‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 16 sur 88 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

.Dês végétations osseusâs ou ostéophytes.

% 702. Je donne le nom Sostéophyies^ à ces végétations qui naissent, soit à la surface des os, soit autour de leurs articulations, et dont la forme est extrêmement variée. Tantôt elles forment une couche mince de phosphate calcaire, qui incruste les os dans une étendue plus ou moins grande (^ostéophyte diffus); tantôt, un peu plus élevées, elles se montrent sous l'aspect d'une croûte fibrillo-réticulaire ^ sous celle de granulations verruqueuses ou Mesquines pointues; tantôt, enfin, elles ont un relief plus considé^ rahle encore, et prennent la forme de plaques , de stalactites y â! apophyses styloïdes, de prolongement

rayonnes et de végétations figurées en choux-Jleurs:

X De. crrtov , o^ > et de q)vTor ,^c« qui végète ,- ce qtU cr^»

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n existe de ces végétations qui,, comme im cal épanché sur des articulations , y produisent la synostose^ tanc£s que d'autres, de configuration irrégulière et bizarre (pstéophytes amorphes) , surmontent les extrémités articulaires des os, et les rendent absolument méconnaissables. On en voit'parmi ces dernières qui, groupées autour des articulations, ne leur sont unies que par des liens très-fidbles, ou qui sont même absolument libres.

Ces végétations doivent être distinguées des exostoses, avec lesquelles on les coqfond ordinairement. Sans parler de leur forme particulière , les ostéophytes . ne constituent pas , comme les éxostoses , des intumescences locales et plus ou moins arrondies ; elles ne se sont pas développées entre les coudies de sa substance compacte; leur surface n'est pas lisse, et leur texture diffère toujours de celle du reste de Tos : souvent dles ne tiennent pas à ce dernier d'une manière intime, et lorsqu'elles font corps avec lui, c'est sous la forme d'excroissances , ayant tantàt un pédicule, tantôt une base plus large, qui paraît plutôt collée sur l'os que faire corps avec lui En décrivant les diverses espèces d'ostéophytes que j'ai été à même d'examiner, j'indiquerai les autres différences qui les séparent des éxostoses.

§. 703. Dans Vosiéophyte diffus on voit une couche de substance osseuse encroûter un os d'ailleurs parÊtitement sain. Le plus souvent cette croûte , faiblement adhérente, peut fiicilement être soulevée avec la lame d'un scalpel; on la détache aussi par la macération ou l'action du feu. D'autres fois cependant

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cette adhérence est plus intkne et la croûte parait comme souciée à la sur&ce de l'os; elle semble même quelquefois apflarteDir à la substance normale et n'être qu'un prolongement de la raré&ction fibril* laire corticale de l'os.

La couleur de l'ostéophyte diffus est ordinairement ceUe de l'os lui-même , qu'elle tapisse. D'au* très fois elle est d'un gris noirâtre et même quelquefois tout-à-fait noire, ce qui contraste avec la couleur blanche de l'os. Sa consistance est cdle de la substance ^>ongieuse ou réticulaire des os; son aspect, celui d'un pariétal dfembrydn : on y voit une mnlû* tude de fibres placées parallèlement les unes aux autres dans le sens de la longueur de l'os. Lorsqu'on examine, à l'aide d'une lentille qui augmente soixante^ quatre fois le volume des objets , une parcelle de cette coudie osseuse , on reconnaît qu'à sa sur&ce externe le j^osphate calcaire a été déposé suivant une direction linéaire, et que de petits faisceaux osseux, placés les uns à côté des autres, laissent entre eux des sillons et tm grand nombre de petites mailles ou excavations irrégulières. A sa surÊ^se in^ férieure cette même couche n'ofire pas cette disposition Unéaire, mais un nombre prodigieux de cellules, qui, quoique irrégulièrement placées, varient peu desïs leurs dimensions : avec des lenuUes plus fortes on croirait voir un madrépore.

§. 704. Les végétations osseuses qui caractérisent l'ostéophyte diffus, ne paraissent pas être, des excroissances proprement dites de l'os sur lequel on les trouve appliquées : elles n'en sortent pas par une

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espèce (Tefflorescence ; elles n'écartent pat les fibres de son écorce pour se produire au dehors; mais^ élaborées probaMement par le périoste, elles sont pour ainsi dire collées à la sur&ce qu'il re^èt L'ac«tion des vaisseaux a sans doute une grande part dans ce travail ; ce qui doit le fiôre présumer ^ c'est que les sillons longitudinaux y les interstices et les petits canaux qui séparent les fibres osseuses , sont eux*inèmes dans la direction de ces vaisseaux.

