‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 15 sur 88 · UT AS II · texte numérisé non relu

UT AS II

Dans la secctfide période ^ la raréfaeuon êa ûssu est plus grande, I'm phi» boia*sottflé; $a fiice extwnt Mt devenue télÎGulaftre) et fait voir d^innombrableâ cellules, ainsi qu'une multifinde de pores et d'onfice^ de gr^sdenr vanîable, en même temps que dés sinuosités et des lacunes péftèlrent dans Tiintérienr de k tumeur, qui.roifenne eUe-mème des lacitnuresi et des osnreniea. Cette apparence spongieuse est très^ marquée dans une pièce de notre cabinet, et qtfe je ne puis m'empédier de déciire : c-esc le tièia droit d'un jeune s^et. Cet os est gonflé dans sa moitié in^ ftrieure et dans les deux tiers de son épaisseur. Des fiiees antérieure, interne et postérieure s'âève une grosse végétatâotty formée dune sulratance osseuse (Uversement modifiée^ à »(m côté e^iteme cette tu^ Bwur est poreuee et rétîculwe , sanidable en ptlit aux cdlules d'une mche d'abeilles f sa partie anté^ mure et interne offre des espèces de houppes posées verticalement et formées chacusne d'une lame roulée VJMwr de son axe, à la masnère de ceetaines coquilles i^pelées vofaaes^ un nombre infini de ^cnls sépai^ ees éminenoes^ les unes des autres^. Àm pourtour de la tumeur se remarquent me dieunne de matoeloti^ plaeés dans la même direttifon) les scissures plus ou moins profottdcs qui les séparent, Idgau des vais-* seaux saiBguins. A. la partie supérieure de ses £ice^ ^téneure et poskérîeufre se trouvent trois otrrertureé adsez larges pour admettre une plume à écrire. Toute cette tumeur paraît résuker d'une raréfection, avec accroissement de substance des parois osseuses. lA oavité médullaire n'est point changée* dans ses

jUIatowe PÀniotoofi}(im spéciàul iaj

aiensions. L'îiltArieur ou la masse de la tmnear est partout réiicukire et homogène.

D'autres fois kr substance corticale de Tos, en se raréfiant, fiût aaitre de larges cellules séparées par des doisosis impar&ites et remplies d'nne substanoe plus ou moÎBS moUe et plus ou moins charnue^ asses semblaUe dans la {rfupart des cas au tissa des g^ndes lymphatiques. Lorsque» par la macération» cette sabstancc est détruite , Tos parait hérissé de dentelures et d'épnes » et comme découpé et dëcfai* quêté dans toute sa circonférence. Cest ce qu'on ▼oit très** distinctement sur un autre tibia de notrs Muséum, dans lequel les pointes et les dentelures» partant de la couche de substance compacte voisine du canal médoUatre, aboutissent sous forme de doî* sons imparbttes à une couche superficidie frappée eUe>mème d'oscéoparose.

Lorsque des os placés l'tm à côté de l'autre sont aflRedés de ^ina ventosa, on les voit fréquemment se réunir et se souder. Nous possédons plusieurs exem«> pies de ce esB oùJ'on voit lies deux os de la jambe confondus à l'une de leurs extrémités^ particulière* iaent à lfiaffirieure,%n une seule masse spongietueu

§. 691. Le spina ventosa sus^corikal consiste en une masse osseuse, plus ou moins difibrme et plus ou moins adhérente aux es, formée de végétatione irréguhères, tantôt verruqueuses, tantôt mycodes (en fidrme de champignoas) et tantôt stalactifonnea Ces végétationa^ en se développant autour d'un os^ lui donnent quelquefois un volume extraoï^inaire. Cest autour des fractures qu'elles se forment le plutf

