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CHAPITRE, IV

De t induration et de Pétai cartilagineux et osseux du tissu musculaire du cœur.

§. 993. L'induration du cœur, ou la cardio^sclé" rose^f ne doit pas être confondue avec l'hypertrophie. Dans celle-ci la contractilité subsiste, tandis que dans la première il y a abolition totale ou partielle de cette force vitale. En outre, dans l'induration les ventricules du cœur sont disten* dus comme dans l'anévrisme, et leurs parois ont de même une plus grande épaisseur que dans l'état normal ; mais elles se soutiauient en voûte , for-

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jnant véritablement une boîte charnue élastique, qui , quand on la frappe , résonne , à Tinstar d'un de ces cornets de cuir qui servent à jouer au trictrac. En coupant la substance d'un cœur durci , le scalpel éprouve une résistance insolite , et fait en<tendre, d'après Ck>RviSART, un bruit crépitant singulier, bruit que ni Laennec ni M. Anoral n'ont pu constater. Cependant le tissu du coeur ne parait pas avoir changé sensiblement

Les oreillettes ne participent point à cet état pathologique ; aussi sont -ce ces parties seules qui poussent le sang à travers les ventricules dans lea grosses artères.

§. 994. Les signes de cette maladie sont, d'ajMrès CoRViSART, un pouls petit, serré, concentré, &ible» irrégulièr et parfois intermittent ; des battemens ob^ curs 9 par la raison que le cœur n'est plus susceptible ni de dilatation ni de contraction. Il y a, comme dans l'anévrisme, infiltration du tissu cellulaire; et cette circonstance est une preuve de plus en fiiveur de l'opinion que nous venons d'émettre sur la cause de cette bjdropisie, et que nous avons fiât consister dans la perte de la force de dilatation des cavités du cœur (§. 99a). Au reste, l'analogie de ce symptôme et de plusieurs autres rend l'endurcissement du cœur très-difficile à distinguer de l'anévrisme»

§. 995. Quant à l'origine de cette maladie, il paraît qu'elle dépend , comme l'anévriMue actif, de l'hypertrophie du tissu du cœur. Lorsque le travail nutritif prend une mauvaise direction , il a pour résultat la transformation de la substance muscu-

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laite, d'abord en une substance dense et coriace, et, si la maladie fait plus de progrès, en substance cartilagineuse et même osseuse. Laenneg ^ doute de la transition d un travail nutritif en un autre , par la raison que les traces anatomiques du paissage de Tune de ces affections à laulre manquent Cependant ii suffit que le tissu musculaire du cœur soit in<^uré, qu'avec cette induration il ait perdu sa force vitale et qu il ait été rendu semblable au tissu fibreux, pour que de semblables conversions puissent s'c^érer (§. 38i, n." 5). Nous pouvons donc placer l'état cartilagineux et osseux à la suite de Tinduration simple.

§. 996. Lorsque le premier de ces deux états a lieu, le volume du cœur est ordinairement très-considérable; les orifices de communication entre les oreillettes et les ventricules offrent dans plusieurs points une dureté notable, surtout dans les colonnes charnues, qui, examinées attentivement, sont réduites en tissu cartilagineux ou pénétrées de phosphate calcaire. C'est particulièrement à la base et à la pointe du cœur que Ton remarque le plus souvent cette transformation.

Haller a vu des ossifications même aux parties les plus charnues de Toreillette gauche et à la partie la plus inférieure du ventricule droit, sur le cœur d'un jeune homme chez lequel on ne pouvait sentir les battemens des artères radiales.^

1 Auscultation médiate; 3.* édit. , t. 3, p. 137. a Opusc, pathol. Opéra min. ; t. 3 > p. 365.

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BoRDENATE > cite le cas d'un homme de cinquante ans, qui se plaignait d*asthme avec un sentiment de suffocation et d'anxiété, et dont le pouls était assez faible. A l'ouverture du cadavre on trouva une adhérence du péricarde au cœur, et particulièrement dans deux endroits où cet organe était comme encroûté de plaques osseuses, qui passaient, à la manière d'un pont, d'un ventricule à l'autre; le ventricule droit en était comme tapissé depuis la hase jusqu'à sa pointe : la plaque osseuse s'enfonçait ensuite dans la cloison des ventricules, et passait de là au ventricule gauche, Tentourait en dehors, et revenait au ventricule droit

M. Renauldin^ a observé sur un étudiant en droit, âgé de trente-trois ans, la masse du cœur extrêmement dure et pesante, un changement total du ventricule gauche en une sorte de pétrification , qui avait une apparence sablonneuse en certains endroits , et qui ressemblait dans d'autres à une cristallisation saline. Les colonnes charnues, pétrifiées sans avoir changé déforme, avaient acquis un volume considérable, et ressemblaient à de véritables stalactites placées dans différentes directions. Les artères temporales , maxillaires et une partie de la radiale étaient ossifiées. Le malade éprouvait de vives et fréquentes palpitations du cœur. La main, appliquée sur la région de cet organe, ressentait une sorte d'écartement des côtes, et lorsqu'on pressait même légèrement cette

1 Hist. de Tacad. roy. de8 sciences j année 176S, p. 4^* a Joum. de méd., cbir« etpharm., par GoavisART, Botie ei LiJBsoux) JanTÎer iSig.

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partie, on occaaonalt une douleur très-aigatt.' Le pouls •avait de l'élévation.

§. 997. Ce dernier phénomène était probablement un effet de ridiosyncrasie propre au malade ; car en général on observe chez les individus affectés de cette altération organique un anéantissement presque complet du pouls» tandis que les battemens du cœur exis<tent toujours y la circulation du sang se £dsant au moyen des contractions des oreillettes et des portions des ventricule restées saines.

Au reste, ici comme dans les anévrismes, il y a leucophlegmatie vers la fin de la maladie , probablement parce que le changement d'organisation du cœur détruit la force de dilatation des cavités de cet organe.

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