§. 705. La maladie que je viens de décrire a été oliservée par plusieurs auteurs. Aceervann ^ en a parlé le premier : il regarde cette lame osseuse comme un sjmptôme du rakitis et comme le ré* sukat d'une ossification du tissu cellulaire du périoste. M. Delpech ^ la considère comme une forme particulière d'exostoses superficielles appliquée sur l'os primitif, et exy différant notablement par la texture. Les recherches anatomiques, ajoute cet auteur, montrent que c'est une lame osseuse plus ou moins attachée à la surface externe de l'os , et qui s'en détache quand on ramollit ce dernier par la macération ou qu*on l'expose au contact de l'air : on s'a^ sure alors que le tissu de l'os sous^jacent est tout-à^ &it sain. Howship^ a souvent observé cette espèce de végétation : il l'a trouvée sur divers points du tibia d'un individu tourmenté de tumeurs très^oulot^ reuses, qui ne cédèrent qu'à l'usage du mercure.

1 VeUr die Kretinen; 5. 73.

a Préc. âémeiit. des malad. répitt. ohirnrgical. ^ t. 3, p. $73.

3 Beobacht, Ûbtr den ggsund. u. hrankh. Bau dur KnoçhêH} a..

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L'ameor angiab pense que cette maladie est le résida tat d'une sécrétion par la lame la plus fine dupé* tîosta Au reste, difril, elle peut être étudiée sur des pièces innombrables du cabinet de &L Heayeside : on y apprend en même temps qu'elle doit son origine à diverses causes , depuis la simple lésion . du périoste dans les cas d'amputation, jusqu'à Faction id'agens spécifiques capables de produire la nécroser

§. 706. Jlosiéaphyle fibriUo-riticulaire a un as* pect différent, suivant qu'on l'examine à l'oeil nu ou avec la loupe. A l'œil nu il se montre sous la forme d'innombrables filamens amiantacés qui hérissent la «urface de l'os ; vu à la loupe , il représente tantôt une infinité de petites aiguilles coniques, tantôt des réseaux beaucoup plus fins que le tissu spongieux le plus serré des os. Je l'ai rencontré sur les os longs et sur les os larges, et chaque fois ces os étaient attaqués d'ostéosdérose totale ; c'était alors l'ostéosclérose sus^orticale, décrite dans un précédent article, dont ils étaient affectés (§. 678, n."* 5).

.§. 707. Uostéophyte granuleux ou verruqueux •emprunte tantôt la forme de certains lichens, tantôt •celle de petits champignons ou des grosses papilles situées à la base de la langue. On trouve le lichéno'ide particulièrement à la table interne des os du crâne, -et le verruqueux autour des trochanters, ou plutôt aux deux Ugaes obliques qui vont de l'une à l'autre de ces éminences. Quelquefois ces végétations sont isolées; d'autres fois elles sont rapprochées et même serrées les unes contre les autres. Dans ce dernier cas elles affectent une même direction, et sont grdînai-

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vément intimement adhérentes aux os; df'autres fois, an contraire, elles lui sont unies par un tissu liga* menteux , et s*en détachent par la macération sous forme de petits os sésamoïdes. On les trouve encore amour des articulations malades, par exemple au pourtour de la tête de l'humérus, du fémur, des os du métacarpe, du métatarse, des condyles du tibia, principalement chez des individus arthritiques : on let rencontre aussi aux extrémités des fragmens osseux dans les cas de fractures mal consolidées. Lorsque dans ces dernières elles sont plus prononcées , qu elles se touchent jusqu'à se confondre, mais qu'elles s'écartent de la texture ordinaire des os, elles constituent ces viroles osseuses que Duhamel et Fougeroux ont prises pour le cal véritable. Enfin , quand elles soÉit encore plus grosses et qu'elles entourent les fragmens osseux comme une masse irrégulière, elles forment le spina ventosa sus-cortical dont nous ven€3fQs de tracer le tableau dans le troisième article du chapitre précédent (§.691).

i§. 708. llosiéophyie en forme é^ esquilles poin'tues se trouve particulièrement à la base de certaines tu^ meurs cérébriformes fixées sur la surface des os larges, tels que ceux du crâne, et auxquelles Astlev CooPER ' a donné le nom d'exosloses fongueuses^ Lok*squ'on' enlève ces tumeurs avec précauûon, le scsdpel est à tout moment' arrêté par un nombre infini de petits prolongemens osseux pénétrant dans leur intérieur. Quoique dans ces cas l'os soit toujours

