‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 2)Chapitre 56 sur 88 · CHAPITRE Vr · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vr

De Péiat adipeux du cœur.

S- 1M7. Cette dénomination doit èîte piise dsns dea:Ë aeœptiom. Ihxks h première, la graisse qu'on rencontiie «u eedur, et surtout dans la scissure' qui sépare les omileues des ventricoles, dans* la direction des artères et Teines eoronaijes , à Toirigine de Fartère peAmonaire et à eelle de l'artère aorte , le long des bords du cœur et à sa pointe, est k tel point exubérante, enreloppe tellement la substance charnue du cœur, qu'on est cAKgé d'inciser assez pro^ fbndément pour srrriver à la coucbe musculaire interne etiaux colonnes charnues du cœur; de plus, eDe s'insinue entre ses fibres, les éeafrte, et les étouflfe en quelque sorte. Dams ce oask coideur de la graisse tranche assez bien stir ceUe de la substance tnuscu^ laire, et chacune de'ces parties conserve son organisation f.aturelle. On ne peut considérer <5ette maladie comme une transformation de la fflbrç mtts* culaire en substance graisseuse, mais comme une surabondance de cette dernière; aussi GDRTTSARt et Laepwec ne pensent-ils pas qu'elle puisse cîéterminer de^ accidens grates , tels que TanéTiisme , la rupture du coeur, ni même occarstoftier des symptômes particuliers.

§. 1008. Malgré ceér autorités rei^pectables , je doute que la surcharge de grar^ ^its le cœur soit toujours d'une telle innocuité. J'ai vu un médecin mourir subitement en descendant l'escaUer chez un de ses malades. Son cadavre n'offrit d'autres désor-

illf ATOVTE PÀTBOtOQIQlJE SPÉCIALE. ^Jt

ires qu'un cœur extraordînaireniem gros^ quoique le tksu cellulaire général ne fût point attaqué d']iypertro{due a£peme : on eût dit que tm^te It graisse s'était accumulée sur le eœur, et qu'en aoéaii^* tasant peu à peu la fibre motrice de cet organe» elW en avait éteint les propriétés vitales et âé^fmoé lu fMuralysier

Un cas l'apporté par Roberi Adavs^ me paraît prouver également qu'une hypertrophie adiptfufe du eœur peut devenir une cause de mort Un mHi-^ taire âgé de soixante-* huit ans avait le pouls evtrè^ mement lent (trente battemens par minute). Il avait «prouvé dans le cours de sa vie une vingtaine d at-^ taques d'apoplexie, dont chacune avait été précédée cl'un état léthargique d'un ou de deux jpurs âe durée, et suivie de la perte de la inémcMire. Stndant. ces accès le pouls était enisore plus lent,, la Bespiiw^ tîon haute et stertoreuse. La mort arriva dans f un^ de ces accès. Le cerveau était ramolli par VetËsh d*uneaérosité dont il était abreuvé : il y avait un peilt ddi sérum dans les^ ventricules ^ qui du reste n'étaient point dilatés. Le poumon droit était sain; le gauche* était comprimé^ et comme effacé j^r une grande quantité de graisse minée entre Im et le médiasiâu.. Jj», substance du ventricule droit du cœur étaii changée en une graisse jaune. Le ventricule gsiuchi^ n'avait qu'une couche trësnmince de substance char**^ nue; le reste était d^la graisse..

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Ufie- chose k bquelle on devni s'attendre diez le malade qui fait le sujet de cette observation, c'est la lenteur du pouls. Mais comment expliquer ces alta^ ques fréquentes d apopleiie avec le cœur hors d'éiat de Ismcer vers la tête une forte colonne de sang« et de Êire naître la congestion nécessaire à la production de la maladie ? N^st-ce pas parce que le principl or^ne de la circulation t, en perdant sa contractilité, avait aussi perdu cette force d'expansion et de dilatation nécessaire pour attirer Je sang dans ses cavités et favoriser la circulation dans les capillaires veineux ? Au reste , on sait asses que toutes les apoplexies ne sont pas produites par une congestion sanguine.

§. 1009. Bans une seconde accepiion^ Tétat graisseux du cœur exprime une véritable transformation de son tissu musculaire en substance graisseuse, el dans ce cas le cœur ressemble aux autres muscles convertis en graisse (§§. 596 et 909). Ddncan' a vu la plus grande partie du cœur changée en une masse graisseuse homogène, d'un gris jaunâtre. Laennec' n'a jamais observé cette altération que dans une trèspetite portion du cœur , et seulement vers sa pointe; il lui a paru qu'elle procédait du dehors en dedans/ La substance du cœur, ainsi altérée, est d'une couleur jaune , analogue à celle des feuilles mortes. Lorsqu'on la sépare bien des parties ajmbiantes , et qu'on la presse entre deux feuilles de papier, elle les graisse

1 £dinb. med. and surg,J0urn.f iSo6, /on* a Aoscnlt. in«d.) t. S, p. 169.

ANATOMlfi PATHOIXIOIQVE êPidÀÎJL ^J^

fortement, et jc'eai en quoi; on peut. la distinguer^ d'après LaennbC) du simple ramollissement Au reste^ cet auteur n'a point vu que cette altération eût dè^ terminé de rupture , comme M. CRuyEiLHi£R semUe le croire. *

Toutefioia il est présumable que cette maladie ne se rencontre que ches les sujets affectés de certaines dyscrasies ; qu'elle occasionne la fiôblesse .et la peti* tesse du pouls et même des aocidens plus graves. On a trouvé sur le cadavre d'un individu mort d apo* plexie , après avoir éprouvé antérieurement des symptômes d'une affection du cœur, que cet organe avait acquis un volume triple, que ses parois étaient amin* cies, et celles du ventricule droit converties en graisse. >

Pour distinguer cette altération dé la simple sur<o charge graisseuse du cœur , on pourrait la désigner sous le nom, de cardiodimie^ puisque nous avons donné à la même maladie des muscles celui de myodémie.

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