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qui continuent à se produire avec des déviations et perturbations plus ou moins prononcées.
II y a cependant des cellules nouvellement produites dans les tumeurs, et ce sont bien ces nouveaux éléments qui entrent dans leur constitution; mais il en est de même dans les états inflammatoires, comme à Tétat normal, où la rénovation des éléments constituants de l'organisme se poursuit incessamment pendant tout le cours de Fexistence.
Ce qui distingue à ce sujet l'état normal des états pathologiques, c'est que dans le premier cas, la production des cellules a lieu au fur et à mesure de la disparition des anciennes celhiles, avec un ordre parfait et avec une exacte régularité dans les phénomènes de nutrition, en raison de la structure normale des parties et de la nutrition convenablement assurée par la disposition régulière des vaisseaux; tandis que dans les cas pathologiques il existe toujours des troubles plus ou moins prononcés dans les phénomènes de nutrition et de structure, en rapport avec Fétat de la circulation qui modifie la production du liquide plasmatique et des éléments cellulaires, comme quantité et qualité.
Ce qui caractérise plus particulièrement les tumeurs, c'est la prédominance du processus formatif donnant lieu à ce niveau à une augmentation de volume plus ou moins circonscrite, les tumeurs même dites atrophiques étant constituées par des productions exagérées plus ou moins localisées. Mais cela ne veut pas dire que les éléments ainsi produits persistent indéfiniment ou se reproduisent contre nature, ainsi qu'on Tadmet généralement. Cela signifie seulement que les phénomènes formatifs remportent sur ceux de désassimilation et de disparition des éléments, par suite des conditions anatomiques et fonctionnelles anormales résultant des modifications de structure et surtout de Tétat des vaisseaux.
Il est vrai que des troubles analogues peuvent se rencontrer avec des productions dites inflammatoires; mais ce qui distingue encore le processus formatif des tumeurs, indépendamment de sa prédominance le plus souvent bien manifeste, c'est qu'il est en général progressif, non seulement pour les tumeurs malignes, mais aussi pour les tumeurs bénignes. Dans ce dernier cas les productions sont ordinairement limitées et ont un développement en quelque sorte autonome au niveau du point d'implantation de la tumeur; tandis que dans les cas de tumeurs malignes le développement a lieu surtout par l'envahissement des parties voisines du même tissu, puis des tissus voisins. Mais dans tous les cas il y a bien
prédominance (Ttin processus formatif anormal^ localisé^ qui tend toujours à r accroissement.
Ce caractère, qui est si manifeste dans la plupart des tumeurs, ne suffirait pas cependant à les distinguer de certaines productions inflammatoires pouvant se présenter aussi dans ces conditions. 11 en est de même de la tendance à la généralisation par les voies lymphatiques et sanguines qui est commune aux maladies infectieuses et aux tumeurs, quoique dans ce dernier cas elle se présente avec des caractères particuliers bien propres à distinguer ces états pathologiques dans la plupart des cas, en raison dos productions semblables ou analogues qu'on observe au niveau des foyers métastatiques. Mais encore n'y a-t-il pas entre ces productions et celles qu'on rencontre dans les maladies infectieuses autant de différences qu'on pourrait le croire au premier abord, comme nous aurons l'occasion de le démontrer. On ne peut donc pas faire entrer ce caractère dans la définition des tumeurs; d'autant que si beaucoup de tumeurs se généralisent ordinairement, et môme que si toutes peuvent se généraliser à un moment donné, il en est dont la généralisation est exceptionnelle.
Toutes les productions pathologiques, quelle que soit leur nature, présentent en même temps que le processus formatif, des phénomènes d'évolulion variable correspondant à ceux de l'état normal plus ou moins modifiés, donnant lieu h, des aspects particuliers et à des phénomènes de dégénérescence, voire môme à des altérations par nécrose et désintégration. Quelques-unes de ces dégénérescences qiCon rencontre sur certaines tumeurs déterminées sont assez caractéristiques^ mais elles ne se présentent pas sur toutes les tumeurs; d'où TimpossiMlité de les faire figurer dans leur définition.
Toutefois, ce qui caractérise essentiellement le processus des tumeurs, c'est qn il h* aboutit jamais à la guérison.
Ce n'est pas que l'on ne puisse trouver dans les tumeurs, comme dans toute production pathologique, une tendance à la limitation et même parfois à la formation d'un tissu cicatriciel ; mais qu'il s'agisse de tumeurs bénignes ou malignes, on peut être assuré que les néoproductions continuent à s'étendre à des degrés variables et qu'en somme il ne se produit pas de guérison, soit par résolution, soit par cicatrisation.
Il y a bien des lésions inflammatoires qui n'aboutissent pas toujours à la guérison ; de telle sorte que ce caractère isolé ne suffit pas pour distinguer absolument les tumeurs, malgré sa
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constance dans ce dernier cas. Il en est donc de ce caractère comme des précédents ; d où Ton peut conclure qu aucun n'est absolument pathognomonique.
Toutefois en réunissant les caractères essentiels des tumeurs bénignes et malignes, on arrive à une définition provisoire jusqu'à ce qu'on puisse la compléter par la donnée étiologique. On peut dire ainsi que toute tumeur consiste dans une production pathologique tissulaire^ de cause encore indéterminée^ où prédomine un processus formatif plus ou moins localisé n aboutissant jamais à la guérison et ayant au contraire de la tendance à r accroissement^ par autonomie si la tumeur est bénigne^ par extension et souvent par généralisation lorsqu'elle est maligne.