« GEuYire* chirori;., U. frase. , t. ;i; p. d4S> a47f

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malade, qu'il soit usé, érodé et plus ou moins détruit^ ces prolongemens n'en sont pas des débris ; ce sont réellement des corps osseux nouvellement dévelop* pés et d'une texture différente de celle de l'os ancien. C'est donc à tort qu'ils ont été pris pour un indice de carie par SArfDiFORT , qui d'ailleurs les avait bien observée dans une tumeur fongueuse du crâne i c Loca a carie plane exesa inirinsecus sese iat^s* K sime extendant et reticulatim qumsi osseam ifuo^' « dammodo vegeUUmnem sistunt-y vUreu htneiia c non exesa est, sed in multas emihentiàs acuias^ , tenerrimas, pulcherrimas exsurgk.^ »

§. 709. Uosteophyte lamelleux ou par plaques se rencontre le plus souvent à la ligne âpre du fônun Nous en possédons un qui nait de sa partie supé-» rieure par une base épaisse de neuf lignes^ se porte en dedans, s'éloigne de l'os en s'aplaûseant. Cette excroissance osseuse a un pouce dans sa plus graïKitf largeur, sur trois pouces et demi de long : eUe m termine enfin par un bord arrondi dans sa partie supérieure , mince et tranchant dans l'inËrteure^ où il dégénère en une pointe aiguë» Cette large végéta«« tion est percée de différens trous ^ dont quelques* uns vont directement de sa face antérieure à sa face postérieure, tandis que d'autres rampent dans la substance osseuse sous forme de canaux. Sa structure est telle que deux laïnes de substance compacte renferment un tissu réticulaire semblable a celui des extrémités de» os longs.

1 Mu$f> 4^n0t.^ t. X, p. 1 5 a.

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Cette sorte d'ostéophyte prend parfois la forme d'an crochet , d'une fkax , d'un fer de lance : on en a trouvé de tels près le cond^e interne du tibia, aux es du bassin , et notamment âux branches de l'ischion. ^

§. 710. Vostéophytê stykSde ressemble aux apophyses de ce nom. Lorsque le corps des vertèbres % été «tcaqué de ctrle, on voit souvent phineurs osteophytes s^loîdes se rendre d^une vertèbre à l'au* -tre^ et form^ comme une sorte de ^lille au devMBt de l'endroit carié. J'en ai aussi rencontré au devant d'une articulation du genou affectée de tumeur blan* <àkt : ceux qui naissaient des condyl^ du fémur montaient , et ceux qui prorenatoit du condyle du tibia descendaient ; en sorte que l'artieuiation étaift comme hénasée d'apophyses atyloïdes, dont la lon- ^gueur variait depuis un pouce jusqu'à trois, el dont l'épaisseur était absolument cdle de l'apophyse styloide do temporal.

$. 71i. Vosiiophyie raymmt s'observe dans des cas de nécrose sur les os de nouveUe formation. Je i 'ai vu très-pronoocé sur une portion de lemur nouvellement développée : des rayons osseux partaient camme d'un centre de l'orifice d'un <3anal qui renfermait l'os «lécrosé , «t «e portaieitt vers tous te points de la circonférence ; ce qui donnait 4 cette prépsndon pathologique l'apparence de ces auréoles dont les peintres «mourent les têtes des saints.

§. 712. làvsiiophyte èotrytique ou en choîih

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^ SAJfDivo&Ty Mus, anat.f % ly p. 190, t^. 62 j fiç* ^ ^41 4'

JUur^ est une végétation osseuse irrégulière et à suHace très - inégale. Attachée à Fos^parune base sessile, ou par une sorte de pédicule, elle dégénère promptement en une tumeur plus ou moins volumineuse, qui atteint quelquefois le volume d'une tête de fœtus de sept mois ; elle n'est pas toujours composée d'une substance homogène : plus ou moins compacte à sa base , elle devient peu à peu spongieuse dans sa masse. Souvent elle constitue aussi une capsule osseuse remplie de matières dissimilaires, sqirrheuses, fibreuses, fongueuses, gélatineuses et même hjdatoïdes.

ScARPA*, qui la décrit sous le nom . d'ero5/o5/ maligne (exosiosis mali moris)^ pense qu'elle est primitivement formée d'un tissu réticulaire, qui, successivement détruit et corrodé par une carie intérieure, ne laisse plus qu'une caverne remplie d'une faum^ir ichoreuse. Un ostéophyte botrytique d'un diamètre de trois pouces , attaché par un pédicule de seize lignes d'épaisseur . à la partie inférieure et interne du fémur d'un adulte, m'offrit plusieurs noyaux de substance ébumée, enchâssés dans .un tissu réticulaire, interrompu .par plusieurs cavernes remplies d'une matière sarcomateuse. L'extéàeur de la tumeur ne pouvait être mieux comparé qu'aux . inégalités des choux-fleurs.

§. 713. Quel nom donner à ces végétations osseuses qui , comme un cal épanché sur. plusieurs ^ os ^ les sondent et n'en forment qu'une, seule/pièce?

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