IL
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2.^ Nous trouyàmes une demi-pinie de sérosité dans la cavité thoracique gauche, et un peu plus dans la droite. Le poumon droit offrait à sa partie postérieure une bande transversale de deux pouces de large sur quatre de long, résultant d'un chan* gement de. tissu par l'effet d'une induration rouge* L'eitrémité inférieure du poumon gauche était ad^ hérente au diaphragme , et contenait de petites concrétions osséo- pierreuses. Les veines jugulaires ex" terne et interne, et particulièrement celles du côte droit, étaient très-distendues.
5.^ Le péricarde, sain, contenait quatre onces de sérosité. La veine cave supérieure, très«dilatée , avait un diamètre de onze lignes , mesuré dans l'état de flaccidité. La veine cave inférieure, également dilatée, avait un diamètre de quatorze lignes. Les veines coronaires étaient très-distendues. Les artères sortant du cœur étaient peu dilatées. Le diamètre de la pul* monaire mesurait un pouce quatre lignes ; celui de l'aorte un pouce huit lignes à son orifice et deux pouces quatre lignes à la crosse. Les artères étaient plus remplies de sang que les veines. Le poids du cœur était de deux livres deux onces : l'oreillette droite avait trois pouces et demi de largeur; le ventricule droit, trois pouces neuf lignes dans son dia* mètre transversal et quatre pouces trois lignes dans le longitudinal : ses parois étaient flasques, mais épaisses de deux lignes et demie à la base et de deux Ugnes à la pointe ; trois concrétions gélatineuses se trouvaient contenues dans sa cavité. L'orifice auii^ culo-ventriculaire était large de vingt lignes; l'oreil-
anàtomie pathologique spéciale. 4^^
lette gauche, du volume ordinaire. Le ventricule du même côté avait un diamètre transversal de trois pouces, et quatre pouces trois lignes dans le longi* tudinal. Ses parois molles étaient épaisses de neuf lignes à la base et de cinq lignes à la pointe. L'orifice auriculo-ventriculaire était large' de deux pouces une ligne.
4.° Dans la cavité abdominale le foie, volumineux, descendait jusqu'à l'os des îles; il pesait trois livres et demie; il était dans un état de pléthore bien marqué. Le sang de la veine cave inférieure, très-noir, formait des caillots mous. La rate, d'un volume ordinaire, pesait quatre onces et demie, et avait la consistance du foie. L'estomac et les intestins étaient sains.
Chezja femme qui fait le sujet de cette observation, la fièvre quarte, en supprimant les règles et en produisant l'engorgement du foie et de la rate, n'at-elle pas dû avoir une grande part dans la formation de l'anévrisme passif de presque toutes les cavités du cœur? Cette fièvre ne peut-elle pas être considérée comme la cause éloignée de son altération organique? En r^araissant une seconde fois, et en augmentant les engorgemens, elle n'a pu qu'ac-^ célérer la marche de la maladie. D'un autre côté , la suppression des règles, en déterminant une pléthore sanguine, a dû également exercer une influence sur son développement L'épanchement séreux dans les^ ventricules du cerveau, quoiqu'il ne soit ici qu'un phénomène bien accessoire , a sans doute aggravé l'état de la malade, en déterminant le coma observé la veille de sa mort.
Animsmt passif du ventricule gauche*
§. 978. Cette espèce d anévrisme a pour caractères anatomiques la mollesse et la pâleur des fibres musculaires de cette partie du cœur, la dilatation de sa cavité et ramincissement de ses parois, qui est tel qu*à leur partie supérieure elles n'ont que deux lignes et à la pointe du cœur à peine une demi-ligne d'épaisseur. Les colonnes charnues sont manifestement plus écartées l'une de l'autre j cependant la cloison interventriculaire perd beaucoup moins de son épaisseur et de sa consistance, par l'eSet de la dilatation, que les autres parties du cœur.
Dans cette sorte d'anévrisme, qui est assez rare, les fibres musculaires paraissent exercer une pression infructueuse sur la masse du fluide que le ventricule contient, et qu'il ne peut parvenir à faire circuler. Ces fibres s'alongent et la dilatation s'opère.