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isommunément ; on pourrait alors iës ^ cônsuléref comme des anneaux osseux que la nature jette au-' tour des fragmeïis, afin de les maintenir en contact , surtout lorsqu'ils n'ont pas été bien affrontés. J'ai s6us'lés yeux des jpièœs où cette disposition' très-* prononcée constitue des esicroissances stalafbtiformes; Un spiha ventosa'sns-^rortieal des plus complets a été décrit par Hovstbt, dans son 'mémoire sûr les exostosés ' des os cylindriques ^ Une autre' tumeur du méme^enre entourait les fragmens mal rémiis d'un:f(»nur cassé un peu au-dessus de là' partie moyenne. Cette tumeur très^considérable était formée d'une matière osseuse seulement appliquée sur lé ftmûr, et qui, dans la' plus grande partie de son éteiidue, et surtout à la face'interhe de l'os, offrait une ample cavité, dont les parois blanches et so^ lides contenaient : i .^ deux sortes de matière Oteeuse^ fnne ébumée et coUéeà la face interne du fémur» l'autre grise, légère et spon^euse; x* des sucs de différentes coideurs, dé consistance d'électuatrè. Le cânar osseux qui traversait cette tumeur avait con^ serve son diamètre et son ét^bduenàturdyie^ et ses parois étaient à peu- de cboset^près 4ansiifeûr était normal. ' ■ )

§. 692. J'arrive enfin au spina vetUosa eenù^al^ le seul qui ait été décrit sous se «tom par lès* auteurs , et nbtanmient par M. Boy<er ^. Dans oeite - espèce les parois du cylindre de l'os, portées pair utie fort^i eacr*

I Mém. de Tacad. roy. de chirurg. \ t. 8^ édîjt. în-i % p. i4«

ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPÉOALE. l^g

pansioa: du tissu osseux à une grande distance du centre de la cavité médullaire , se trouvent converties en celles d'une cavité globuleuse ou fuâforme, assez régulière , percées d'un nombre plus ou moins considérable d'ouvertures, a bords arrondis et de grandeur variable. Dans d'autres cas, les parois du cylindre,, portées irrégulièrement loin du .centre de la cavité, présentent à l'extérieur des espèces de bosselures, et à l'intérieur, des fosses corresp<mdantes. Enfin, dans quelques circonstances, dit M. Boyer (car c'est sa description que j'emprunte ici ) , le tissu de l'os altéré de l'une des manières indiquées se trouve en même temps enveloppé d'une couche cartilagineuse , qui soulève inégalement le périoste , sans l'altérer, et dans l'épaisseur de laqueUe se sont développées des productions osseuses nouvelles , de forme irrégulière et bizarre, dbposées en manière de rayons, et dirigées du point de l'os altéré vers la périphérie de la couche cartilagineuse. Ces produirons osseuses varient, quant à leur volume, et sont quelquefois capillaires : les unes sont dures et grenues ; les autres , à demi solides , sont très-flexibles. Quelques-unes sont complètement isolées el séparées de l'os par un grand int^valle , tandis que d'autres sont en contact avec lui ou même luisont adhérentes; mais alors on les en distingue sans peine par la différence de tissu, de forme, de couleur et de consistance.

Tout ce que dit ici M. Boyer des productions osseuses, développées extérieurement à Tos, s'applique évidemment au spina ventosa sus-cprticaL Des exem- II. 9

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pies de ^ina ventosa central sont décrits et représentés par Daubenton sous le nom de fausse ankylose de Pos de la cuisse droite avec Pos de la hancheJ^ Ge naturaliste parle en outre d'une tumeur de deux pieds et denù de circonférence, représentant une capsule osseuse qui, de la partie inférieure du fé« mur, s'étend jusqu'au-dessus delà cavité cotyloîde, et qui, à sa' sur£ice externe, £àt voir des inégalités^ des trous et des emprrâites, tandis que Tinteme offre des protubérances et des cavités. Il n'y a d'intact que les portions inférieure et supérieure du fémur; le reste est transformé dans la tumeur creuse dont il est question. Un autre fémur décrit par DÀUfiSNTON^ est attaqué d'un spina ventosa central à son extrémité inférieure. Les parois de Tos dilaté sont si minces qu'on voit le jour à travers. Cet exemple est d'autant plus digne de remarque, que le spina ventosa attaque rarement les extrémités articulaires des os. Xen trouve pourtant un second dans l'ouvHige de Trioen. 5

