‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 11 sur 88 · LIVRE · texte numérisé non relu

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cate,*soit par Teffet d'une dûrpositioti oiigindle^ soit par une croissance trop rapide On a observé que les jeunes filles, lorsqu'elles restent long-temps assises sans que leur corps soit soutenu, ou qu'elles se livrent à certains exercices, par exemple celui de la harpe, se penchent toujours d'un côté; ou Uen encore, qu'en écrivant elles avancent beaucoup plus l'épaule droite, et font exécuter un mouvement de torsion à la colonne vertébrale. Si les défauts dans la conformation de cette colonne sont moins apparens sur les garçons que sur les filles, cela provient de ce que dans les premiers ils sont corrigés et même peu à peu efiacés par des exercices de corps plus forts et plus souvent répétés.

La même remarque s'applique aux cas où on tient les enfans plus ou moins long**temps courbés dans la même position, surtout quand leur corps ne s'appuie que sur deux points, savoir: sur la tète et le bassin. Cest ce que j'ai observé sur une petite fille de neuf ans, qui, dans un voyage de cent vingt lieues, se ^nt constamment dans le même coin de la diligence. A dattr de ce voyage, sa colonne ver* tébrale subit une petite inflexion , et la hanche sur laquelle elle était toujours restée appuyée, est restée un peu plus saillante que celle du coté opposé.

2.° L'action irrégulière des muscles. On a dit que l'antagonisme pouvait être rompu entre les muscles €acro«lombaire et long dorsal des deux côtés du corps; que ces muscles agissant plus fortement d'un côté, ou qu'étant spasmodiquement contractés , ils courbaient vers ce côté la colonne, et produi-

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SMnt une saillie au côté opposé ; d'où il suivrait que ceux qui sont situés du côté concave, sont plus ù>T%s que ceux du côte convexe >. Outre que cette aciion n'expliquerait pas la déviation partielle de quelques vertèbi;^ , il est bien plus vraisemblable que ces courbures doivent être attribuées k l'action prépondérante des muscles qui, d'un côté de la colonne vertébrale, se rendent à Fépaule correspond danie, et l'entraînent dans cette direction : en effet, c'est presque toujours du côté droit que se remarque la convexité de la colonne dorsale.

3.^ Quant à l'alongement des ligameiâ et à leur rdàchement, il nous parait devoir être bien plutôt l'effet que la cause de déviation de la colonne vertébrale. La gibbosité peut -elle être le résultat d'une luxation des vertèbres? On est disposé dans le monde à l'attribuer à cette cause , dont pourtant il existe à peine quelques exemples. Nous citerons ici l'histoire d'un individu* mort à quarante ans , qui, à l'Age de huit ans, était tombé sous les roues d'un chariot, et qui depuis ce moment (ut affecté de ^bosité. La colonne vertébrale était pliée en deux presque à angle droit; les vertèbres avaient subi une torsion latérale : plusieurs étaient anlylosées; deux côtes, la quatrième vertèbre lombaire et le sacrum, portaient des traces de firactures; la cavité pectorale droite était trèa-rétrécie, lu gauche par contre était très-ample.

1 Observ^ on distort ^ of iho spime^ hy H^mrd^} ^» 99. 9 Pc M» Diss9rt, dé tûoUoêi, Eêfiiom.ç tSoS. SmlMbmrg^ w^dim» «&âr. Zcitumg » 1 gCcr JSrgànzungibmnd « S* 1 9^.

4** P^ ^ parlé d'une quatrième cause de déviatioll de la colonne vertébrale, laquelle réside dans unemaladie aiguë, souvent de courte durée, d'une fièvre éphémère, par exemple, et qui, après avoir attaqué, subitement des enfans et de jeun^ sujets, particulièrement des filles, produit tout à coup une saillie de la colonne vertébrale, de la hanche et du grand trochanter. Hippocrate', qui connaissait ce cas , avait remarqué qu'il consistait dans une distorsion des vertèbres cervicales à la suite d'une angine, et que les malades se rétablissaient avant le quatrième jour. Van 6 wieten * , a observé une seule fois celte espèce d'angine sur un enfant de dix ans; elledéter-t mina un dérangement tel dans le cou, que la nuque offrait une cavité très- enfoncée. P. Frank ^ cite aussi l'exemple d'une jeune demoiselle de quatorze ans, née d'une mère extrêmement rachitique, et qui, à la suite d'une esquinancie, eut uûe déviation marquée dans les vertèbres cervicales et dorsales. Le quinquina et les bains froids rétaMirent promptement cette malade , et remirent la colonne vertébrale dans son premier état