Suivant Bertin, cet anévrisme reconnaît pour cause des obstacles mécaniques au cours du sang» tels que des ossifications des valvules, l'étroitesse congénitale de l'aorte et de l'artère pulmonaire, les professions qui obligent à des efforts pénibles, les maladies du poumon. Laennec regarde comme la cause la plus fréquente de cette affection, une conformation originelle du cœur et une plus grande mollesse de ses parois, qui se rencontre p.irticulièrement chez les femmes ^ fai vu plusieurs fois l'espèce d'anévrisme dont il s'agit; mais il m'a paru dans tous ces cas être* plutôt consécutif que primitif. C'était
1 Aiucultation médiate; 3.* édit., t. 3 , p. 117.
ÀNÀTOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCIÀLF. 4^7
datis des maladies de longue durée, telles que des engorgemens de viscères du bas-ventre, dans des leucophlegmaties essentielles, dans des cachexies, sur des sujets attaqués d'affections hypocondriaques, des mélancoliques,, etc.
* Un hooime de soixant6*deux ans, dW embonpoint excessif, mais d'une graisse molle, d'une libre lâche, d'un teint de suif depuis '.sa naissance, sujet pendant vingt ans à des attaques d'hypocondrie nerveuse, mourut d'une attaque d'apoplexie. Je trouvai la cavité du ventricule gauche singulièrement dilatée; les colonnes charnues presque effacées; les parois de ce ventricule molles, très -amincies, ayant quatre lignes d'épaisseur à la base et trois Ugnes à la pointe; l'orifice auriculo-ventriculaire ample, de seize lignes de diamètre ; l'artère aorte également dilatée , ayant vingt-deux lignes de diamètre à son origine ; l'oreillette gauche petite , d'un diamètre de vingt lignes en largeur et en hauteur ; les cavités droites du cœur dans l'état naturel.
Anéçrisme passif de Foreilkiie gauche.
§. 979. Cette oreillette est de toutes les cavités du cœur celle qui est la moins sujette aux dilatations. Cependant cette maladie peut être produite par une cause mécanique, qui retient le sang dans son intérieur : c'est ce qui arrive lorsqu'il y a rétrécissement à l'orifice auriculo-ventriculaire gauche. Notre Cabinet renferme deux pièces préparées , dans lesquelles on voit cet orifice si étroit, qu'il ne représente plus qu'une fente elliptique admetunt à peine le petit
doigt Sur une de ces pièces la cavité de Toreillette, énormément distendue, contient un caillot de sang très-dense, formé de couches concentriques, dont les plus extérieures sont dures, coriaces et rouges, les plus internes , au contraire , plus pales et plus molles. Ce caillot remplit si parfaitement l'oreillette, qu'on a de la peine à concevoir comment le sang a pu parvenir du poumon dans le ventricule gauche. Ce cœur est celui d'un jeune homme de dix-sept ans, mort de phthisie pulmonaire aiguë (phthisisjlorida), chezf lequel , indépendamment des signes ordinaires de cette maladie, on avait observé des attaques d'orthopnée plus prolongés que de coutume^ ainsi qu'une petitesse, une exiUté du pouls, qui dans toute la durée de la maladie avait été réellement filiforme. Le poumon offrait deux sortes d'altérations organiques : dans sa moitié supérieure il était fiirci de tubercules suppures, tandis que l'inférieure était convertie en cette espèce d'induration que j'appelle bronctU-hrdacée^ et dont j'ai déjà fait mention dans une autre partie de cet ouvrage (§. 455, n.°4)' En considérant l'âge dû sujet et l'état du sang coagulé et fibrineux, j'aurais été tenté de tanger cette maladie dans la classe des anévrismes actifs , si la ténuité des parob de l'oreillette , la petitesse et la flaccidité du cœur en général , ne m'eussent déterminé à la ranger parmi les dilatations passives.
Dans la seconde jnèce de notre Musée on remarque également une dilatation extrême de l'oreillette gauche , mais sans coagulom : il y a de même rétrécissement de l'orifice auricnlo-ventrioulaire. Dans
ANATOMIE PATHOLOGIQUE SPiaALE. 4^9
ce cas, comme dans le précédent, ce rétrédssement ne d^endait point du dépôt d'une matière osséo*pierreuse ; on remarquait seulement à la base des valvules nûtrales un épaississement coriace, comme cartilagineux, qui permettait diffidleiticnt Tintroducûon du doigt
Anéçrisme passif du ventricule droit.
