Le système nerveux. Plusieurs concrétions
à/p LIVRE I.
osseuses ont été rencontrées dans la substance du cerveau et du cervelet.
Haller prétend avoir trouvé la rétine ossifiée; d'autres ont trouvé des lames osseuses entre les membranes de lceil sur des personnes aveugles ; mais dans tous ces cas l'ossification résidait- elle originairement dans la rétine? Je décrirai plus tard des tubercules osseux trouvés dans l'épaisseur des cordons nerveux.
6.° Les membranes séreuses. On prétend avoir observé des ossifications à l'arachnoïde et à la membrane hyaloïde.
Les ossifications de la plèvre ne sont nullement rares. La tunique vaginale du testicule s'ossifie dans les vieilles hydrocèles.
L'ossification des membranes synoviales entraîne la soudure parfaite des os , ou l'ankylose vraie. Ces ossifications n'ont lieu qu'après une inflammation déterminée par des vices spécifiques.
Les ossifications des glandes lymphatiques ne doivent être considérées que comme des pétrifications.
7.0 Le parenchyme des organes. De tous les organes parenchymateux où l'on a dit avoir trouvé des ossifications, il n'y a que la glande thyroïde, le placenta , le testicule et la matrice , qui en aient offert de véritables. Dans les autres cas c'étaient évidemment des corps fibreux passés à l'étal osseux.
§. 382. L'ossification accidentelle paraît dépendre d'un travail très -analogue à l'ossification naturelle; elle parcourt les mêmes phases. Penada avait pensé
que la première ne pouvait être assimilée à la seconde, ni sous le rapport anatomique, ni sous celui de la composition chimique. Ce dernier argument a été renversé par Van-Heekeren. Quant à la structure anatomique, il est vrai que les os formés accidentellement, comme ceux qui sont, dans la nécrose, le produit d'une régénération, diffèrent plus ou moins des os naturels.
§. 383. Je vais joindre à l'histoire des ossifications accidentelles quelques considérations sur le développement accidentel des dents.
Les dents qui s'éloignent le moins de l'état normal, sont celles qu'on désigne sous le nom de surnuméraires, et qui sont rangées, soit dans les bords alvéolaires des mâchoires, soit dans le voisinage de ces bords. Citons quelques exemples de dents développées dans des régions insolites.
§. 384. Sur un homme de cinquante ans on a trouvé trois dents qui s'étaient formées sous la langue , dans l'espace de trois mois ; elles étaient contenues chacune dans un kyste particulier. On en a rencontré une , aussi renfermée dans un kyste , qui s'élait formée dans l'orbite d'un jeune homme de dix -sept ans. Dans un troisième cas on a vu un kyste placé sur le diaphragme, et qui renfermait, outre de la graisse et des poils, quatre dents bien conditionnées.
Ruysch a trouvé un athérome dans l'estomac même, et qui renfermait quatre dents molaires. Une tumeur , du volume d'une tête d'enfant , située sur les vertèbres lombaires, contenait deux inci-
sives , deux canines , huit molaires ; deux autres incisives étaient enchâssées dans un os analogue à une portion de mâchoire.
On a vu dans des accouchemens , l'enfant être précédé ou suivi d'un ou de plusieurs kystes renfermant de la graisse, de la substance lardacée, des poils , des parties d'os et des dents.
L'ovaire est l'organe qui est le plus fréquemment le siège de dents accidentellement développées. Plus de trente anatomistes en ont rapporté des exemples; nous en rendrons compte en son temps.
§. 385. Voici les conditions d'après lesquelles les dents se développent accidentellement.
1 .° Ces dents se forment d'après les mêmes lois que les dents ordinaires; elles naissent dans des capsules isolées, remplies d'un fluide gélatineux, et si par hasard les portions osseuses manquent, le fluide gélatineux ne manque jamais.
2.° Gomme dans les dents ordinaires , les couronnes naissent avant les racines.
3.° Les dents accidentelles paraissent aussi astreintes à des époques réglées, comme les dentitions ordinaires.
En effet , les dents ne naissent pas toutes à la fois. Lorsqu'on en rencontre un grand nombre , on en trouve quelques-unes qui ne sont encore que des germes , d'autres qui sont des dents de lait , et d'autres enfin, dont le développement est achevé.
Les dents de lait déjà formées paraissent même quelquefois avoir été remplacées par des dents de seconde dentition.
4-° Sous le rapport de la forme on peut établir, en thèse générale, que celle des dents accidentelles correspond à la forme propre à l'espèce, et qu'on trouve des dents de tous les ordres. On observe aussi que les molaires qui, dans l'état naturel, sont les plus nombreuses , le sont également dans les kystes accidentellement développés.
5.° Jamais on n'a rencontré dans ces kystes des dents qui appartinssent à une autre espèce d'animal. Si quelquefois on en rencontre d'irrégulières , toutes celles qui sont régulièrement conformées ressemblent toujours parfaitement aux dents naturelles de l'homme. 1
Tissu graisseux accidentellement développé.
