tort ainsi que Uiius avons cherché autrefois à le prouver, en raison de la présence dans la plupart de ces cas, de tubercules manifestes sur les poumons ou sur d'autres organes, quand il y a beaucoup d'anthracose aussi bien que lorsqu'il y en a peu; de telle sorte que dans tous ces cas l'origine tuberculeuse des lésions n'est pas douteuse».

Le plus souvent, cependant, on découvre un ou plusieurs points caséeux >itués dans l'épaisseur de la paroi caverneuse, comme sur la ligure 13*5, ou sur la limite de la perle de substance qu'elle vient ainsi agrandir, comme sur la figure 136. La zone cellulaire qui entoure la masse caséeuse pré<ent(» même des cellules géanli^s qui pourraient être encore situées plus pn)f(mdément et qui, d'autres fois, font tout à fait défaut.

On remarquera dans ce cas que, non seulement la paroi scléreuse de la caverne est très riche en vaisseaux de nouvelle formation et en cellules disposées d'une manière diffuse ou sous forme d'amas irréguliers, mais encore qu'il existe une assez grande quantités de petites cavités irréguliéres, tapissées par un épithélium cubique et qui représentent incontestablement des productions alvéolaires rudimentaires nouvellement formées. Elles ne paraissent pas se rencontrer en aussi grand nombre sous l'influence de la tuberculose seule. II s'agit ordinairement dans ces cas d'anciens syphilitiques, comme nous aurons bientôt l'occasion de le démontrer. (V. p. 626 )

Des excavations ou ulcérations peuvent se former partout où la tuberculose donne lieu à des amas caséeux assez volumineux et capables d'entrer en désintégration, puis d'être éliminés au dehors au moins en partie, comme dans le rein, dans la prostate, dans Tépididynie ou le testicule, dans la glande mammaire, dans les ganglions lymphatiques, dans la peau et dans les muqueuses, dans les tissus périarticulaires et dans les os, etc., mais dans la plupart de c(»s cas les pertes de substance ne sont pas aussi considérables que dans le poumon, et Téliniination des parties ayant subi la nécrose caséeuse se fait d'une manière très variable suivant

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