§.980. Cette espèce d'anévrisme est presque toujours accompagnée de dilatation de l'oreillette du même côté , quoiqu'il y ait des exemples qui prou* vent qu'elle peut se rencontrer isolément
Dans cet anévrisme les parois du ventricule s'amincissent co^sidérablement , et ce ventricule forme près de l'orifice de l'artère pulmonaire une caverne très-étendue, dont les parois n'ont pas l'épaisseur ordinaire.
Les signes les plus certains de cet anévrisme sont, d'après Corvisart, un étouffement plus grand que dans les affections du ventricule gauche , une diathèse séreuse plus marquée, des hémoptjsies fréquentes , une teinte livide plus foncée de la Ëice et portée quelquefois jusqu'au violet noir* Ces sign^ cependant sont assez équivoques d'après Laeknec, qui regarde comme seul pathognomonique et constant le son bruyant du cœur exploré sous la partie inférieure du sternum, ou dans l'espace compris entre les cartilages des cinquième et septième côtea droites : on présume le degré de dilatation par l'étendue dans laquelle le cœur se fait entendre. ^
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A AnacultetioB taédittU'i ^.* 4dii., t. ^yf. ii^«
44P litre II. .
§. 981. L'anévrisme passif du Tentricole droit s'est offert à mes recherches beaucoup plus souvent que ranévrisme actif, de quelque cavité que ce soit En remontant à ses causes éloignées, je trouve que c'était presque toujours une maladie organique du poumon ou une affection morale triste et sédative qui l'avait produit. Je ne finirais pas si je voulais rapporter ici tous les cas que j'ai recueillis ; je me bornerai à un seul, déjà indiqué plus haut, et dans lequel la maladie était accompagnée d'hypertrophie du ventricule gauche.
Une dame de quarante-huit ans , encpre réglée, mais à des époques indéterminées, fut attaquée, sans cause connue, d une fièvre lente, et qui dura la plus grande partie de l'été de iS^S. Son pouls était constamment d une vitesse extrême, sa peau sèche et brûlante. Oh ne pouvait accuser de ces symptômes qu'une irritabilité idiopathique du système nervoso-sangnin. Ayant été toute sa vie parfaitement heureuse, elle éprouva presque à la fois deux chagrins des plus ouisans, Taliénation mentale de son mari et la perte dun fils unique âgé de vingt-deux ans ^ Bientôt se déclarèrent des oppressions de poitrine, des palpitations de cœur, des accès d'étouffement et peu à peu tous les symptômes caractéristiques de l'anévrisme du cœur. Celui-' ci résidait principalement dans le ventricule droit, comme le démontraient la &ce tuméfiée, bleue et livide, lé gonflement et les palpitations des
1 J^ai rapporté Vhistoire de la maladie de ce jeune boi^ine dans le premier .Tc4uAe de cet ouTrage, $. èg»
Ar^ATOMlE PÀTHOLOfôlQVK SPÉCIALE. 44^
wines- jugulaires et rextrème dtfficuké^dè respirer. Vers la fin de la maladie, qm dura eiiviron trois mois V le foie , tuméfié presque tout ' à coup , augmenta rofthopnëe. La malade passait les nuits et les jours dans un fiiuteuil. Il est presque inutile d ajouter qu'une leueophlegmatie générale était venue vers la fin de la maladie s'associer aux autres symptômes. A l'ouverture du cadavre on reconnut, 1° une hypertrophie du v^itricule gauche, sans dilatation de sa cavité; 2.^ un anévrisme passif extrêmement prononcé du ventricule diH>it et de l'oreillette du même côté ; 5.^ une dilatation de l'artère pulmonaire et des deux veines caves ; 4**' ^^® hypertrophie du foie, sans altération dans sa texture; 5." un léger degré d'hydropisie ascite; 6.^ une infiltration générale de tout le tissu cellulaire souscutané. L'hypertrophie du ventricule gauche dont cette femiiae était affectée, et qui me parut remonter à une époque que je ne puis indiquer, rend, ce ma s^nble , raison de la petitesse et de l'exilité du pouls. qu'on avait pendant long- temps remarquée chez cette personne^ Quant à lanévrisme des cavités droites, leurs parois étaient singulièrement amincies ; celles de Toreillette en particulier étaient presque entièrement transparentes.
Anéçrisme passif de toreUl^Ue droite.