§. 693. Enfin, il existe un spina ventosa total : c'est celui où le gonflement de l'os dépend tout à la fois, 1.^ de la dilatation de la cavité médullaire , ^? de l'intumescence des parois de son cylindre, 3.^ de rincrustation de la surface externe de ces parois par une substance osseuse nouvelle ; en d'autres termes, il existe* en même temps un spina ventosa cen-

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1 Hist. nat. gén. et part., avec la descript. da cabin. 4^ I^oî \ t; 3 9 p. 107, pi. 9, fig. 1 9 3 , 3.

a Même ouTrage; p 93, pi. 3, fig. 4» 5* d Obsery, mcd, çhir- fasçiç,^ tab. 7.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPECULE. l5l

tra] , corûcal et sus-cortical. Ce cas se présente assez souvent aux os du métacarpe et du métatarse, et aus phalanges des doigts et des orteils. U est rare pour^ tant qu'alors la substance compacte formant les parois du cylindre osseux, soit ébumée et |^s dure qu'à l'ordinaire; elle est au contraire raréfiée et plus spongieuse.

§. 694. H suit de ce qui vient d'être dit» que le spina ventosa est une maladie de l'os» dans laquelle le gonflement dépend tout à ia fois d'une augmeur tation de sa masse et d'une raréfaction de son (issu. En effet» ce n'est pas une raréfaction ou ostéoporose seule y car l'os devient plus pesant qu'il n'était : ce n'est pas non plus une compacité seule ^ car son tissu offre d'innombrables cellules : il arrive ce qu'oVi voit arriver à la matrice pendant la grossesse; il jr a ea même temps sumutrition» raréfaction, et lorsque le spina ventosa est central, dilatation. Dans ce dernier cas, la maladie commence dans la cavité médullaire. Les parois du cylindre osseux» quoique amincies dans certains endroits, sont épaissies dans d'autres et percées de trous plus ou moins grands , qui, de même que la cavité ceatrale , sont remplis de difiîérentes substances, tantôt gélatineuses, tantôt charnues, tantôt osseuses. On y a trouvé quelquefois des espaces remplis de gaz. Dans le spina ventosa cor^ tical» la maladie existe dans la substance compacte formant les parois du cylindre osseux. Cette substance devient boursouflée , spongieuse , en même temps qu'elle est hypertrophiée. Mais ici la maladie a pu suivre dans son développement une marche

jSa JLivKE lî.

différente : tantôt elle a commencé par la raréfactioft de tissu, et la sumutrition lui a -succédé ; tantôt, an contraire, elle a commencé par une ostéosclérose, et plus tard des cellules se sont formées dans la masse compacte* Enfin , dans le spina ventosa suscortical , le développement de la noaladie procède du périoste, ainsi que des parties molles qui lui sont immédiatement appliquées. Des anneaux, des capsules, formées de substance osseuse, entourent l'os primitif, et ont avec lui une connexion plus on moins intime.

§.695. Le spina ventosa n'est donc autre chose qu'une hypérostose , affectant surtout la partie moyenne des os longs; il est le résultat d'un travail nutritif morbide , en vertu duquel une nouvelle matière osseuse est ajoutée à l'ancienne , en même temps qu'il se dépose dans les cellules et la grande cavité de l'os des substances nouvelles, soit analogues, soit hétérologues aux substances primitives ; et comme, «n définitive, la portion d'os affectée de spina ventosa ressemble à une éponge, j'ai cru pouvoir donner à cette altération le nom à^ostéospongioscy qui me paraît plus significatif que celui de spina veniosa^ ^onné par Rhasès et Avicei^ne , et qui dans leur langue est exprimé par celui de Jlihh jihchukhah; •ce que les inteipi'ètes et les commentateurs ont traduit par venii spina ou spinœ ventositas. Pour l'intelligence de cette étymologie il faut savoir que les Arabes expliquaient toutes les tumeurs par Taction d'un soi^e malin, capable de distendre la capacité naturelle des os. A cette idée ils ont ajouté celle