Nous avons précédemment insisté sur le fait que toutes les productions pathologiques sont tissulaires, (V. p. 7.) Si nous le répétons dans la définition des tumeurs, c'est que les auteurs les considèrent, en général, comme constituées seulement par tel ou tel élément déterminé, ainsi que nous le verrons bientôt à propos de rhistogenèse, et que cela nous parait absolument contraire à l'observation des faits.
Les tumeurs ainsi présentées ne constituent qu'un groupe d'attente auquel on enlèvera peu à peu, au fur et à mesure des progrès de la science, les affections dont on aura reconnu la cause déterminante. En effet, ve n'est qu'en tenant compte à la fois de la cause d'une lésion et des modifications qui en résultent pour C organisme^ au point de vue local et général ^ dans chaque cas particulier, qu'on peut réellement définir une affection, qu'il s'agisse de tumeurs ou d'inflammation, ces mots ne servant pour le moment qu'à réunir les affections les plus variées des divers organes.
Donc, lorsqu'on connaîtra l'agent susceptible de déterminer la production d'une tumeur, on définira celle-ci en disant simplement qu'elle consiste dans les modifications tissulaires relevant de cette cause. C'est la définition de Tavenir.
De nombreuses tentatives on été faites pour découvrir Tagent nocif capable d'engendrer les tumeurs ; mais jusqu'à présent les résultats ont été tellement incertains qu'on peut conclure comme nous l'avons fait, en disant que les tumeurs sont encore de cause indéterminée.
Au point de vue histologique, on a certainement rencontré sur les préparations des tumeurs, la présence de nombreux parasites microbiens. Mais on n'en a trouvé aucun de constant et les mêmes parasites ont été retrouvés sur des lésions inflammatoires ; de telle
sorte que cette étiologie a été éliminée pour faire place depuis quelques années à la théorie psorospermique.
Or, tandisque que certains auteurs croient trouver des coccidies dans les éléments épithéliaux des tumeurs, d'autres considèrent ces productions comme résultant des altérations cellulaires et non de la présence des parasites. Les recherches que nous avons faites à ce sujet ne nous ont pas permis de constater manifestement ces coccidies. Du reste, ceux qui sont partisans de cette théorie, ne s'entendent même pas sur les caractères et les variétés de ces éléments parasitaires ; de telle sorte qu'en réalité, il n'existe aucune donnée positive sur ce point.
M. Delbet fait aussi remarquer que* dans les cas de psorospermose connus, les lésions évoluent à la façon d'une production inflammatoire autour d'un corps étranger et non à la manière des tumeurs.
Cependant nous avons observé plusieurs cas de coccidies du foie sur le lapin, oii les néoproductions anormales canaliculées donnaient tout à fait l'apparence d'une tumeur adénoïde se rapportant aux voies biliaires. Mais nous avons vu, à propos de la tuberculose et de la syphilis (p. 554 et 637), que des néoproductions adénoïdes pouvaient également se rencontrer sous l'influence dé ces maladies infectieuses, en faisant précisément remarquer leur analogie avec celles des tumeurs proprement dites, de cause inconnue.
Néanmoins fétiologie parasitaire reste la cause la plus probable en raison des analogies que présentent les tumeurs avec les inflammations infectieuses, mais il est indéniable que, si l'on ne doit pas la rejeter, e//e reste encore à déterminer.
Il ne faut pas croire que la connaissance de la cause des tumeurs, quoique constituant un progrès immense et pouvant avoir des avantages pratiques considérables, éclairerait la structure des néoplasmes ; car on se trouverait^toujours en présence de ces modifications si variables des tissus, qu'il importe d'analyser et d'interpréter. C'est ainsi que la découverte du bacille de Koch n'a pas élucidé les mêmes questions relatives aux lésions tuberculeuses, et au sujet desquelles il existe autant de divergences que si la cause de ces lésions était encore inconnue, sauf qu'elles ne sont plus rangées par personne au nombre des tumeurs.
Si certaines productions pathologiques sont reconnues à première vue comme appartenant à une inflammation ou h, une tumeur, il en est beaucoup d'autres pouvant relever de l'une ou de l'autre de ces affections et qui n'offrent pas de caractères suffisants pour que l'on
puisse sans conteste les rapporter à leur véritable origine. C'est dire qu'au point de vue anatomique^ il n'existe pas, à proprement parler, de caractères absolus de ces affections et qu'il est impossible de les définir par un mot. C'est pourquoi notre définition repose à la fois sur des caractères anatomiques et cliniques permettant de comprendre tous les faits de tumeurs bénignes et malignes généralement ainsi désignés dans Tétat actuel de la science, jusqu'à ce que l'on soit arrivé à en découvrir les causes et probablement alors à les démembrer.
Si dans la plupart des cas bien étudiés, l'examen anatomique (macroscopique et microscopique) permet de décider que l'on a affaire à une tumeur et même de spécifier la nature de la tumeur, c'est-à-dire te tissu qui lui a donné naissance, en attendant que Ton connaisse sa cause, il en est beaucoup cependant où le diagnostic est particulièrement difficile et reste douteux, indépendamment de toute question doctrinale, soit pour distinguer les lésions d'une tumeur de celles d'une altération inflammatoire, soit surtout pour en découvrir la nature. On ne peut y arriver alors que par les renseignements cliniques qui sont indispensables, et qui, dans tous les cas, facilitent Texamen histologique, en fournissant une base solide de recherches et en permettant de bien se rendre compte des modifications survenues dans le tissu affecté. A son tour, mieux renseigné, le chirurgien trouve, dans une connaissance plus précise des tumeurs et de leur pronostic, des indications précieuses pour les décisions à prendre.