§. 982. Cet anévrisme est le plus fréquent de tous. La cause en est le plus souvent un obstacle dans la circulation du sang à travers le poumon. Tous les genres d'èngor^ment de ce viscère doivent produire
44^ LIVRE n.
cet anérrisme Comme dans les derniers insiais de la vie le sang éprouve de la difficulté à traverser k poumon par suite de l'inaction ou de la paralyne de ce dernier, il résulte de là que la dilatation à peu près constante des cavités droites du cœur peut être considérée comme une sorte d'anévrismé. Il en résulte aussi que l'anévrisme de Toreillette droite existe rarement s^l, et qu'il est presque toujours accompagné de celui du ventricule ; Corvisart en a cependant rencontre deux exemples. Quant à mes propres observations, j'ai trouvé l'oreillette démesurément dilatée sur un cœur dont les autres cavités étaient également plus amples que dans l'état ordinaire.
Le sujet était une femme de cinquante-six ans, d'une faible constitution, d'un tempérament bUiososànguin, qui fut attaquée d'ictère , suivi d'œdème aux jambes. L'ictère disparut ; mais l'infiltration augmenta de jour en jour, jusqu'à ce qu'il se fit à la peau des mollets des crevasses , qui dégénérèrent en ulcères gangreneux. C'est dans cet état que la malade fut reçue à la clinique interne de la fiiculté, le 1."* Décembre 1821, quatre mois après le commencement de sa maladie. A peine entrée à Thôpital, elle fut attaquée d'aliénation mentale, de l'espèce de celles que Pinel a désignées sous le nom de démence. Le bas-ventre se remplit d'eau , le pouls devint faible, petit et irrégulier, et il survint une hémiplégie du côté gauche le jour qui précéda sa mort et le viogt-deuxième de sa réception à la clinique.
A Touverture du cadavre on rencontra, i.^use
ANÀTOMIE PÀTROLOGIQUE SPÉaALE. 44^
petite quantité de sérosité dans les ventricdies latéraux du cerveau ; 2.^ une augmentation de volume de la glande pinéale; 3.^ un développement considérable de toutes les cavités du cœur, mais surtout un anévrisme passif très -prononcé de Toreillette droite et une réplétion insolite des vaisseaux coronaires, tant artériels que veineux; 4-^ un engorgement avec induration du lobe droit du foie.
Je conviens que les symptômes de lanévrisme du cceur n'étaient point très*marqués sur cette malade, et qu ils étaient en quelque sorte effacés par ceux de l'affection cérébrale ; mais il n'est pas moins vrai que la maladie du cœur était l'affection primitive et que celle du cerveau n'était que secondaire. N'est-il pas constaté en effet que l'anévrisme du cœur peut réagir sur l'encéphale et en troubler les fonctions au point de produire l'apoplexie ?
§. 983. J'ai trouvé une autre fois l'oreillette droite extraordinairement dilatée, ainsi que les deux veines caves, sur une femme de cinquante-deux ans, qui mourut d'un double hydrothorax et d'hydropisie anasarque. Le poumon lui-même n'était nullement affecté ; l'artère pulmonaire et le ventricule droit avaient leur capacité naturelle. J'avoue que dans ce cas il m'est difficile de déterminer si l'anévrisme était primitif ou consécutif. Je penche pourtant pour la première de ces opinions, parce que tous les anévrismes donnent naissance à la longue à une diathèse séreuse. Si je voulais admettre l'opinion contraire « je serais embarrassé de dire pourquoi cette maladie n'avait atteint ni le ventricule ni l'artère pulmonaire.
, Au rieste, les auteurs font fréquemment mûitîon de Tanévrisme de Toreillette droite. Charles Étienme^ a vu cette oreillette trms fois plus grosse que dans l'état naturel sur un individu dont le poumon droit était presque entièrement détruit.
ARTICLE TROISIÈME
jinéurisme simple.
§. 984. Cet anévrisme existe toutes les fois que Tune ou Tautre ou même toutes les cavités du cœur sont dilatées sans qu'il y ait un changement perceptible dans les parois de ce viscère , qui conservent leur épaisseur, leur densité et toutes leurs autres conditions naturelles. Le nombre de ces anévrismes est très -grand, si Ton en juge par l'embarras dans lequel se trouvent si fréquemment les anatomistes pour déterminer si c'est à la classe des anévrismes actifs ou à celle des anévrismes passifs qu'appartiens nent ceux qu'ils rencontrent à l'ouverture des cadavres. Les phénomènes vitaux nous éclairent peu à cet égard; ils consistent dans des palpitations fortes et énergiques, dans la dyspnée considérable et dans la diathèse séreuse, propre à toutes les nlaladies de cette espèce. Toutefois on ne peut disconvenir que cette espèce d'anévrisme a plus d'analogie avec l'anévrisme actif qu'avec l'anévrisme passif : c'est ce qui résulte non-seulement de la nature des symptômes, mais aussi de cette simple considération qu'un cœur dilaté , volumineux et dont les parois ne sont, pas
1 Caiol. Stbph., De disseet. part, corp, kum.^ h a» c. 33 «
ANÀTOMIE PATHOLOGIQUE SPÉCULE. 44^
amincies, doit avoir éprouvé nécessairement un surcroît de nutrition.