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X épine , à raison de la douleur aiguë que ressentent les malades, et qui ressemble à celle que produiraîl une épine enfoncée dans les chairs et dans l'os^ telle est l'origine du nom de spina ventosa ^ encore usité. Ce nom ayait déjà été critiqué par Màrc-Au- RÈLE Séyerin, qui , croyant que la maladie était exclusivement propre aux enfans, et qu'elle avait .toujours son siège autour des articulations, l'avait •

appelée padarihrocace. Il est bien constant au- )ourd'hui que la maladie décrite par cet auteur n'est autre chose que la tuméÊiction des extrémités articulaires, qui a lieu dans le rakiiis^ parties que le véritable spina ventosa n'affecte que rarement Aussi ^ comme le remarque M. Bover , les mouvemens se conservent-ils long-temps dans l'articulation voisine de la maladie. <

§. 696. Quoique le spina ventosa affecte avec une prédilection marquée les os longs des membres y cependant il ne leur appartient pas exclusivement. C'est ainsi que nous conservons des côtes qui afi. sont attaquées dans une grande étendue. Dans le spina ventosa total de ces os , on en voit qui sont percés de part en part par des orifices plus ou moins larges et remplis, dans l'état frais, d'une substance sarcomateuse. Sandifort ^ a décrit sous le nom de carie y un cas de cette espèce, n'ayant aucun égard au gonflement dont l'os était attaqué en même temps. \j^ vertèbres ont offert quelques exemples de spina ventosa cortical , n'exerçant par conséquent

1 Mus* aiut.^ tali. 49» 6^* ^> 7'

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aucune peeêAùn rar la moelle de Tépiiie. J'en trouve un de ce genre dans l'ouvrage souvent cité de SaK*

DIFORT. *

Les os du cdkne ne sont pas non plus à l'abri de cette altération. Notre collection renferme plusieurs exemples de spina ventosa, soit cortical, soit totaL Les premiers , déterminés par des caries cancéreuses y en Occupent le pourtour et ont réellement l'aspect d'une écume osseuse. Les seconds , survenus dans les cas d'encéphaloïdes de la dure-mère, sont peutêtre plus souvent la cause que l'effet de cette dernière maladie. Dépouillés par la macération de toutes les parties molles, ces os présagent une surface singulièrement inégale, garnie d'un nombre infini de dentelures , de pointes aiguës et de trous plus ou moins irréguliers , pénétrant dans le crâne et donnant à cette partie de la tète l'aspect d'une éponge à grandes cellules et à laciniures nombreuses. On peut prendre une juste idée du spina ventosa du crâne, par la figure annexée à une observation d'un médecin anglais sur un cas de carie ^. Une pièce de notre cabinet présente la même maladie, mais non encore parvenue au même degré. Sur le pariétal et le coté droit du coronal d'un garçon de sept ans, s'était développé un encépfaaloïdes , communiquant par un orifice triangulaire, à bords déchiquetés, avec des fongosités de la dure-^mère. L'exafnen des os malades fit voir que le diploë était raréfié et offrait un tissu

1 PI. 59 et 60, décrit sous le nom â^ostéosiéatome, 9 Med, obs, and Ing.^ t. 5> p. i8^.

ANATOMIE PAVOLOGIQUE SPÉaALE. iSS

à mailles plus larges que dans l'état natoreL La table extarne était encroûtée d'une couche osseuse qui, considérée à la loupe, offrait un aspect régulier^ pareil aux fibres osseuses des os du crâne de l'embryon. Ces fibres , en partie droites et en partie tortueuses , étaient séparées par des sillons qui, dans l'état frais, logeaient probablement des rameaiu: vasculaires.