§. 386. Il n'est pas ici question de l'embonpoint; la surabondance de graisse , soit générale , soit locale , constitue l'hypertrophie , dont il a été traité plus haut. Il s'agit uniquement de l'apparition de la graisse dans des endroits où elle n'a pas coutume de se montrer , ainsi que de la transformation des parties en substance adipeuse.
i.° Les muscles sont les organes les plus susceptibles de cette transformation ; il n'y a pas alors simple accumulation de graisse et interposition de cette substance entre les fibres musculaires : ces fibres elles-mêmes sont converties en matière adi-
î Meckjel , Journ. compl. du Dict. des se. méd. ; t. 4 > p* i 33.
peuse. Les aponévroses n'ont plus cet aspect luisant et satiné qui les caractérise.
Les muscles des extrémités inférieures sont plus disposés à la conversion en graisse que ceux des extrémités supérieures.
On peut suivre quelquefois sur les mêmes muscles les progrès de la transformation graisseuse ; à côté de faisceaux qui offrent encore leur aspect naturel , on en voit qui ont pris une couleur blanchâtre , tandis que dans d'autres faisceaux le changement en graisse est déjà achevé. Les muscles convertis en gras conservent souvent la forme et le volume qu'ils avaient avant leur transformation.
L'analyse chimique a démontré que les muscles convertis en graisse sont formés dune matière huileuse, d'une matière semblable à des muscles cuits, de gélatine, d'adipocire et de graisse solide.
i? Le foie est très-souvent converti en graisse, surtout chez les personnes attaquées de phthisie pulmonaire. Dans cette transformation il devient beaucoup plus volumineux; il est d'un jaune pâle, sans aucune rénitence, et conserve l'impression du doigt; sa consistance est très -légère , le plus petit effort en déchire le tissu : sa substance graisse les instrumens avec lesquels on le coupe. D'après l'analyse chimique du foie gras, faite par M. Vauquelin, cet organe est composé de quarante-cinq parties d'huile jaunâtre et concrescible , de dix-neuf parties de parenchyme, et de trente-six parties de sérosité.
3.° Le rein éprouve aussi la transformation graisseuse , ainsi que l'uretère ; mais cette graisse est ordi-
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nairement plus dense, plus compacte que dans les organes que je viens de nommer.
4-° M. Dupuytren a trouvé une fois le pancréas converti en graisse : j'ai rencontré deux fois cette transformation ; j'ai cru devoir faire représenter celui de ces pancréas sur lequel la maladie était le plus prononcée.1
5.° On a vu des os dont la substance compacte était singulièrement amincie, et dont le canal médullaire, excessivement agrandi, était rempli de moelle. Peut-on ranger ce cas parmi la transformation graisseuse des os?
§. 387. Je dois dire ici un mot des lipomes.
Les lipomes sont des tumeurs froides , formées par un amas de graisse accidentellement produite ; elles adhèrent aux parties voisines par un tissu lamineux très-délié. Des adhérences intimes n'ont lieu que dans les cas d'un travail inflammatoire dans le voisinage de ces tumeurs : leur surface est en général parsemée de sillons plus ou moins profonds, qui affectent toutes sortes de directions. Le plus ordinairement pédiculées , elles offrent quelquefois quatre, cinq racines d'inégale longueur. C'est par ces pédicules que les vaisseaux s'introduisent dans les tumeurs. Les lipomes n'ont donc point de kystes, Ils constituent une maladie locale qui n'incommode que par son volume, lequel, à la vérité, devient quelquefois excessif. Toutefois ces tumeurs sont susceptibles de dégénérer en cancer. Au reste,
1 Planche 9, fig. 1.
les lipomes se développent surtout dans les parties qui contiennent beaucoup de graisse ; de là leur fréquence sous la peau : leur structure est celle du tissu adipeux. Les vésicules paraissent seulement plus multipliées que dans l'état naturel; mais, suivant la remarque de Monro, leur diamètre reste le même.
§. 388. Un des lipomes les plus volumineux que j'aie rencontrés , était fixé , par un pédicule cylindrique assez gros, au tendon du muscle grand pectoral d'un homme d'une quarantaine d'années, qui ne voulut pas le faire extirper. Disséqué après la mort de cet individu, la tumeur, qui avait un diamètre longitudinal de dix pouces, neuf pouces et demi de diamètre transversal, et une épaisseur de trois pouces et demi, pesait sept livres et demie; elle était entièrement formée d'une masse graisseuse, au centre de laquelle se trouvait une cavité irrégulière, remplie dune matière qui, par rapport à sa consistance et sa couleur, avait une grande analogie avec la moutarde que l'on sert sur nos tables : l'analyse chimique démontra que cette matière était de la graisse altérée.
Tissu pileuoc accidentellement développé.
§. 389. Les poils se développent accidentellement: i.° Sur la peau, où on les voit souvent couvrir ces taches congénitales ( nœvi maternï) , qu'on désigne communément sous le nom d'envies.
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