J'ai examiné le cœur d'tm jeune homme mort d'ahévrisme à la suite d'une maladie miliaire. Le ventricule gauche était extrêmement dilaté : son orifice auriculo-vehtriculaire, très-ample, avait seize lignes de diamètre, quoique l'oreillette, très*petite, n'eût que vingt lignes de hauteur et autant de largeur. Les parois du ventricule étaient épaisses de six lignes à la base, de quatre lignes au milieu et de trois lignes à la pointe de l'organe. L'aorte avait à sa nais* ' sance quatorze lignes de diamètre.
Sur un autre cœur, celui d'une fille de seize ans, non encore réglée, j'ai vuMes cavités droites trèsamples, sans que leurs parois offrissent aucun changement dans- leur épaisseur.
§. 985. Les cas qui m'ont offert le plus souvent l'anévrisme simple , sont ceux où il y avait en même temps une grande dilatation de l'aorte, depuis son origine jusqu'à sa division en deux artères iliaques, disposition dont je parlerai dans la suite. Dans un cas observé récemment, où l'artère aorte avait trente* deux lignes de diamètre à sa crosse et une largeur proportionnée à sa portion thoracique , le .cœur pesait 6eize onces et demie, et avait neuf pouces et demi de circonférence. Le ventricule gauche ne présentait, outre l'accroissement de sa capacité, rien de particulier : ses parois, dont la densité était normale, avaient six lignes et demie d'épaisseur a la «.base et deux lignes et demie à la pointe. L'individu atteint de cette maladie était depuis plusieurs mois sujet à
des palpitations de cœur, à de la dyspnée, à des verligesy à des spasmes dans les muscles des jambes, qui l'obligeaient quelquefois de s'arrêter tout court quand il était en marche. Ces symptômes n^étaient pas permanens; ils venaient par accès irréguliers, et ne forçaient point le malade à interrompre ses oo cupations ordinaires , lorsque tout à coup , et sans cause occasionelle connue y il succomba a une attaque d'apoplexie.
§. 986. Ce que je viens de dire de l'artère aorte s'applique aussi à l'artère pulmonaire. Je l'ai aussi trouvée plus large que dans l'état ordinaire J'ai ?u cette dilatation s'étendre jusqu'à sa seconde et même à sa troisième division. Le cœur étaif a^ssi plus volumineux, et j'hésite à dire si cette dilatation apprtenait à la classe des anévrismes actifs ou à ceHe des anévrismes passifs.
D'après ces exemples et beaucoup d'autres, qu'il serait inutile de rapporter, il me paraît qu'on peut admettre, avec Bertin, que le cœur et les artères qui en émanent peuvent être le siège d'une altération organique , qui consiste dans une augmentation de capacité et de volume, sans accroissement de densité, s^ns diminution ni augmentation de l'épaisseur des parois de ces cavités.
Considérations générales sur Panévrisme du cœur.