§. 644. Quoique nous ayons considéré ces causes des déviations et des distorsions de la colonne vertébrale et des autres os comme agissant d'une façon en quelque sorte mécanique, il n'en faut pas moins ad* mettre que, dans la plupart des cas, il existe un étal

1 De morhis populariter vagantibu* ,* Ub. a. a Comment, in Boerh,^ /i6. a, §. 8aS.

% 3 Diseurs, de rackiiide aculo et adukoriimi Opufoula med^ Lips., 1790^ p. 184.

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morUde qui prédbpose à ces altérations. Or, cette cause prédisposante , les auteurs Tont désignée sous le nom de raehiiis.

Disons un mot de ce dernier , quoique son histoire soit plus particulièrement du domaine de la pathologie.

§. 645. Le rachitis, ou la maladie anglaise, est une cachexie caractérisée par un état fluxionnaire vers la tète, un amaigrissement du corps, une intumescence du bas-ventre, un ramollissement et une dïf* formité des os. Le mot qui exprime cette maladie, est tiré de rachis , qui veut dire épine du dos , attendu que cette partie du squelette en est le plus souvent affectée. Quelques auteurs, d'après Pii>(EL, lui substituent le nom de astéomalacie ; mais nous croyons devoir réserver cette dernière dénomination pour exprimer une altération organique qui doit être distinguée du racbitis, et dont nous traiterons plus tard.

Les anciens connaissaient le racbitb; nous lisons dans le second chant de TUiade, que Thersites, un des capitaines grecs, était extrêmement contreÊût* HiPPûCRATE 1 parle des hommes qui deviennent bossus à la suite d'une maladie interne, et distingue expressément la déviation de la colonne vertébrale par cause externe et mécanique, d'avec celle qui est le résultat d'une fluxion humorale sur les vertèbres ^. Celse signale également des en&ns en tra-

2 lÀb, de articulis.

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Tail de dentition , auxquels il sument des lions de la colonne Tertébrale ^ , une tuméfisu^on dés glandes et toutes sortes de tubercules. Avi*^ CENNE^, dit aussi un mot de la giUiosité, qu'il attribue à une fluxion sur les os d'humeurs aqueuse* et salées. Enfin, quelques passages de Plaute et de Martijil prouTent qu'il y avait de leur temps des enfans affectés de torsion congénitale des pieds. Cependant ce n'est que dans le dix^septième siècle que le rachitis, étudié avec plus de soin, fut considéré comme une maladie particulière; il fut d'abord observé en Angleterre dans les comtés de Dorset et de Sommerset , et les premières descriptions que nous en ayons, sont dues à Gussoi^ ^ et à Matow.^

§. 646. Cette maladie, chez les enfans, coïncide ordinairement avec la dentition^ et commence rarement avant le sixième mois , et elle attaque rarem^it après la septième année. On a prétendu aussi qu'elle n'était jamais congénitale, quoique GussoN eûtdé}à soutenu le contraire , et qu'il eût même rapporté un exemple de ce fait ^. Un second est consigné dans une Dissertation publiée à Strasbourg ^. Pinel en a décrit un autre 7. RomberO ^ a donné la description

