‹ Traité d'anatomie pathologique (volume 3)Chapitre 40 sur 75 · MALADIES DE LA SUBSTANCE DU CŒUR · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA SUBSTANCE DU CŒUR

§. 950. Si l'importance de l'intégrité du cœur avait besoin d'être prouvée , les maladies qui attaquent l'ensemble ou les diverses parties de cet

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organe suffiraient pour l'établir. En effet, ces lésions n'exercent pas une influence purement locale et bornée à la cavité thorachique ; elles retentissent au loin et troublent des fonctions qui ne paraissent pas en rapport direct avec celles du cœur.

En ne consultant que les ouvertures des cadavres, et en faisant abstraction des phénomènes si graves qui se manifestaient dans l'état de vie, on trouve, outre la lésion organique du cœur et la diathèse séreuse qui en est la suite inévitable, tous les signes de la stase du sang dans les capillaires internes. Le foie, le poumon, les capillaires sous-séreux, sousmuqueux et sous-cutanés sont gorgés de sang; les membranes muqueuses , et nommément celles de l'estomac et des intestins, présentent une teinte rouge ou violette; en sorte que si on voulait s'en rapporter à cette apparence seule , on croirait à une véritable inflammation, qui pourtant est loin d'exister.

§. 951. Les causes très-variées des maladies organiques du cœur sont capables par elles-mêmes d'apporter un trouble dans l'exercice des fonctions avant que ces maladies n'aient atteint leur entier développement. Ainsi l'aberration dans l'acte nutritif produit tantôt l'hypertrophie, tantôt l'atrophie, tantôt l'induration , le ramollissement et l'état graisseux du cœur; tantôt des végétations dans quelquesunes de ses parties , et détermine des accidens formidables avant que des dilatations anévrismatiques ne se soient opérées. Ainsi toutes les affections de la poitrine qui entraînent une dyspnée habituelle, amènent presque nécessairement l'anévrisme, à rai-

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son des efforts auxquels le cœur est obligé pour faire pénétrer le sang dans le poumon : d'où il suit que l'hydrothorax primitif, l'empyème, l'oedème et l'hépatisation du poumon produisent des maladies du cœur. Par la même raison les exercices qui demandent des efforts pénibles et propres à gêner la respiration, sont une des causes éloignées les plus communes de ces maladies. Une disposition congénitale elle-même , consistant dans un défaut de proportion entre la capacité des cavités du cœur et le diamètre des artères qui en naissent, est encore, suivant Corvisart, une des causes de la dilatation de cet organe.

§. 952. Étudions donc les maladies du cœur avec toute l'attention qu'elles exigent ; établissons-en les caractères anatomiques , but principal de nos recherches , sans négliger les détails relatifs à leur diagnostic et à leur étiologie.

Quant à l'ordre que nous suivrons, nous considérerons d'abord les maladies qui peuvent affecterla totalité de l'organe, et ensuite celles qui n'attaquent que quelques-unes de ses parties. Dans la première catégorie nous rangeons l'hypertrophie, l'atrophie, l'anévrisme, l'induration, le ramollissement ? l'état graisseux, l'inflammation du cœur avec ses diverses terminaisons; dans la seconde sont comprises la rupture, la dilatation partielle du cœur et les altérations de ses orifices auriculo-ventriculaires , de ses valvules, etc. Nous allons décrire successivement ces diverses maladies.

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