Nous possédons en outre unsptna ventosa central de l'apophyse mastoïde. . Les cellules dont elle est composée, sont considérablement distendues» et lui donnent un volume double de celui qu'dle a dans l'état naturel Nous avons vu , par stiite du cancer à la fitce , la portion orbitaire du coronal et les fosses nasales singulièrement tuméfiées par la distenâon des sinus frontaux et des cellules ethmoidales, et leur conversion en de petites cavernes semblables aux cavités d'une grosse éponge. Enfin ^ BoROENAVE a observé et traité avec succès un spina veatosa central de la mâchoire inférieure. ^

§. 697. Le spma ventosa que nous avons jusqu'ici considéré dans son état de simplicité, se trouve souvent réuni avec la carie. Cette coexistence tient» smvant M. Boter ^, à des causes inconnues et certainement accidentelles. L'os simplement carié n'offre qu'une perte de substance par érosion ; mais lorsqu'il est en même temps gonflé dans toute son épaisseur» lorsque sa substance compacte s'est changée en subs^ ft ■ - -.

I Mém. de Pacad. roy. de cfair.; t. 4» ^di^* in-is» p- i^^

a L. e.xp* 577..

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tance réticulaire, que sa surfitœ externe est inégale et hérissée de végétations, multiformes, «ju'un tisam osseux* nouveau s'est ajouté au tissu ancien , alors il y a tout à la fois carie et sjnna ventosa. Les exemples de cette complication sont fréquens. Je citerai ici celui d'un squelette dont les os longs des membres, excepté ceux des mains et des pieds, sont affectés de ces deux tnaladies. J'ai déjà dit que dans la carie cancéreuse du crâne, le pourtour de l'érosion se trouvait souvent ^itouré d'un spîna ventosa cortical de forme particulière et semblable à une écume osseuse.

§. 698. Les parties molles qui environnent l'os malade , participent toujours à la maladie , s'il y a complication de carie : alors elles s'enflamment, s'ulcèrent; les ulcères deviennent fistuleux, et fournissent un pus séreux et sanguinolent. La sonde qu'on y introduit pénètre quelquefois dans l'intérieur de l'os, qui est rempli d'un tissu sarc#mateux. Lorsque le spina ventosa n'est point accompagné de carie, on trouve , si le gonflement de l'os ^ est très-consi- •' dérable , les muscles dans : un état . d'expansion -. et quelquefois d'induration remarquable. Si» par exemple, la maladie est au fémur, le crural, le vaste interne et le vaste externe, le triceps adducteur et. le petit, chef du biceps, sont épanouis sur la tumeur» et transformés en tissu lardacé ou convertis e» une substance semi-cartilagineûse. Le demi-tendineux, le demi-membraneux, le grêle interne et le couturier, fortement tendus sur un des côtés de la tumeur, conserveiit leur structure naturelle. .lie ûssu oellu-

ANATOMIE PATROLOGIQtTE SPÉCIALE. l5^

intermusculaire y confondu avec . les muscles entourant immédiatement la cuisse, est comme eux dégénéré. Le tissu adipeux sous-<sutané est changé <en tissu laminèux, et la peau est amincie et luisante. Lorsque la maladie occupe le tibia, la peau qui couvre la &ce* antérieure de cet os y adhère indmer ment ; elle devient quelquefois brunâtre. Les nerfs rampans dans la masse musculaire n'offrent point d'altération de structure ; mais ils sont difficiles à distinguer des autres parties châmues , et pour ainsi dire, confondus avec elles : les artères et les veines ne présentent point de changement.

§. 699. Le véritable spina ventosa n'est jamais congénital ; mais il attaque tous les âges, et sous ce rapport il présente , d'après M. Boyer % une différence frappante, et qui a motivé sa distinction en deux espèces.

Jusqu'à l'âge de la puberté, le spina ventosa affecte les os du« métacarpe , du métatarse et les phalanges. U dépend alors évidemment du vice scrophuleux, s'annonce, se développe, subsiste longtemps sans douleur ou avec des douleurs médiocres, et se termine fréquemment par la nécrose d'une partie de l'os affecté. Cest là la première espèce.

Lai seconde, plus rare, mais plus grave, affecte surtout les adultes, se développe près des extrémités des os long^ , l'humérus , les os de l'avant-bras , le .fémur,. le tibia : elle est souvent précédée de douleurs aiguës, persévérantes, que les : malades com^

' .i.Jj. c.,'p. 57 1.

