SECTION CINQUIÈME
Maladies du système musculaire.
§. 998. Les maladies dn tissu musculaire se rapportent à Tamincissement et à répanouissement des faisceaux musculeux, à la décoloration des fibres, k leur ramollissement, à leur dessèchement, à leur ossification, à leur inflammation, à leur dcgénére»eence en substance lardacée, à leur changement en masses graisseuses, enfin à la présence des entozoaires dans leurs interstices. Je ne parlerai ni de la flaccidité des muscles, ni de leur densité; la première est un phénomène cadavérique très-fréquent, la seconde le résultat d'une contraction qui a persisté après la mort , et qu'on a constatée dans certaines maladies caractérisées par de violens spasmes, telles que le tétanos et le choléra d'Asie. *
§. 894. Lorsque certaines timieurs- prennent un
1 jAiH2fiCH£N et Markus Animadv, anat. pathol, de chol. morb. Mnsq. grass, j déc. i, p. lo, i^» 19» aa> sS, 4^ 9 ^^^ ^» p. 120, i3a« •
AI9AT0MIE P4mOilPaf9UE SPÉCIALE. 55l
j^nmd i^çcfpmeimMf le» mmde^ ^m les couvrant s'^ff^i^fierit^ l^irs fibres s'écaitoot les unes des au^' très, et leur enseoable se change en une membrane musçuleuse luinpe , qui enyeloppe ces mèaiesi tu<ineurs. AÎQsi.ron vou les «uscles qui du steraum et de ronioplaie se rendit à Tos hyoïde, se eonr fondre et s'épanouir par l'effet de l'intumeseence. de la glande thymde; ainsi les snuscles du jbas-venti«^ et noiammeni les droits» s'aplatissent dans certaines ^ossesses, dans Fascite et dans des cas de tumeurs ntxlomînales très ^volumineuses. U est évident que la grande distension des fibres musculaires leur fait perdre de leur irrital^lité et de leur force C9n«* tractile : c est ce qui arrive auasi mix tuniques musr culeuses d'un estomac et d'uM vessie urtnaire très^ distwdus.
S. %9^. MoAGAi^ifi a observé plusieurs fois des ch^^^mtns de çoulmr dans les muscles. Ces t ainsi que mv un individu attaqué pendant plusieurs an<néi^ de cgptriKHure des muscles de la jambe, telle qu'il était impossible d'étendre ce membre, il trouva ^ l'ouverture du Cftdavre les muscles de cette partie d'une couleur îaunâtre et sale, tandis que tous ]^ autres paient conservé leur couleur i^atur^Ue ^ Dans un jeune homme mort de pbrénésie, MohGaGNi a vu la chair musculaire colorée: en jaune ^. Un autre jeune homme, tourmenté depuis un an d'un lumbago violent, mourut après avoir éprouvé une tym-.
1 MOKGA0VI, Epint. anaX^ 69, a.* S* a JEpist. anat, 7ia*^ a*
55a tiTii'B it*
IMoiite arec leac30pbleginani& d^ttttimàbiiÈÉènm* re8. A la dissectioii on trouva qœ la masse ooi&mine an long dorsal et au sacro-lombaire «fait^ia cfOidear éa bob de noyer *. Enfin, M. Portal a vu la décoloration (pâleur des muscles) chez des indifidvs attaqués de maladie vénérienne ou de scrofiiltes.^
§. 886. Le ramollissement des muscles , ou la myamalacte, s'est rencontrée sur des sujets atteints d'infiltration, de cacbexie; chez d'autres^ quî^avaient succombé au typhus pestilentiel, au choléra morbus \ ou qui avaient été asphyxiés par la foudre, la fibre musculeuse était devenue si tendre qu'on la déchirait avec la plus grande facilité, en la saisissast légèrement entre les doigts ou avec la pince à disséquer. J'ai remarqué que les muscles les plus sujets à ce ramollissement sont le psoas , le pectine et les adducteurs de la cuisse. On a vu sur un homme attaqué d'ascite , et qui tomba pour s'être heurté contre le seuil de la porte de sa chambre, le diaphragme rompu dans sa partie charnue, laquelle fut trouvée tout-à-fait ramollie.^
§. 8^7. LiEUTAUB^ en disséquant le corp^ d'tia individu qui avait été long-temps toui^menté par un rhunjatisme, et dont les membres avaient perdu tout mouvement, trouva les muscles secs et comme tendineux y ayant dans divers endroits des concrétions
i Epist» anaU 57, n»* 17* > Anat. méd.; t. a, p. 407.
3 Neue Samml, auserl, Abhandl.; B, 6, iV.** 3, S, 803.
4 IsKiTFLAMM, F'crsuck ûlmr dU Muiktln^ §. 16a.
5 Hist. anat. méd. ; t. 3, p. 346.
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osseuses : quelques-uns de ces musdes n'étaient plus dans leur situation naturelle. Portal ^ a £dt la même observation sur qudques sujets qui avaient prodigieusement souffert de douleurs rhumatismales. Je connais deux exemples dans lesqueb les muscles étaktnt devenus si denses qu'ils paraissaient avoir été changés en substance osseuse ; changement qui au reste ne fut pas constaté par la dissection. Le premier de ces faits , consigné dans l'ouvrage d'IsEN- FJUMM ^ est celui d'un homme dont le métier consistait à former avec ses pieds des mottes de tan. La jambe droite, ankylosée dans toutes ses articulations, donnait au malade une sensation de pesanteur et de froid , en même temps qu'elle offrait au toucher la dureté du marbre. Le second exemple m'est fo\u*r^ par un individu encore vivant qui habite le département du Doubs. Cet homme , impotent des membres inférieurs, a les chairs de ces parties d'une dureté extraordinaire et semblable à celle de la pierre. Si les muscles sont susceptibles de s'ossifier, à plus forte raison pourra-t-on les trouver convertis en substance cartilagineuse. G>lumbus a trouvé Isi cloison des ventricules du cœur, et Wesling la sur- &Lce interne du ventricule gauche de cet organe, cartilag^ieuses. Si l'on s'en rapporte au témoignage de Bonnet^, les fibres musculaires de l'œsopbage au** raient offert une semblable conversion, à moins pour-
1 Anat. méd.j t. 9, p. 4ii* 3 X. c. , §. 1 59.
3 Sepuleh. anaê.f lÎT* 3, M€U,49 obf. S. Morgàgai, ^ûU mnat. aS, art. &5.