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femme, le neuvi^e jour de ses couches, ayant été surprise par une pluie froide, tomba dans une grande Êûblesse. U survint ensuite un violent mal de tète, perte d'appétit, vomissement de matière laiteuse ^ douleurs horribles dans » les genoux , qui au bout de trois jours parurent gonflés et couverts d'ampoules rouges et luisantes. Quelque temps après, la maladie se porta sur les muscles extenseurs du pied , qui , en se contractant , portèrent les talons en haut. Il se forma au coccyx des tumeurs et des abcès , qui fournirent pendant plus d*un an une matière infecte, des vers et des particules d'une substance dure, que Ton prit pour des esquilles d'os. Cet état fut accompagné de fréquentes défaillances, précédées de sueurs froides. Trente mois après ses couches, la malade ressCTtit une violente douleur de tête : ses yeux se couvrirent d'un brouillard épais; sa vue s'affidblit, et dans l'espace d'une heure la cécité fut complète et persista toute la vie.
La maladie avait duré troi^ ans , lorsqu'une crise heureuse sembla s'annoncer. La matière morbifique se porta vers la peau, produisit des ulcères dartreux, et, s'attachant aux ongles, les prolongea et les rendit charnus et ulcérés : il s'établit des sueurs abondantes et une salivation presque continuelle.
Les fonctions nutritives s'étant un peu rétablies ^ la malade reprit de l'embonpoint ; mais dans un espace de dix-sept ans elle eut à essuyer une foule de nuJadies graves, telles qu'une &usse péripueumonie, une fièvre maligne, une inflammation érysipélateuse, des tumeurs dartreuses , qui dégénérèrent en ulcères
ANATOMifi PATHOLOGIQUE SPÉCULE. !3 1 1
pliagédétiiques; d'autres tumeurs au bas du sternum, ijai produisirent un sentiment de suffocation pres^ que continuel; des attaques de surdité, des dérange* mens d'estomac, etc. En6n, après avoir pris quelques cuiDerées d'un vin spiritueux, cette malheureuse eut des étouffemens, des défaillances, des vomissemens verdâtres et sanguinolens „ un météorisme du bas*» ventre, des douleurs atroces, etc. : elle mourut après tme agonie de quarante-huit heures.
L'ouverture du cadavre présenta les particularités suivantes : Les os étaient si minces, si fragiles, qu'en pressant du doigt l'un des genoux, la tète du tibia se brisa, et le doigt pénétra dans la cavité de Fos. La moelle était abondante et viciée. Les phalanges des doigts étaient poreuses : en les comprimant, on pouvait en &ire sortir une mucosité blanche et lai"* teuse; n parait que la partie cartilagineuse de Fos était détruite dans toute sa substance , et que la par* tîe terreuse était restée presque seule ; en sorte que cette maladie semblait être Finverse de celle de la femme Supot
La chair des muscles était presque entièrement détruite, excepté celle du grand fessier, des musdés abdominaux et du deltoïde , le seul dont la fnalade eut consenti Pusage. Au lieu de muscles, on ne voyait partout qu'un tissu graisseux, dans lequel on distinguait à peine les traces de fibres musculaires et de vaisseaux. Le cœur, comme le^ diairs des autres muscles, était sans consistance :. <m le déchirait avec la plus grande facilité. Les poumons étaient flasques. Le foie 9 extrêmement
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volumineux 9 ' ne présentait qu'une substance grû* meleuse, sans cohésion, et contenue seulement par les membranes. Le cadavre de cette femme k été examiné par VicQ d'Azyr et Morand.