§. 987. En réfléchissant sur les détails qui précédait, on remarque que dans l'anévrisme le cœur n'est, sous le rapport anatomique, sujet qu'à un bien petit
nombre d'altérations. En effet, tout se réduit pour lui à la dilatation de ses cavités , à répaississement ou à ràmincissement de leurs parois ; et cependant quel désordre extraordinaire dans toute l'économie 1 C'est que les dérangemens matériels d'un tel organe, qudque peu importans qu'ils paraissent en eux^ mêmes, entraînent nécessairement de grandes per* turl>ations daivi les fonctions les plus essentielles à la via D'un côté les contractions énergiques du cœur dans les cas d'anévrisme actif, retentissant dans tout l'arbre artériel, influent d'une manière extrè* mement fâcheuse sur tous les appareils organiques; et si quelque chose doit nous surprendre, c'est de ne trouver parmi les symptômes constans de cette maladie ni fièvre inflammatoire, ni. fièvre ataxique, ni pneumonie , quoique les fonctions du cèrveaii soient parfois troublées au point de produire l'apoplexie, et que la gène de la respiration soit portée au plus haut degré qu'il soit possible d'imaginer. D'un autre côté, lorsque Tanévrisme est passif ou lorsque 4'anévrisme actif est arrivé à son dernier terme, les phénomènes qui se présentent , et parmi lesquels la di'athèse séreuse tient le premier rang , ne sont pas moins redoutables. Cette diathèse, qui ne manque jamais de survenir^ s'expliquera si l'on admet que cette force expansive du cœur, dont nous avon^ déjà parlé (§-976), en vertu de laquelle ses cavités se dilatent activement pour humer pour ainsi dire le sang qui revient de toutes les parties du corps, étant paralysée,. cette paralysie s'étend de proche en proche à tout le système yeineiu. Jie fluide qui le
parcourt est nJenti dms sa mardie : de là des stases dans le réseau capillaire, et, pour les radicules ab* sorbantes, Timpossibiliié d'inlialer la sérosité épanchée dans les cavités séreuses.
Dans le plus grand nombre de ces hydr^jûsies qui se sont présentées à mon observation, Û m'a toujours paru que la cause principale de la maladie éuit celle que je viens d'indiquer, et que la première indication thérapeutique consistait a rendre au coeur, et principalement à ses cavités droites, sa force et son énerve. Tajoute qu'en remplissant cette indication , et en prescrivant des stiouiians diffusibles , par exemple Facide nitrique alcoolisé , j'ai ébé quelquefois plus heureux que je n'avais osé l'espérer* Quelquefois aussi un mouvement de fièvre inattendu venait produire l'effet que j'avais en vain sollicité de l'action des remèdes.
U suit de ce qui vient d'être. dit, que, tout en appréciant les changemÔBs visibles du Icœur anévrismatique, on doit néanmoins attribi^er au dérangement de ses forces les accidens de.la maladie; farces qui untôt sont exaltées , tantôt diminuées et tantôt enfin entièrement éteintes. Aussi la mort n'estnelle presque jamais produite par une rupture , une attaque de suffocation ou une. apoplexie; le plus Ghrdînairement elle est le résultat d'une .syacope, ou, en d'autres termes, d'une paralysie du cœur.
§. 988. Ce qui prouve mieux encore coml»ett peu les phénomènes morbides sont liés à l'état physique du cœur, c'est l'absence, de plusieurs de ces phénomènes,.i9algré.la présenee de l'altération qui
ANATOMIE PATHOLOGIQUE Sî^ÈCUlLE. 449
semblait devoir les produire. Nous avons eu à la clinique de la faculté un homme de quarante-cinq ans, malade depuis trois mois, ayant le pouls constamment plein , dur et vif, ce, qui avait motivé plu* sieurs saignées, souffrant d'un asthme, qui dégénéra dans les derniers temps de sa vie en ime constante orthopnée; éprouvant de la toux sans expectoration, de la céphalée occipitale, une douleur déchirante à Tépine du dos, des douleurs pulsatives à la nuque ^ avec un bourdonnement dans Toreille droite, une infiltration des jambes et du scrotum , enfin de terribles attaques de suffocadon, du délire et des dé* £iillances. Mais une chose curieuse, c'est que jamais, pendant près de trois mois que le malade fut examiné journellement par les élèves et par moi, nous n'aper^ çûmes, ni par la simple application de la main, ni à laide du stéthoscope, aucun battement du cœur, premier symptôme cependant d'un anévrisme actif: or, ,eelui-ci l'était réellement, comme le prouvent les détails suivans, résultat de l'autopsie cadavérique. Le cœur pesait deux livres deux onces ^ ; sa Ion* gueur depuis la base jusqu'à la pointe était de sept pouces quatre lignes^; sa largeur à la base était de cinq pouces six lignes 3. Les parois du ventricule gauche , extrêmement denses et charnues , avaient
1 Neaf k dix onces dans Téut naturel. J'*ai indiqué plut liatit (p. 419) le poidi et les dimensions normales et anormales du cœur) mais il ne sera pas inutile de les rappeler encore une fois.
9 Cinq pouces et demi dans Peut natnrcl.
3 Trois pou«as daas^r^at naturel.