1 De medicina ; /. 3 , c. i .

a Lib. de re medica. P^enet., i564«

3 Tract, de raehitide, s, morh. puer. Lond,, i65o.

4 Traet. S, De raehitide. Oxon.y 1674*

6 Klein, Diss, sisten» casum rachit. cong. Arg,, 176S.

7 FouRGROT, Méd. éclairée. ; t.. 1 ,* p. 111.

8 DUt» de rachitide cong. BeroLy 1817.

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et h figure d'un fœtus rachitique; M. Mbckel * a ▼u quelques cas de sooUose et de lordose sur des lœtos. FLBisaiiiANN ' décrit plusieurs courbures con« génitales de la colonne épinière. Ficksr ' a publié sur <;ette maladie un Mémoire, dans lequel sont rapportées quelques histoires de rachitis congénital. Dans la collection de feu M. Osiander4, se trouve un embryon de trois mois et demi , ayant des pieds bots et une disposition rachitique de tout le squelette. M. Carus fidt mention d'un fbeius du sexe féminin , né d'une mère rachitique , et qui élait attaqué de scoliose et de gonflement des côtes et des extrémités articulaires des os. M. le dpcteur Nitert ^ rapporte le cas d'un enftnt hydrocéphale avec gibbofflté, qui vint au monde par un accouchement labo* rieux : la giUiosité était considérable , elle occupait toute la région lombaire, de manière à former une saillie demi-ovaire, ayant deux pouces de diamètre dans UB sens, et quinze à dix-huit lignes dans l'autre ; les vertèbres qui formaient la tumeur, étaient dures et comme boursouflées ; elles avaient empèehé le fiostus de franchir le détroit inftrieur du basan. J'ai vu moi-^méme, dans la collection de pièces préparées , déposées à l'école d'accouchement de Colmar (département du Haut-Rhin), le squelette d'un iœtus rachitique.

i PatkoL jénmt.; B. tfS. 35o. '

a Z>e vUiis cong. circa thor, et ahàom. } p» % 9i g.

3 HuFXLAWDy Meâ. biblioth,^ B. 47*

4 Epigramm. in compL mus. anat, res. Gœtting. , 18074

5 ArchÎTCs çénénltB it médecine, 1. 13, p« 61S.

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§. 647. Si nous examinons les symptômes, soît précurseurs, soit concomitans du rachitis , nous ob* servons que l'eniant devient lent, indolent et trop sérieux pour son âge ; qu'il ne s'amuse plus de ses jeux ordinaires, qu'il ne veut plus marcher, qu'il a de la peine à soutenir sa tète ; le visage se décolore et devient bouffi; les chairs se ramollissent; la peau se ride; la tète est souvent couverte de sueur, surtout pendant le sommeil ; la dentition devient irrégulière et les dents noircissent En même-temps la digestion languit; des acides se développent dans les premières voies ; le ventre se tuméfie ; l'enfant appelé les mets Êirineux. La tête, augmentée d^ volume, parait s'enfoncer entre les épaules; les Ëicultés intellectuelles sont quelquefois plus prononcées. Les extrémités articulaires se gonflent , mais ce sont surtout les os du tronc qui sont vicieusement affectés. Enfin, la nutrition de tout le système osseux est notablement altérée. Si le thorax est très-déformé, la respiration est gênée , ^t la circulation accélérée. Malgré tous ces symptômes , le rachitis n'entraîne pas la mort par lui-même , et ne devient funeste qu'autant qu'il détermine le marasme et la consomption , ou qu'il est .compliqué d'autres maladies, ou de lésions graves dont à la vérité il a été la cause prédisposante.

La maladie peut aussi avoir une heureuse issue par les efforts critiques de la puberté; par l'éruption de dartres ou de la gale; par les influences salutaires d'un bon climat et d'un bon régime. Plus l'enfant e^ faible , plus ses muscles sont flasques , plus le

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mouTemotit muaculaire est lent, plus ses dents sont noires, vacillantes et prêtes à tomber, plus les pieds sont dans un état d'engourdissement , moins il y a lieu d'espérer. Une fièvre hectique s'associe aux autres symptômes; il y a des sueurs coUiquati ves , et des diarrhées de même nature.