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parent à l'action d'une épine, et qa'îk rapportent a la partie la plus proftMode du membre.

%. 700. Le Bpina ventosa étant le dernier degré de l'hypérostose, on peut regarder FostéoscléroBe et Toa^ téoporose, dont nous ayons parlé dans les précédens articles, comme des degrés de la maladie, quoique souvent elles restent toute la tie stationnaires. Quoi qu'il en soit , tout dans ces trois affections dépmd d'un surcroît de nutrition , d'une déviation de la ibrce plastique, déterminée par des causes souvent inconnues. J'admets que l'une de ces causes peut être l'inflammation ; mais celle-ci ne joue évidemment qu'un rôle secondaire , et il faut nécessairement remonter plus haut Tout ce que nous savons sur la pathogénie du spina ventosa , c'est qu'un principe morbifique, par exemple le syphilitique, le cancéreux, agit d'abord sur la sphère nerveuse des os, et que ceux-ci mettent en jeu la force plastique et lui impriment une vicieuse direction. La nutrition est d'abord singulièrement augmentée ; l'absorption devieait à son tour plus active ; des cellules , des orifices , des cavités se forment , et ' l'os devient une caverne ou véritable éponge. ; l'hypertSrophie avait lieu par la sécrétion d'une substance homoéoplastique : la matière hétéroplastique apparaît à son tour^ se dépose dans les cavités dont je viens de parler, et les remplit plus ou moins complètement.

§. 701. Nous terminerons l'histoire du spina ven~ tosa par quelques considérations de physiologie pa* thologique.

Tantôt cette maladie est accompagnée de cesdou-*

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leurs atroces au centre de l'os qui lui font dotmer le nom qu'elle porte ; tantôt» malgré l'intumescence et la déformation la plus complète , les malades n'é» prouvent pas la moindre douleur, et peuvent se ser«» ▼ir de leurs membres comme s'ils n'étaient nullement altérés. D'où vient cette différence? Des filets nerveux seraient*i]s altérés dans un cas et non dans l'autre? ou bien le changement d'organisation réagirait-^ il d'une manière différente sur le système senâtif? Au« cune de ces suppositions n'est vraisemblable. Rap« pelons-nous d'abord les diverses espèces de spina ventosa que nous avons établies, en ayant égard aux parties où il a fixé son siège. Celui qui affecte le centre de l'os et dbtend les parois du cylindre os* seux , exerce une force d'expansion qui , d'après ce qui a été dit, doit Êdre mdtre des douleurs dans les parties qu'il intéresse : il attaque l'appareil médul* laire, qui, de l'avis unanime des physiologistes, est l'organe sensible du tissu osseux Dans le spina ventosa cortical, au contraire, l'appareil médullaire reste intact; de plus, la maladie commence par l'ostéosclérose de la substance compacte, et c'est plus tard que celle-ci se raréfie et qu'il s'y forme des cellules plus ou moins spacieuses ; mais cette raréfiiction 9 n'agissant plus sur un tissu naturel, n'occasionne pas la même douleur qu'elle fait naître dans la circonstance opposée. Le spina ventosa sus-conical, production nouvelle plus étrangère encore à la cavité médullaire, doit encore moins que le précédent dé^ terminer des douleurs.

Remarquons toutefois qu'un désordre aussi grave

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emraiift t&t ou tard un troiiUe notable dans Téco-* nomie; lors même qu'il est isolé et simple, le spâna ventosa détennine à la longue l'appauviissement des parties saines ; plus tard, ce trayail morbide excite une fièvre lente, et peu à peu les forces du malade s^épxàaeDt: Si le spina yentosa est accompagné de carie et d'ulcères aux parties molles, les aocidens sont plus graves, la marche de la maladie plus prompte, et la fièvre plus intense par l'effet de la résorption de la matière saniense. Les seules douleurs atroces que détermine souvent le spina ventos» central suflBbent pour exciter dans tout le système organique un trouble qui doit en précipiter la ruine.

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