‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 41 sur 88 · II · texte numérisé non relu

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tant que cet observateur n'ait confondu leur dégèlié' rescence squirrheuse avec leur mutation en cartilage.

§. 898. Les muscles sont assujettis aux quatre modes d'inflammation que nous avons établis ; tou* tefois il est nécessaire de faire observer que ce n'est pas la fibre musculaire elle-même qui s'enflamme, mais la gaine celluleuse qui appartie>nt à leurs fais-ceauxS bien que cette fibre soit attaquée, changée et détruite par les progrès de Tinflammation.

§. 899. La phlogose des muscles est caractérisée par une injection marquée du tissu cellulaire interstitiel des fibres musculaires , qui détermine une infiltration de ce tissu ^ tantôt louche et trouble , et tantôt gélatineuse et sanguinolente. Cette sérosité est quel* quefois si abondante dans les muscles , qu'dle en sort comme d'une éponge lorsqu'on les coupe en travers'. D'autres fois elle se trouve en grande quantité et comme épanchée entre les différens muscles d'une région. Ce qui prouve l'existence réelle de l'inflammation, c'est que l'immersion et la macération ne produisent point lair décoloration entière j mais à la couleur rouge en succède une autre, d'un gris brunâtre, et qui persiste jusqu'à la putréfaction de l'organe. D'autres fois on remarque qu'une pulpe visqueuse et d un rouge briqueté est intiltrée et comme incorporée dans un parenchyme filandreux ^ grisâtre et peu résistant ^

1 AuTKHRiETH et ScRjn nT.h, De tuiiura rcunionis muscul» vul' nerat. Tubing., i8o4» $• 5, p. i5.

a GinoftiiTy L c; t. a, p. 11)97.

3 Idenif L «.;* $. 109S.

§. 900. Quoique la phlogose des muscles ne constitue que le premier degré de Tinflammation , et que ses caractères anatomiques soient moins prononcés que dans les autres espèces, elle peut néanmoins être accompagnée de symptômes extrêmement graves et mftme mortels, comme le prouve l'observation suivante. Un élève du collège royal de Strasbourg, âgé de treize ans, se rendit à Tinfirmerie de cet établissement le jeudi 2 Août 1820, se plaignant d'une douleur à l'épaule droite. D'après son récit il y avait deux jours qu'il avait fait un effort, en voulant frapper un de ses camarades, qui lui échappa au moment où il allait l'atteindre; ce qui fit que le coup porta à faux. Ressentant une douleur à l'épaule , il se fit laver la partie avec de Teau-de-vie camphrée, et continua de se livrer à ses occupations et à ses jeux. Le lendemain le malade se plaignit d'avoir passé toute la nuit dans l'agitation : en examinant l'épaule, on la trouva un peu plus chaude; mais il n'y avait aucun dérangement organique. Quant aux symptômes généraux, on remarqua dans le malade de l'abattement : son pouls était petit et accéléré, sa langue chargée, sa soif intense, et il y avait défaut absolu d appétit : un émétique fut ordonné, et le fît vomir une seule fois, La nuit suivante fut encore plus agitée, et il y eut un peu de délire. Ce symptôme augmenta dans la nuit suivante. Le jour qui succéda à celle-ci, le ventre était un peu gonflé, le délire devint permanent : on administra le camphre ; on appliqua un vésicatoir^ aux jambes, ainsi que des fomentations sur le bas-ventre. Cependant ces syipptâmes sijlèrent

encore en augmentant les deux jours suivans : les traits de la face se décomposèrent ; la respiration devint difficile; le râle survint, et la mort eut lieu le sixième jour de la maladie. En examinant attentivement les trois cavités splanchniques, on ne trouva rien de particulier dans le cerveau ni dans ses membranes.

La cavité droite de la poitrine renfermait environ une demi-livre de sérosité : le poumon droit était adhérent à la plèvre au moyen d'une couche épaisse de lymphe plastique; dans quelques endroits on apercevait la substance du poumon rouge et trèsinjectée. En détruisant les adhérences du poumon avec la plèvre, on apercevait à celle-ci des signes évidens d'inflammation dans toute son étendue. La cavité gauche de la poitrine offrait le même phénomène cadavérique, mais à un plus faible degré. Le péricarde présentait des arborisations vasculaires , remplies de sang. Les viscères du bas-ventre étaient dans Tétat le plus sain , seulement les intestins étaient distendus de gaz. Enfin, à l'inspection du bras on trouva celui-ci gonflé depuis le moignon de Tépaule jusqu'au-dessous du coude, sans aucun changement de couleur à la peau. En détachant celle-ci des muscles, on remarqua à la région antérieure et externe du thorax et à la face interne du bras, que le tissu cellulaire était infiltré de sérosité, durci et très-adhérent aux muscles. En pressant sur ceux-ci, on leur trouvait plus de résistance ; cependant leurs fibres étaient plus pâles qu'à l'ordinaire. Le muscle grand pectoral ayaut été. détaché du sternum et ren-

versé vers le bras, on rencontra entre lui et le quatrième espace intercostal une matière rougeâtre, gluante, de consistance sirupeuse, et ne ressemblant pas mal à du pus coloré par du sang. Cette matière était sans mauvaise odeur, et paraissait provenir de dessous le petit pectoral. Pour en suivre la trace, on détacha ce dernier muscle des côtes, et on le renversa vers Tapophyse coracoïde. Par cette dissection on remarqua quil était plus dur et plus épais, qu'il présentait à sa face antérieure du sang extravasé, tandis que la postérieure était tapissée par la même matière rougeàtre qui paraissait provenir encore de plus loin. On disséqua alors le muscle deltoïde : sa surface externe ne présenta rien de particulier ; mais en le séparant de Tomoplate et de la clavicule, et en le renversant vers le bras, on vit cLiirement que toute la surface postérieure était dans le même état que celle du muscle petit pectoral. Par cette dissection , l'extérieur de l'articulation mis à découvert , on reconnut que le tissu cellulaire lamineux , ainsi que les capsules muqueuses placées autour de la tête de l'humérus, étaient infiltrés et remplis de cette matière rougeàtre que nous avons plusieurs fois signalée. L'intérieur de l'articulation était sain ; une portion du tendon du biceps était un peu colorée en rouge.

5* 901. Lorsque la phlogose d'un muscle a duré long-temps, et qu'elle est devenue en quelque sorte chronique, elle attaque et fond non -seulement la graisse, mais aussi le tissu lamineux interposé entre les faisceaux et les fibres^ ce qui produit non-seule^

ment un amaigrissement du muscl€, mais de tout h membre ^ Ayant observé que des parties attaquées autrefois de rhumatisme aigu présentaient cet état de maigreur, je crois pouvoir en conclure que cette dernière maladie consiste dans une inflammation au degré de phlogose, et que c'est là probablement la raison pour laquelle on n'a trouvé rien d'insolite dans les muscles après des rhumatismes aigus, si ce n'est la siccité et la ténacité de tissu observées par

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