§. 648. Les cadavres conservent long-temps leur chaleur, et les membres quelque temps leur souplesse après la mort Le sang est dtss<wis et non susceptible de se coaguler. Les os sont en général légers , tendres , d'une couleur tantôt rougeàtre, tantôt grisâtre, quelquefois d'un blanc cendré; ceux des membres ont perdu leur forme prismatique, et leurs angles sont arrondis. D'autres fois, au contraire , ces angles sont devenus plus tranchans y prce que le corps des os est aplati et comme comprimé. Au reste, leur tissu, devenu plus celluleux et plus vascul^ire, est imprégné d'un liquide sanguinolent qu'on peut &cilement en exprimer; il est, en un mot, attaqué de cette disposition morbide que nous décrirons dans la suite sous le nom d'o5iioporose. La cavité des os longs est remplie d'une sérosité rougeâtre. Suivant M. Portal ^ les os ramollis des rachitiques ont sensiblement la même structure que le périoste; on y découvre des filets longi» tudinaux et d'autres transversaux, entre lesquek passent les nerfs et les vaisseaux sanguins et lymphatiques. Ces mêmes filets forment, en s'écartant, des cellules non-seulement aux extrémités articu-

1 ObMrrfttion svr !• rachitJime \ p. a 56.

laines, mais ausn à la partie moycDoe des os. Quoiqu'on les trouye remplies le plus ordiDairemem d'une subsunce semblable à de la modle , on y rencontre néanmoins quelquefois une matière com- }iQcte, analogue au plâtre. Très-souvent les vaisseaux sanguins qui appartiennent k ces os, sont beaucoup plus dilatés que dans les os sains.

C'est une chose digne de remarque, que les os des rachitiques, quoique ramollis, se rompent faci« lement, lorsqu'on leur Ëiit subir une flexion brusque et forte. Bien des en&ns rachitiques se fracturent les membres en se retournant dans leur Ut, et les fractures se soudent sans qu'on s'en occupe; mais il en résulte toujours de certaines difformités.

Les os du crâne en particulier sont plus épais, mais moins denses, que dans l'état sain; leur tissu parait réticulatre et spongieux. Les sutures ont perdu une partie de leur forme et d^ leur direction; elles sont quelquefois écartées dans le premier âge, et les fontanelles ne sont pas ossifiées. On a fait la remarque que la forme, le tissu et la connexion des os de la base du erâne et de ceux de la face sont le moins altérés.

Le thorax est très-défiguré; les c6tes sont disposées de façon que leur convexité est en dedans^ et leur concavité en dehors, et qu'elles forment une gouttière de chaque côté du corps : il en résulte que la poitrine est comme partagée en deux cavités , dont l'antérieure renferme le cœm*, et la postérieure le poumon. D'auti*es (ois un des cotés de la pottrâie est entièrement eflbcé ^ et les deux poumoas , ainsi

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91e le C€Nur, Mmt nefoulit dans une seule et même cavité.

Les musdes des mchmques sont en général jaunes, ëmaaiés et trè^^cilee à déchirer.

Le cerreâu est très^Tolumineuz, mais ordinaim* ment sain; il y a quelquefois beaucoup d'eau épai^ chée dans les veniricuies. Le poumon est rempli de tubercules , tantôt denses , tantôt ramollis. Le th j^ mus est très»?olumineux , il est logé dans une fosse du stemimi qui à l'extérieur est marquée par une convexité.

Les glandes lymphatiques affectées de dégéné* rescence tuberculeuse, sont souvent fiircies d'une substance crétacée et terreuse. Serait-ce le phos^ phate calcaire que les vaisseaux lymj^tiques ont absorbé dans les os ? Ce qui prouve du mMBs ^e ce sel terreux est repris par les vaisseaux, c'est Tc^êrfation de FocmcROT > , par laquelle Turine rendue pa^ les rachitiques , à l'époque où leurs oé se rmioUiB8Mt et se déforment^ est souvent chargèi de pbos^iat» de chaux» et en dépose une grande <]ua]itité par son refroidissement *

Le foie est ordmail^ement volumineux, sans être diangé dans son tissu et sa composition, quoiqu'il soit d'une consistance plus flasque. La rate est trèa» volumineuse dam quelques sujets rachitiques^

S 648. Telle est la description du rachitîs chei les ea&ins , et tels sont les résditats que fournissent les ouvertures des cadavres. Us ne doivent plus laisser

I Spiègu% dci cofuniJÈêênan cUadfMt; t. i«, p. §76.

