CHAPITRE VII
Des fausses articulations.
§. 885. I^\£iusses articulations que nous avons eu plusieurs fois occasion de nommer, résultant soit de la non-réunion d'une fracture, soit du dé» pbcement d'un os luxé. Dans le premier cas on a proposé d'appeler ces sortes d'articulations surnu^ méraires^ et dans le second supplémérUaires,^
§. 886. Pour ce qui concerne les fausses articulations après des fractures, on les a le plus souvent rencontrées à la clavicule, à l'humérus, aux os de l'avant-bras, au fémur, aux os de la jambe, aux côtes et à la mâchoire inférieure : elles arrivent lorsque les fragmens des os n'ont pas été exactement affron-
I Bsc&AftB» ÉléiB. d^aaat. ginr^ p. 596»
«ANATOIOE PimOI4>61Qir£ SPÉaALE. S45
té» et mainiaMift' dans rîmmobiKté pendant tout le temps nécessaire à la formation du eal , ou que des dispositions panicubères dépendantes de Taccion de vices internes se sont opposées à la consolidation:
Lorsqu'on exanmiie. anatomiquenent tme pareille articulation accidentelle, l'état dès. parties n'est pas toujours le même : tantôt on observe que des (higmens, après s'ttre arrondis, donnent naissance à des brides ligamenteilses qui les unissent entre eux ; ce qui établit tme articulation par synévrose (pour me servir du langage des anciens ). Hl. les os ni les pas^ ties molles n'ont éprouvé de changement, si ce n'est que dans les premiers Li cavité méduUaire est fer* mée, soit par un bouchon ^reux, soit par une lanijo oaaeuse.
Tantôt les extrémités des fragmens sont ucmh seulement arrondies, mais elles sont aussi revêtues d'une couche qui ressemble à un cartilage, maïs qui n'en a que l'apparence, sans en avoir la structure, et qui n'est réellement qu'une substance calleuse. Un ligament formé de fibres celluleuses et denses se porte d'un fragment à l'autre , et fiât fonction de capsule articulaire, dont l'intérieur est humecté d'un liquide onctueux. Souvent aussi une membrane fine et rougeàtre tapsse le pourtour des. fragmens, et constitue un véritable appareil synovial
Tantôt, enfin, tandis que les fragmens sont réuma par un appareil fibreux , on trouve enchâssées dans ce tissu nouvellement développé des pièces OAseuses, qui né, tout pointtdes esquilles détachées dtf/'.oa finicturés, mais ^ des iproduc^ns nommes »
sjB^thies revâëas par ces mèaMs affectibm , tout démontre qae les articulations jouissent d'une grande énerve vitale, et qu'elles remplissent un rôle impor^ tant dans Forgauisiua Développons cette idée.
S; 890. Tous ceux qui se livrent à Texerfâcede la chirurgie savent que les blessures des articulations, la distension et la torsion de leurs ligamens, entraînent, toutes choses égales bailleurs, des accidens bien plus fâcheux que les autres lésions iraumatiques des membres. L'histoire des j^es pénétrantes ^t celle des entorses ne laissent aucun doute à cet égard.
> Il est égalemeiH avéré que les malacJies articulaires,^ soit traumatiqufs , soit spontanées, lorsqu'elles ont un certain degré de gravité, réagissent sur toute l'économie d'une manière plus marquée que les altérations qui n'affectent que la diaphjse des os. L'arthrocace , par exemple, produit plus de trouble dans lorganisme que l'ostéosarcome et même que le spina ventosa.
§. 891. Chez certaines personnes d'une constitution faible les articulations sont tellement sensibles aux variations dé latmosphère, qu'elles en reçoivent une impression qu'on peut comparer à celle que la même cause exerce sur les membranes séreuses , notamment sur la plèvre.
Au débutdes fièvres éphéknères, durant ks pahdiculations et le frisson des' fièvres intermittentes, les malades se plaignent de douleurs dans les membres , douleurs qu ils rapportent surtout aux urticulationé. Le même phénomène se ranarque dans les
ÀNATOHIE PA^raOLDGIQITE SPÉaAtE^ 349
fièvres plus graves. Des douleurs aiguës sont un prodrome assez fréquent de la fièvre ntilkire* Enfin, lorsque chez les feàimes accouchées une méuiistase laiteuse a lieu, c'est presque toujours rartîoolatîoa du genou qui en est siège.
§. 892. Fixons un instioit nos regards sur les-phé* nomènes locaux qui se manîfiesient communément durant le cours d'une maladie articulaire. Quelle merveilleuse activité dans le travail pathologique ! que d'altérations diverses dans un espace aussi circonscrit! Depuis la sécrétion, augmentée de la synovie, jusqu'aux transformations des extrémités articulaires des os, quelle suite et quelle variété d'efforts ou salutaires, ou funestes, ou destructeurs, ou réparateurs !
Remarquons aussi que les maladies *des articula* tions en affectent souvent plusieurs à la fois. Ainsi dans le rachitis la plupart des extrémités articulaires ^ont gonflées : on voit l'arthritis se porter succesr sivement sur un grand nombre d articulations; l'aAkjrlose peut les envahir toutes dans un très^ourt espace de temps.
Je viens de nommer l'arthritis. Qui ne sait que cette affection si impénétrable dans sa nature, si mystérieuse dans ses premiers développemens, avant de se montrer au dehors, aime à se cacher sous les Ibrtoes les plus bizarres, affecte successivement un grand nombre d'organes, et porté le trouble dans toutes les fonctions ? Tous ces phénomènes cessent dès que la goutte, de vague et errante quelle était ^ se fixe sur une articulation. Vient-^e à disparaître^
35o f#ITAV If- :
de nouMBSuv tjmphàmm «HceèdoH nqttdenett 1 cette méUtfUae. -Que penaer jiprte eda d'une dacurinc qui ne-venmt dan» l'anfaiitM qii'aae tflfeelîott pw^ ment locale? Pour nou^, nous <^oyoBa cpi'attOMie ne mérite mieux le nom de méUadie c^nséâhttéùnneUe», 4fidm&^ne n'est pin» propre à mettre len évidence l'étroite sympathie qui eûste entre les articvladom et le» viscères, puticulièremeM ctwi de l'ebdomea