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«ujCUII doittr sur l'édologpe des défonnaliMisdes os ; puisque, d'une part, on en connaît les causes déter» nûnantes, et que, d'une autre part, il existe âne cause prédisposailte bien prononcée, et qui faTorise singulièreoient l'action des premières. Quant à ce qui concerne l'essence ou la nature ialime du rachitis , c'est une question qui se représentera plus tard, lorsqu'il s'ag^ du ramollissement des os.£iajp les adultes ; maladie avec laquelle le rachitis des ee^ fims sonUe avoir de l'analogie. En attewfavt^ re^ connaissons Tinfluence de celui-ci sur le travail de la nature, qui produit la difTonnité des os; ajoutons, eau mèoie temps, qu'il est douteux que le vi<^ racbitique soit en jeu dan^^ toutes les espèces db déviations. En eSet, nous voyons souvent des difforrmi^s tout'à-Êât locales et partielles , p^r exemple à la colonne vertébrale, tandis que les os du bassiii ei ceux des membres sont top(*à-fait, ints^ciSk D'autres fois le squeleue est affecté en entier, e| une cause plus énergique et un viçf& radical paraissent avoir exerce une influence plus profomde e^ plus directes §. 650. Au reste» les .effets des cpu^bures;de l'épine dorsale sur toute Téconome ammàle se .manifestisnt lentement, par la raison c^e les organe s'habituent peu à peu à l'impr^sion qu'exerce sur eux la do^ lonne vertébrale déviéeu Néanmoins elles se mon^ trent plus tôt, si des causés occasionelles vicom^siit y ajouter leur ftme^ie influence. On. conçoit &cib»» ment commmt ces dispositions de la colonnei ver^tébrale, dérangeant la position des gros vaisseaux, troubleut d'une manière plus ou moins marquée la

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ciftulalioii du sang : de là des palpitations de cœur et une singulière disposition aux ànévrismes et aux apoplexies. Chez les jeunes filles aucun accident fâcheux ne se déclare tant qu'elles sont impubères; mais que l'époque de la menstruation arrive et qu'elle soit accompagnée de quelques symptômes orageux , ou qu'une affection vive de l'ame se développe, bientôt des maladies de poitrine les plus funestes se manifesteront

Toutefois la déviation de la colonne vertébrale, quelque considérable qu'elle soit, n'exerce pas une influence fâcheuse sur le jeu du poumon et la fonc* tion de la respiration. A la vérité , les personnes affectées de cette disposition du thorax sont sujettes à un asthme habituel; mais on remarque qu'elles peuvent en être attaquées toute leur vie, sans qu'il en résulte aucun accident grave. La raison en est, qu'indépendamment de l'habitude que contractent les poumons de la gêne qu'ils éprouvent, ils trouvent en quelque sorte une compensation dans l'agrandissement de la cavité thoracique par l'abaissement du diaphragme : le jeu perpétuel de ce muscle, qui réfoule incessamment en bas et en devant les viscères abdominaux, me paraît être une des causes déterminantes de l'inclinaison vicieuse du bassin et de l'ampleur de cette partie du squelette chez les femmes bossues.

§. 651. La coloration contre nature des os, dont il me reste à dire deux mots, se réduit à un changement plus ou moins apparent de leur couleur à l'occasion de certaines maladies. C'est ainsi qu'ils sont n. 6

quelquefois blancs comme delà craie dans Farthritis ; qu^ils deviennent en quelque sorte tranSparens,lors^ que, privés de quelque portion de leui* phbspHàtc calcaire, ils sont imprégnés de graisse. Le l'acîbitisl* les rend pluis ou moins rouges, et dans Tictëre ils' soiit d'une couleur jaune trèsprononcée et qu'ils gardent long-teib^s après leur dessiccation. Qbant à la couleur qui dépend d'un changement manifeste de texture, il en sera question plus tard.

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